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furent embarquées sur le Mahroussa et le Rahmunieh qu quilièrent Suez Le 48 février (M,
À la suite de la reconnaissance du 27 février, Raleb pacha, craignant de nouveau pour sa ligne de communication, donna l’ordre d’arrêler à Huraza les convois partis.-de Massawa, et d'attendre, pour leur faire continuer roule, l'arrivée des bataillons de Rached Kamal bey, chargés de les “rorter jusqu'à Goura. La mesure éfait intempestive, car le roi Jean, qut s'était porté sur Aba Mataah le 26 février, intimidé par la reconnais- «nce égyptienne, replia ses avant-postes ct resta immobile, avec le noyau le son armée, près de cette localité pendant deux ou trois jours. En dépit de l'ellicucité qu'avait eue la démonstration du 27 et des conseils du général Loring qui le pressait d’en faire une nouvelle, plus importante snwore, le sirdar se borna, le 28 février, à envoyer à la découverte un fuble détachement de cavalerie, commandé par Le binbachi Rached effendi %, après quoi il n’en permit plus aucune. Le roi Jean eut dès lors ses soudées franches et entière liberté d'exécuter son plan. «Ses détachements, éerit le général Loring, se montrèrent avec impunilé aux Égyp- . Lens, tournant autour de nous, tandis qu'ils traversaient un pays habité par une population désaflectionnée, dont ils brülaient les villages à titro de punition. Les populations de ces villages, pour éviter de plus grandes horreurs, s'enfuirent en grand nombre dans la vallée de Goura, donnant les récits détaillés des mouvements du roi et de ses intentions... Comme nous n'avions plus d’éclaireurs, ce n’est que par les fugitifs que nous pümes oblenir des informations sur la position de l'ennemi #),» Intimidés pur le voisinage des troupes du roi Jean, les habitants de Goura et des environs cessèrent peu à peu de fréquenter le marché établi près du ‘ap; les marchandises se raréfièrent ; l'orge, dont on achetait précédnment jusqu'à 150 ardebs chaque jour, ne fut plus livré que par quantités de 4o axdebs à la fois, et la hausse des prix provoqua des que- telles entre les soldats et les Kastanes (), Deux jours plus tard, le phénomene inverse se produisit. Ces mêmes habitants, convaincus de [a pro-
M'A, Reg. 37, Dép. Abd., pièce 4e 7, le Khédive à Rateb pacha, 1° mars 1876. "Journal de Ragab Saddik, 28 février 1876 ; Dre, op. cit., p. 801.
Cf. Lonmne, op. sit,, p. 895.
” Journal de Ragab Saddik, 1° mars 1876.
chame arrivée du roi Jean ét craignant que ses troupes ne s’emparassent de leurs biens et de leurs produits, amenèrent au marché et oflrirent: à la vente les grandes quantités de grains qu'ils avaient en surplus v qu'ils ne pourraient emporter avec eux. « Certains de ces habitants. ajoute Ragab Saddik qui rapporte ces détails, viennent vendre leur. marchandises, puis se retirent avec rapidité, alors que d’autres n'osent plus même venir au camp (),»
Cependant le roi Jean avait quitté sa position le dernier ; jour de février.
« Kassa a quitté le village d’Aba Mataah, éerivit le sirdar au Caire, et s'es dirigé vers le village de Balaklay ©), dépendant du Hamacène, où il campr. En cours de route, il est passé par le village de Baza Hanz, où il a brûle l'habitation de Walad Mikaïl, Ce dernier s’est alors réfugié auprès dr nous. On dit que Kissa, en quittant la localité où il se trouve, se dirigera vers nos positions, Une autre version dit qu'il se dirigera vers Kaÿakhor pour attaquer l’arrière-garde du corps expéditionnaire. Nous ne savons pas laquelle de ces deux versions est exacte. De toute façon, la position que nous oceupons est bien fortifiée. Nous avons posté Osman Ghaleb bey à Kayakhor avec 5 pelotons de cavalerie, 3 bataillons d'infanterie ct 3 canons de montagne, en vue de protéger les convois qui ne cessent d'arriver de Massawa }, Avec l’aide de Dieu, il n’y a pas lieu d'avoir peur ), Lorsque tout le corps expéditionnaire sera arrivé et que les sol-
1? Journal de Ragab Saddik, 3 mars 1876. « De crainte d'être complètement ancantis, note le moawen à la même date, les habitants viennent se réfugier au camp ; mais, en même temps, ils font montre de loyalisme envers Kassa. Nul n'ignore Ja situation des Abyssins, leur pauvreté, leur état sauvage. Mais, d’un autre côté, ils ne sont pas ignorants en politique et si vousinterrogez les petits fonctionnaires dans les localités et les villages sur les affaires du mondo extérieur, ils vous répondront avec beaucoup d'intelligence et de bon sens, »
% Ou Kabla Kalâye, selon un autre document.
6) Le 1° mars, le sirdar avait donné l’ordre aux convois de reprendre leur marche. Un convoi de 300 chameaux arriva à Goura le 4 mars au coucher du soleil, avec du biscuit,
® Selon Dye, flateb pacha, en voyant que Ja marche du roi Jean menagçail su ligne de communication, se serait hâté de battre en retraite si Loring ne s°y était opposé. Loring dit à Ratch d'agir avec confiance, comme si la ligne était raisonnablement en sûreté (cf, Dvs, op. cit., p. 300). On retrouve, semble-t-il, l'écho de ce conseil dans la lettre écrite par le sirdar au Caire,
TE ts établis à Kayakhor nous auront rejoints, nous attaquerons l'envmittl,»
Le °° mars, le roi Jean marcha dans la direction de Tsazéga. De ce point, il pouvait se porter soit sur Goura, par la route de Danba, soit ar Rayakhor, soit sur Senhit. Rateh pacha écrivit en conséquence à \hd el-Al bey de se tenir sur ses gardes, de renforcer la garnison du fort 4 Senhit et d’enrôler au besoin des Arabes Beni-Amer et des Chaïghié P). arhed Kamal bey reçut l'ordre de s'installer à Baaraza avec son régiment, afin de protéger ce point. Quant à Osman Ghaleb bey, il devrait veiller avec “in les mouvements de l'ennemi et tenir ses troupes concentrées dans le boyhaz de Kayakhor et sur les hauteurs 5}, Rached bey, qui avait quitté Massawa Le 1°° mars, avec un convoi de 725 animaux, arriva le a mars à Baaraza, où il retrouva Le colonel Field, qui avait reçu l’ordre de prendre ha direction des opérations dans cette région (*), Après le départ de Rached bey, le major Loshe, resté à Massawa avec 600 animaux et personne pour les charger ou les soigner, réquisitionna les civils, les femmes, les enfants, sussit à charger ce qui restait d’approvisionnements et partit aussitôt pour Daaraza, où il arriva dans la nuit du 3 mars 5}, À Goura, l’approche de l'ennemi incïta Le sirdar à hâter ses dispositions défensives. On acheva
PA, À, Carton 160, Abdine, dépéche du sirdar, 1° mars 1896.
"4 Abd el-AÏ disposait à Senhit de 385 soldats, dont 33 artilleurs et 31 musi- ‘vus, Favait 4 canons de montagne et 2 mitrailleuses (A, A., Reg. 37, Arr, Abd., pièce 27, Abd el-AL bey à Khairi pacha, reçu le 1“ mars 1876),
8 A. A., Reg. 87, Arr. Abd., pièce 303, le sirdar à Khairi pacha, 9 mars 1876. l'our l'intelligence topographique des lieux, il faut bien distinguer entre le bophaz rt l'akaba de Kayakhor, Le boghaz est le défilé que l'on franchit pour entrer de la plaine de Iaala dans Pétroite vallée de Kayakhor ; l'akaba est la montée abrupte, ha passe ou le col, qui de la vallée de Kayakhor conduit au plateau de Goura.
M Cet ordre, daté du 147 mars, était ainsi conçu : «L'ennemi, ces derniers juurs, nous à gagnés sur le flanc et vers l'arrière, menaçant nos communicalions près de Kayakhor; maintenant il menace peut-être plus loin, par Ghinda. Il savoie des fourrageurs dans le pays des Bogos et menace Keren (Senhit), Envoyez les convois sous de petites escortes et gardez le régiment de Massawa à Baaraza jusqu'à ce que tous les convois aient pris la route du front et que le danger sait passé, Vous avez la direction entière des affaires là où vous êtes o (ef. Dve, op. cit, p.308).
® CT Dvr, op. cit, p. 304, 305,
9t0 HISTOIRE DU RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÏL.
de couper les arbres de favon À dégager entièrement le champ de batail autour des retranchements. On transporta dans le fort récemment cons. lruit les vivres et le matériel de guerre placés dans le dépôt du cup. On établit à l’ouest du camp, sur une colline élevée, un poste de survuil. lance qui fut occupé, pendant le jour, par un détachement de cinq homme et un caporal. Dans la nuit du 1° au 2 mars, une sentinelle de faction autour du camp crut voir l’ennemi s'approcher et donna l'alerte, Les soldats prirent les armes et 300 coups de feu furent tirés par eux au hasard, sans dommage, heureusement, pour les Égyptiens {},
Le 2 mars, on apprit que le négus, au lieu d’entrer à Tsazéga, s'était arrêté à Addi Rassi, localité située à une heure de distance de la,capitale du Hamacène ®), d’où il poussa des cavaliers à Lamza et à Danba, à la quête de l’eau. À cett nouvelle, Rateb pacha, craignant plus que jamais pour sa ligne de communication, exprima à nouveau le désir de se replier®. Découragé, Loring céda aux vues du commandant en chef ; 1} Jui conseilla d'arrêter les convois à Baaraza, d'envoyer la cavalerie qui se trouvait à Kayakhor dans la plaine de Haala et de quitter Goura avec l'armée pour Kayakhor et Adiraso. Mais Dye combattit cette décision ; il suggéra que le sirdar tint bien en main, en vue des développements ultérieurs, la partir de l’armée de Goura qui n'était pas nécessaire pour défendre le fort contre un coup de main et de ne faire aucun mouvement précipité tant qu'on pourrait l’éviter ; il conclut en disant qu’ilfallait, avant tout, hâter l'arrivée des convois au front. À 4 heures de l'après-midi, Loring avisa Dye que. Rateb pacha était revenu sur sa décision{), Le sirdar envoya Osman path Rifki à Kayakhor pour y prendre le commandement général des troupes.
Le 3 mars, on apprit au camp égyptien que le roi Jean s'était porte À Lamza, tandis que ses ras occupaient Danba et Dongal ; ainsi placé.
() Journal de Ragab Saddik, 197, a mars 1876.
(A. A., Reg. 37, Arr. Abd., pièce 338, le sirdar à Khairi pacha, à mars 1870, () CF, supra, p. 908, note 4.
(9 CI, Dve, op. cit, p. 808 à 319, . | (9 A. A. Reg. 37, Arr. os nas 3%o,le sirda à Khair pero f mars rs ».
le négus menagail à la lois Kayakhor et Goura, dont il n'était plus séparé que par la localité de Khor Baria, distante de trois heures du camp égypuen, Rateh pacha réunit alors un conseil de guerre auquel assistèrent prince Hassan et tous les officiers égyptiens, pachas et beys. Le général Loring prit la parole. « Mon argument, rapporte-t-il dans ses Mémoires, fut que le fort de Goura était imprenable, que quelque chose devait être tenté tout de suite pour contrecarrer les mouvements du roi Jean et que, dans ee but, les défenses de Kayakhor devraient être complétées sans dla. Je conseillai de laisser une force de 7 à 800 hommes à Fort-Goura, mve un complément d'artillerie, vu que cette force pouvait défier l’ennvmni et que 5oo hommes, même, suflisaient à tenir la place. Le reste le l'armée, soit plus de 6.000 hommes, armés de fusils Remington et l'une puissante artillerie comprenant les canons Krupp, devrait partir de suite pour Kayakhor, distant de six milles et s’y réunir au corps d'Osman parha, fort de 2.500 hommes et également pourvu d'artillerie, de mamère à protéger non seulement nos arrières, mais à maintenir ouverte nolre communication avec les renforts attendus sous peu. De plus, je reommandai d'appeler le plus tôt possible le général Field de Baaraza, ut il commandait une force de 1.500 hommes. Âu moment où le roi Jean serait en mesure de concentrer ses forces dans la vallée ü}, nous pourrions alors, si nous le voulions, nous porter à sa rencontre en partant de Kiyakhor, avee un effectif de 10.000 hommes. Dans notre position atuelle, nous pouvions attendre et surveiller ses mouvements, Tous nos “Morts devaient tendre à amener des troupes de l'arrière, à renforcer les défenses de Kayakhor, à augmenter l’ PPOUAEnENeR d’eau de ce fort,
celle-ci étant rare et distante de la passe qu'on se proposait de fortifier, Il importait aussi d'envoyer des groupes d'éclairage plus importants pour détourner l'attention de l'ennemi et connaître ses mouvements et ses desseins, I était certain que le roi Jean était près de nous, se déplaçant vers nos arrières ; il était sans vivres et, avec son immense foule bigarrée l'hommes, de femmes et d'enfants, il avait loin à aller pour se prenne de l'eau. Ses besoins l’obligeraient, de la pouMon où il était, à prendre les pistes d'Amhour et d’Arato pour s’approvisionner, Ces pistes
Sy sit 3 : et en AURA D
w De Goura,
DE passaient entre Fort-Goura et Kayakhor et près de cette dernière localité. Tous ses efforts tendraient à.pénétrer dans la vallée de Goura, où débon. chaient ces pistes, et à s’y frayer un passage, sa largeur n'étant que de deux milles, pour gagner les collines où il trouverait eau et provisions Une fois concentrés à Kayakhor, nous l’attaquerions en flanc, dès qu'il tenterait de traverser la vallée, avec toutes nos forces et sans hésitation. Avee notre force, notre discipline et notre armement splendide, un te coup, frappé soudainement sur ses hordes, non préparées à cette attaque, serait certainement couronné de succès. Sous aucun prétexte nous ne diviserions nos forces : ce serait fatal. Nous ne placerions pas non plus nos forces en dehors des fortifications ou au delà de leur zong de proterlion, ni ne resterions sur la défensive : cela aussi serait fatal, À moins d'agir comme je le conseillais, les rochers, les collines et les vallées vou. vertes d’une végétation dense, donneraient à l'ennemi une protection complète et tous les avantages sur nous. J’insistai avec force auprès du Gonseil sur le fait que si nous essayions de tenir une position défensive dans la vallée, avant peu un ennemi invisible se dissnulerait, conitue ce fut le cas dans la malheureuse affaire d’Arendrup, derrière chaque buisson, rocher, ravin et colline, et fimirait par nous entourer, comm il le fit de cette force. Ils pouvaient voir que la région était adaplée à ce genre de guerre, et il en résulterait de grandes pertes, sinon mime. la destruction de l’armée (},5
L'écho des paroles de Loring se retrouve dans une lettre que Ratrh pacha écrivit au Caire ce jour-là. « L'ennemi, manda-t-il à Khairi pacha, a décidé de prendre toute l’eau possible à Lamza et à Danba, et de se rendre ensuite à un endroit pourvu d’eau, à proximité de Goura, où campèrent nos soldats, lors de notre arrivée. L’ennemi passera dans la plaine située entre notre camp et Kayakhor, à deux heures de distance, Il passera au pied de Kayakhor et, laissant Goura sur sa droite, il tru occuper cet endroit où l’eau est abondante P),» Mais bien que la délibération du conseil de guerre eût duré plusieurs heures ), aueune décision
0 Cf, Lonne, op, «it., p. 398, {oo.
A, A., Rog. 37, Arr. Abd., pièce 339, le sirdar à Khairi pacha, 8 mars 1896,
6) Elle se poursuivit entre les généraux égyptiens après que Loring eut quitté le conseil,
qe een
Plavne où Vent canot fe va eau ayxis Lo bataille du ions.
Haye Sétan
Temeut,