REPLI DE RATEB PACHA SUR BAARAZA. 1051 TR
lettre à Walad Mikaïl pour le tranquilliser, lui dire qu'on lui fournirait des armes et de l'argent, et qu’on le nommerait « pour toujours», gouverneur du Hamacène. Quant au délégué du roi Jean, Rateb pacha était prié de l'envoyer au Caire, avec les cadeaux dont il était porteur, et d’éerire au négus que son représentant ramènerait d'Égypte une lettre de Son Altesse qui serait « satisfaisante pour les deux parties (».
Le mouvement sur le Hamacène ne pouvait s’effectuer qu'après avoir reconstitué le service des transports dont tous les animaux avaient péri. Jusqu'ici le sirdar avait pu se procurer des bœuls en Abyssinie ; mais veux-ci devenaient rares, parce qu’on se trouvait dans la saison des pluies et à l'époque des cultures ; ceux qu’on avait achetés récemment suflisaient © tout juste à l’alimentation de la troupe ; encore n'avait-on que dix jours de viande de boucherie devant soi. Les mulets aussi devenaient difficiles à lrouver, car les habitants, inquiets de l’avenir, préféraient les garder pour parer à toute éventualité si le roi venait de leur côté. Devant son 1mpuissance à se procurer des bêtes de somme, le sirdar avait écrit à Alaeddin bey de lui acheter 600 chameaux. Il demandait aussi qu’on lui envoyät du Caire tout ce qu’on pourrait trouver, notamment les mulets ct les ‘bœufs du service de l'artillerie . La réponse de la Maïa ne fut guère encourageante. Pour atteindre le chiffre de 11.000 animaux, envoyés jusqu'ici à l’armée d’Abyssinie, on avait ramassé en Égypte tous les chevaux et les mulets qui se trouvaient dans les taftiches, dans les diverses administrations et dans l’armée ; on avait même pris les animaux attelés aux voitures d'arrosage et autres ; les services publics étaient donc entièrement démunis. Il ne restait que 280 chevaux et 120 mulets d’artillerie, les autres mulets étant partis avec les quatre batteries expédiées récemment au Monténégro et en Serbie. En dehors de ces 400 animaux, l'Égypte ne pouvait rien fournir. On pourrait, à la rigueur, acheter des chevaux en Syrie, mais il faudrait compter trois mois avant qu’ils ne fussent rendus à Massawa ; dans ces conditions, on y avait renoncé et la Maïa
( AA., Reg. 29, Dép. Abd, pièce 616, Khairi pacha au sirdar, 1° août 1876,
AA, Rog. 41, Arr, Abd, pièces 124, 99, 128, le sirdar à Khairi pacha, 23, 24, a7 juillet 1836 ; dossier 5/1 Abdine, pièce 5, Rateb pacha à Khairi pacha, 1" août 1876.
avait ordonné à Alaeddin bey d’acheler à leur place 2.000 chameaux
Rateb pacha fit alors observer qu’un lel nombre de chameaux sulli sans doute au transport des approvisionnements de l’armée, mais que s'agissait de déplacer les troupes elles-mêmes de Kayakhor au Hamart il en faudrait au moins 3.000. De plus, ces animaux ne devraient pas & envoyés, comme d'ordinaire, par groupe de 100 où 200 chameaux, ils périratent au fur et à mesure de leur arrivée ; il faudrait Les lui envo en deux fois. Le premier de devrait comprendre 2.000 chame ct être suivi, dix jours après, du deuxième contingent lort de 1.000 r meaux ; en aucun cas, le deuxième contingent ne devrail arriver plus vingt jours après le premier ®, Le sirdar, qui avait pu se procurer place 300 mulets, pensait pouvoir en acquérir d’autres, dès qu'il au reçu les fonds nécessaires à ces achats (9). Le vice-roi, de son côté, lui env 350 mulets et chevaux par le Samanowd et confirma à Alaeddin bey l'or d'acheter les 2.600 chameaux demandés par le sirdar @). Le vékil gén du Soudan oriental décida alors que Massawa devrait en fourmxr 6 Souakin 400 et le Taka 1.600, et il se disposa à se rendre auprès tribus arabes pour activer l'opération 5), 240 chameaux, éerivit-il 21 août 1879, ont déjà été envoyés à Massawa, et 6oo partront s peu ; quant aux mulefs et chevaux, on ne pourrait les faire venir que
(O A.A., Reg. 29, Dép. Abd. pièces 607, 616, Khairi pacha au sirdar, 31 jui
1°* août 1896.
6) A.A., Rep. 41, Arr, Abd,, pièce 163, le sirdar ! à Khairi pacha, 3 août 18
5) AA. Reg, 41, Arr. Abd,, pièce 823, le sirdar à Khairi pacha, 16 août 18 Les mulets abyssins, expliquait le sirdar, sont de constitution faible et ne peur porter de lourds fardeaux ; ils peuvent toutefois porter deux caisses de munitic Avec les fonds dont il disposait, il avait pu en acheter 300, mais bien qu’on ce nuât à lai en offrir une vingtaine par jour, il ne pouvait en acquérir faute de fo (AA, Rog. 41, Arr, Abd., pièce 895, le sirdar à Khairi pacha, 27 août 1876
® Le sirdar joignit en effet la demande de 600 chameaux qu'il avait faite à . eddin bey à celle de la Maïa, qui prescrivait à ce dernier d'en acheter 2.000 (4 Reg. 41, Arr, Abd., pièce 241, le sirdar à Khairi pacha, g août 1876).
@ Le 11 août 1876, le hokoumdar du Soudan, qui se trouvait au Caire, ord na à son vékil à Khartoum de faire acheter 5ao chameaux robustes et aptes au tri port chez les Choukrié et de les envoyer le plus rapidement possible à Sous (AA, Reg, 29, Dép, Abd, pièce 698). '
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REPLI DE RATER PAGHA SUR BAARAZA. 1053
PRE I TS RE A A M Gallabat, localité très éloignée ; mais comme il était certain qu’ils se fativusraient beaucoup s'ils faisaient cette longue route dans Ja saison actuelle du Kharif, il renonça à en passer commande {u),
Conformément aux ordres du vice-roi, le sirdar envoya le délégué du roi Jean à Massawa. Gabra Tgzabihir était accompagné de sept personnes l), parmi lesquelles certaines connaissaient très bien la langue arabe et pos- «aient, au dire de Rateb pacha, une connaissance parfaite des questions que le délégué paraissait encore ignorer M}, Le délégué et sa suite furent mstallés à Massawa an palais du gouvernorat et Lraités avec honneur (#), En conversation avec l'agent consulaire de France, Gabra Igzabihir ne cacha pas les intentions de son maître : « L’Abyssinie, lui dit-il, ne traitera de x paix qu’à la condition de f’évacuation complète du territoire et ne eudera pas un pouce de terrain. Le roi, pas plus que moi, n’a confiance aux promesses de l'Égypte et ne croit à la paix... Nous ne nous sommes uullement mépris sur le caractère de la campagne que vient d'entreprendre Walad Mikaïl et nous savons que l’ordre est venu de Rateb pacha qui ne ni a ménagé aucun secours. Nous ne perdons pas de vue que ceci se passe au moment où le gouvernement égyptien a envoyé auprès de nous un ambassadeur et pendant que nous cherchons à nous entendre avec lui sur les conditions de la paix. D'un côté, il nous envoie des cadeaux en pro- Wstant de ses bonnes intentions pour la paix, et de l’autre il se sert de Walad Mikaïl pour mettre notre pays à feu et à sang. Je ne sais si le roi rt entré en campagne, mais une décision dans ce sens a été prise, à moins que l'Égypte, comprenant son impuissance, ne consente à faire la paix en donnant des garanties sérieuses, Le départ pourra être retardé encore d'un mois, mais les troupes sont prêtes, Nous ne doutons pas un seul instant de la victoire ; nous avons aujourd’hui des armes et des munitions are des hommes qui savent tout aussi bien s’en servir que les soldats
"AA. Rog. 41, Arr. Abd., pièce 376, Alaeddin bey à Khairi pacha, 21 août 1876,
* Une dépêche de Massawa, en date du 90 août 1876, donne les noms des gens li la suite : Kassa, Walad Garima, Kabdâtou, Warfou, Makonnen, Taklon, Kawdab ELA, Reg, 2906, dép. Gouvernorat de Massawa, pièce 74, p. 28).
* AA, Reg. 41, Arr. Abd, pièce 302, le sirdar à Khairi pacha, 1e août 1836.
AA. Reg. 41, Arr. Abd. pièce 230, Niaxi pacha à Khairi pacha, 7 août 1876.
égypuens (,» Comme le roi Jean avait exprimé le désir que son délépu. arrivät le plus tôt possible au Caire pour conclure Ja paix ©}, Gabra fr. bihir et sa suite furent embarqués. sur le vapeur Samanoud qui part de Massawa le 20 août 1876.
À la fin de juillet, le roi Jean avait quitté Adoua pour se rendre à Maghh, à l’eflet de soutenir le ras Karhadan aux prises avec le ras Haïlou du Seloa ), Devant cette menace, le ras Haïlou demanda du secours su sivdar ; il fil valoir que, faute d'aide, ses gens se disperseraient ; il désiririt aussi connaître la décision prise par Rateb pacha en ce qui concerne le traite de paix. Afin de l’encourager à la résistance, le sirdar n’hésila pas à lu répondre que «la question du traité de paix était sans fondement, qu'il avait un très grand. nombre de soldats et de canons, et que le seul mouf qui l’empêchait de se rendre auprès de lui était l'abondance des pluivss ; il l’engagea à tenir ferme et lui promit de l'aider « sans fautes après la saison des pluies (}, Le bruit couvrait partout, aussi bien parmi les Égptiens que chez les Abyssins, que les troupes rappelées d'Abyssinie avaient été dirigées sur Gonstantinople #) ; comme cette rumeur était de nature à encourager la résistance de l'ennemi, le vice-roi prescrivit à Rateh pacha de Ia combattre 1 & il précisa que 3 régiments seulement avaient été envoéys en Serbie (), Le sirdar s’employait bien en ce sens ; il saisissait toutes les occasions pour répandre parmi les habitants le bruit de la présence d'un très grand nombre de troupes au Caire, avec lesquelles on formerait une grande armée qui viendrait en Abyssinie après la saison des pluies, et il ajoutait qu'on formait une autre armée au Soudan, pourvue de nombreux canons et destinée à pénétrer en Éthiopie par Gallabat (M), Mais ce n'étaient là que paroles creuses, derrière lesquelles il dissimulait son impuissance à tenter une opération quelconque. « Quand nous vous avons soumis la question de l'utilité de nous déplacer de Kayakhor et de mettre des sol-
(1 AE, Corresp. polit., Égypte 58, Pony à M. Pellissier, 15 août 1876.
B A.A,, Reg. 41, Arr, Abd., pièce 324, le sirdar à Khairi pacha, 16 août :87b. 6 AA, Roy, 41, Arr, Abd., pièce 164, le sirdar à Khairi pacha, 8 août 1876. AA. Reg. 41, Arr. Abd., pièce 197, le sirdar à Khairi pacha, 7 août 187ü. U AA., Reg. 1, Arr, Abd, pièce 265, le sirdar à Khairi pacha, 5 août 1876. (AA, Reg. 99, Dép. Abd., pièce 675, Khairi pacha au sirdar, 8 août 1876, PI AA, Reg, 41, 4rr, Abd. pièce 3038, le sirdar à Khairi pacha, 1e août 1850.
REPLI DE RATEB PACHA SUR BAARAZA. 1055
dats dans le poste d’Asmara, écrivit-il à Khairi pacha le 9 août, nous “périons, à ce moment, qu’au cas où nous aurions besoin de soldats, is nous seraient envoyés en temps voulu, afin de les installer dans le poste de Tsazéga et nous ignorions l’envoi de troupes en Serbie ct au Montéuéyro. Les tvoupes que nous avons avec nous ne sont pas assez nombreuses. En elfet nous avons 3 bataillons incomplets. Le typhus s'est répandu parmi les soldats et 160 d’entre eux sont hospitalisés. T1 en meurt journellement de quatre à six ; les entrées à l'hôpital sont supérieures aux sorties. La plupart de ces malades sont des Soudanais ; il ÿ a en outre 76 soldats fatigués et affaiblis, qui sont autorisés par les médecins à garder la tente (1),
« L'ordre supérieur prescrit de transporter, si possible, nos troupes à Asmara et de s’y retrancher, afin de résister dans ce poste et de parer à toute attaque, tout en défendant les lignes de communication, au cas où l'ennemi nous attaquerait avec une forte armée comme la dernière fois. Ces mesures sont prescrites à candition que nous ne réclamions aucune borre supplémentaire. Le déplacement des troupes de Kayakhor à Asmara, comme leur repli sur Baaraza, est impossible pour deux raisons : 1° nous avous appris que deux ras, dedjaz Maro et dedjaz Gabrou Oubié, arriveront prochainement dans le Sarawé, avec un bon nombre de soldats ; un autre ras viendra de l’Okulé-Kouzaye. Ces trois ras se réuniront et seront suivis par le roi avec ses troupes, quand il aura achevé de combattre le ras Haïlou. Après s’être réunis, ils pénétreront dans le Hamacène pour alluquer Walad Mikaïl et le capturer. Pour cette raison, nous ne pouvons pas nous rendre de Kayakhor à Asmara. a° Il y a une forte objection à se replier sur Baaraza après avoir brûlé les tentes et le biscuit. Nous avons en effet 6.000 caisses de munitions qu’il ne convient pas de brûler ou de
‘1 Le sirdar ajoute : « Ces maladies sont provoquées, au dire des médecins, par la forte humidité et les pluies. En outre, ces soldats, à leur arrivée à Massawa, ont élé employés au déchargement des marchandises apportées par les vapeurs et À leur transport dans les magasins de l'Intendance, au chargement des animaux du service des transports ete. Leur arrivée à Kayakhor a coïncidé avec la construction du fort ; ils ont été oceupés et ils continuent jusqu’à présent à réparer tous les dommages tausés par Jes fortes pluies, car Le sol est sablonneux, Ces soldats travaillent ainsi tout le jour ; la nuit, ils montent la garde dans le fort ; telle est la eanse principale de leurs fatigues et des maladies dont ils sont atteints,»
détruire. Vous connaissez le nombre d'animaux que ce transport néves site, Au lieu de les détruire, il serait préférable de les transporter peu
peu à Baaraza, Ensuite les troupes partiraient pour ce poste. Gelle opér lion nécessite un laps de temps qui ne peut être inférieur à un ou der mois et même davantage, et ceci avec la présence de 2.000 chameaux d'un millier tout au moins, pour transporter les munitions, les canon Krupp et les pièces en fonte, traîner les voitures de munitions, porter | restant du matériel ainsi que les tentes. Ges animaux ne pourront nou être fournis avant longtemps, car Alaeddin bey nous a fait savoir que lr Goo chameaux que nous l'avons chargé d'acheter ne pourront se trouver Massawa qu'après son arrivée au Taka. Il ne fixe.aucun délai ferme pou cela, Il nous demande de lui faire connaître le nombre de chameaux
acheter, car, dans son ordre, la Maïa ne l’a pas fixé. Nous lui avons éer: d'acheter 2.000 bêtes, outre les 600 chameaux sus-indiqués, et Dieu sa si ces animaux seront envoyés dans deux mois ou même davantage ! Ci nous savons qu'il a mis plus de trois mois à réunir 3.000 chameaux.
« Depuis plus de deux mois, nous ne cessons de solliciter qu’on vienn à notre aide et qu’on nous envoie des animaux. Toutes nos demande sont restées inructueuses, Quand ces animaux nous auront été fourni et que nous nous serons repliés sur Baaraza..…, il conviendra de rempl: cer les soldats qui composent les 3 bataillons par des troupes fraîches t Ensuite, si aucun événement ne s’y oppose, c’est-à-dire si, à ce momeut là, le roi se bat dans une autre région, comme c'est le cas maintenant, « abandonne l'idée de se rendre au Hamacène, nous pourrons partir à l'in proviste et placer les trois bataillons à Asmara, où nous nous retranche rons..…. On n’enverra rien à Tsazéga ni ailleurs, tant qu’on ne pourra pu nous envoyer des soldats du Caire...
« Si, entre temps, d'autres événements se produisent, que par exempl le roi donne satisfaction à ras Haïlou et à Walad ras Woronya, ou qu ceux-ci se soumettent à lui et que le roi se propose ensuite d'attaquer | Hamacène, nous changerons alors de tactique. Nous nous replierons su
O1 Trois jours plus tard, le 12 août, le sirdar manda au Caire qu'il suffirait d relever l’effeetif des à bataillons soudanais seulement, qui étaient les plus éprouvé par la maladie (A.A;, is ba, Arr, Abd., pièce 801, le sirdar à Khairi pacha, t août 1876).
REPLI DE RATER PAGHA SUR BAARAZA. 1057
Massawa et de Là sur Senhit, d’où nous ferons marcher nos troupes sur Samehaï 0,»
Lorsqu'il reçut cette dépêche, le Khédive prescrivit à Rateb pacha d’apérer sans plus tarder son repli sur Baaraza, première étape, dans son »sprit, de la future marche sur Asmara, Pour faciliter son déplacement, il lui enverrait d'Égypte, avec Osman pacha Rifki, 5oo chevaux et muicts «200 de plus si l’on trouvait à les acheter ; à ces animaux viendraient se joindre les bêtes acquises à Massawa et au Taka. Mais comme le sirdar disposait d’oves et déjà de 170 mulets d'artillerie et aurait bientôt les 350 chevaux et mulets envoyés par le Samanoud, soit au total 520 animaux, auxquels il pourrait joindre ‘les chevaux des bachi-bouzouks, le vice-roi lui ordonna de commencer dès maintenant, et sans attendre Île retour d'Osman pacha, le transport des 6.000 caisses de munitions qui se trousaient à Kayakhor. On transporterait aussi les canons. Quant aux tentes, on ne prendrait que celles qui étaient nécessaires aux troupes et le reste serait brûlé, En ce qui concerne le biscuit, il en restait au début du mois d'août 120.000 okes ; depuis lors, on avait dû en consommer beaucoup, til n’en restait sans doute qu'une faible quantité, Pour combler les vides produits dans Les trois bataillons par la maladie, le vice-roi enverrait au sirdar 300 soldats. Une fois le repli sur Baaraza effectué, Rateb pacha partirait pour Asmara et s°y fortifierait, À ce moment-là, l'hiver serait venu et le vice-roi ferait relever par des troupes fraîches les bataillons fatigués ®), :
Lorsque le Samanoud arriva À Massawa, on constata que sur les 350 mulets et chevaux qu'il y avait à bord, 29 étaient morts en cours de route, 13 autres étaient mourants, et le reste des animaux déprimé à un point tel qu'on ne pouvait les employer aux transports dans l’état où ils se trouvaient ), Le sirdar fit contre mauvaise. fortune bon cœur, Comme les
AA, Reg. A1, Arr. Abd., pièce 241, le sirdar à Khairi pacha, 9 août 1876, Nous n'avons pu identifier la localité de Samchaï,
AA, Reg. a9, Dép. Abd., pièces 719, 718, 0.8. au sirdar, 18, 1 4 août 186,
& À leur départ d'Égypte, les animaux avaient été inspectés par Aly pacha Ghakb et trouvés tous bien portants ; leur arrivée à Massawa, dans ect état pitoyable, montrait qu'ils avaient manqué de soins en cours de route ; sans doute n'avaient-ils pas reçu la nourriture et la boisson nécessaires (A.A., Rog. 31, Dép. Abd., pièce
list, du sèmne du Khéd, Isnaïl, t, IL ba
médecins le pressaient de renvoyer à l'arrière les troupesatteintes detyplu il fit partir un bataillon soudanais de Kayakhor pour Baaraza le 20 ao et manda à sa place les fantassins arabes qui se trouvaient à Baaraza e Adiraso ; à leur arrivée, il enverrait le deuxième bataillon soudanais Adiaso, On ne pouvait songer, en eflet, à ne laisser à Kayakhor qu' seul bataillon, tant que les munitions et le matériel n'auraient pas évacués. Puis, de ses animaux de charge, le sirdar forma deux groupe l'un fut affecté aux transports entre Kayakhor et Adiraso, l’autre aux trs ports entre Adiraso et Baaraza, Le mouvement des munitions comme Je 23 août et on expédia ce jour-là à Adiraso 426 caisses de munitie d'infanterie 0}, Le 25 août, un deuxième convoi de 520 caisses de mu tions quitta Kayakhor, suivi deux jours plus tard par un convoi de 6 caisses de munitions ; 750 caisses partirent le 29 août et goo caisses 31%),
Cependant, après sa victoire du 17 juillet à Wakidba, Walad Mit avait vigoureus ment poursuivi ses adversaires, Ün certain nombre fuyards s'étant réfagiés dans les régions de Chotel et de Waz Dom placées sous la protection du gouvernement égyptien, il demanda à À eddin bey d’euvoyer Haïlou Walad Gabr et Azkadoum pour les arrêter Alaeddin délégua un moawen du gouvernorat pour arrêter les fugitifs les remettre à Walad Mikaïl, opération qui, écrivit-il, devait se faire « s4
62, Khairi pacha au sirdar 20 août 1876). À cette occasion, le Khédive andre une semonce très vive à Soliman Niazi pacha, à qui il reprocha ses fréquentes ivres (AA, Reg. 31, Dép. Abd,, pièce 68, O. S. à Soliman pacha Niazi, aa août 187 Ge dernier répondit que le personnel du service des transports, qui comprei jadis deux bataillons et beaucoup de civils et de spécialistes, avait été réduit, | raison d'économie, à deux compagnies, Quant aux chevaux et muleis amenés pa Samanoud, à part une quinzaine qui étaient morts en cours de route, tous les aul avaient repris leur forme après cinq jours ct avaient été envoyés à l’armée (A. Rog. A1, Arr, Abd, pièce 390, Soin pacha Niazi À Khairi pacha, 26 & 1876).
1 AA., Reg, 41, Arr, Abd., pièce 385, le sirdar à Khairi pacha, 24 août 18:
M A.A., Reg. 41, Arr, Abd, pièces 386, 397, 419", 438, le sirdar à Kh pacha, 25, 27, ag août, a septembre 1896.
) A.A., Reg. 41, Arr. 4bd., pièce 119, Alaeddin bey à Khairi pacha, 26 jui
*ssi ste 6).
nait par er le res À toût
hairi
alle
REPLI DE RATEB PACHA SUR BAARAZA, 1059
tambour ni trompette y. Bien que la menace des Abyssins contre le Hamarène ne se fût pas encore matérialisée et que le roi Jean se trouvât
toujours aux prises avec le ras Haïlou du Seloa P}, Walad Mikaïl, en pré-
usion de cette attaque, demanda au sirdar de lui proeurer des soldats, des armes el de munitions. Î expliqua que les fusils à capsule qu'on lui avait livrés à Massawa ne lui avaient été d'aucune utilité et que seuls les 100 fusils Remington à lui donnés avaient fait de la bonne besogne au ours du combat du Hamacène ; il demandait en conséquence qu’on lui remit au moins 2,000 fusils du même modèle, Ratel pacha suggéra an Uaire de lui livrer 900 fusils qui se trouvaient à l’Intendance à Massawa l) «t de lui envoyer d'Égypte le complément. Quant aux soldats arabes et bachi-bouzouks, le sirdar ne pouvait les lui donner, sans un ordre du Uaire; mais il ne cessait d'encourager les habitants de l’Okulé-Kouzaye rt du Sarawé à se rallier à Walad Mikaïl, et ce dernier avait déjà sous la main un nombre considérable de troupes , Le 28 août, le chef abyssin, qui n'avait pas vu le sirdar depuis plusieurs mois, se présenta en personne à Kayakhor.
« Les Abyssins, manda Rateb pacha au Caire, ont pour coutume qu’en «is de victoire au cours d’un combat, le vainqueur se présente à son chef devant lequel 1l fait un récit de son origine, de sa bravoure et des victoires qu'il a remportées. Ce récit est fait publiquement et suscite l’enthousasme. Walad Mikaïl a tardé à se conformer à cette coutume à cause du deuil provoqué par la mort de son fils... Il est venu le 28 août, accompagné de 4.000 soldats, dont 100 cavaliers. Nous avons quitté notre fort ct ayons marché 5oo mètres, avec 300 soldats arabes, afin de le recevoir, lui et son armée. Nous avions, avant cela, envoyé un de nos aides de camp avec un certain nombre de cavaliers à sa rencontre,
t Walad Mikaïl est venu seul au galop. 1 a décrit plusieurs cercles avec son cheval en lançant sa lance en l’air, et il a cité ses prouesses comme
AA, Reg, 41, Arr, Abd., pièce 166, Alaeddin bey à Khairi pacha, 8 août 1876. M AA, Reg. 41, pièces a5o, 304, 307, 398, le sirdar à Khairi pacha, 10, 13, 17 août 1876.
8 5oo fusils Remington furent remis par la suite à Walad Mikaïl (A,A., Regr, 41, drr, Abd. pièce 488, Niazi pacha à Khairi pacha, 5 septembre 1876). AA, Reg. 41, Arr, Abd., pièce 32 a, le sirdar à Khairi pacha, 16 août 1876,
précédemment indiqué. Il a prié Dieu d'accorder longue vie et prospérite à notre grand Bienfaiteur. Après Jui sont venus les cavaliers qui ont dé. filé devant nous. Walad Mikaïl a fait demi-tour avec eux ; après quoi, il est revenu vers nous avec les soldats et les cavaliers au galop et a défie de nouveau. $es soldats chantaient gaiement et avec beaucoup d’entrain : ils poussaient des eris et des vociférations et adressaient des vœux pour notre grand Bienfaiteur. Ils levaient leurs fusils en l’air et brandissaient leurs épées, alors que les tambours, elairons et autres instruments de musique jouaient. Après les avoir reçus, nous leur avons montré comment les Arabes 1 se battent ; ceux-ci commencent par attaquer en groupes et déchargent leurs armes ; ensuite ils font demi-tour pour les recharyrr. Ces soldats sont suivis par d’autres qui procèdent de la même façon, attaquant en groupes et déchargeant leurs armes, puis faisant demi-tour pour recharger. Ensuite, nous avons conduit au fort Walad Mikaïl et se, chefs les plus proches. Là, il fut reçu par l’armée régulière ; Le elairon « sonné ; une salve de cinq coups de canon a été tirée en son honneur, Le sirdar profita de l’occasion pour s’entretenir de la situation avee lui ; 4 le mit au courant de ses projets # et lui donna les conseils appropriés: ‘son escorte reçut. à titre de cadeau, 100 sacs de biscuit et 30 vaches.
La caisse de l’ordi et celle du gouvernorat étant vides, le sirdar fit un appel pressant de fonds au Caire le 3 1 août. Il avait besoin de 70.000 tallaris au moins pour acheter des bêtes de somme et de la viande de boucherie, rembourser aux commerçants de Massawa les 10.000 tallaris qu'il leur avait empruntés, payer deux mois de traitement aux officiers el ain soldats réguliers, ainsi qu'aux Arabes et aux bachi-bouzouks, car ce, derniers s'étaient plaints à plusieurs reprises de n'avoir pas reçu leur solde (0), L'état sanitaire empirait à Kayakhor (} ; le a septembre, on comp-
(9 Il s’agit de soldats irréguliers.
BY A,A,, Reg. 41, Arr. Abd., pièce 419, le sirdar à Khaïri pacha, a9 août 1876.
3 Le sirdar lui fit connaître notamment son intention d'aller à Asmara, via Das raza, ct lui dit qu'il devait garder ce renseignement secret et ne le divulguer à per: sonne, 1 Jui fit même prêter serment sur l'Évangile (A.A., Rog. 41, Arr, Ab. pièce 579, le sirdar à Khairi pacha, 19 septembre 1876).
AA, Reg, 44, Arr, Abd, pièce 466, le sivdar à Khairi pacha, 31 août 1876.
(3 AA. Reg. 41, Arr. Abd., pièce 473, le sirdar à Khaïri pacha, 3 septembre 1876. Le Khédive prescrivit à Rateb pacha de donner à boire aux soldats soudauais
REPLI DE RATEB PACHA SUR RBAARAZA. 1061
tit 382 malades À l'hôpital, dont 47 Arabes 0 et 235 Soudanais. En une semaine, 136 soldats avaient dû être hospitalisés Ê et 47 hommes “tient décédés 7, IT importait plus que jamais, dans cos conditions, d'acréléver l'évacuation des troupes. Or les 800 bœufs employés aux transports étaient si faibles ct déprimés qu'il ÿ avait danger de Les voir mourir, si on ne les mettait au repos ; Rateb pacha demanda en conséquence au Caire de lui envoyer au plus vite une partie des animaux qui devaient partir avec Osman pacha Rifki 9, Le Khédive répondit qu'il régnait en Égypte une épizootie telle qu’en l’espace de deux à trois jours 200 des animaux réunis à Suez pour être envoyés à Massawa étaient morts ; il lui ‘til en conséquence impossible d'envoyer au sirdar un seul animal, et celui-ci ne devrait désormais compter que sur les bêtes de somme qu'il pourrait se procurer sur place 5),
Rateb pacha fit de son mieux. 549 caisses de munitions furent expédiées de Kayakhor à Adiraso le 4 septembre, 350 caisses le 6, 6oo caisses le 8, Soo caisses le 10 (9, Les malades qui se trouvaient à Kayakhor furent calement évacués . Le sirdar fusionna ensuite en un seul groupe les animaux des deux sections de transport, ce qui lui fournit plus de 500 bites de somme, et le dimanche 10 septembre, il quitta Kayakhor avec «es troupes, tout le matériel lourd et les munitions qui restaient 8), On se ml en route au lever de la lune. Les Abyssins éclairaient les montagnes
de la bouza (bière fermentée), boisson à laquelle ils étaient habitués (A.A,, Reg. 81, Dép. dbd., pièce 195, Khairi pacha au sirdar, 8 septembre 1876),
Il y a licu de faire observer ici que le mot « arabe» est constamment employé par le sirdar dans le sens de « égyptien». Il n'implique aucune idée péjorative,
8) Sur ces 136 hommes, il y avait 26 Arabes et 110 Soudanais.
® Dont a Arabes ot 45 Soudanais, | AA, Reg. 41, Arr. Abd., pièce 479, le sirdar à Khairi pacha, 6 septombro 1876,
“AA, Reg, 31, Dép, Abd., pièce 180, O. S. au sirdar, 9 septembre 1876.
AA, Roy. 41, Arr. Abd. pièces 478, 486, 500,512, le sirdar à Khairi pacha, ,6,8, 10 septembre 1876.
. 1 6o malades furent transportés sur des brancards, les autres À dos d’animal,
"AA, Reg. 41, Arr. Abd., pièce 531, le sirdar à Khairi pacha, 10 septembre 1876, Rifaat bey, dans ses Mémoires, dit que l'armée quitta Kayakhor lo 1° jour de l'an copte, qui correspond au 10 septembre 1876,
Ce D LA De TS EN avec cles torches ct les soldats n'étaient qu'à demi-rassurés #2, De grand eflorts furent nécessaires pour transporter les canons depuis l'akaba di Kayakhor jusqu’à la plaine de Haala, qu'on atteignit deux heures à pris le lever du soleil. De fortes pluies s'étant mises à tomber, les khors qu coupent la plame se t'ansformèrent en torrents, où l’eau atteignait jus qu’à deux mètres de profondeur. On dut arrêter l'artillerie sur les en droits élevés pour attendre la baisse des eaux. Malgré les précaution prises, les canons s’embourbèrent, et c’est avec la plus grande peim qu’on parvint à les dégager. La nuit était tombée depuis quatre heure, lorsque Rateh pacha arriva à Adiraso. Il décida de s’y arrêter un jour o deux pour faire reposer les hommes et les animiaux ), Laissant ensuite er ce point le miralaï Rached bey, avec un certain nombre de soldats souda nais et d'irréguliers arabes pour garder les munitions, le sirdar pour suivit sa route sur Baaraza avec le bataillon arabe, les canons Krupp, le pièces en fonte et les canons de montagne. « Nous sommes arrivés à Bua raza après deux jours de marche, écrivit-il au Caire. Ce retard est dû au: obstacles que nous avons rencontrés pour franchir les akabas d’Adiras et de Bamba. Les difficultés que nous avons eues pour traîner les canon: sont indescriptil les },» À son arrivée dans cette station, le sirdar y trour: l'ordi du serbiada Kheireddin agha, ainsi que 6 canons de montagne qu'i avait demandé à Soliman Niazi pacha de lui envoyer de Massawa (#), IL s’or cupa aussitôt de faire venir à Baaraza les munitions restées à Adiraso v rassembla dans ce but tous les animaux robustes qu'il put trouver ; mais sur les 119 bêtes de somme récemment arrivées par le vapeur Hodeidu 70 seulement étaient parvenues à Massawa, le reste étant mort pendan le voyage ; et de ces 70 animaux, 39 seulement furent trouvés assez ro bustes pour servir 5), L’épizootie, qui sévissait en Égypte, faisait d'ailleur
19 Cf, Mohamed Rirasr, op. cit, p. 95.
Gi AA. Reg. 41, Arr. Abd., pièce 538, lesirdar à Khairi pacha, 1 3 septembre 1876
(6) AA, Reg. 41, Arr, Abd., pièce 563, le sirdar à Baaraza à Khairi pacha, 11 septembre 1876.
(1 AA., Reg, 41, Arr. Abd., pièces 487, 501, Niazi pacha à Khairi pacha, 4, À septembre 1876.
6} Le Hodeida avriva à Massawa le 8 septembre, Soliman Niazi pacha manda | lendemain à la Maïa que 31 bêtes avaient péri pendant le voyage et 5 lors du di
sutir ses cfets à Massuwa, où chaque j jour il mourut de huit à neuf chevaux où mulets.
La situation sanitaire des Roues nes soit pas. Gomme le typhus S'ébil surtout propagé parmi les soldats soudanais ef que les médecins l'attribuaient à l'humidité et au froid rigoureux, Rateb pacha, on l’a vu, avait envoyé à Baaraza les 4oo hommes qui restaient de l’un des deux bataillons soudanais, dans l’espoir que la douceur du climat de cette localité arrêlerait la propagation de la maladie. Lorsqu'il arriva à Baaraza, 11 constati que 7 à 8 hommes mouraient chaque jour du typhus, et qu'il ” ven avait 38 en traitement à l'hôpital, À Adiraso, on comptait 190 soldats soudanais malades et le total s'élevait à plus de 200, si l’on y comprenait les fantassins et artilleurs arabes. « Toutes les mesures que nous avons prises pour arrêter ce Îléau, manda le sirdar au Caire, ont été infructueuses. Le bataillon arabe commence à être affecté. Bien que le nombre de malades soit [encore | minime, cette maladie se propage de plus en plus parmi eux; elle atteint également Îes irréguliers : il en meurt journellement trois ou quatre. Nous avons prescrit au médecin de soigner ces Arabes, mais ceux-ci ayant une fausse opinion de la médecine et des médecins, refusent de se laisser soigner. Telle est la situation que nous traversons ().» Le mardi 19 septembre; un dernier convoi amena le matériel qui était resté en arrière à Adiraso ©), L’évacuation des stations wcupées par l’armée égyptienne en territoire abyssin se trouva dès lors complètement terminée,
1 , - . (a , Le repli de l’armée sur Baaraza faisait perdre à l'Égypte l'emprise qu'elle avait exercée jusque là sur la population de l’Okulé-Kouzaye. Il n'en devenait que plus important pour elle de soutenir son allié Walad
barguement, De plus, lorsque les animaux arrivèrent au campement, on Lrouva À bètes fatiguées et à presque aveugles {A.A., Reg. 41, Arr, Abd., pièces 5oa, 519, Niazi pacha à Khairi pacha, 8, g septembre 1876), M AA. Rog. 41, Arr, Abd., pièce 563 ,lesirdar à Khairi pacha, 1 6 septembre 1876, M AA, Reg. 44, Arr. Abd., pièce 580, le sirdar à Khairi pacha, 19 septembre 1876,
Mikaïl qui était en possession du Hamacène depuis sa victoire du 17 ju. let, On jugea au Gaire que ce chef abyssin, devenu un auxiliaire précieux, ne devait plus exposer inutilement sa vie. Walad Mikaïl avait l'habituite d’absorder une boisson forte, À base de miel, avant de se jeter dans À: mêlée. Mais s'il était Lué au cours de l’action, son armée, privée de che se débanderait, comme c'était l'usage chez les Abyssins. « Vous dues donc, manda le vice-roi au sirdar, lui conseiller de ne pas prendre part personnellement au combat, et de ne pas risquer sa vie en attaquant l'ennemi. Son rôle devra se limiter à donner des ordres el, à proprement parler, à commander,» Quant aux soldats arabes et bachi-bouzouks demandés par Walad Mikaïl, Rateb pacha ne devrait les lui donner qu'après l’arrivée des ras chargés de le combattre. « En les envoyant [au Hammacène}, prescrivait le Khédive, vous direz que c’est dans le but de se ravi tailler. Ges soldats ne devront se rallier en fait à Walad Mikaïl qu'au vas où le combat serait engagé. À ce moment là, ils attaqueront l'ennemi sur un flanc ou sur l’autre et donneront à Walad Mikaïl toute l’aide possible pour qu’il triompae de ses ennemis. Ils déchargeront leurs fusils et le canon qui se trouvera avec eux {t}.» Le Khédive n'avait pas abandonné le projet de s'installer à Asmara ; il pensait que, dès son arrivée à Bauruza. Rateb pacha se mettrait en route pour cette localité ; une fois parvenu eu ce lieu, le sirdar verrait ce qu'il conviendrait de faire pour s'établir et se fortifier à Tsazéga, avec l’aide des gens de Walad Mikaïl. En attendant, il aiderait financièrement ce dernier et le vice-roi lui prescrivit même de lui remettre sans plus tarder une somme de 1.000 à 2.000 fallaris. Par ailleurs, comme Osman Rifki pacha retournait à Massawa, le Khédive ordonna au sirdar d'attendre son arrivée avant de commencer son mouvement vers le Hamacène (?), |
Les secours réclamés par Walad Mikaïl n'étaient point superflus, Après avoir guerroyé quelque temps contre le ras Haïlou du Seloa 6}, le roi Jean
O AA, Reg. 31, Dép. Abd, pièce 71, 0. $, au sirdar, 1 2 septembre 1876.
® AA, Rog, 31, Dép. Abd., pièce 70, 0. S. au sirdar, 12 septembre 1876: pièce 209, Khairi pacha au sirdar, 14 septembre 1876 ; pièce 235, O.S. au sirdar 19 septembre 1876.
SE AA. Roy, 41, Arr. Abd, pièces 511, 569, le sirdar à Khairi pacha, 7, 17 septembre 1876,
sait fini par Wraiter avoe fui, Eui avait promis de lui restiluer son pays el les deux adversaires, réconciliés, étaient rentrés. ensemble à Adoua M, En apprenant le retour du roi dans sa capitale, Walad Mikaïl fut pris de peur; il manifesta le désir de mettre en srelé, dans une caverne, toutes les armes que les Égyptiens lui avaient versées et de se réfugier dans une montagne. Rateb pacha dut lui envoyer un émissaire pour le raisonner ct lui dire de tenir bon jusqu'à l'arrivée des troupes khédiviales F1, (Cependant Osman Rifki pacha avait quitté Suez le 11 septembre, emmenant avec lui sur le Dessouk 306 soldats basingher 5). Le vapeur Samunul le suivit quelques jours après avec 200 nafars arabes, plus de 200 chevaux et du matériel pour le corps expéditionnaire(#. Le Dessouk arriva à Massawa le 16 septembre ; deux soldats basingher étaient morts en cours de route et 22 durent être hospitalisés à l’arrivée du navire à Massawa 6, Osman pacha partit le lendemain pour Baaraza, où il arriva le 18 septembre (, Après avoir conféré avec lui, Rateb pacha écrivit au Caire pour faire connaître son opinion. Î1 était maintenant d'avis de ne plus bouger du tout. Le repli des troupes sur Massawa, manda-tl à Khairi pacha, « après que le roi a commencé à vouloir changer les conditions de la paix», ne porterait-il pas un préjudice à la réputation du gousernement égyptien? Il appartenait au Khédive d'en décider. Quant à faire avancer les troupes sur Asmara, ce mouvement se heurterait à de très praves difficultés, En dépit de toutes les mesures sanitaires qu’on avait prises pour arrêter le typhus, en changeant la nourriture des hommes ou sn déplaçant les troupes, la maladie n'avait cessé d'étendre ses ravages ; 3N4 soldats appartenant aux deux bataillons soudanais étaient déjà morts
AA, Reg. 41, drr. Abd., pièce 570, le sirdar à Khaïri pacha, 17 septembre 1876. Le roi Jean rentra à Adoua vers le 12 septembre,
" AA., Reg, 41, Arr, Abd., pièce 579, le sirdar à Khairi pacha, 19 septembre 1h36,
®% Ces soldats sont ceux que Zobéir avait amenés avee lui du Darfour,
AA, Reg. 31, Dép. Abd, pièce 208, Khairi pacha au sirdar, 14 septembre 1876, MA, Rog. 41, Arr, Abd., pièces 5971, 578, Niazi pacha à Khairi pacha, 16, 18 septembre 1876.
AA, Rog. 41, Arr, Abd., pièce 594, le sivdar à Khairi pacha, 19 septembre 1876,
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à la date du 19 septembre ; parmi le bataillon de la maamourieh et Je
üilleurs, on comptait 76 décès ; huit à dix hommes continuaient à mour,r chaque jour ; 416 soldats étaient en traitement à L'hôpital ou en étaient sortis dans un grand état de faiblesse), Comme hommes valides, 4 n'avant pas encore perdu toutes leurs forces», on ne comptait, parmi les trois ba. kullons et les basingher, que 1560 hommes, sous-officiers compris, Quant aux irréguliers arabes, la grande majorité d’entre eux, au dire d’Aly Kachef, ignoraient le maniement des armes et n’élaient bons à rien ; il en était de même des hommes de l'ordi de Kheireddin agba qui, pour ka plupart, élaient jeunes. On ne pouvait songer à les faire combattre dans des rr. ianchements et ils ne savaient pas davantage travailler aux fortifications ni à la réfection des routes. Quant aux animaux de transport et autres, li situation n’était pas meilleure ; la maladie sévissait parmi eux ; il en mon rait de 38 à 4o par jour. Aux 136 cavaliers du sersawari Aly Kachel qui escorlaient les convois, il ne restait que 20 à 30 chevaux ). « Vous n'ignorez pas, poursuivaif Rateb pacha, que si nous avançons actuellement ave ccs troupes, ef dans les circonstances présentes, nous n’obtiendrons aucun résultat efficace. La nécessité s'impose d’envoyer ici tout au moins 3 où 4 bataillons nouveaux de soldats réguliers, qui ne- soient pas fatigués, pour occuper la passe d’Asmara, Si on envoie ces bataillons ainsi que 11
(9 Jn apprenant ces nouvelles, le Khédive fit demander à Rateb pacha si l'on délivrait, matin et soir, du café aux soldats, et si on y ajoutait de fa quinine. Le sir. dar répondit qu’au début, on distribua du café pur ; puis on le mélangea avec nine certaine quantité de quinine ; l’effet fut nul. On le mélangea alors avec de l'acide chlorydrique, ee qui donna quelques résultats ; mais cela n’empêcha pas la mahdie de dégénérer en épidémie (A.A., Reg. 31, Dép. Abd., pièce 241, 0.8, à Rateb pacha, 21 septembre 1896 ; Reg, 41, Arr. Abd., pièce 612, Le sirdar à Khairi pacha, 22 septembre 1876).
8} Dans sa revue des moyens de transports, le sirdar ne mentionne pas les chameau envoyés par Alaeddin bey, Ce dernier écrivait cependant, le 12 septembre, que le Taka avait fini de fournir les 1.600 chameaux qu'on lui avait demandés. Goux-a avaient été envoyés par groupes à Massawa (A.A., Reg. 41, Arr, Abd, pièce 541, Alaeddin bey à Khairi pacha, 12 septembre 1876). Soliman Niazi pacha les utili . pour les transports au fur et à mesure de leur arrivée, etil dut sans doute en périt un cerlain nombre. Nous no savons si le gouverneur de Massawa réussit à réunir le: 400 chameaux qu'il devait acheter. Souakin, qui devait en fournir 600, n’en avait réuni que A9 à la date du 29 septembre1876.
ER canons de montagne déjà demandés au Ministère de la Guerre, nous marcherons alors sur le Hamacène... Nous y construirons les fortifications nécessaires, dans lesquelles nous installerons les soldats qui pourront alurs résister à toute attaque éventuelle de l'ennemi. Plus tard, on laissera dans ces fortifications un ou deux bataillans selon les circonstances et on fera revenir le reste des troupes. Quant à l’approvisionnement des unités qu'on laissera, cette question sera étudiée par la suite ; la culture de ce pays est basée sur les pluies, dont la récolte dépend. Gette province payait au roi Jean un impôt annuel de 5.500 tallaris ; nous savons combien on peut entretenir de soldats avec cette somme. ..». « Vu ma qualité de militaire discipliné, concluait le sirdar, je ne peux qu’exécuter les ordres qui © me sont donnés, quels qu'ils soient, Si l’ordre m'est donné de pénétrer duns Le Hamacène, avec mes troupes actuelles, je me Lrouverai dans l’obligation matérielle de le faire, mais Je ne réponds pas des conséquences que réserve l'avenir, alors que j'ai soumis ci-dessus les inconvénients que présente un pareil mouvement. Geei est laissé à l'appréciation de $. À, le Khédive, C’est pourquoi je vons prie de bien vouloir me faire connaître au plus 1ôt la décision de Son Altesse. Dois-je avancer ou dois-je me replier ? Elcela, pour me permettre d'exécuter cet ordre avant la disparition totale de mes animaux (),»
Devant les progrès de l'épidémie de typhus #), Rateb pacha, sur Pavis des médecins, décida d’envoyer tous les malades à Mkoullo et de les 1soler; 1 renvoya du même coup à Massawa les soldats déprimés ainsi que le resle des soldats soudanais}, Par ailleurs, comme la maladie continuait
M AA, Rep. 41, Arr. Abd. pièce 596 ,lesirdar à Khaïri pacha, a 0 septembre 1876,
# Le 22 septembre, le sirdar mandait au Caire que 130 soldats étaient entrés ce jour Rà à l'hôpital, dont la moitié étaient des basingher ; 524 soldats se trouvaient en traitement à l'hôpital (A.A., Reg. 41, Arr, Abd,, pièce 619, le sirdar à Khairi pacha, a septembre 1876).
360 malades arrivèrent à Massawa le e 2 septembre et furent installés à Mkoulls + dans un endroit élevés (A.A., Rog.4, Avr. Abd, pièce 6, Niazi pacha à Khairi pucha, 23 septembre 1876). 360 animaux furent également ronvoyés à l'arrière pour y être soignés (A.A., Reg. 4o, Arr, Abd. pièce. 10, Niazi pacha à Khairi pacha 44 septembre 1876),
% Le 8° bataillon soudanais arriva à Massawa le 23 septembre, ainsi que les arllleurs, et le 2° bataillon arriva le 44 septembre, Ils furent installés à Mkoullo
PO
à faire des ravages parmi les animaux, dont 513 élaient morts à la du du 292 septembre fl}, e{ que ectte maladie attaquait surtout les mubets s1 les bœufs, il profita de ce qui lui restait de bâtes de somme pour fair transporter à Massawa les canons Krupp ef les pièces en fonte 4, eur à craigfpail, cn cas d'avance, de ne pouvoir les emmener avec lui: il an conserva, par devers lui, que les canons de montagne (},
En apprenant l'état sanitaire dans lequel se trouvait l’armée, le Khédur décida de faire revenir en Égypte les soldats malades et déprimés &; 1 deux bataillons soudanais, ou plutôt les débris qui en restaient seraient également rapatriés el un bataillon 6) envoyé d "Égypte pour les remplacer (), Quant aux suggestions de Rateb pacha, le vice-roi les accepta. « Tous les fait énumérés par vous sont exacts, lui écrivit-il. Je crois qu'il serait bon, dans les circonstances actuelles, et vu tous les faits précité, de rester dans le poste de Baaraza et de s’y forlifier, au lieu de Le quitter pour aller à Asmara. Si nous arrivons à obtenir des conditions honorable de paix, tant mieux ; sinon, on enverra plus tard une nouvelle foree composée de » où 3 bataillons, avec lesquels on s’emparera des postes d'Asmara et de Tsazéga. Le séjour à Baaraza, que nous sommes contraints d’accepter, préser te des avantages au point de vue diplomatique. Now ferons ainsi preuve d’un penchant pacifique ; on dira que le gouvernement égyptien désire la paix et qu’il n’a commis aucun acte inamical ; la preuve |
(AA, Reg, 4o, Arr. Abd, pièces 7, 14, Niazi pacha à Khairi pacha, 23, 24 svp tembre 1876).
(1° 5a animaux moururent dans la seule journée du 22 “de
® Les deux batteries de canons Krupp et de canons en fonte arrivèrent à Massawa le 28 septembre 1876 {A.A., Reg. 4e, Arr, Abd., pièce 7, Niazi pacha à Khaini pacha, 23 septembre 1876),
® AA, Reg. 41, Arr. Abd., pièce 61 a, le sirdar à Khairi pacha, 22 septembre 1896,
( Les soldats devraient purger la quarantaine avant de quitter Massawa (AA. Rog. 31, Dép. Abd, pièces 261, 268, Khairi pacha à Niazi pacha, sa et 23 sep tembre 1876).
# Le Khédive parla d'abord d'un bataillon soudanais, puis du bataillon passé es revue par Osman Rifki pacha avant son départ d'Égypte (A.A., Reg, 31, Dép. 4h, pièce a%7, Khairi pacha au sirdar, aa septembre 1876).
(3 AA, Rog, 81, Dép. Abd., pièce 245, Khairi pacha au sirdar, 22 septembre 1870,