VISITES DE NOTABLES ABYSSINS
votre localité, occupez-vous de vos aflaires, et envoyez-nous toutes les «auuvelles que vous apprendrez sur le roi Jean t},» Cette politique cadrait surement avec les instructions du Khédive. Le vice-roi ne voulait pas que les Abyssins ralliés à I "Égypte participassent à la guerre ; 1 rappelait que les Anglais avaient adépté cette ligne de conduite au cours de leur aurche. sur Magdala. La seule force sur laquelle le sirdar devait compter tait san armée ,
\ussi Rateb pacha s’employait-il à grossir l'effectif du corps expéditionnure, H pensa un moment trouver du concours parmi les Arabes Benilier qui étaient constamment en lutte avec les Abyssins, Au combat de Gundet, leur cheikh Hamed bey avait été tué et un de leurs notables, \hmed Haggag, émasculé. Indignés du traitement subi par ce dernier et exaspérés par la mort de leur cheikh, les Beni-Âmer s'étaient déclarés prits à les venger et à s’enrôler gratuitement dans l’armée égyptienne. La sirdar estimait qu’ils pouvaient mettre sur le pied de guerre 4.000 cavahers, armés d'épées et de lances ; il ÿ avait en outre à Senhit des Chaïghié qui ollraient leurs services. Ces troupes, dans la pensée de Rateb pacha, pourraient servir d’éclaireurs ; habituées aux pays de montagne, elles pourraient aussi former l'avant-garde de l’armée, au cours de la prochaine rmacontre avec les Abyssins, ce qui permettrait de ménager les troupes rgsptieunes ; le sirdar demanda en conséquence au Khédive la pernission le les utiliser 6}, Le vice-roi y consentit ; mais, peu confiant dans la soliiité de ces troupes, il leur assigna une autre tâche ; les Beni-Amer, dit-il, feront le service de reconnaissance, et, lorsque l’ennemi battra en retraite, ds seront chargés de le poursuivre et de l’attaquer ff), Sous cette réserve, il üutorisa Alaeddin bey à procéder à leur recrutement ), Les résultats furent décevants. Tout d’abord, contrairement à ce que eroyait le sirdar, n'y avait pas de Chaïghié à Senhit; 195 d’entre eux étaient répartis dans les diverses localités du Taka ; 200 autres Chaïghié méharistes non
uontés et un certam nombre de cavaliers arrivés de Berber offraient bien AA, Reg. 37, Arr. Abd. pièce 20, le sirdar à Khairi pacha, #4 février 1876.
AA, Reg. 07, Dép. Abd., pièce 366, le Khédive au sirdar, a4 février 1876.
% . Reg. 36, Arr. Abd, pièce 499, le sirdar à Khairi pache, 8: janvier 1876,
“AA, Reg, a, Dép. Abd., pièce 259, O.$, à Rateb pacha, 3 février:876,
: À. A. rs. a7, Dép, Abd., pièce 266, O.S, à Alaeddin hey, 3 février En
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de s’enrôler, mais comme soldats rétribués ; ils voulaient 75 piastres par mois, ainsi que la ration de doura et de vivres pour euxetleurs montures tl; en fait, on ne trouva parmi eux que 33 volontaires. En.ce qui concerne les Beni-Amer, leurs cheikhs se récusèrent et on ne réussit à réunir que 120 hommes non montés et 44 cavaliers dont 24 Hallenga®?}, Devant la médiocrité du résultat, le sirdar renonça à ce recrutement f),
I importait avant tout au succès de la guerre que les grands feudataires abyssins ne fissent pas cause commune avec le roi Jean. Le sirdar, on l'a vu, avait entamé des pourparlers à cet effet avec l’imam Ahmed, gouverneur du Yedjou, le rar Woronya, gouverneur de Gondar, et Wagchoun Kabdi, gouverneur de Sokota. Or on apprit bientôt au quartier général que le ras de Gondar avait rejoint le roi Jean avec des troupes, et que le roi du Ghoa et le ra, du Godjam avaient également envoyé des conlingents (f), La nouvelle d’un rapprochement entre Ménélik et le ras Woronya laissa tout d’abord le Khédive sceptique ). Cependant la nouvelle ayant été confirmée par la voie de Zeyla, le vice-roi suggéra à Rateb pacha de tenter une démarche auprès de Ménélik qu'on disait être à Adoua ou à Gondar. « Notre monarque S.A. le Khédive, lui dirait le messager, nou a ordonné de vous reconnaître comme roi d’Abyssinie et de conclure un accord avec vous. Nous avons appris que vous êtes venu à Adoua. Si vous êtes venu dans cette ville pour nous combattre, d'accord avec Jean, faitesnous connaître la vérité pour la porter à la connaissance de notre sublime monarque le Khédive, qui désignera la personne que nous devrons reconnaître comme roi d’Abyssinie et rendra un ordre à cet eflet (9,» Par la suite, de plus amples renseignements montrèrent que la nouvelle était fausse ; loin de rallier le roi Jean avec ses troupes, Ménélik s'était borné à lui envoyer 5 à 6oo chevaux, De même, le ras de Gondar ne s'était,
CU ACA., Reg. 37, Arr. Abd., pièce 135, Alaeddin bey à Khairi pacha, 17 février
PI AA, Reg, 87, Arr. Abd, pièce 27a, Alaeddin bey à Khairi pacha, 1° mans 1876,
M AA, Reg, 87, Arr. Abd., pièce ag 4, le sirdar à Khairi pacha, a mars 1876.
M AA. Reg. 87, Arr. Abd., pièce a, le sirdar à Khairi pacha, 6 février 1870.
® A.A., Reg. 27, Dép. Abd, pièce 300, O.S. au sirdar, 14 février 1876,
AA, Reg, 97, Dép. Abd., pièce 802, OS, au sirdar, 12 février 1876,
disait-on, rallié au négus que contraint et forcé, et ce dernier avait si peu de eoufiance en lui qu'il le faisait surveiller #}, Cependant tout compte fait, et en exceptant Îe ras Woronya, Rateb pacha caleulait que 29 ras s'étaient ralliés au roi Jean, sans qu'il pât d’ailleurs préciser l'importance de leurs ronlingents ; six ras seulement étaient opposés au négus, et Rateb leur faisait d'abondantes promesses dans l'espoir de les attacher à 1 "Égypte @],