L'ODYSSÉE DE MOHAMED RIFAAT
à Abyssinie et l'Égypte, et de raffermir l’amiié entre les deux pays. Quand Wrendrup bey a délégué auprès de vous le naïb Abd el-Rahim pour parlemenler À ce sujet, vous l'avez emprisonné, alors qu'un délégué ne doit jrmais être mis en prison ni maltraité, »
Le roi — « Nous avons ordonné son emprisonnement parce qu’il nous à dit que le Khédive désirait s'emparer du territoire qui se trouve entre
Massawa el le Mareb, fleuve qui coule à proximité d’Adoua, ancienne ré- “udence du roi d’Abyssinie, En général, quant on veut parlementer, on “nenvoie pas quelqu'un avec des soldats et des cavaliers. Arendrup bey et venu dans notre pays avec des troupes.»
Rifaat — « Les paroles du naïb ne sont pas conformes à la vérité et ne traduisent pas nos intentions. S'il s’est exprimé ainsi en réalité, il a parlé de son cru. Quant à l’arrivée d'Arendrup bey avec des troupes, comme l'Abyssinie comprend des vallées et des montagnes abruptes, où il y a brancoup de brigands et de voleurs, il y a lieu de craindre {pour sa sûreté] 4 l'on vient seul. Les troupes qui ont accompagné Arendrup bey avaient pour mission de le protéger en cours de route et d'assurer les voies de emmunication. Pour vous en donner la preuve, Arendrup bey n’avait que 1.000 soldats seulement ; le reste était éparpillé dans diverses stations et “hargé de lui apporter les provisions voulues, afin d'éviter toute dépense au roi d’Abyssinie.»
Le roi — « Bien que tu parles de cette façon, je connais le fond des ‘hoses, As-tu un cachet pour pouvoir écrire la lettre par laquelle nous demandons la paix ?»
Rifaat — « Oui, mais le cachet se trouve avec le cavalier,»
+ Le roi ordonna alors d’apporter le cachet, ajoute Rifaat, et j'ai été rontent de ce premier succès. J'ai compris également que le fait que le rai m'a chargé d'écrire une lettre pour demander la paix dénote son ignorance des affaires courantes et de la politique, et je remerciai Dieu de ce suceès U),»
Après l'audience, le secrétaire fut conduit à une tente qui contenait des hnces et des boucliers, et qui appartenait à Lika Moukas Warki ®, Il
CE, Monamen Riraar, op. cit, p. 54 à 57.
% Rifaat explique que Warki veut dire or, et que le nom du personnage est Wilka
demanda une plume et du papier que lui apporta un Copte nommé Matt: et 1l rédigea une lettre au nom du roi adressée à SA. Hassan pacha. En réalité, le négus voulait que la lettre fât écrite par Rüifaat bey en son nom propre ; mais ce denier expliqua à Matta qu’il était préférable que la Hettre fût adressée par le roi lui-même et'port4t son sceau, car, en sa qualité de prisonnier, il ne pouvait écrire une pareille lettre. Le roi Jean approta la suggestion, fit recopier le brouillon de Rifaat et y apposa son sceau L'interprète du roi, nommé Desta, fut chargé de porter la lettre. au city égyptien, et le négus le fit accompagner par un youxhachi prisonnier, s qui l’on rendit ses vêtements pour la circonstance. Rifaat remit à l'envoy: une lettre en ture pour le sirdar, dans laquelle il le mettait au courant de ce qu'il avait vu en Abyssinie, de l’état des troupes abyssines et de leur nombre ; il termina sa lettre en attirant l'attention de Rateb pacha sur h nécessité de liquider cette affaire à l'amiable M,