LA PLAINE DE GOURA
AU Echelle des miles d'aprés l'ouvrage de Dye 2
ww Zroupes Égyptiannes 1: Batterie de 6 cenons cl £ fusées Poinés d'ou a Li] Trovpes Abyssines 2: 0 7 On JO * .. Aurbs creuses par des Égyptiens 4 o Vrfages ÿ : . 2 cenons de montagnt deu de massocre des Egyptiens + mms Chemins etsentiers CEE » 2 " # sé 2 fusées = foute de retraite des Egyptrens ÿ ms Chemin Rris per tes Épsotiens & l'aller
ur fut prise, aucun plan d'opération arrêté, Le journal de Ragab Saddik porte trace de ces discussions et laisse entrevoir la pensée intime de Rateh qacha. cl résulte des déclarations des espions et des habitants, écrit le noawen à la date du 3 mars, que le roi d’Abyssinie, par ses mouvements tout autour du camp, tend à faire sorlir nos troupes par la ruse hors du “amp et à leur livrer bataille... Dans ses discours aux Abyssins, le roi delare qu'il ne craint pas l’armée égyptienne. Telle est la situation cturlle, Mais Rateb pacha a pris ses dispositions afin d'assurer nos moyens de communication, d'organiser les travaux, de faire venir à Goura lbs grandes quantités de provisions et de matériel de guerre qui se trouvent à Haaraza et de réunir au camp toutes les troupes disponibles, En effet, .u prévision de la bataille qui devra nécessairement avoir lieu sous peu, Rateb pacha tient à mettre de son côté toutes les chances de succès et il ne veut pas avoir le moindre doute quant à l'issue victorieuse de cette bataille,» Et quelques lignes plus loin, Ragab Saddik ajoute : « Certains ulliriers ne sont pas du même avis que le commandant en chef et jugent qu'ilserait plus approprié de se hâter et de livrer bataille à l'ennemi. Mais ‘s oficiers on tort, car il est très dangereux de se hasarder à livrer combat sans être sûr de son issue (),»
Le lendemain 4 mars, Osman pacha, qui commandait à Kayakhor, “nt à Fort-Goura. Il s’entretint avec Rateb pacha et dit ensuite à Loring qu'il avait reçu l’ordre de venir avec toutes ses troupes se joindre au sirdar, Le chef d'état-major pensa qu’un tel mouvement découvrirait les wrières de l’armée et mettrait en danger la force du colonel Field et son “unvoi de vivres, qui étaient attendus sous peu à Kayakhor, Voulant prévenir ce malheur, Loring alla trouver de suite Rateb pacha et lui fit rapporter son ordre P), En conséquence de toutes ces discussions et de l'incertitude où l’on était sur le point qu'attaquerait le négus, l'armée
rsta divisée en deux fractions. « Les troupes qui se trouvent à Kayakhor “omprennent 94 compagnies, d'infanterie et 5 pelotons de cavalerie,
"! Journal de Ragab Saddik, 3 mars 1876. On trouvera également dans l’ou- “rage du général Loring (p. 4oo, 4o1), les commentaires que ce conseil de gnerre sspira au prince Hassan.
4 CE, Lonne, op. cit, p. 401. Dye place l'entretien d’Osman pacha avec Loring © 4 mars (cf, Dye, op, cit. p. 313).
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manda Rateb au Caire le 4° mars 1876. Nous avons envoyé Osman Rifki pacha auprès d'elles avee les instructions nécessaires, Nous aussi, nous sommes prêts au combat avec 7 bataillons d’ infanterie et nous manœuvrerons selon les circonstances W.» Le commandant en chef consentit cependant à renforcer Osman pacha de trois pièces d’ar. Ullerie qui furent envoyées. à Kayakhor le 4 mars au matin. Les petits postes furent renforcés et l’on chercha à obtenir les informations le, plus promptes et les plus exactes sur l'ennemi, dont les avant-postes grossissaient sans cesse au point de devenir de véritables petites armées (),
Cependant Rached Kamal hey, arrivé à Baaraza le 9 mars; loin de sr placer sous les ordres du colonel Field, comme le désirait l'état-major, assuma le commander'ent de la force présente dans cette station. Mieur encore : le 4 mars au matin, il fit faire demi-tour à un convoi de 500 chameaux que Field avait mis en marche pour Goura (), Loring s’empressa d'intervenir. Il fit donner à Rached bey l’ordre d'accompagner avec ses troupes le dernier convoi de Field, puis il confirma à ce dernier l’ordre de prendre le commandement de toutes les forces et de tous les convois présents à Baaraza (), de se mettre en route avec eux pour Adiraso, dont la garnison se joindrait à lui, et de venir à Goura
I A A,, Reg, 37, Arr, Abd, pièce 340, le sirdar à Khairi pacha, 4 mars
CE, Dys, op. cit,, p. 390.
8} Cet arrêt dans la marche du convoi, contraire aux instructions de Lormy. semble avoir été ordonné par Rached bey en accord avec Rateb pacha, ear le moawen Ragab Saddik Le mentionne dans son journal, à la dale du 4 mars 1876,
® Cet ordre porte la date de 5 mars (cf, Dre, op. cit, p. 325). Field ne laisserait derrière lui que les hommes et les canons nécessaires à la défense du fort de Baaraza,
Cf, Dve, op. eit., p. 822 à 825, Field reçut copie de l’ordre adressé à Rached bey le 5 mars à 2 heures p, m. ; il en conclut que la route était libre et décida de diviser son convoi : {oo animaux partiraient le 6 mars au matin et lui-même st mettrait en route, avec le reste, le jour suivant, c’est-à-dire le 7. Le général Loring fut avisé de ces dispositions par une lettre qui lui parvint le 6 mars à 7 heures du soie (ef, Dye, op, cit, p, 326),
Le.5 mars, on apprit par des espions que le roi Jean avait la ferme ination de passer la journée du mardi 7 mars entre Kayakhor et Goura \ l'andace de ses mouvements, il était clair que le négus, dont l’armée suit reçu d'importants renforts, ne se contenterait pas d’une guerre de partisans, mais voulait frapper un coup décisif. Le 6 mars, dans Îa matinée, Rateb pacha invita le général Loring à l'accompagner à Kaya- Khor %, On ramassa en route Osman Rifki pacha qui avait pris position au sommet de l’akaba, et Le petit groupe se dirigea vers le camp d’Osman {haleb bey, situé dans la vallée. Aussitôt arrivé, le sirdar convoqua tous les olliciers, sauf le major Durholz, à un conseil de guerre.
Du mont Zuban, qui domine à l’ouest la passe de Kayakhor, on pouvait, écrit Dye, apercevoir à l'occident, s'étendant de Danba à Dongal et de Hongal à Gorbaria 6, à deux heures de distance, les cantonnements espacés et les bivouacs des Abyssins. Vers le sud, au pied du mont, s'étendait la plaine de Goura, longue de 7 milles et large d’un mille ou deux. Converte d'arbustes nombreux, assez grands pour cacher l'infanterie, mais assez espacés pour permettre aux troupes de marcher dans toutes les directions, le n’offrait d'autre obstacle que le lit du torrent qui y serpentait. Tout autour de la plaine se dressaient des collines ; celles de l’est, assez élevées, “tient cependant accessibles à l'infanterie et montraient, çà et là, des ouvertures où passaient les chemins muletiers conduisant aux villages environnants, Une demi-douzaine de villages parsemaient les points les plus élevés de la partie sud de la plaine et, dans leur milieu, était retranché
Journal de Ragab Saddik, 5 mars 1876, Dye s'empressa de mander }n noulle à Field (cf. Dye, op. cit, p. 325). La nouvelle que le roi Jean livrerait combat le mardi 7 mars fut envoyée au Caire par le sirdar, par Aladdin bey et par Nachât bey (4, À., Reg. 37, Arr. Abd, pièces 364, 365, Alaeddin bey à Khairi pacha, 3e 6 mars. 1896: pièces 343, 391, le sirdar à Khairi pacha, 6 mars 1876; vive 359, Nachât bey à Khairi pacha, 8 mars 1876).
Loring, pensant qu'il s'agissait d'inspecter les travaux de fortification, te fit accompagner du colonel Dye, sous-chef d'état-major, et du colonel errick, chef du génie,
Ou Khor Baria,
le corps principal de l'armée égyptienne, dont l’eflecuif comprenait 7.500 hommes environ, y compris quelques escadrons, les pièces Krupp, 1, batterie de canons en acier, 4 pièces en bronze, à batteries el demi de montagne de six pièces chacune et 7 lance-fusées. Au pied du mont Zuban, à trois heures de distance du gros de l’armée égyptienne, s'éten. dait la vallée de Kayakhor, étroitement encerclée par les montagnes. An nord, elle communique avec la plaine de Haala par un défilé étroit, «, au sud, par une passe plus large et très abrupte, haute de plusieur. centaines de pieds, avec la plaine de Goura. Au milieu de eette étroite vallée, s'élève une colline sur laquelle était retranchée une force égyptienne comprenant 2.500 hommes d’infanterie, trois pelotons de tavalerie, deux lance-fusées et 6 pièces de montagne. Ainsi la partie principale de ka force d'Osman pa“ha se trouvait dans une position susceptible d'être coupée du reste du pays, sans espoir d’être secourue ou de s'échapper si le roi Jean s’emparuit des passes conduisant aux plaines de Haala et de Goura. Î est vrai qu’on pouvait voir une partie des troupes d’Osnn pacha placées en haut de l’akaba, dans une position choisie de manière‘ à barrer la passe conduisant de Kayakhor à la plaine de Goura, position que l’on commençait à fortifier par un mur construit avec des pierres ramassées sur place, Néanmoins la position occupée par cette force au moment où se réunit le conseil de guerre et même Le 6 mars au soir, était très tentante même pour un adversaire moins entreprenant queleroi!,
Sur sa gauche et devant son front, le roi Jean Le en eflet s'étendre, dans la direction d’Adiraso, la plaine de Haala, où il savait que la forre du colonel Field devait passer. Cette force comprenait non seulement un quart de l'infanterie égyptienne tout entière et deux canons, mais aussi les approvisionnements et les moyens de transport indispensables à l'armée, La position de Kaÿakhor constituait ainsi, pour lui, l’objectifle plus facile et d'autant plus intéressant qu'en s’en emparant, il couperait les communications du gros de l’armée égyptienne concentré à Gours. Il fallait donc s'attendre à ce que le roi débouchât dans la plaine de Goura par les routes de Danba-Amhour et d’Arato qui le conduisaient beaucoup plus près de Kayakhor que de Goura, Négligerait-il Kayakhor,
0 Cf, De, op. cit, p, 335, 836, "
# point si vulnérable, pour aller attaquer le gros de l'armée à Goura, “tranché dans une position incomparablement plus forte, rendue telle par l'art et défendue — compte tenu de la puissance de l'artillerie — par une force six fois plus forte, alors qu'il n'avait aucun moyen d’en faire le siège et éprouvait de grandes difficultés de ravitaillement ®? Lorsque le conseil fut réuni, on décida que chacun donnerait son avis, en commençant par le plus jeune. Derrick proposa alors, en substance, de laisser une force suffisante à Fort-Goura et d'amener le reste des troupes à Kayakhor. Dye développa ce point de vue plus longuement. IE conseilla d'abord de hâter la marche du colonel Field qui amenait au front le reste de l'armée égyptienne. Sachant que l'opinion prévalant chez les généraux “yypliens était de ne pas quitter l'abri de Fort-Goura, il s’efforça de démontrer la nécessité d’eflectuer une jonction avec les troupes d’Osman pacha, Il suggéra à cet effet de porter la force d’'Osman Ghaleb bey, qui « lrouvait dans la vallée de Kayakhor, au sommet de l’akaba, où elle “"joindrait au reste des troupes d’Osman pacha pour fortifier une posilun choisie de manière à commander le passage venant de la plaine de Uioura et protéger les communications de l’armée, ainsi que l'avance de lield. De plus, comme la force réunie d’Osman pacha ne suffisait pas à défendre cette passe large et irrégulière, et que la nature du terrain nr permettait d'établir, d'ici au lendemain, d’autre ouvrage de fortifi- “ation qu’un mur en pierre qui serait construit pendant la nuit, Dye déelara qu’il était absolument indispensable d'appeler, de l’autre bout de la plaine, tout ce qui n'était pas strictement nécessaire à la défense de Fort-Goura. H ajouta, toutefois, que la force appelée de Goura pourrait Mre temporairement arrêtée en route, entre les débouchés des routes ienant de Danba-Amhour et d’Arato, afin de se réserver une possibilité de manœuvre jusqu’à ce que l'ennemi dévoilât ses intentions, L’une de “es routes débouchait dans la plaine de Goura à quelques centaines de mètres de la passe de Kayakhor et l’autre à deux milles environ. Placée “nlre ces deux débouchés, la force de Goura pourrait aisément soutenir lle d'Osman pacha et permettre d'accepter où même de livrer combat, l'aur tomber sur l'ennemi, le commandant en chef aurait, exception faite
Cf. Dve, op. cit, p. 336.
ne
des Lroupes laissées à la garde de Goura, environ 10,000 hommes re 4o pièces de canon. /
« Lorsque je suggérai de porter ainsi la force disponible ‘de Goura à Kayakhor, rapporte Dye, le commandant en chef demanda aussitôt quelle force je laisserais à (Goura; je répondis 1.000 à 1.200 hommes, sans compter les convalescents, les canons Krupp et 2 ou 3 pièces de moulagne. « Je prendrai l'armée et vous donnerai le fort, répartit Rateb, «si vous me donnez cette opinion par écrit et un certificat attestant que « vous prenez toute la responsabilité.» Loring s'éleva contre celte proposition. Je déclarai l'accepter, mais Rateb n’y donna pas suite. Je dis encore que le roi, en raison de la difficulté de se procurer des vivres et de l’eau, serait contraint de traverser la plaine, même s’il ne voulait pas se battre, pour : Îler se ravitailler dans l’Okulé-Kouzaye, province de nos amis, qu'il dévastcrail et pillerait. [l convenait donc de s’y opposer,
«En résumé, je désirais que le commandant en chef rassemblät ses forces avant que le roi Jean püût faire une manœuvre offensive sérieuse, el le relarder jusqu’à ce que toutes nos forces fussent réunies de manière à pouvoir livrer combat dans les conditions les plus avantageuses lv
Lorsque Dye eut fini de parler, Rateb pacha, au dire de Loring, se déclara d'accord avec l’opinion qui venait d’être exprimée. « Puis, ajoutet-il, il se tourna vers Osman pacha et Osman bey, leur parla en ture pendant quelques minutes, pas assez longtemps pour leur répéter e qui avait été dit ; ceux-ci répondirent par un sourire, Rateb, apparemment amusé, se tourna vers nous et dit que nous étions tous d'accord (),»
Il semble bien que le général Loring se soit mépris sur le sens des paroles du sirdar, car Rateb pacha, non seulement ne voulait pas quitter Goura, mais son idée était d'y concentrer toutes ses troupes. « Comme les forces militaires se trouvent réparties en diverses régions, écrit le moawen Ragab Saddik dans son journal, Rateb pacha n’est pas d'avis de faire sortir l’armée du camp pour combattre l'ennemi, Mais Loring pacha et le colonel Dye, miralaï d'état-major, sont contraires à cette idée et ils insistent sur la nécessité de faire sortir une partie des troupes
M CF, Dve, op. cit, p. 339 à 341. — ® Cf, Dve, op. «it., p. 841, 34a, — 9) Cf, Lonne, op. eit., p. 4oë,. *
ablies à Goura afin de livrer bataille,» «Le sirdar, éerit de son edlé Mohamed Rifaat bey, voulait que nos troupes se concentrassent à l'inténeur du fort et que les troupes de Kayakhor vinssent se joindre à elles, alors que les autres voulaient que nos soldats sortissent du fort pour rencontrer l'ennemi et ne laisser au fort qu'une garnison restreinte, twut en laissant à Kayakhor les troupes qui s’y trouvaient pour protéger les communications ®,5 La méprise de Loring fut d’ailleurs de courte durée. « Peu de temps après le retour à Fort-Goura, écrit-l en effet, je soulevai de nouveau avec Rateb pacha la question de notre mouvement sur Kayakhor et représentai qu'il ne devait pas être retardé au delà du délai nécessaire pour nous préparer et nous y rendre... Il ouvrit de qrands yeux incrédules, comme s'il n’y avait pas songé, et dit finalement qu'il n'avait pas l'intention de donner d'ordres pour faire le mouvement, J'épuisai Lous les arguments, mais, en dépit de son récent consentement, la persuasion et les prières furent vaines #).» Aucun ordre de mouvement ne fut donné pendant la soirée ni pendant la nuit. La seule décision que prit le sirdar, en conséquence de ce qui avait été convenu au conseil de guerre, fut d'amener de Kayakhor au sommet de l’akaba toutes les forces d'Osman bey qui se trouvaient dans la vallée. Gelles-ci rejoignirent les troupes d’Osman pacha pendant la nuit, Mais Rateb pacha n’envoya pas au colonel Field l’ordre de venir à Kayakhor à marches forcées : du moins ke colonel n’en reçut-il aucun (*, Ainsi, à la veille du combat décisif, Rateb pacha et son chef d'état-major difléraient radicalement d'avis sur ce qu’il “onvenait de faire pour affronter le roi Jean, le sirdar voulant livrer batulle à Goura et Loring à Kayakhor.
Journal de Ragab Saddik, 6 mars 1876.
CF, Mohamed Riraar, op. cit, p. 47. Rifaat bey ajoute : « Le sirdar me demanda mon avis à ce sujet. Ayant constaté qu'il avait raison, je me suis rallié à lui et élevé contre les craintes exprimées par les autres chefs au sujet des voies de communication, car les Abyssins ne peuvent camper que dans un lieu riche en pâturages et en eau... En général, ils restent tout au plus deux semaines dans un mème endroit. Comme Kayakhor n'a pas assez d'eau, les Abyssins ne s'y seraient pas installés. Ils ne seraient pas restés plus d’un jour. Îls n'auraient pu aller non plus à Adiraso et Baaraza, où l’eau fait défaut ct où ils n'auraient pu se ravitailler, »
F3 CF, Lomme, op. cit, p. 4o3.
Cf. Dve, op. cit, p. 348,
ComBar 24 GovrAy Marps À MA4rs 1876.
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