DISPOSITIONS DE RATEB PACHA
Le jeudi 3 février, le roi Jean avait quitté Adoua et s'était dirigé vers
le March, tandis que son vékil, le ras Bariou, se portait à Ihsa ; tous deux avaient avec eux des forces considérables. Rateb pacha conclut de leurs
. mouvements que l'intention du népus était de l’attaquer avant qu'il eût
achevé de concentrer ses forces !. « Le départ d’Adoua de Jean et sa marche dans votre direction ne peuvent que nous êfre très favorables», lui répondit le Khédive ®, « Cherchez toujours. à livrer combat dans un endroit convenable et se prêtant à une direction facile des troupes, lui dit-il encore. Plus l'endroit est étendu, mieux cela vaut. Les Abyssins ont l'habitude de combattre daïs les passages étroits, dans les endroits impralicables et dans les forêts, Vous ne devez pas vous y prêter... À chaque mouvement, envoyez des éclaireurs, Soyez attentif et toujours sur vos jurdes et en alerte 6.» Le vice-roi recommandait également au sirdar de concentrer ses forces et offrait de lui envoyer deux on trois bataillons de renfort, s’il le jugeait utile.
Le lundi 14 février, on apprit au camp que le négus avait atteint Kaldam "Uréparti ses troupes dans les villages environnants pour leur permettre de vivre. 4 Gomme les Abyssins croient que les jours de lundi, mardi et mereredi de chaque semaine leur portent bonheur, manda le sirdar au
FAA,, Reg. 37, Arr. Abd, pièce 167, le sirdar à Khairi pacha, 16 février 1876,
AA, Reg. 37, Arr. Abd, pièces 163, 167, 175, le sirdar à Khairi pacha, 15,16, 18 février 1876
AA, Reg. 87, Arr. Abd., pièce 81, le sirdar à Khairi pacha, 1 2 février 1876,
AA, Reg. »7, Dép, Abd., pièce 310, O.S, à Rateb pacha, 14 février 1876,
“AA, Reg, 27, Dép, Abd, pièce 300, O.S, au sirdar, 11 février 1876.
Caire, Le voi a ordonné à ses soldats de se préparer à attaquer (,5 Jusqu'a. lors Rateb pacha avait paru décidé à marcher de l'avant ®) dès qu'il aurait réuni à Goura ses troupes et les approvisionnements nécessaires ; mais la longueur et la difficulté des transports, les fortes pluies qui ne cessaient de tomber à Yangous, à Baaraza, à Bamba et Adiraso, la fatigue des ani maux et la crainte qu'il n’en succombât un plus grand nombre si l'on poussait de l’avant, lui firent ajourner ce projet et il demanda au Caire de Jui envoyer dans le plus brel délai possible 2.000 animaux de transport au moins %. Le 18 février, le sirdar avait avec lui à Goura 7 bataillons d'infanterie, à esedrons de cavalerie et 20 canons de montagne fi),
Le commandant en chef avait établi des avant-postes sut les collines qui entourent le camp et décidé que fa moitié des soldats monterait fa garde à tour de rôle derrière les retranchements 6). Une garde extérieure fut également placée en avant des chevaux de frise qui précédaient le lossé. Lorsqu'on apprit que l'ennemi s'était mis en marche, une certaine nervosité se manifesta parmi les troupes égyptiennes. Le 6 février, un ombachi établi aux avant-postes signala, pendant la nuit, qu'il avait vu un grand nombre de cavaliers ennemis, L’alerte fut donnée et l’armée courut aux armes. « l'inalement, rapporte Ragab Saddik, on se rendit compte que cette nouvelle était purement imaginaire, mais les officiers el les soldats demeurèrent toute la nuit sur leurs gardes 6,» « Selon les inistructions données par Rateb pacha, ajoute le moawen, les soldats établis aux avant-postes et sur les retranchements doivent demeurer toujours en éveil. Des rondes sont effectuées à des heures très rapprochées, afin de se rendre compte que ces instructions sont strictement suivies, D'autre part,
MY A.A., Reg, 37, Arr. Abd. pièce : 67, le sirdar à Khairi pacha, 16 février 1876.
# Si nous en croyons un rapport du conseiller de légation de Mayr, le vice-roi se flattait de l’idée que Rateb pacha se porterait en deux colonnes sur Adoua qu disait-il, n’est qu'à 94 heures de distance de Goura, «à moins, ajoutait-il, qu'on ne soit forcé de pousser jusqu’à Aksoum, ancienne capitale du Tigré, considérée comme la ville sainte d’Abyssinie.» (Vienne, Archives d’État, le conseiller de légation de Mayr au Ministre des Affaires étrangères, le Caire, 1 a février 1836.)
FI AA. Reg. 37, Arr, Abd., pièce 1 67, le sirdar à Khairi pacha, 1 6 février 1876.
M'AA., Reg. 37, Arr, Abd., pièce 1 75, le sirdar à Khairi pacha, 18 février 1876.
# Journal de Ragab Saddik, à février 1876.
1 Journal de Ragab Saddik, 6 février 1876.
les oflieiers supérieurs effectuent à tour de rôle, pendant la nuit, des tournées d'inspection dans ce but, conformément aux instructions qui leur sont données. Suivant les lois de la guerre, les soldats se réveillent avec l'aube el se rendent aux retranchements où ils demeurent l'arme à Ja main jusqu’au lever du soleil. Une fois qu'ils se sont rendu compte de l'absence de tout danger, ils quittent les relranchements, Quant aux offi- ” aers supérieurs, ils demeurent souvent éveillés pendant la nuit jusqu'à six, sept et même huit heures 1,»
Ge service intensif de surveillance, joint aux travaux que les soldats devaient exécuter pendant le jour, imposa à l’armée de grandes faligues. « Les soldats, note Ragab Saddik le 16 février, commencent à se ressentir quelque peu des eflorts qu’ils déploient 1.» Le 17 février, eut lieu une autre fausse alerte ; l’ombachi d’un détachement ayant déclaré avoir aperçu des cavaliers ennemis, l’ordre fut donné aux troupes de prendre les armes ;
on se rendit compte par la suite que l’ombachi s’était trompé M). La nervosilé s’accrut, « Des paniques se produisirent, écrit Dye. Un nuage de poussière rapproché, produit par une vache, doublé par un nuage plus important et plus lointain, provoqué par un de nos convois, fut pris pour l'apparition d’une force ennemie, avant-garde et gros. Les canons furent chargés et c’est tout juste si un officier put intervenir à temps pour empêcher de faire feu.
« Une nuit, un coup de feu isolé d’une des sentinelles extérieures provoqua un feu général des troupes de garde aux remparts, qui liraient des silves dans le noir sans savoir pourquoi. La garde extérieure n’eut que le temps de se jeter à plat ventre ou de fuir dans toutes les directions pour échapper à la destruction (,»
Le samedi 19 février, on apprit que le roi Jean, après avoir épuisé les ressources de la région où il démeurait, était arrivé au Mareh avec
®1 Journal de Ragab Saddik, 6 février 1876.
‘ «Pendant des semainés, écrit de son côté Dye, ces soldats patients et laborux furent de garde quatre jours sur six ; le cinquième jour était employé à des lravaux pénibles de fortification, et le sixième à des travaux de régiment, bataillon
+ tn compagnie. »
"1 Journal de Ragab Saddik, 17 février 1876, M CE Dve, op. cit., p. 279 à 280,
HE
ses troupes. De Là, il se dirigea sur Gundet et atteignit Addi Huala, situ à trois jours de marche militaire du camp de Goura, Les soldats abyssins furent de nouveau répartis dans le pays pour vivre de vols et de pillage, « conformément à leurs habitudes (}». Les villages jadis soumis à Led; Barraw ne furent pas épargnés et 44 d’entre eux connurent les excès de la soldatesque ©). Malgré la distance où se trouvait encore l'ennemi, Rate pacha ordonna de redoubler de surveillance, surtout pendant la nuit: lui-même et les officiers supérieurs veillèrent cette nuit-là jusqu’à 9 heures du matin 6).
On prêtait au roi l'intention de se rendre ensuite à Aba Mataah, localité située entre la province du Hamacène et celle du Sarawé. Lés habitants de Godofélassié et des régions voisines, en apprenant l’arrivée du négus, abandannèrent leurs maisons et s'enfuirent. Quatre soldats soudanais, qui avaient été faits prisonniers à Gundet, profitèrent des mouvements de l’armée abyssine pour prendre le large et gagner le camp égyptien : on sut par eux que 67 autres soldats soudanais étaient encore aux mains du roi Jean qui ne leur avait pas donné d’armes ()
Le 22 février, on apprit l’arrivée du négus à Godofélassié. Le sirdar décida alors de concentrer ses forces ; il appela à Goura les troupes de Rached pacha qui avaient été renvoyées à l'arrière et ordonna à Soliman Niazi pacha, qui commandait à Massawa, de faire partir pour le front le régiment de Rached Kamal bey arrivé à Massawa au début de février(”. Dès que ses lroupes seraient réunies, manda-t-il au Caire, le 23 février,
(AA, Reg. 37, Arr. Abd., pièce 207, le sirdar à Khairi pacha, a1 février
% Journal de Ragab Saddik, 17 février 1876.
8} Journal de Ragab Saddik, 19 février 1876.
® AA, Rey. 37, Arr, Abd, pièce 207, Le sirdar à Khairi pacha, » 1 février 1876. Le 6 février, le sirdar rapportait au Caire que le roi avait chargé les soldats soudanais d'armer les canons capturés à Gundet, mais que ceux-ci rendirent les pièces complètement inutilisables.
# Journal de Ragab Saddik, 238 février 1876.
En se rendant à Goura, Rached Kamal bey devrait laisser une compagnie à
* Yangous, 3 compagnies à Baaraza, 8 compagnies à Adiraso, 1 compagnie à Kayakhor,
pour relever dans ces stations les troupes de la a° brigade appelées au front (AA, Reg. 87, Arr, Abd., pièce 218, Nachât bey à Khairi pacha, 25 février 1876).
irait de l'avant M, « Jean se dirigeant actuellement vers vous, écrivait de son côté le Khédive au sirdar, je crois qu’il serait prudent que vous l'obligiez à vous rencontrer sur un terrain qui nous convienne, je veux dire par là que vous devez choisir l’emplacement qui convient pour vous battre et que vous ly attiriez par la ruse où par d’autres moyens F1. » Le vice-roi recommandail également à Rateb pacha d'éviter d'engager la bataille un lundi, un mardi ou un mercredi, jours fastes pour le négus “t choisis par lui pour combattre afin de rehausser le moral de son armée B},
Le jeudi 24 février, le roi Jean arriva à Adhari (}, avec l’intention de pousser sur Dariri, localité située à quatre heures de distance du camp de Goura 5, La rumeur courait qu'il attaquerait soit samedi, soit lundi ; on disait aussi qu'il comptait diviser son armée en deux fractions : tandis que l’une d'elles attaquerait Goura pour immobiliser l’armée égyptienne, l'autre se porterait sur la ligne de communication, entre Kayakhor el Airaso, dans le but de capturer les convois (), Le général Loring reconnut ulurs que le blockhaus élevé sur les indications de Lockett, au-:sommet de l'akaba de Kayakhor ne pouvait protéger la marche des convois pendant la lraversée de la plaine de Haala, et, le 24 février, il obtint du commandant en chef la permission d’envoyer une force dans la vallée de Kayakhor pour surveiller les chemins débouchant de l’ouest dans la plaine ; cette force comprenait trois escadrons de cavalerie, trois canons de montagne et deux fusées M, Sur ces entrefaites, Rached pacha, que le sirdar avait appelé de Baaraza, arriva avec les trois batteries de campagne et deux bataillons ; celui du binbachi Mohamed Aly effendi continua. jusqu'à Goura ; le bataillon du binbachi Khosrew Azmi effendi fut arrêté à Kayakhor el se joignit à la force chargée de surveiller la plaine, Osman Ghaleh
(AA, Reg. 37, Arr, Abd., pièce 220, le sirdar à Khairi pacha, 23 février 1876,
AA, Reg, Dép. Abd., pièce 393, le Khédive au sirdar, 24 février 1876.
AA, Reg. a7, Dép. Abd. pièce 387, O.S. à Rateb pacha, 23 février 1876.
% Ou Addi Iara.
* Ragab Saddik, dans son journal, indique que cette localité se trouve à 8 heures du camp,
“AA. Reg. 37, Arr. Abd. pièce 2 31, le sirdar à Khairi pacha, 26 février 1876.
1 Cf, Dye, op. cit, p. 299.
en À so M re EVANS bey, qui arriva peu après avec le restant des troupes (1, réunit ces diverse. unités sous son commandement ®. Ayant reçu pour instructions de pro. téger les convois qui arriveraient d’Adiraso, 1] réoccupa, étendit et renouvela les retranchements faits sur la colline de Kayakhor par le major Al Raëf, au cours de l'expédition Arendrup. El mit ses canons en position de manière à battre une route qui débouchait de l’ouest dans la vallér et employa sa cavalerie dans la Pine de Haala pour s'opposer à unr attaque sur les convois
Lorsqu'il eut réuni toutes ses forces, Rateb pacha renonça à aller de l’avant et décida d'attendre l'ennemi sur place. « Le point où nous cam. pons, expliqua-t-il au Caire le 27 février, convient stratégiquernent aussi bien pour livrer bataille que pour y construire des fortifications. Il donne accès à trois routes e‘ constitue le carrefour de toutes nos communications. Îl permet de ravitailler facilement notre armée en munitions. Enfin. comme les soldats de Tohannès ne peuvent subsister qu’en pillant partout où ils passent, ils ont dévasté tous les villages sans y laisser quoi que ce soit. T'elles sont les raisons pour lesquelles nous nous sommes maintenus ici).
Il importait, dans ces conditions, d’ opérer des reconnaissances pa se renseigner sur la force et la position de l’ennemi. Rateb pacha s’\ était longtemps opposé ; il finit par y consentir sous la pression du printe Hassan qui lui reprochait de « tourner ses soldats en vieilles femmes De petits groupes ennemis s'étaient répandus dans le pays et, montés sur le sommet des collines à huit ou dix milles de distance, observaient le camp égyptien. Le »6 février, le capitaine Sormani fit une revunnaissance avec un parti de cavalerie et délogea un avant-poste abyssin. Cette activité produisit un bon eflet surlessoldats égyptiens ;ils avaient vu l'ennemi et celui-ci avait pris la fuite devant eux ; ce succès leur inspira
D #g compagnies d'infanterie et 3 escadrons, d’après Dye.
A.A., Carton 160, Abdine, dépêche du sirdar, 28 février 1896.
#1 CL, Dye, op. cit., p. 209.
9 A.A., Carton 160, Abdine, dépèche du sirdar, 29 février 1876.
(CF. LournG, op, cit, p. 393.
9 L'avant-garde de l’armée abyssine, note Ragab Saddik le 25 février, s'est rapprochée du camp au point qu'à travers les jumelles, on peut voir les tentes dressées par l'ennemi, |
or
ssnhance D, Le 27 février, sur l’insistance du général Loring, appuyé qur le prince Hassan, Rateb pacha consentit à faire sur le flanc del’ ennemi une forle démonstration; une force égyptienne comprenant 1.000 à 1.200 hommes des trois armes, commandée par le capitaine Irgens, se mit en roule dans la direction de Debaroa.
Pendant qu'avait lieu cette reconnaissance, le prince Hassan, comme Hateb, se montra fort inquiet. « Monté sur une colline et regardant dans li mauvaise direction, rapporte Dye, le prince aperçut de la poussière. Ia prit pour la fumée d’un combat et fit part de ses soupçons à Rateb. Celui-ci fit sonner la générale. En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, un bataillon, 2 pièces d'artillerie, le commandant en chef et son “al-major, le général Loring et son état-major, les brigadiers-généraux et leurs élat-majors et des centaines d'hommes à leur suite, serépandirent dans la plaine, dans des directions différentes. Personne ne savait où 1l allait,
« La nuit vint; quelques hommes furent rassemblés sur les hauteurs vn vue d’une bataille défensive. Rateb se percha sur un roc qui surplombait, L'excitation, la confusion étaient intenses. Ofliciers d'état-major et.
.messagers, cavalerie, infanterie, artillerie, chameaux et mulets coururent dans toutes les directions pendant plusieurs heures, jusqu’au relour du capitaine Irgens, qui rentra unëe heure environ après la tombée de la nuit, après avoir fait une reconnaissance sans incident ().»
UE Cf, Dvs, op. cif., p. 297.
Cf, Dre, op. cit., p. 297, 298. Loring donne de cet épisode le récit suivant : + Le capitaine frgens, officier brave et expérimenté, avait été envoyé au dehors le 37 février, avec un fort parti d'éclairage pour accomplir une mission déterminée, Tandis qu'il était dehors, Le prince Hassan sortit à une petite distance à l’ouest du “amp et gravit une éminence rocheuse d’où l’on a une vue étendue ; là, il aperçut une fumée qui se trouvait en fait dans une direction opposée à celle prise par le soupe d'éclairage. Il se précipita aussitôt tête baissée dans le camp, s’imaginant qu'un combat était engagé et communiqua la terrible nouvelle à Rateb, dont les craintes étaient toujours en éveil. Ce dernier alla plus loin et conjectura que toute la force avait été massacrée par les Abyssins. J’arrivai au camp ; le trouvant en tumule ct Rateb excité, et reconnaissant de suite que l'alarme était sans fondement, j'essayai de le raisonner, mais ce fut en vain.
+ Sans s’assurer de la route suivie par le parti en reconnaissance, il fi£ une sortie
avee une foree plus importante encore pour le secourir, se Lordant les mains devant es soldats, dans son angoisse, et déclarant que ces hommes étaient certainement
ee En apprenant la marche du roi Jean sur Dariri, le Khédive jugea que la bataille élait imminente ettqu'elle serait livrée à Goura. « Ceci es mieux pour nous», Lélégraphia-tl au sirdar, et il décida de lui envoyer 3 bataillons en renfort (M, ainsi que 4 canons de montagne et » lance. fusées, sous le commandement de Zakarïa bey. Graignant ensuite que ee renfort ne suffit pas, il décida de faire partir en sus 3 autres bataillons sous les ordres d’Ismaïl Kamel pacha ©, Les troupes de Zakaria be
lous Lués et que le Khédive le ferait fusiller à son retour au Caire, En vain j'essayar d'expliquer, après être monté sur l’éminence, que Le feu qu’on voyait n’élait qu'un petit feu de bois dans K lointain et non la fumée d’armes à feu, Rateh parcouru Lois milles et, la nuit arrivant, arrêta sa troupe dans un eul-de-sae, si bien que s'il y avait eu un ennemi important dans le voisinage, il aurait eu une bonne oceasion de tuer les Égyptiens ‘usqu’au dernier. Rateb, tenant à sa peau, relourna au fort pour trouver qu'Irgens était rentré au moment fixé, innocent de tout ce qui venait d'arriver, et n'ayant pas vu ou entendu l'ennemi ce jour-là. Les nerfs du com: mandant en chef furent si ébranlés par cet événement qu’ilne se remit jamais, et, cr qui fu pire, ecla mit fin à notre service d'éclairage, » (GL. Loune,op.eit.,p.394,395.) Le journal de Ragab Saddik donne sur celle reconnaissance les renseignement. suivants : | «Le bataillon du binbachi Hamed Amin eflendi et deux détachements de casa. lerie sont paris aujourd’hui à 8 heures en reconnaissance vers Khor Baria, situé à l'ouest du camp. On a aperçu de la fumée qui s'élevait en l’air dans la région à laquelle s'élaient rendues les palrouilles de reconnaissance et on à eru que ee patrouilles élaient entrées en collision avec l'ennemi, On a, en conséquence, envoyéi leur secours, à 11 heures de la journée, deux bataillons d'infanterie, deux escadrons de cavalerie et 4 canons de montagne. Après le départ de cette force, les patrouilles de reconnaissance arrivèrent au camp à + heure et demie de la nuit. Quant à la fumée qu'on avaitaperçque, elle provenait de certains villages avoisinants. » Le moawen ajoute qu'un blâme fut adressé à Hamed Amin effendi pour n'avoir pas suivi minutieusement les ordres qui lui avaient été donnés et n’être pas revenu au camp à l'heure fixée. M AA, Reg. »7, Dép. Abd,, pièce 403, le Khédive au sirdar, a7 février 1876. O) AA, Rog, a7, Dép. Abd, pièce 416, le Khédive au sirdar, 28 février +870. Le vice-roi pensait qu'il serait prudent d'envoyer les trois bataillons d'Ismail Kamel pacha à Senhit, d’où ils seraient dirigés sur T'sazéga. Nachât bey, de son côté, réclamait la présence à Massawa d’un bataillon et d'un navire de guerre, « en raison des bruits qui couraient sur les intentions des Abyssins d'attaquer la ville parune autre route ot de la piller.» Après le départ du régiment de Rached Kamal bey.il ne restait à Massawa, disail-il, en dehors des malades, que 1 30 soldats (A.A., Reg. 37, Arr, Abd., pièce 23g, Nachât bey à Khairi pacha, 27 février 1876),