‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 91 sur 176 · CULTURE DU COTON · texte numérisé non relu

CULTURE DU COTON

La culture du coton, panacée rêvée par le Khédive pour remédier an embarras financiers du Soudan, ne donna pas les résultats escomplés. Comme moudir général du Soudan A iGtal. Ismaïl Ayouhb pacha, on l'a vu, avail fait des efforts pour étendre la eulture du eoton dans les

(3 Mano, Jhid.

@) Cf. Junxen, Travels in Africa, t,T, p. 155,

6 CT. Fuxken, op, et, LT, p, 156. Junker parcourut le pays en 1876.

W À, A., Reg, 31, Dép. Abd., pièces 17, 21, Ayoub pacha au vékil des travain du Soudan et au moudir de Berber, 16 août 1876,

(COMMERCE ET AGRGULTURE, 1169

duerses moudirtehs (9. Douze machines d’égrenage, commandées en Europe,. venaient d'arriver eu Égypte et leur prix d'achat s'élevait À 10,006 livres égyptiennes. Ces machines devaient êlre installées par © groupes de deux, pour que l'une pt servir de rechange à l’autre, et re montées dans un atelier dont la construelion coûterait 363 bourses. Le montant de la dépense à prévoir s'élevait donc à 4.178 bourses, auquel il y aurait lieu d'ajouter les frais de transport, ainsi que les salaires + traitements. du personnel envoyé au Soudan pour le montage, La - dépense était assez considérable pour qu'on se demandât au Caire si la réolte du coton au Sondan suffirait à faire face à tous ces frais ©), Ayoub pacha se montra très réticent. 1 déclara n’avoir commandé que six machines et avoir cru que chaque machine reviendrait, tous frais compris, à 1000 où 1,200 livres tout au plus ; il ajouta que certains commerçants a-Khartoum avaient fait venir, pour leur propre compte, une machine d'égrenage à douze roues, munie d’une pompe pour l'irrigation et de tous les accessoires, et qu'elle ne leur avait coûté, transport et frais de montage compris, que 1.700 livres. « Mon prédécesseur ayant distribué iles graines de coton aux habitants, poursuivait Ayouh pacha, nous espéions que la récolte de coton serait bonne. Nous nous sommes aperçus que le coton qui a réussi est celui qui a été planté le long des rigoles. Quant au coton cultivé en plaine avec l'eau de pluie, il n’a pas du tout réussi : après avoir poussé un peu, il s’est détérioré faute d’eau... Quand nous avons commandé les six machines, nous ignorions que Son Altesse avait donné l’ordre d'envoyer la grande machine de ses propriétés, d'une force de 18 chevaux. Cette machine est arrivée à Khartoum et on est en lrain de la monter #), Les recettes des moudiriehs du Soudan méridionat . n'étant pas en rapport avec les frais de ces machines, nous croyons que nous pouvons nous contenter de quatre machines seulement, qui seraient installées À raison d’une par moudirieh, à Berber, Dongola, Sennar ct Fachoda, Chaque machine aurait une pompe centrifuge pouvant servir à

CFA, »° partie, p. 591 à 59e, 595 à 596.

BY A, A, Reg, 17, Dép. Abd,, Khairi pacha à Ayoub pacha, 3 févrior 1874.

% Sur l'emploi de machines de cette puissance au Sondan, ef, t, IT, a° partie, p. 595. Gelte machine fat envoyée à Khartoum avec un mécanicien européen qui ue sn pas la monter,

th, A 2 Mu Th où 11

irrigation 0,5 Sur ces entrefaites, le vapeur Miniel arriva à Souakin as huit machines d'égrenage, Bien que ce nombre dépasst ses besoins Ayoub pacha décida d'en prendre livraison. Il insista toutefois pour que la Maïa Sanieh Juienvoyät des pompes d'irrigation, car, à défaut de coton. dont la culture n'était encore qu'une espérance, les machines pourrir: servir à l’arrosage. Les ue centriluges, susceptibles de fournir à peu de frais autant d'eau que 15 sakiehs, avaient beaucoup frappé l'imayana. tion des omdehs et des habitants, qui seraient sans doute conduits à eu commander plus tard pour leur propre.compte. La culture du coton pour. ait alors s'étendre el la perception de l'impôt s’en trouverait facilitée ? L'avantage de posséder des pompes d'irrigation à vapeur était mn. grand qu'Ayoub pacha demanda l'envoi des quatre machines restante: mais dépourvues de leurs roues servant à l’égrenage, ear il ne eompon les utiliser que pour actionner les pompes fl. Au Caire, on prit. soin, avant d'exécuter la commande, de demander au hokoumdar quelle serait là hauteur d'aspiration des pompes {. La précaution était bonne, si l'on voulait éviter d'envoyer au Soudan du matériel inutilisable. On. n'avant pas eu celte prudence, en ce qui concerne les machines d'égrenage. Celles. ci étaient accomiagnées de chaudières qui pesaient chacune 55 kantars: à Jeur arrivée à Souakin, on ne put les charger à dos de chamear etil fallut les renvoyer en Égypte pour les acheminer au Soudan par bave du Nil 6), Les services d’un ingénieur expérimenté, M, Orlowsky, furent engagés pour le Soudan ; à sa mort, il fut remplacé ii un Francs M. Chélu (9),

La hokoumdaria acceptait en principe de recevoir: le coton produit au Soudan en paiement de l'impôt. C’est ainsi qu'en mars 1874, le coton eultivé par les habitants de Guedarel fut accepté au prix de 30 piastrrs

VA, A., Reg. se, Arr, Abd, Ayoub pacha à Khairi pacha, À lévrier 18974. FA A., Reg, a3, der. Abd., Ayoub pacha à Khairi pacha, 10 février 1871. VA A., Reg, 23, Arr, Abd, Ayouh pacha à Khairi pacha, 10 février 1874 SA, A., Reg. «7, Dép. Abd., Khairi pacha à Ayoub pacha, 11 février 1871. nous pacha répondit que eefle hautour serait de 7 à 8 pieds à l'étiage dur Nil. 9 A, A., Reg. a3, Arr, Abd, Ayoub pacha à Khairi pacha, #1, 22 mars 1851. M A, A,, Reg, 17, 4rr. Maïa Sanieh, pièce 7 Mourour, p. 95, Ayoub pacha à L Maïa, a9 août 1876. ;

-COMMERGE ET AGRICULTEURF, . HI

be kantar de 110 rolfs 0, Comme à} fallait Lrois kantars et demi de voton brut pour faire un kantar de coton égrené, le coton de Guedaref, égrené, pressé el emballé, revenait à 261 piastres et a5 paras le kantar, livré à \souan ®, L'année suivante (1875), le kaïmakam de la hokoumdaria

achela aux eullivateurs 3,200 kantars de coton égyplien, avec sa graine,

au prix de 75 piastres le kantar. Après égrenage el pressage, le coton fut envoyé à Berber ; il y en avait mille kantars environ, dont le prix de reent, rendu à Berber, s'élevait à 273 piastres ct 30 paras. Interrogé sur ke point de savoir s’il y avait lieu de l’envoyer au Caire pour y être vendu

cat compte du Soudan, ou d'en disposer sur place «au cas où l'on trou-

werait un acheteur», le Cabinet du Khédive prescrivit de le vendre sur place 5). Telles sont les minces informations que les Archives égyptiennes nous ont livrées sur le coton ; faute de documents plus complets, nous ne

pouvons dire quelle fut la production du coton dans les moudiriehs dé-

perdant de la hokoumdaria. Mais il paraît clair que le Soudan n’expédia ent Égypte que fort peu de coton. Par ailleurs, la culture des céréales sulisail tout juste à la consommation intérieure. Ge qu'on appelait au Laire le commerce du Soudan continua done, comme par le passé, à portee sur les plumes d’autruche, les gommes, l’ivoire, le séné, les peaux, le uarin et le natron, produits soit dans les moudiriehs du Soudan, soit au Darfour et au Wadaï et même dans les provinces voisines du Bornou, du Baghirmi et du Borkou.

Page 1