‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 90 sur 176 · B) DIFFICULTÉS DE TRANSPORT · texte numérisé non relu

B) DIFFICULTÉS DE TRANSPORT

De temps à autre, le Khédive recommandait au gouverneur du Soudan de fournir à certains commerçants «toute l’aide requise pour mener à bien leurs transactions», Ce fut le cas notamment, en novembre 1874. d'El-Hag Mohamed el-Habäbi el-Moghrabi, commerçant du Caire, qu désirait envoyer au Soudan quelques employés avee une grande quantit de marchandises pour les vendre 1), La même faveur fut aerordée, eur février 1875, au commerçant El-Mag Abd el-Ghani el-Tazi, agent du

UM) A. A., Reg, 80, drr. Abd,, pièce 434, Tabib Khouri et Guirguis Salih au Cabinet du Khédive, 13 avril 1875,

) A À., Reg. 38, der, Meglis Khoussoussi, pièce 73, p. 100, la Maïn au Conseil privé, 8 septembre 1874, el annotation en date du 3 mai 1875.

&) Nous n'avons lrouvé, dans les Archives, aucun document qui nous éelaire à .ve sujet,

WA, À., Reg. 0, Ordre supérieurs, pièce, à, p. 6, 0. S. au gouverneur du Su: dan, +7 novembre 18 :

Maroc au Gaire, qui était associé avee le Marocain ELCherif Essayed Aghali eOmarant, chef d'une maison de commerce au Soudan, el qui désirait - étendre ses opérations jusqu'au Darfour (1, En juillet 1895, c'est le com- + mercant «bien connu» ElHag Ahmed Hassan qui retourne dans son pays en passant par le Soudan ; comme il porte dix fusils et leurs aceessoires, le moudir d'Esneh est invité à ne pas lui eréer de difficultés à la douane ®}, et les moudirs de Dongola, de Berber et du Kordofan, ainsi que le gouverneur du Soudan sont priés de «faciliter ses opérations commeretales 65, fn décembre de Ha même année, la Maïa donna encore l'ordre de faciliter le voyage des employés de Gazouli boy, prévêt des marchands du bandar de Messalamié, qui transportaient des marehandises au Soudan (}, De quelle nature était cette aide ? Une lettre de Marno, publiée dans le journal de la Société de Géographie de Vienne, nous renseigne à ee sujet. L'envoi d’une énorme quantité de matériel pour la line télégraphique et Dour la voie ferrée, ainsi que le transport constant di soldats envoyés dl Égypte au Soudan, obligeaient le gouvernement à mobiliser pour son usage tous les moyens de communication entre les deux pass, aussi bien maritimes que terrestres. Aussi les marchandises, faute de moyens de transport, s’entassaient-elles dans les principales stations, à Bérber, à Korosko, à Wadi Halfa, en attendant de pouvoir être enlevées5).

FA, A., Reg. 1, Ordres supérieurs, pièce à, p. 3, O.S. au gouverneur du Soudan, 17 février 1895,

PA. A, Reg. sans numéro, Dép, Maïa Sanieh, pièee 160, p. 89, le mihradar au ou d'Esneh, 28 juillet 1875.

VA. A., Reg, sans numéro, Dép, Maïa Sanieh, pièces 157, 158, 159 (p. 8g)et pièce 10 {p. 90}, le nihradar aux moudirs de Dongola, de Berber, du Kordofan et a rs du Soudan, 98 juillet 1873.

VA, A., Reg. 148, Dép. Aaïa a pièces 94, 95, p. 30, le mihradar aux italie de Dongola et de Berber, 8 décembre 5875, Le 8 janvier 1876, une recommandation est accordée à Mohamed Bechir « précédemment employé à la Cour de l'empereur d’Autriche-Hongries et qui retourne au Dongola, son pays, pour s'y élablir (A. A., Ro. sans numéro, Dép, Maïa sen p. 51, le mihradar A moudir du Dongola, 8 janvier 1836).

"CL Mittheihungen der Kaïserlichen und Kôniglichen (ieographischen Gesellschaft in Hien, année 1875, p. 237, post-scriptum à une lettre de Marno de fin mars 1873. Marno précise qu’à Wadi Halfa, des marchandises destinées à la Mission catholique atlendaient depuis einq mois d’être fransportées.

mn

I'est done vraisemblable que les lettres de ‘recommandation, délivre, en haut lien, devaient permettre à leurs détenteurs de se procure aisément les bêtes de somme nécessaires au transport de leurs mar: chandises,

Le diflieulté des transports, en entravant l'arrivée et là eireulatior dés produits, provoqua une hausse générale des prix au Soudan. La paquet de riz qui valait naguère 2 piastres tarif'à Khartoum, UNETTR à la fin de mars 1875, 13 piastres; la. ville se trouvait d'ailleurs démunie d'apprôvisionnements, car on ne pouvait rien importer d' Égypte M), En 1875, les pluies tombèrent au Soudan en quantite insuffisante, et la récolte fut si mauvaise que les principales céréales tiplèrent de prix ®. La rapacité du fise empêchait le développement des cultures. Selon le voyageur Junker, les Choukrié qui, jadis, vi. vaient seulement du produit de leurs troupeaux, s'étaient “mis, som l'influence du grand cheikh Abou Sin, à cultiver la terré. « D'annee ‘en année, écrit-il, les champs de céréales empiétaient sur le sleppe herbeux ; si léger était le travail, si abondante la révolte, que la tribu entière se serait certainement transformée en agriculteurs fixés au soleil, n'était l’aviditt insatiable des percepteurs égyptiens #).» En 1876. l'abondance des pluies donna l'espoir d’une meilleure récolte dans la moudirieh de Berber; il fallut néanmoins, pour faire la soudure. envoyer de Khartoum à Berber 500 ardebs destinés à la nourriture des troupes (#), |

Page 1