‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 88 sur 176 · PRE ES SO EE RER · texte numérisé non relu

PRE ES SO EE RER

ABMÉE, 1147

“ramasserait un nombre de noirs de beaucoup DER à celui qui est demandé pour le service militaire (0,

Ainsi Ismaïl Ayoub pacha ne voyait d'autre remède à la crise des eflectifs noirs qu'une guerre de conquêtes qui soumettrait à l’ Égypte de nouvelles populations nègres. Ï proposa cependant un moyen plus pacifique, qui consistait à élever à 700 ou 800 piastres, dans toutes.les moudiriehs du Soudan, la gratification payée pour chaque mourdane ; cette mesure, qui wait réussi au Darfour, donnerait également, pensait-il, de bons résultats

. dans la hokoumdaria, et l’on arriverait, par ce procédé, à combler, dans un court laps de temps, les vacances survenues dans Îles bataillons ). Var ailleurs, et bien que le vice-roi eût repoussé comme « une chose laide» le tatouage des nouvelles recrues M}, le gouverneur général, soucieux de prévenir les évasions, donna |’ he de marquer au fer tous les soldats soudanais faisant partie des bataillons du Darfour, depuis le chaouiche jusqu'au nafar. La marque, qui comportait un petit g, signifiant gahadi (militaire), fut placée sur le bras gauche, Les soldats ne protestèrent pas. ‘ Bien au contraire, manda Ayoub pacha, la majorité la considéra comme une marque d'honneur indiquant qu’ils appartenaient à |’ armée, car les hubitants du Soudan sont habitués à se faire tatouer à titre de pur ornement,» En voyant le suceès de cette mesure, le gouverneur général ordonna au moudir du Kordofan et au kaïmakam de la hokoumdaria de

PA, A., Rog. 81, Arr. Abd., pièce 415, Ayoub pacha à FRA pacha, 6 juin

PA, A,, Reg. 32, Arr, Abd., pièce 46°, Ayoub pacha à Khaïri paelra, 26 juillet

° GE supra, p. l78. A A D M en Égypte. C'est ainsi qu'un certain nombre de servantes soudanaises s'étant présentées aux postes de police du Caire pour demander à être affranchies et à ne plus rester au service de leurs maîtres qui les maltraitaient, le Khédive preserivit qu'au ts où elles voudraient se marier, il scrait établi par les soins du Ministère de la Guerre, «une liste, par bataillons et régiments, des noms des jeunes soldats soudanais qui voudraient les épouser. Ces sorvantes, après avoir reçu leurs certificats

de manumission, seraient alors envoyées au Ministère de la Guerre qui les enverrait aux bataillons et régiments dont dépendent les dits soldats, en vue de procéder à leur mariage selon les préceptes du Koran et de la Sunna» (A.A., Reg. oflicieux, Uép. Maïa Sanieh, pièce 311, p. 61, Khairi pacha au Ministère de la Guerve, 17 juin

faire marquer au fer Lous les soldats soudanais et principalement les pou. velles recrues (M, :

Fidèle à son idée de recruter des nègres, le vice-roi, lors de la révolte des Ghillouk, donna l’ordre de s’emparer du plus grand nombre possible de jeunes gens aptes au service militaire et de les envoyer à Khartoum. où ils seraient pourvus d'un uniforme et, de à, envoyés au Caire; il: acce pr terait même de recevoir, en nombre illimité, des Chillouk : atteignant” une trentaine d'années, et des mesures analogues seraient appliquées à tous les malfaiteurs et rebelles quel que ft leur pays d’origine À, C'est qu'en ellet le recrutement qu'il avait prescrit à Khaled pacha d'effectuer au Soudan ne produisait aucun résultat. Aussi, lorsque Ismaïl Ayoub parha fut sur Le point de quitter le Darfour pour rentrer à Khartoum, le vice-ren attira-tl particulièrement son attention sur cet objet et lui preserivit:1 de s'occuper, dès son arrivée dans la capitale du Soudan, « de réuur le plus grand nombre possible de mourdanes aptes au service militaire, en attaquant les habitants rebelles des montagnes ou par tout autrr moyen qu’il jugerait bon». Chaque groupe, après sa réunion, seruit envoyé au fur et à mesure à Berber et avis en serait donné au Caire pour qu'on y fit les préraratifs nécessaires pour les recevoir (). Le vice-rus comptait bien que le hokoumdar ‘lui .enverrait au moins l’eflectif di 3 bataillons #1). : |

Ismaïl Ayoub pacha rarmena avec lui un millier de mourdanes du Darfour, C'était peu, mais les quatre moudiriehs du Darfour s'étaient engagées à lui en fournir 3.500 autres et il avait passé commande à Mohamed bey Khabir et à Fadl el-Mawla effendi pour qu'ils lui livrassent. le premier, 1000 mourdanes à Assiout et, le second, 500 mourdanes à El-Obéid 61, Puis, une fois que les bataillons de la hokoumdaria seraien

(A, A. Rog. 17, dre. Maïa Sanieh, pièce & Mourour, p. 45, Ayoub pacha à Maïa, 2 a novembre 1875.

6 A, A,, Reg, a5, Dép. Abd,, pièce 268, O. S. à Khaled pacha, 1° navembre 1875 ; Reg. 27, pièce 200, Khairi pacha à Khaled pacha, aa janvier 1876 ; paire 459, 0.8, à Khaled pacha, 7 mars 1876.

GI A, A., Reg, a7, Dép, dbd., pièce 356, O.S, à Ayoub pacha, 19 février 1876.

(1 A. À., Reg. o7, Dép, Abd., pièce 370, 0. $. à Ayoub pacha, a1 février 1836.

6) Cf, supra, p. 479, 480.

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au complet, il attaquerait les montagnes rebelles pour y prendre de nouvelles reernes, sans payer de gratification cette fois (1, Le vice-roi fil alors observer an gouverneur général qu'il était préférable de ne pas envoyer de. mourdanes en Égypte pa la voie d’Assiout, où leur arrivée ne manquerait pas de provoquer des rumeurs, mais de les faire passer comme les autres, par Berber ), Ce. désir, toutefois, était difficilement réalisable. Mohamed bey Khabir, expliqua Ayoub pacha, ne connaissait pas la route de Berber et n'y avait pas de représentants. De tout temps, on commerce s'était effectué par la route El-Arbaïn et il avait des agents à Assiout et au Caire, Son idée était d'acheter un grand nombre de chameaux au Darfour, pour transporter les mourdanes, et de vendre ces bêtes à un meilleur prix à l'arrivée à Assiont ; la gratification qui lui serait payée à la livraison des recrues, lui servirait à acheter des marchandises qu’il ramènerait au Darfour; telle était l'économie du projet, et si on lui demandait d'envoyer ces mourdanes via Khartoum et Berber, ses frais seraient plus élevés et il refuserait. « La route du désert, de Facher à Assiout, est vide, poursuivait Ayoub pacha ; on n'y rencontre personne qui puisse voir les recrues et provoquer des on-dit, surtout st on leur fourmit un uniforme militaire à la dernière station avant d'arriver à Assiout.» Le succès de ce premier transport assuré, il était probable que Mohamed bey Khabir trouverait son intérêt à développer ce commerce par la suite, D'autre part, l'accord intervenu “avec lui était favorable aux intérêts financiers du gouvernement, car quelle que fût la voie empruntée par les mourdanes, il était certain qu'un grand nombre d’entre eux mourraient en route, avant d'arriver au Caire; la proportion des décès, dus au changement de température et de nourriture, pouvait être estimée à 50 p. 100 environ, En prenant livraison des recrues à Assiout, le gouvernement ne paierait de gratificalion que pour ceux qui arriveraient sains et saufs, et n'aurait pas à sa charge ceux qui mourraient en cours de route },

(A, A, Reg. 39, Arr. Abd,, pièce 374, Ayoub pacha à Khairi pacha, 1° mai

WA, À., Reg. 28, Dép. Abd., pièce 381, O. 8. à Ayoub pacha, a mai 1876,

PA. À., Reg. 39, Arr. Abd., pièce 398, Ayoub pacha, à Khairi pachn, 3 mai

Quelque bonnes que fussent ces raisons, le vice-roi rappela an À. koumdar qu'il avait un accord avec l’Angleterre, aux termes duquel 14 traite devait être entièrement abolie. H craignait qu'en payant à Asus le prix des mourdanes livrés par Mohamed bey Khabir, le bruit de set. Lransaction ne se répandit et que le gouvernement égyplien ne fût suc. pecté de faire le commerce des esclaves. Aussi prescrivit-il à Aÿoub pacla de faire remettre à Mohamed bey, par la hokoumdaria, un ordre 4 paiement sur la moudirieh d’Assiout, comme si ce commercant était vi, relation d’affaires avec 16 gouvornorat général; Les appareures sera ainsi sauvegardées et on éviterait les on-dit 1),

Le vice-roi avail un instant songé à garder dans les régiments ‘du -. Soudan les mourdanes pris chez les Ghillouk © ; mais Khaled pacha avant fait observer qu'ils seraient tentés de s'évader en raison de la proximute de leur pays (}, le Khédive revint à son idée première el presérivit-de les envoyer en Égypte avec ceux du Soudan l). Le gouverneur décid: alors d’expédier ces derniers via Berber et Souakin. La plupart recurent des uniformes usagés avant de quitter Khartoum, mais comme toi n'avaient pu être habillés, 11 demanda au Caire d'envoyer 1000 tenurt complètes à Soualin{”, Ainsi revêtus de l'uniforme, formés en con. pagnies de 100 hommes chacune, encadrés par des caporaux et d': sergents, les mourdanes présenteraient une apparence d'autant plur disciplinée que certains d’entre eux avaient déjà reçu l'instruction mb. taire. « Tous ceux qui les voient, croient que ce sont des soldats réju. liers», manda le hokoumdar au Caire. C'était précisément te que voulut le Khédive (). Le 16 mai, trois boulouks (? partirent pour Berber, suivies.

U À, À., Reg. 28, Dép. Abd, pièce 444, Khairi pacha à Ayoub pacha, #0 mu

@) A, A,, Reg. a8, Dép. Abd., pièce 360, Khairi pacha à Khaled pacha, 29 mt

M A, À,, Reg. 39, Arr. Abd,, pièce 355, Khaled pacha à Khairi pacha, 30 asni 1876, 6 : | M A, A., Reg. 98, Dép. Abd, pièce 44a, O, S, à Ayoub pacha, 10 mai 1850.

6 A, À, Reg, 39, Arr. Abd., pièce 5oa, Ayoub pacha à Khairi pacha, #1 mi 1876,

(À, A., Reg. 29, Dép. Abd, pièce 21, 0. S, à Ayoub pacha, 15 mai 1876.

Ou compagnies.

| | ARMÉE. 1151 RS te RS nn

deux jours après, de trois autres boulouks }. Les quatre compagnies restantes furent mises’en route pour Berber le 2q mai. La moudirieh de l'achodà avait, de son côté, envoyé à Khartoum 240 mourdanes sur bsquels 200 furent reconnus bons pour le service : ils furent habillés et expédiés le 3 1 mai). Dans le courant de juin, on reçut à Khartoum 153 recrues venant du Darfour et 45 de Fachoda ; ces 200 mourdanes partirent également pour l'Égypte le 15 juin 6, En outre, 200 autres serues qui étaient arrivées au Kordofan venant du Darfour, suivraient bientôt le même chemin, L'expérience avait.appris que la viande eausuit des maladies aux mourdanes nouvellement arrivés ; aussi, pour préserver leur santé, Ayoub pacha conseilla-t-1l, au Caire, de ne pas leur en donner et de leur délivrer, à la place, du lait eaillé et des aliments légers jusqu’à ce qu'ils lussentacelimatés (#). Les douze compagnies, expédiées de Khartoum «ni, quittèrent Berber pour Souakin une à une, «en raison des fortes chaleurs et de la pénurie d'eau dans les puits de l’atmour», entre le 28 maretle 13 juin. En arrivant à Souakin, un certain nombre de mourdanes tombèrent malades de la dysenterie. Le vice-roi prescrivit au gouverneur de a ville de les faire soigner «avec beaucoup de dévouement», et d'envoyer les convalescents à Tokar ou à Sinkat pour changer d'air (fl.

AA, Reg. 39, 4rr, Abd., pièce 538 et Reg. 4o, pièce 26, Ayoub pacha à Ahairi pacha, 17 et 19 mai 1896. Ayoub pacha proposa d’y joindre une vingtaine d'individus, natifs de Dongola et Berber, ou anciens esclaves affranchis qui se trouvient dans la prison de Khartoum, pour délits de droit commun, et qui étaient iples au service militaire ; a mesure fut approuvée par le vice-roi (A. À., Reg, ho, \rr, Abd,, pièce 25, Ayoub pacha à Khairi pacha, 19 mai 1876; Reg. 29, Dép. td., pièce 72, Khairi pacha à Ayoub pacha, 21 mai 1876).

MA, À., Reg. 4o, Arr, Abd,, pièce 113, Ayoub pacha à Khairi pacha, 29 mai 1#76. Les quarante Chillouks restants furent trouvés trop jeunes ou trop fatigués pour pouvoir supporter le voyage,

FA, A,, Reg. 4o, Arr. Abd., pièces a9a, ag+, Ayoub pacha à Khairi pacha, 13, 15 juin 1876.

“A, A, Reg. Lo, Arr, Abd., pièce a91, Ayoub pacha à Khairi pacha, 15 juin 1896,

“A, À., Reg, fo, Arr, Abd., pièce 293, le moudir de Berber à Khairi pacha, 15 juin 1876.

“A, À, Reg. og, Dép. Abd., pièce 341, 357, Khairi pacha au gouverneur de Souakin, 28, 30 juin 1876.

1152 HISTOIRE DU RÈGNE DU KHÉDIVE ISMAÏL, SE ERP np

À leur arrivée à Suez, où le vapeur: Samanoud les transporta, les mour danes furent dirigés sur Tourah 1), |

Ismaïl Ayoub pacha, qui avait ainsi réussi à envoyer 1.400 reerus: au Caire, avant de quitter Khartoum, reçut de vives félicitations db, Khédive 1. Après son départ, le mouvement continua ; le 19 juillet 1435 le vékil des travaux de la hokoumdaria fit partir de Khartoum deu boulouks de mourdanes 6), Un certain Ahmed bey el-Gazouli vint és.

lement du Caire à Khartoum, avec mission de recruter des soldats pour

l’armée régulière. Lui et son frère Hamed se faisaient forts de recrutes en six mois 1000 hommes, grâce au paiement d'une prime ind duelle qui serait de 800 piastres pour la moudirieh du Kordofan «t de goo piastres pour celles de Khartoum et de Sennar (}; Ahmed es fournirait les hommes par groupes de 200 et demandait qu'en ln payât d’avance la gratification afférente à chaque groupe. Il semble que lentente ne se soit pas faite sur ses propositions (%. Les moudin du Kordofan et du Fleuve Blanc eurent l’ordre d’habiller désorman

leurs recrues en uniforme avañt de les énvoyer à Khartoum &), On 4

continua la pratique de marquer au fer rouge les recrues destinées à l'Égypte (1, En août 1876, 4 compagnies de mourdanes se trouvaient

à Souakin, attendant leur embarquement pour Suez (® ; la hokounidaru :

(A, A., Reg. 29, Dép. Abd., pièce 536, Khairi pacha au Ministre de Ja Guerre.

21 juillet 1876.

{1 A, À,, Reg. 29, Dép. Abd, pièce 253, Khairi pacha à Ayoub paies 15 jure 1876 ; pièce 262, O,S$. à Ayoub pacha, 17 juin 1876.

® C’étaient les 17° ct 18° compagnies (A. À., Reg. 4o, Arr. Abd., pièce 6N4. le vékil de la hokoumdaria à Khairi pacha, 19 juillet 1876).

6 AA. Reg. 4o, Arr. Abd., pièce 484, Gazouli bey à Khairi pacha, 4 juillet 1836

GA, À. "Reg. 29, Dép. Abd., pièce 391, Khairi pacha à Ahmed bey el-Gazouh. 7 juillet 1876; Reg. 4o, Arr, Abd., pièce 548, le vékit des travaux de la hobuumdaria à Khairi pacha; 10 juillet 1876,

19 A, À., Reg. 29, Dép, Abd,, pièces 549, 544, NE pacha au vékit de lab. koumdaria, #1 juillet 1876,

PAS A, Reg, 13, Dép, Maïa Sanieh, p. 8, la Maïa au gouverneur du Soudan 3 août 1876 ; Reg, ag, Dép, Abd., pièce 643, Ayoub pacha au vékil de la hokoum daria, 4 août 1876.

M A, À, Reg, 41, Arr, Abd., pièces 330, 379, le Sous-gouvornour tte Souahir à Khairi pacha, 18, a4 août 1876,

por

en fiteneore partir d’autres pour l'Égypte avee un ordi de Ghaïghié ti, Le moudir général du Darfour, de son côté, avait réuni 448 mourdanes pris parmi les moudiriehs du Darfour pour le compte de l'armée P}; mais 11 semble qu’à ce moment on ait jugé au Gaire que Ég igypte avait rrEu SS0Z de recrues, car l'ordre fut donné au vékil de la hokoumdarin de garder ces hommes dans le bataillon soudanais de Khartoum: 270 : serues provenant de Fachoda furent également envoyées ‘dans la moudirieh du Fazogle, pour être versées dans le bataillon qui y tenait sarnison 6). Enfin Mohamed bey Khabir reçut l'ordre d'envoyer ses © mourdanes non pas à Assiout, mais au Dongola @. À [eur arrivée dans cette moudirich, ces recrues seraient logées, nourries, habillées el inslruites pendant un mois, avant de les envoyer en Égypte ; les oliviers et les uniformes nécessaires à cet effet seraient envoyés du {aire®, Lorsque les mourdanes arrivèrent à Dongola, en décembre 1876, ‘on constata qu'un grand nombre d’entre eux étaient malades ; «ur un.ordre venu du Caire, ils furent néanmoins acceptés dans l’armée ; l en fut de même de quinze autres recrues qui avaient d’abord été refusées par le hbimbachi délégué à cet eflet, en raison de leur jeune ae 6, Finalement, le moudu de Dongola ent l’ordre de garder ces

‘1 A, À, Rey. 39, Dép. Abd., pièce 697, Ayouh pacha au vékil de la hokoumadati, 16 août 1876.

% A. A,, Reg. 31, Dép. Abd., pièce 13, Ayoub pacha au vékil de Ja hokoumda-

“ha, 16 août 1896.

AA. Reg. 31, Dép. Abd., pièce 74, Ayoub pacha au Caire au vékil de la hokoumdaria, 23 août 1876. 26 nafars soudanais qui se trouvaient en supplément : l'évole de Khartoum furent envoyés à Sennar où l'école manquait d'élèves, et ls vékil des travaux de la hokoumdaria reçut l’ordre de recevoir à l’école de Kharlum les nafars arabes qui manifesteraient le désir d’en suivre les cours, quitte x évieuer un plus grand nombre de Soudanais sur Sennar, si c'était nécessaire A, Rey, 34, Dép. Abd. pièce 16, Ayonb pacha au vékil de la hokoumdaria, 16 août 1876). |

FA, A,, Reg. »9, Dip. Abd., pièce 670, Ayoub paeha à Mohamed bey Imam, ;audl 1876.

AA, Row. 31, Dép. Abd, pièce 106, Ayonb pacha au moudir de Dongola,

18 aoûl 1876,

% Tag Ahmed, mandataire de Mohamed bey, déclara qu ‘ils étaient âgés de 16 13 ans,

+ Mist, du règne du Klud, Tamaïl, LUI, 7

recrues chez ui pendant deux mois, afin de los ébiale propre. “sivemeut | L'instruction cles recrues soudanaises envoyées : en Ë gyple devuit dures un laps de temps assez long. Or Ayoub pacha avait besoin d'étofler Far. mée du Soudan. Ayant découvert, à son armivée au Caire, qu'il eut 1.900 criminels dans la prison du Ministère de la Guerre, il deu}: leur envoi au Soudan afin de les enrôler dans l’armée et de Les afleetir à la défense des frontières : il solheita en outre, Fenvoi des ofliciers et sous oflieiers nécessaires à . fin, ainsi que des armes, des munitions et de l'habillement requis @, Le Khédive agréa ces demandes @ ; il fut décide

que les criminels formeraient deux bataillons pour lesquels le Conseil de.

Santé désignerait deux médecins et deux infirmiers (}, Quelques mois plu. lard, six compagnies du 1°* régiment de la Garde regurent l’ ordre de lenir prêtes à partir pour Khartonm W),

f) MATÉRIEL MILITAIRE.

L'armée du Soudan manquait de matériel moderne. Dès le mois de décembre 1873, le hokoumdar avait demandé au Gaire Penvoi de 5oow

lusils Remington, avee leurs munitions, pour les distribuer aux soldats:

des bataillons du Kordofan et de Khartoum, qui ne ‘disposaient que

d'anciens fusils, les, uns à pierre, les autres transformés en fusils 4° capsule, Ces fusils, faisait-il observer, n'étaient plus utilisables, car

ils étaient depuis longtemps en servire et leur tir n'était plus du tout

DA. A,, Reg, 41, Dép, Abd, pièces 614, 623, 633, Khairi pacha au munir

du Dongola, 15, 19 décembre 1896.

BA A, Reg, 19, Arr, Maïa Sanieh, pièce 5 Mourour, p. 133, Ayoub paeha s la Maïa, 14 août 1896. é

FA, A, Reg. 148, Dép. Maïe Santeh, pièce 7, p, 80, Khairi pacha à Ayoub pacha, 23 août 1876; Reg. 11, Dép, Maïa Sanieh, pièee Go, p, 144, Khairi paeha au Ministère de la Guorre, »3 août 1876.

OA A, Res, 55, der, Maïa Sanieh, pièce 5o, p. 134, le Ministère de la Guerrr à La Maïa, 25 août 1876; Reg, 11, Dép. Maïa Sanieh, pièce Bo, p. 148, la Man Sanieh au Ministère de l'intérieur, 41 août 1876,

A, A., Carton 53, daïa Sanieh, pièce 390, S. À. Tlassan pacha au Ministre de la Gnerre, 15 janvier 18797.

men

précis D, La Maïa Sanieh ne se press sans doute pus de répondre, ear le gouverneur général dut revenir à la charge au mois de mars 1876, en disant cette fois qu’à défant de 5000 fusils, il se contenterait de 3000 Remington ®). Un ordre supérieur décida alors qu’on enverrait au Soudan 3000 fusils et un million de cartouches, et le kafmakam de la hokoumdaria fat consulté sur la meilleure route à prendre pour l’acheminement de ce matériel : Souakin où Korosko ). Bien que Khaled pacha eût répondu a-le-champ que la route de Souakin était la plus facile #}, los mois s’éconlent sans qu'aucun envoi d'armes ne FE fait au Soudan, Aussi, lorsque \voub pacha arriva au Caire dans le courant de l'été 1876, réelana-t-il à nouveau ses 5ooo fusils Remington. I! demandait également 400 carabines de cavalerie, 4oo revolvers et Aoo sabres pour armer les soldats réguliers du Soudan. En outre, comme les canons de montagne que posait la hokoumdaria avaient été dispersés entre le Darfour, le Bahr- -Ghaxil et l Équateur, et qu'il ne restait plus que deux ou trois pièces à Khartoum, il sollicita l'envoi d'une batterie complète de eanons légers de montagne, les seuls qui fussent d'un emploi commode au Soudan, en même Lemps que d’une batterie de fusées de guerre, avec les olliciers et souts-vfliciers nécessaires au service de ces batteries. Quant aux animaux, il se les: procurerait sur place 6, Le vice-roi accorda les armes demanlées (9 et preserivit au Ministère de la Guerre de hâter leur envoi dans le plus bref délai ; par contre, il refusa de fournir le personnel officier #1 sons-officier nécessaire à l'armement des batteries, et il ordonna à

A A., Reg. 36, Arr, Abd., pièce 178, Ayoub pacha à la Maïa Sanieh, 26 dévembre 1875, PA A,, Reg. 38, Arr. 4bd., pièce 10, Ayoub pacha à Khairi parha, 7 mars NsÛ.

"A, A., Reg. 28, Dép. Abd, pièce 33, Khairi pacha au kaïmakam du Soudan, 1N mars 1876.

A AÀ., Reg. 38, Arr. Abd,, pièce 38, le kaïmakam du Soudan à Khairi pacha, IN mars 1876, * AA, Reg. 17, div. Maïa Senieh, pièce 5 Mourour, p, 133, Ayoub pacla à la Maïa, 14 août 1876.

À Vexception des sabres «le envalerie, Comme ces sabres ne servaient pas à *roupers mais seulement à «frapper, le vice-voi jugea qu'il n’était pas nécessaire d'un envoyer au Soudan,

Ayoub pacha de-les recruter sur place, de même que les sobdats et fes animaux {1}, | |

Nous n'avons que de rares détails sur l'habillement des troupes au Soudan. Les uniformes élaient peu nombreux, puisque on ne lrouvi ps à Khartoum de quot vétir les 1000 mourdanes amenés du Darfour pur le gouverneur général. Les chaussures devaient également être rares. «1 lon en juge par un télégramme d'Ayoub pachà ‘preserivant au vékil des travaux du Soudan d'en délivrer aux soldats du bataillon égyptien camp à Khartoum «si la chouna en possède @}, En août 1876, le gouverneur vénéral fil délivrer à tous les artilleurs, à Litre de «grande tunuer, une veste, un pantalon et une paire de chaussures ; 33 uniformes complets en drap furent également délivrés aux officiers de l'ordi irrégulier qui v trouvait à Khartoum F1, Les kawass, qui avaient remplacé leurs chesun par des chameaux, reçurent une indemnité de 200 piastres ehacun. be lraitement complet de 300 piastres ne devant leur être payé qu'à larme vée des chevaux ® Les médicaments requis pour les régions du Soudan furent achetés en Europe 8}, Outre un inspecteur de Santé, il revenait au

GP AS A, Reg. 48, Dép, Maïa Saniek, pièce 9, p. 80, Khairi paeha à Aoub pacha, 23 août 1876 3; Rey, 41, Dép. Maïa Sanieh, pièce Go, p. 144, Khairi pacha au Ministère de la Guerre, 23 août 1876, En septembre 1876, la Maïa Sani demanda au Ministère de [a Guerre de lui fournir un état indiquant les quantites d'armes, de munitions et de matériel de guerre envoyées par lui aux régions de PAfrique, y compris le Darfour, l'Équateur, l’Abyssinie, Berbera et Harrar, état dressé région par région el article par article (A. A., Rog. 13, Dép, Maïa Sunik p. +3, la Maïa au Ministère de la Guerre, 21 septembre 1876), Nous ne possédun: pas la réponse du Ministère,

(9) À. À., Reg. ag, Dép. Abd., pièce 546, Ayoub pacha au vékit des travann di la hokanmdaria, »1 juillet 1896.

GA, A., Reg. 29, Dép. Aëd,, pièces 669, 694, Ayoub pacha au vékil des travans de la hokoumdarin, 7, 10 août 1896. Un contre-ordre fut donné pour là del vrance des effets aux ofliciers le 10 septembre 1876, (A. A, Reg, 341, Dép, Hd. pièce 186, Ayaub pacha au vékil des travaux de la hokoumdaria.)

OA, A, Rey, no, Dép. Abd, pièce 571, Ayoub paeha au vékil do la hekonmwa. ia, 25 juillet 1876.

OA A., Reg. 15, dre, Maïa Sanieh, pièce 169, p. 104, le Ministère des Fr mances à la Maïa Sanieh, 49 avril 1876. Une somme de 30 à 40.000 franes fi remise au président du Conseil de santé à cet ellet,

puvernorat-général un médecin en chef du grade de binbachi : or, depuis le décès du docteur Ory el la nomination de Giorgi effendi Dimitri

rh qualité d’inspecteur de Santé du Soudan, le poste de médecin en chef

«se trouvait sans titulaire ; le HAUSÉRNEUr général pressentit pour ce poste le docteur David Lowe qui, après avoir servi aux Chemins de fer et suivi Mekillop pacha à Berber, avait accompagné l’équipe d'ingénieurs chargés d'étudier le tracé du chemin de fer du Darfour. Lowe accepta de remplir le poste, à condition de recevoir un traitement de 40 livres sterling par mois el de bénéficier d'un congé annuel de trois mois pour se rendre dans son pays ; Ayoub pacha proposa sa nomination en qualité de médecin en chel du gouvernorat général pour une durée de trois ans 1},

D) RECRUTEMENT DE SOLDAYS GHAÏGHIÉ.

- En mars 1876, Le vice-roi demanda à la hokoumdaria du Soudan si elle pouvait lui fournir em ou huit ordis de Ghaïghié où même davantage, but armés e£ équipés ®. Khaled pacha répondit qu’il pensait pouvoir recruler cinq ordis environ, de 4oo hommes chaeun ; les soldats seraient sains armes el on devrait leur fournir des fusils à capsule qui faisaient défaut à Khartoum ; par ailleurs, if n'y avait pas de chevaux et les selles que l'an Lrouvait, en petite quantité d’ailleurs, étaient de fabrication soudanaise et ne valaient pas les selles égyptiennes ®, Le vice-roi déclara qu'il “verrait les armes et les selles, mais il s’étonna qu'on.ne trouvât pas de shevaux, alors que le Dongola était réputé pour sa race chevaline (M, et

OA. AÀ., Reg. 17, drr, Maïa Sanieh, pièce ÿ Mourour, p, 95, Ayoub pacha à la Maïa Sanich, 9 septembre 1876.

A, A, Reg. 28, Dép. Abd., pièce 82, 0,8, au kaïmakam du Soudan, #4 mars 1X36.

A AÀ., Reg. 38, Arr, Abd, pièce 161, Le kaïmakam du Soudan à Khairi pacha, +3 mars 1876,

"En février 1874, le Khédive commanda au gouverneur du Soudan quatre juments el deux étalons du Dongola, Is devaient avoir «le poitrail très régulier, la taille haute et la eroupe ferme ; il n'était pas nécessaire qu'ils fussent Lous de b mème couleur. Ayoub pacha procéda à l'achat demandé et dépensa 10,960 astres (À, 4, Reg. 17, Dép. Abd., pièce #50, Khairi pacha à Ayoub pacha, 14 fénier 1874 ; Reg, »3, Arr, dbd., Ayoub face à à Khairi pacha, 3 avril 1874).

les Ghaïghié connus pour posséder des chevaux de bonne qualité © Khaled pacha s'adressa alors au moudir du Dongola qui déclara qu'il faudrait un long laps de temps pour fournir les chevaux nécessaires: d’ailleurs, l'ordi de cavalerie qu'on formait en ce moment à Khartoum n’était pas encore au complet, faute de montures ©. L'ancien cheikh des Bicharin, Mahmoud Mohamed Hamed, offrit à ce moment de rÉuuir un ordi de 46o hommes, dont il serait le sersawart, à condition qu'on ln fournit les armes nécessaires et Le prix de 200 chevaux qu'il se chargeräit d'acheter luinêdme M}, L'enquête faite, par ordre du Gaire, sue ee person nage montra que le cheikh Mahmoud avait été révoqué en 1287 (pur Hussein bey Khalifa à la suile de plaintes déposées contre lui, que l’homme était couvert de dettes, qu'on ne pouvait d’ailleurs trouver 200 chevaux dans la moudirieh et que st on lui avangait Ta somme néressaire à leur achat, il ne lrouverait personne pour le garantir, Le moudir de Berber ajoutait qu'à sou arrivée dans la moudifieh, il avait propos aux Arabes de le nonmner comme cheikh de leur twibu et que ceux-tr aient refusé el manifesté leur mécontentement , L'aflaire n'eut pas de suile. l'en fut de même de la proposition faite par Emara agha Nimr, aneten uazir du kion de Rabatah, de réunir un ordi de 40o cavaliers et miéliavistes, Finalement, Khairi pacha demanda au hokoumdar d'envoyer en Égypte deux ordis de Chaïghié, pour y être employés comme des bachibourouks. Le premier ordi devrait comprendre 500 hommes el conne ou en avait un besoin urgent, il pourrait être envoyé. sans montures Ayoub pacha répondit qu'il lui faudrait un mois euviron pour rassemble

OA, A, Rep, 28, Dép. Abd., pièce 122, Khairi pacha au kaïmakam du Soudan, 26 mars 1896, |

A, A, Reg, 39, dre. Abd, pièce 42, le Kaïmakam du Soudan à Khairi pacha, 4 avril 1876. |

(A, A, Rog. »8, Dép, Abd, pièce 71, Khairi pacha au moudir de Berber. 14 avril 876,

Année musulmane s’élendant du à avril 1870 au aa mars 1871,

CE NT, a" partie, pe 487.

AA, Rey 3g, dre, Abd, pièce 193, le moudir de Berber à Khairi pacha, 15 avril 1876.

OA A, Roy, »9, Dép, Abd. pièces 191, 204, Khairi pacha à Ayoub pacha. 6, 7 juin 1836.

lex hommes qui se Lrouvaient dispersés un peu dans toutes Les régions M, La che incomba dès lors au vékil des travaux de la hokoumdaria, à qui ke gouverneur général laissa la direction des aflaires administratives lors de son départ pour Le Caire %. L'ordi du sersawari Beehir agha Konbal. {url de 200 hommes seulement, quitla Khartoum le 18 juillet 18766 et fut rejoint, à Souakin, par un deuxième ordi commandé par Chawiche aghu.. Le sersawari Taha agha Ahmed ayant, sur ces entrefaites, ramené son ordi licencié du Bahr el-Ghazal, Kairi pacha preserivit de verser too de ses hommes dans la formation de Bechir agha, de manière à porter son eleetif à 3oo hommes l}, Satisfait de l'envoi de ces deux ordis 5, la Maïa Sanieh annula le départ pour le Gaire de l'ordi de Saleh agrha 16 et donna des instructions à l’eflet d'employer les unités restantes sur d’autres théâtres d'opérations. C'est ainsi que 100 Chaïghié renvoyés 4 Khartoum par le moudir du Nil Blane, qui n'en avait plus l'emploi,

DAS A., Reg, 4o, Arr, Abd., pièec 29», Avoub pacha à Kbaïri pacha, 65 juin 1876. |

di AA. Reg. Lo, Arr, Abd, pièee 42%, le vékil de la hokoumdaria à Khairi pacha, +9 juin 1876.

PASSA, Rey, 4o, Arr, dbd., pièce 689, Le vékil de la hokoumdaria à Khairi

pacha, ‘9 juillet 1876.

BA, A. Rog. 29, Dép. Abd., pièces 691, 693, Ayoub pacha au vékil de la hokoundaria, 10 août 1876.

SH semble d’ailleurs que ees deux ordis ne vinrent jamais en Égypte. De Souakin, ils furent expédiés, à la fin de septembre 1876, à Massawa où Rateb pacha n’en fil rien; el d'où ils furent renvoyés à Souakin en janvier 1877. Lorsque la question se posa, À cette époque, de savoir qui devait supporter les frais d'armement et l'entretien de ces troupes, le Ministère de la Guerre prétendit que la hokoumdaria devait les assumer, mais le gouverneur général du Soudan protesta en rappelant que ces Lroupes avaient été réunies en vue d’être envoyées au Caire el que Le Ministre de la Guerre devail supporter les dépenses, quitte à les metlre ensuite à la charge du Soudan oriental où les ordis s'étaient effectivement rendus (A. 4, Rey. 4, drr, Maïa Sanich, pièce 5 Mouvour, p. 16, Ayoub paeha à la Maïa Sanieh, 24 janvier 1877: Reg. »1, Dép, Maïa Sanich, pièce », p. 18, Khairi pacha à \youb parha, 5 février 1877),

SAS A, Reg. 31, Dép. Abd., pièce 14, Ayoub pacha au vékil de la hokoumdart, 16 août 1876. Get ordi, qui comprenait 150 Chaïghié, fut appelé à Khartoum nt remplacé à Guedarel par celui de Mohamed agha Orfali (A, A, Reg. ag, Dép. Hd, pièce 648, Ayoub pacha au vékil des travaux à Khartoum, 4 noùt 1876).

furent affectés à la moudirieh : du. Farogle 0. D'autres Chaïlus commandés par Taha agha, furent mis en route sur le Taka pour se rendre à Senhit®}, mais comme Alacddin bey n’en savait que faire, ils recureny, au début de janvier 1877, l’ordre de retourner à Khartonmt®, Quant aux Ghaïghié réunis par Khachm el-Moussa agha, ils seraient jusqu « nouvel ordre employés dans la moudirieh de Khartoum @, I semble bien que, pour les Ghaïghié comme pour les mourdanes, le Khédive vit tro grand et qu'après avoir rassemblé el armé un certain nombre d'ordis, ne {rouva pas d'emploi précis à leur donner. Ges unités furent alors déplacées parfois d'un bout à l’autre du Soudan, sans utilité réelle,

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