ATLAS
à 'rt-Duvnford des localités propices à un établissement militaire, et
æusilu À Le que sos navires se trouvèrent immobilisés à Kismayo faute
ds charbon, ee qui le mit dans l'impuissance de tenter, comme il ÿ avait congé, ane opération de vive force pour s'emparer de Lamo.
\près avoir décidé do rappeler l'expédition de MeKillop, Le Khédivo trouva fort embarrassé pour exécuter sa décision ; les soutes des navires eivnt vides et il fallait tout d'abord leur procurer du charbon pour qu'ils pussent prendre la route du retour, Le 3 décembre, Khairi pacho légraphin à Hassan Aly bey, agent du gouvernement égyptien à Aden, de louer un bateau d'une des compagnies de navigation étrangères pour jorter à Djouba 2 00 0 tonnes de charbon, ainsi que de la graisse, de l'huile et des provisions de bouche (#}, On songea également au Caire à utiliser le Munsourak qui devait se trouver à Berbera ou à Zeyla ©, et finalement où so rabattit sur le Tantah 3), lo Mansourah se trouvant en avarie de machine, Le Tantah partit d'Aden le 14 décembre () avec des dépêches eulfrées du vice-roi, et le résident politique d’Aden profita de l’occasion pour envoyer à McKillop une copie du télégramme en date du 5 décembre, dans lequel lord Derby annonçait que le Khédive avait conati à rappeler immédiatement ses forces 5), Le vice-roi, de son côté, adressa à Abd el-Razzäk bey, pour être communiqué à McKiHop (, l'ordre mpérieur Suivant :
t {l vous a été précédemment envoyé deux dépèches chiffrées (1 où nous
#3 AA, télégramme à Hassan Aly bey, 3 décembre 1875,
Pi A.4., télégramme à Hassan Aly bey, 8 décembre 1895.
PI AA., télégrammes des 4, 6 décembre 1875.
I Le navire portait environ 1.400 tonnes de charbon (cf, T.0, News Report from lbs, y au 15 décembre 1875).
“ 1.0, Leiters from Aden, le général Schneider au Secrétaire d'État pour l'Inde, 8 décembre 1875. ,
Le vico-roi n'avait pas de code chiffré en langue européenne pour communiquer avec MeKillop. Les télégrammes destinés À ce dernier furent chiffrés en arabe «t adressés à Abd cl-Razzâk boy.
CENT CPR PRE A PRES PRED VESR CES LE ARC VOUALRONE DIE
vous demandions d'enlever les drapeaux hissés aux régions de Kismayo et de Brava et de faire revenir les soldats qui y étaient établis. Comme votre retour ne pouvait avoir lieu par suite du manque de charbon, nons vous envoyoïÿ actuellement 2000 tonnes de charbon à bord du bateau qui transporte cet ordre, sans compter le combustible qui a été chargé à bord du Tantah. Vous devez, à la réception de ce charbon, le distribuer aux bateaux faisant jartie de l’expédition et quitter ces régions avec tous les soldats de l'expédition, sans y rien laisser (à savoir ni soldats, ni drapeaux), à l'exception du pavillon hissé à Ras Hafoun. Vous laisserez ce pavillon, mais sans soldats, et vous ferez en sorte d’obliger les habitants à le protéger ot à le garder. Vous revicndrez avec tous les bateaux à Berhera où vous laisserez Radouan pacha avec le Latf, et vous débarquerez tous les soldats de terre qui vous accompagnent, en vue de les y établir, le dit pacha ayant été nommé dans cette région en remplacement de Gamäli pacha. Toutefois, au cas où certains de. ces soldats seraient malades, vous ne les laisserez pas à Berbera et vous les ramènerez avec vous. D'autre part, si Radouan pacha désire maintenir le Saaka à Berbera, vous le lui laisserez, Dans le cas contraire, ce bateau partira pour Massawa, tandis que vous tous, y compris le colonel Long, Gamäli pacha, Fedrigo pacha (1) et les soldats malades, vous vous rendrez directement à Suez avec le Mohamed Aly, le Tantah, le Dessouk'et le Mehallah. Nous avons transmis ce même jour nos ordres en français à McKillop pacha et nous vous demandons de vous y conformer P),»
Le Tantah avriva à Kismayo le 22 décembre, portant à MeKillop son ordre de rappel. Le commandant de l’expédition n'avait pas encore réussi à cette date à envoyer à Gordon la lettre qu'il avait commencée lors de son arrivée sur la côte des Benadir, « Depuis que je vous ai écrit ce qui
FM} Fedrigo pacha avait quitté Brava le 11 décembre 1875 sur le Mehallah, emmenant avec lui les envoyés de l'émir des fles Comores qui se rendaient au Caire. Après avoir relâché à Bander Mavayeh, à Berbera (où il arriva avec 10 tonnes de charbon seulement), à Zeyla, à Tadjoura et à Massawa, il arrive à Suezle 4 janvier : 876 (AA, rapport du voyage de Port-[smaïl à Suez, par Fedrigo pacha, 4 janvier 1876).
GO) AA, Reg, 10, Ordres supérieurs, pièce 67, p. 3a, O.S. à Abd el-Razzâk bey, 14 décembre 1875, Un ordre supérieur de même teneur fut en effet adressé par le Khédive à MeKillop le 14 décembre 1875.
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prévede, ujoutu-t-il à sa missive, je suis allé à Formosa et j'ai trouvé que : ‘était une baie ouverte, sans eau douce pour une stalion. Je me suis alors tadu à Lamo, que je n'ai pas occupé; car j'aurais dû employer la force ewatre los troupes de Zanzibar. J'ai maintenant l'ordre de rentrer à Suez,
teuupes et tout. Je vous enverrai cette lettre en courant la chance qu'elle
vous parvionne de Lamo par une des caravanes, Les chances sont si faibles que jo n'ajouterai rien de plus, si ce n’est que je vous souhaite de con- Uauer vos succès,» En post-scriptum, MeKillop ajouta : «Lamo est le point a uceupor si le projet doit encore être exécuté, ou mieux encore Mombasa ; bout cela fait partie du territoire de Zanzibar si l’on considère la côte saulement.» Enfin le 25 décembre, d’autres nouvelles lui élant parvenues, Mékillop acheva sa lettre à Gordon : « Le pauvre Munzinger et 200 de ses soldats, éerivit-il, ont été massacrés par les Somalis. Raouf pacha est bloqué dans la ville de Harrar 1,» :
L'eseadre dutattendre l’arrivée d’un charbonnier norvégien pour remplir ss suules et près d’un mois encore devait s’écouler avant qu'elle ne quitit la côte des Benadir ®. Ce fut pour Je consul Kirk une nouvelle période d'anxiété. Tout Ini était matière à grief contre les Égyptiens, L'établissement de l'English Church Mission à Rabai 1} était-il menacé d'uno attaque de la part des Souahéli, c'était, assurait-il, «le résultat
“4 Cf. Blue Book relating to the Slave Trade, 1876, p. 377, McKülop à Gordon, diserses dates,
Cf Losc, op, ait, LT, p. 193, D'après Long, L'escadre quitta Kismayo le to janvier 1876 et arriva à Suez le 5 février. D’après les documents égyptiens, le {kueuk, monté par MeKillop pacha et Long, arriva à Suez le 6 février (A.A., Reg. 37, ler. (bd, pièce 19, l'agent de la Khédivieh à Suez à Khairi pacha, 6 février 1876). Mekillop partit le lendemain pour le Caire par train spécial, La frégate Mohamed Aly, qui portait sa suito, dut s'arrêter à Ras Hafoun, faute de charbon qu'on lui savoÿe do Berbera (A.A., Reg. 37, Arr, Abd., pièce 16, l'agent de la Khédivieh à Sue à Rhairi pacha, 7 février 1876), Pendant le séjour de la frégate à Ras Hafoun, Abd el-Razzäk bey compléta la tractation avec le sultan des Miggertin, Le Mohamed Uy quilla Berbera le 1a février 1876, Mohamed Gamäli pacha, qui se trouvait à bord, décéda près de Bab el-Mandeb d’une commotion eérébrale; son corps fut débarqué à Massawa et enseveli sur le ras Abd el-Kader (A.A., Reg, 37, Arr, Ud., pièce 131, Abd el-Razzäk boy à Khairi pacha, 17 février 1876), La frégate tentera à Suez le 27 février 18736.
# [ocalité voisine de Mombasa.
des rapports mis en circulation par les Égyptiens disant qu'ils avaicht été envoyés par le Sultan des Musubnans pour protéger les pauvres Mahométans de l’Afrique Orientale contre l'oppression de Seyid Bargach qui s'était abandonné à l'influence des Chrétiens ot avait autorisé le pillage de leurs esclaves et de leurs navires » (1), L’akida de Mombasa, qui s'était précédemment exilé à la suite d’une rébellion, ayant soudain reparu à Zanzibar, Kirk ne doutr pas qu’il n'ait été induit à entreprendre ce voyage à la suite « des rapports indigènes exagérés sur les desseins et les succès des Égyptiens à Brava et à Kismayo et en raison des perspectives qu'ils ouvrent aux aventuriers de la côte», À Brava, Radouan pacha a noué des rapports avec le sultan Ahmed Yusuf de Geledi et des présents ont été échangés ; des messages ont été également envoyés aux chefs de Merka, ce qui, d’après Kirk, indique l'intention des Égyptiens d'attaquer la place avant peu. À Kismayo, leurs exactions deviennent de plus en plus grandes ®}, Enfin le 7 janvier 1876 avriva de Lamo à Zanzibar la nouvelle rassurante que les Égyptiens avaient amené leur pavillon à Kismayo et embarqué leurs troupes; avant leur départ, ils avaient conseillé aux commerçants d'écrire aux autorités de Zanzibar pour leur demander l'envoi d’un gouverneur , Kirk respira, sa politique triomphait. Il prit soin d'expliquer au sultan que le départ des Égyptiens était dû à ia pression de l'Angleterre, que maintenant l'heure était venue pour lui d'agir WF, et le 15 janvier 1876 il obtint de Seyid Bargach une proclamation officielle supprimant l’esclavage dans la partie nord de ses possessions (et, par voie de conséquence, la traite qui s'effectuait par la route de terre vers le pays des Somalis P, Anticipant la mesure dès la fin de décembre, Kirk
(M F.0.84- 1417, Kivk à lord Derby, n° 198, 25 décembre 1875. Kirk détacha aussitôt le navire de guerre Arab à Mombasa pour rétablir la confiance. Le navire revint à Zanzibar le 7 janvier 1876, et rapporta que tout était calme dans cette ville,
® F,0, 84 - 14297, Kirk à lord Derby, n° 200, 25 décembre 1895.
5) 0,84 -1459, Kirk à lord Derby, n° 8, 6 janvier 1876.
43 F,0, 84 - 145, Kirk à lord Derby, n° 9, 8 janvier 1876.
& F0. 84 - 145a, Kirk à lord Derby, 11 janvier 1876,
(® C'est-à-dire depuis Port-Durnford jusqu’à Warsheik, soit sur une longueur de côte de 300 milles. ‘
+ Pour le texte de cette proclamation, ef. Correspondence relating lo the Slave Trade, 1876, p. 376,
SL
ut alors devil à son gouvernement : « Si les Égyptiens n'avaient pas seau Les possessions de Zanzibar, il aurait pu s’écouler longtemps avant qu'une eveasion se présentât de prendre l'initiative d’une mesure radicale ; l'effet de supprimor la traite en abolissant l’esclavage par une loi, msanre dont l'odieux restera désormais, aux yeux du peuple, attaché aux Enptivns et aux chefs de Brava qui ont été leurs dupes f1},» Ainsi l'expédibon épyplionne, qui l'a tant tourmenté, aura au moins servi à quelque che ! A ln fin de janvier 1876, le consul, apprenant que les Égyptiens ut partis ou sur le point de le faire, n’y tient plus : il s’embarque sur un navire de guerre britannique, vole vers la côte des Benadir, constate “0 passant que les navires égyptiens ont quitté Port-Durnford, et débarque à Kisayo qui fut le centre de l’oceupation égyptienne. L'autorité du sultan de Zanzibar est solennellement restaurée, sa proclamation affichée, laudis que la présence d’un vaisseau et du consul anglais atteste aux yeux de tous que ce retour à l’ancien état de choses est l’œuvre de la Grande- Brulugne et le résultat de sa puissance (1.
A Londres, depuis le début de l'incident, on n'avait jamais cessé de «nsidérer l'occupation de la côte des Benadir comme un malentendu ou unn erreur; c'est l'expression qu'employa lord Derby en conversation avec M, Gavard, Chargé d'affaires de France, qüi était venu l’entretenir de la question &}, Par ailleurs, la note remise par Nubar pacha au général Stnton lo 7 décembre 1875 avait été prise en très sérieuse considération an Foreign Office. En disant que l'objectif de l'expédition était non wuleient d'ouvrir au commerce une route plus courte vers la région des Hcs équatoriaux, mais d’écraser uñe bonne fois et pour toujours la traite ds esclaves, le vice-roi était assuré d'obtenir une audience favorable à Londres, « Les objectifs que le Khédive se propose d'atteindre, lit-on dans
1 F0, 84 - 1417, Kirk à lord Derby, a8 décembre 1895.
M E.0,84- 1459, Kirk à lord Derby, a février 1876.
AE, Angleterre 770, le Mmistre des Affaires étrangères au marquis d'Harcourt 15 décembre 1875 ; Égypte 57, le Ministre des Affaires étrangères à M, Outrey, 8 liner 1876. Par un acte signé en 1869, la France et l’Angleterre s'étaient inter. dites de rien entreprendre contre l’indépendance de Zanzibar, Seyid Bargach avait donc fait appel à la France en même temps qu’à l'Angleterre, et il était naturel que les deux puissances se concertassent au sujet de l'incident survenu.
692 HISTOIRNE DU RÈGNE DU KIÉDIVE ISMAÏL.
les commentaires que provoqua à Londres la dépêche du général Stanton}, tels qu’ils sont définis dans la note de Nubar, méritent toute espèce d’en- “couragement de notre part, s'ils peuvent être atteints sans violer les droits du sultan de Zanzibar qui, en tant que prince indépendant et allié de ce pays, a, à son propre détriment, fidèlement exécuté les’ engagements du traité qui le lie à nous et mérite, en conséquence, considération et protection d: notre part.
« Il est donc regrettable que, animé de ces vues, le Khédive ne les ait pas fait connaître au gouvernement de Sa Majesté et au sultan de Zanzibar avant d’envoyer l'expédition commandée par MeKillop pacha. S'il avait pris ce parti, le malentendu qui s’est élévé entre le sultan et lui aurait pu être prévenu et son expédition assistée au lieu d’être contrecarrée…
« En ce qui concerne l'objectif poursuivi par le Khédive d'ouvrir une
route entre les lacs africains et l'Océan Indien, je ferai observer que s'il.
désive tirer parti des conquêtes faites par Gordon dans le district des lacs, il a pleinement raison de chercher à établir une voie sûre de communication avec l'Océan Indien, car toute tentative de transporter. les produits vers le nord à travers l'Égypte serait futile à l’extrême, la route étant trop longue et trop difficile.
« Je crois en conséquence qu'il serait de donne politique de notre part d’aider le Khédive à obtenir un port sur la côte orientale de l'Afrique, pour lui servir de base d'opérations en vue de communiquer avec les lacs, s'il s'avère que Gordon y a établi l'autorité de Son Altesse.
« Pourvu que notre commerce et nos communications avec l'intérieur
de l'Afrique ne soient pas entravées par des droits restrictifs outrop élevés, il serait de notre intérêt d'aider à placer toute la côte de l'Afrique orientale sous la juridiction d'autorités fortes et convenablement constituées, qui protégeraient le commerce et supprimeraient la traite,
« Mais nous devrions nous entendre distinctement avec le Khédive au sujet des droits à établir, de la côte à occuper et de la question de l’escla- “vage, avant de consentir à l'aider dans l’accomplissement de ses vues, et il serait également politique d'établir un accord à ce sujet avec le sultan de Zanzibar P),»
® Dépêche n° 160 du 9 décembre 1875,
® 4,0, 78 - 8188, note sur la dépêche de Stanton n° 160 du 9 décembre 1875.
PER sr tn : Fe PER en Ce ire ra Le en — Soc À PR RER Per Pr a
Lx Khédive, de son côté, trouvait qu'on ne rendait pas justice à ses aus nobles et élevées. Dans un entretien qu'il eut À cette époque avec M Cave, il fil allusion à la dépense très considérable qu'entraînaient les eoets qu'il faisait, sur le désir de l'Angleterre, pour arrêter la traite, Lest dans ce but qu'il entretenait 14.000 hommes de troupes au Darfour, la où 6.000 sufliraient. De plus les exportations du Soudan avaient diminué des deux tiers, par suite de la disparition du commerce légitime qui, dit-il, accompagnait jadis celui des esclaves. La route entre l'Équateur «t l'Ég pie était longue et incertaine, et Gordon pacha avait conseillé d'établir un port sur l'Océan Indien, « Le seul endroit où cela pouvait «e lire, poursuit M. Cave dans le compte rendu qu'il fit à lord Derby de et nntretien, serait situé à dix milles au sud du fleuve Djouba, qui sépare un territoire de celui de Zanzibar, et le vice-roi déclara qu'il serait reconnaissant au gouvernement de Sa Majesté s'il consentait à intervenir #ntre le sultan de Zanzibar et lui pour provoquer tel échange de territoire qui lui donnerait ce port et lui permettrait d'y créer un établissement .… À moins que quelque chose de cette sorte ne soit fait, il se verrait obligé de 40 retirer dé l'Équateur et de cesser ses efforts pour supprimer la traite.» M. Lave ajoulait : « Je doute fort que le Khédive se retire de l’Équateur, ottlespère obténir le monopole du commerce de d'ivoire, mais en même tps il n'y a pas de doute que le port en question procurerait plus d'avantages à l'Égypte qu’il n'en donne à Zanzibar ls Quelques jours plus tri, le vice-roi s'exprima au général Stanton dans des termes à peu
pres semblables et demanda une fois encore l’assistance du gouvernement batannique pour lui permettre de se procurer un port), Évidemment le sujet lui tenait à cœur. Lord Derby décida alors d'agir. Le 4 février 1876, deux dépéches partirent de Londres, l’une à l'adresse de Stanton, l’autre “destinée au consul général à Zanzibar, Dans sa lettre à Stanton, le Secré-
* Correspondence relating to the Slave Trade; 1876, p. 298, M. Cave à lord Derby, 3 puier 1876,
"F0, 78-8189, Stanton à lord Derby, 9 janvier 1876. Au cours de cot entro- Wei, le Khédive estima à près d’un million de livres la dépense qu’il avait encourue pour ouvrir le district des laes équatoriaux, Le 5 février 1876, le vice-voi reçut en audience le correspondant du Daily Telegraph et s’entretint longuement avec lui de la même question (ef. W, Beatty Kingston, Monarchs L have mét, p. 296,997),
taire d'État fit savoir que le gouvernement britannique était en principe favorable au projet du Khédive, mais qu’il voulait d’abord connaître les vues du D' Kirk). Le vice-roi exprima aussitôt sa reconnaissance à lord Derby pour ses intentions, déclara que Kismayo était le seul port qui présentäl les facilités requises et qu'il était prêt à payer au Sullan de Zanzibar une somme raisonnable pour l’acquérir ®), Au doeteur Kirk, lord Derby développa loiguement les arguments qui militaient en faveur de la thèse du Khédive et lui transmit une copie de la note de Nubar pacha et des lettres de Stanton 5, : |
L’attitude prise par le consul général d'Angleterre à Zanzibar depuis le début de l'incident ne laissait que trop présager le sens de sa réponse, Sa méfiance des intentions du vice-oi fut encore accrue lorsque, à son arrivée à Lamo, on lui remit la lettre que McKillop avait éerite à Gordon et confiée, avant son départ, à un sujet britannique pour qu'il la dirigeät sur Lamo }, La lecture de cette lettre l’éclaira pleinement sur les desseins réels du vice-roi que la note de Nubar ne dévoïlait qu’à demi. I se rendit compte que le Khédive avait non seulement voulu prendre les 300 milles de côte qui s'étendent au nord du Djouba, mais qu'il avait songé à saisir en sus 200 milles de littoral au sud de ce fleuve, au détriment des possessions du sultan de Zanzibar. « À en juger par la conduite de cetice expédition au début, répondit Kirk à lord Derby, il est clair que Son Altesse [le Khédive] pensait que l’un des ports de la côte des Somalis conviendrait le mieux au but qu'il se proposait et que la rivière Djouba
(1 F0, 84-1450, lord Derby à Stanton, Slave Trade n° 4, 4 février 1876.
® F,0, 84-1450, Stanton à lord Derby, 18 février 1876.
®) F0. 84-1451, lord Derby à Kirk, 4 février 1876.
(3 P,0.84-145a et Slave Trade, 1876, p. 376, Kirk à lord Derby n° 89, 2 février 1876. |
® Lord Derby ne manqua pas de relever dans une dépêche à Stanton la contradiclion qui paraissait exister entre les déclarations faites par MeKillop à Gordon . concernant les instructions qu'il avait reçues du Gaire et l'assurance donnéo par le Khédive que MeKillop avait outrepassé ses instructions ; mais il ne lui proscrivit pas d'attirer l'attention du gouvernement égyptien sur ce point (cf. F.0. 78-2505, lord Derby à Stanton, to mars 1876). Stanton répondit que la contradiction pouvait s'expliquer par l'ignorance des autorilés égyptibnnes quant aux frontières des possessions du sultan de Zanzibar (K.0, 38-2506, Stanton à lord Derby, a9 mars 1876).
vaut
pourrait devunir une voie de pénétration (vers la région des lacs). L’ocrapation de Brava, l'ostentation avec laquelle le pavillon de Zanzibar fut inantté ut los soldats du sultan chassés, plus encore, la prétention hautame da gouverneur d'empêcher par la force toute communication entre les fswtionnaires et Les sujets britanniques à Brava, étant des faits distinetesent répudiés par Son Altesse, doivent être traités, dans la mesure où cela sous concorne, simplement comme un excès de zèle grossièrement malavisé de la part de MeKillop pacha qui est évidemment un homme tout à fait” wwapable de diriger une mission dans Le genre de celle qui lui a été confiée, «Hesl cependant rapporté dans la lettre de cet officier au colonel Gordon, qu'après son arrivée à la rivière Djouba et l'occupation de Brava, il reçut ls 2 novembre les ordres du Khédive à l’effet de prendre possession de La bate Formosa, c’est-à-dire du district s'étendant entre Lamo et Mombasa, #1, en fuit, après avoir reçu cet ordre, il essaya de s'emparer de Lamo, ee qu'il aurait fait, dit-il, sans l'attitude prise par les soldats du sultan. « Suivant les instructions du Khédive qui lui prescrivaient de chercher sur la côte une station — la plus proche du lac — McKïllop pacha recommanda finalement Mombasa comme préférable à Lamo, et l’on pense qu'il so scrait dirigé sur ce port si le projet du Khédive avait été exécuté, € Dans la mesure où nous connaissons le pays, je crois que MeKillop donna un bon conseil, car non seulement les routes qui conduisent de la côte au lac présentent dans cette région peu d'obstacles naturels, mais les tribus tndigènes ysont moins récalcitrantes et moins puissantes que plus au nord... + [Tressort de là, avec une clarté suffisante, que ce n'était pas simplement un port sur la côte des Somalis que le Khédive avait en vue, ou qui aurait “onvenu à son projet, mais bien la possession d’un port de la côte de l'Afrique orientale choisi de manière à lui assurer le monopole du commrco do la région des lacs équatoriaux où, jusqu'à présent, après une marche de 2.000 milles à travers un pays dans une partie duquel elles miussissent tout juste à se maintenir, ses troupes n'ont jamais pénétré, mais où les marchands de Zanzibar, pourvus des marchandises des sujets britanniques, font maintenant constamment le commerce. { Que le Khédive vise au monopole du commerce dans la région des lies, à l'exclusion de tout autre pays, résulte assez évidemment du premier accord que les officiers du colonel Gordon ont essayé de passer avec Mtésa,
souverain indépendant du pays situé au nord du lac Victoria, à l’eflet de PROMAE tout commerce avec les gens de Zanzibar qui, depuis l'époque où vivait son père Sunna, roi d'Ouganda, se sont rendus dans ce pays, ont converti le roi actuel à l’Islamisme et gagné une certaine influënce dans la région, avant que les Égyptiens ne s’en fussent approchés à moins de plusieurs centaines de milles.
4 Dans quelle mesure sont fondées les audacieuses assertions de Nubar pacha concernant la suppression eflective de la traite, Votre Seigneurie est mieux à même d'en juger ; je suis toutefois certain que l'expérience de la récente expédition montre que, loin d'encourager l'idée que les intérêts britanniques ou la suppression de la traite gagneraient à un changement de maître et au transfert du commerce de la région des lacs des mains de Zanzibar à celles des Égyptiens, c’est l'inverse qui se produirait.
« Pendant leur brève occupation de la côte, toutes les obstructions possibles et toutes les entraves artificielles au commerce —communes dans le Levant mais jusqu'ici inconnues dans ces régions — ont été introduites, Le droit des étrangers de posséder des biens réels dans le pays à été dénié, un monopole du commerce de transport sous pavillon égyptien esquissé, un tarif officiel institué et le cours forcé des pièces de monnaie égyptienne dépréciée a reçu un commencement d'exécution.
€ [me semble dès Lors qu’à tout point de vue un établissement égyptien sur celte côte est une chose à éviter si c'est possible, Personne ne croit sérieusement que le Khédive soit plus sincère que le sultan de Zanzibar dans son désir de supprimer la traite, Tous deux, indubitablement, agissent en cette matière mus par des influences diverses ; sur le second, grâce aux traités, à notre position commerciale dominante dans le pays, à nos relations politiques et à une vieille tradition, nous avons une influence et une puissance que nous ne pouvons jamais espérer exercer sur le gouvernement égyptien.
« La position du Khédive est évidemment basée sur la supposition gratuite que les lacs du Nil et les régions adjacentes, explorés et révélés : au monde jusqu'ici par les Anglais seuls, où les commerçants de Zanzibar ont depuis des années l'habitude de se rendre, mais où le drapeau ottoman est inconnu, appartiennent de droit àl’ Égypte. Appelé par Votre Seigneurie
ee nn mn Gr ae tes ee nement ee me et
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d LE RETOUR DE L'EXPÉDITION ÉGYPTIENNE. 697
coucher par écrit ma-très forte conviction que, tandis qu'aucun des avantages avancés par Son Âltesse no découlera probablement de la permission à lui donnée d'occuper un port de l'Afrique orientale, le projet tout enfier est au contraire préjudiciable à notre commerce, à notre influence, à la politique que nous suivons pour la suppression de la traite, ët que, sous sa forme présente, il ne devrait pas être encouragé parnous!),»
Si, à ces arguments, on ajoute le vif ressentiment provoqué chezle consul par les procédés égyptiens, le manque de franchise du Khédive envers le sultan de Zanzibar, et aussi, il faut bien le dire, le mépris affiché par lui à l'égard de ce prince qu'il appelait ivrévérencieusement « un despote musulman besogneux et possesseur d'esclaves», on comprend aisément que le projet du vice-roi n'ait pas été jugé par Kirk d’une manière impartiale, On sait d’ailleurs que Gordon, trop occupé à établir le pouvoir de |’ Égypte dans la région des lacs, avait abandonné de lui-même l’idée do chercher un débouché sur l'Océan Indien. Le vice-roi n’eut done pas à regretter l'échec de sa tentative. Bien qu ‘il eût promis à Stanton d'écrire à Seyid Bargach une lettre pour lui exprimer ses regrets ©), 1} s'abstint de lo faire, jugeant sans doute, après les explications que lui dns MKillop, qu'il serait injuste de désavouer cet agent une seconde fois ), |
(KO. 84 - 145a, Kirk à lord Derby, 6 mars 1876.
. 0. 78 - a500, Stanton à lord Derby, 3 février 1876,
A son rotour de la côte des Benadir, MeKillop s'était montré très réservé à l'égard du général Stanton quant aux buts de son expédition et à la teneur de ses instructions, Mais quand il sut que le consul général connaissait la teneur de la lettre qu’il avait écrite à Gordon, il ne crut plus devoir se tenir sur la réserve ct il lui fournit la copie de ses instructions, « Je n'avais pas le choix, manda-t-il à Stanton quant au débarquement à à Kismayo, Je n'avais pas une tonne de charbon, une pinte d'huile ou de graisse pour les machines, et ayant eu deux officiers et sept hommes noyés à l'embouchure du torrent boueux {le Djouba), je fus obligé de chercher un port. Le gouverneur de Zanzibar menaça de faire partir ses canons ; je m'installai malgré ses protestations, mais je fis partir les troupes immédiatement pour les rives de la Djouba,» (F.0, 38-2501, MeKillop à Stanton, 1 1 avril 1876). Dans sa correspondance, le consul Kirk reconnaît lui-même qu'au sud de Warsheïk, tous les points de débarquement possibles sur la côte étaient occupés par les garnisons de Zanzibar (ef, F.0.84-145a, Kirk à lord Derby, 6 mars 1876). II en résulte que le Khédive,
en à prescrivant à MeKillop de 8 ‘installer sur la côte, enun point non occupé par les forces