‹ Histoire du règne du Khédive IsmaïlChapitre 92 sur 176 · D) COMMERCE DU SOUDAN · texte numérisé non relu

D) COMMERCE DU SOUDAN

Dans une lettre adressée à M, Fowler en 1874, le Khédive déclarait

que le commerce d'exportation du Soudan, par la voie de Bonlac, s'était

MA, A, Reg. 17, Dép. Abd, Khairi pacha à Ayoub pacha, à mars 1874,

SA, A,, Reg. 23, Arr. Abd,, Ayoub pacha à Khairi pacha, 8 mars 1874. Ï y a lieu de faire observer que le coton de Guedaref était en général exporté en Éthiopie.

% A. À, Reg, 31, Arr, Abd., pièce 30e, Khaled pacha au Cabinet du Khédive, B juin 1875; Reg. a3, Dép. Abd., pièce 138, le Cabinet du Khédive à Khaled pacha, 8 juin 1875.

al.

ru

élevé, l’année précédente, à 1.554.600 livres sterling, se décomposint comme il suit : | |

Plumes d'autruche........ 894.013 0 it.

Gommes diverses ...,..... 647.390 14 Ts Dents d’éléphant ...,...... 50.816 14 7 D'ADAML 120 eu del de 716. 3 15 DFO MIO DO: re 2 da dre ts 1.759 5 # BOND Jah aus nas A.o8s 16 9 Peaux de vaches ...,,.... 13,099 14) { Cat on ntm tie à 19119 40 (E Divan sr oo 85 15 8.

Total : € 1.554:600 0 0

Ces chiffres paraissent exagérés. Le consul de France au Caire estimait le courant commercial de l'Afrique vers l'Ég gypte à un chiffre beaucoup moindre. «Il est impossible de donner le chiffre exact des transactions qui se sont faites, écrivait-il, mais selon les gens les mieux renseignés, on peut, sans crainte d’ exagération, évaluer à 600, 009 livres sterling enviran la valeur des produits qui du Soudan arrivent chaque année sur le grand entrepôt de Boulac.

« Ges 600.000 livres peuvent se répartir ainsi qu'il suit :

£ Plumes d’autruche,, .,.,..,.,.,,.,,.,.,, 300.000 (rommes.,..:.,.,,,.,.,,.,.,...,,... 146,000 Dents d'éléphant..,..,...,.,....,..,... 140.000 PRÉ rca adeneseas. 0000

EP D TT 7.000 Tamarin CR | 2 L [0] 00 Natrvon, BAR sn ta 5,000 {}

M y a lieu de faire remarquer que Le Lotal fait : Æ 654,000 et non pas £ 600,000,

«Tous ces produits, ajoute-Ll, venaient uniformément par caravanes de chameaux où par barques, selon les pays de provenance, Ainsi, en \ubie, au Sennar et au Kordofan, ces deux moyens sont employés coneurremment et les arrivages sont constants, excepté pendant la saison des | pluies. Du Darfour, tout venait au contraire par caravanes (y

L'ingénieur Chélu, de son côté, estimail le commerce d'exportation du Soudan à 500.000 livres égyptiennes, montant dans lequel les gommes entraient pour 213.300 livres et les plumes d’autruche pour 89.300. Mais le commerce de d'ivoire n’y est estimé qu’à 12.300 livres, chiffre

“très faible et se rapportant vraisemblablement à une année de sous-production. Quant aux produits importés au Soudan, leur valeur ne dépas- D pas, selon lui, 400.000 livres égypliennes (.

Les produits du Soudan qui arrivaient sur le marché du Cairo étaient presque tous, si nous en croyons le consul de France, l’objet d’une « falsilicafion incroyable». Ê cependant, expliquaitl, « la qualité de ces pro-

* duits fait seule leur valeur lorsqu'ils se trouvent sur les marchés étrangers comme Londres et Paris, et qu’ils ont à lutter avec les produits similaires venant du Cap, de la Guinée ou de Zanzibar. Les mêmes produits varient, en eflet, d'une manière considérable suivant les différents pays de provenance. Ainsi, pour l'Égypte même, les plumes d’autruche provenant du Darfour et du Wadaï, où l’autruehe est sauvage, où elle vit dans des lerrains secs qui lui conviennent et jouit de la liberté sans limite du Sahara, sont très supérieures aux plumes du Kordofan et du Sennar, où l’animal

est domestiqué. L'oiseau n'a plus la même force ni la même souplesse et le plumage est moins brillant et moins fourni.» Le Kordofan reprenait au contraire l’avantage pour le commerce des gommes ; c'était lui qui fournissait les meilleures qualités, tandis que le meilleur ivoire venait du Nil Blanc”).

L'attaque du Darfour par les Égyptiens porta, on l’a vu, un coup mortel au commerce qui se faisait entre ce pays el l'Égypte. Mais les

MAR, Corresp. Commerciale, le Caire, Patin au Ministre des Affaires étrangères, y janvier 1896.

Be Cf. Guére, Le Nil, le Soudan, l'Égypte, p.105, 106,

ASE. Corresp. Commerciale, le Caire, Patin au Ministre des Affaires étrangères, 1} janvier 1876,

# Cf. supra, p. 543,

couséquences de cette conquête ne se limitèren{ pas à la disparition du conunerec de caravanes qui se faisait entre Kobhé et Assiout. L'éceupation du Darfour eut une répercussion sur son voisin de l'ouest. Les habitants du Wadaï n'étaient pas seulement, en eflet, les fournisseurs habituels de - Darfouriens qui revendaient ensuite les produits, importés chez eux, au: Ég Sgypliens venus au Darlour par la voie du Kordofan, ils tr aliquaient aussi

directement avec | "Égypte et organisaient chaque année une grande era.

vane qui partait du Wadaï, traversait le désert libyque el venait faire têtr à Siwa, Là, elle se divisait en trois fractions ; une d'elles venait à kerdas sé, dans la moudirieh de Gizeh, l'autre allait à Benguzi et la troisitine

gagnait Tripoli. Les caravanes qui entraient en Égypte par Kerdasar.

n’élaient tenues d’acquitter qu'un droit de douane de 8 p. 100, outre lequel il était donné une quittance de laisser-passer.

« Dans la nuit du 2 mars 1874, écrivait Le consul de France au Cane.

une petile caravane du Wadaï arrivait à Kerdassé, apportant, couimre d'habitude, des plumes et de l’ivoire. Aussitôt les négociants europrens se mettent en rapport avec elle et des transactions ont lieu, lesquelle, devaient se terminer au Cuire, |

« Lie 25 mars, la caravane arrivait au Gaire, où elle était immédiatement cernée par 800 soldats et 4 pièces de canon, On s'emparail des fente. des enfants, des domestiques qui étaient transportés à Tourah, et br, Bédouins étaient contraints d'apporter leurs marchandises à Boular, TR en présence d'employés de la moudirieh, elles étaient vendues aux eu chères par les soins de l'octroi, qui prélevait encore sur le prix un dron de 6 p. 100 et ne délivrait aucune quittance ou laisser-passer aux acheteur.

« Cette petite caravane n'était malheureusement que l'avant-garde |

d’une autre beaucoup plus considérable qui, apprenant à son arrivée à Siva ce qui avait eu lieu en Égypte, a immédiatement renoncé à entrer dans le pays et s'est dirigée sur Tripoli, ce qui, depuis lors, a été imite par Loutes les caravanes du Wadaï (1),»

Sans doute l’action rapide et un peu brutale des autorités avait-elle x raison d’être, Le gouvernement égyptien voulait mettre un terme au

CASE, Corresp, Commerciale, le Gaire, Patin au Ministre des Affaires étrangères, 4 janvier 1876.

: \s, tralte des esclaves et, on lgyple comme au Soudan, il avait dû prendre dans.ee but des mesures très sévères ct monopoliser d'une fagon absolue

le commerce qui venait de ces contrées, Mais la conséquence fut la même

que celle qu’Ayoub pacha signalait naguère au Korfodan : en présence de procédés qu'il estimait vexatoires, le commerce disparut el le gouver-

nement perdit une sourec de revenus certains et que rien ne pouvait remplacer. Le divan du Commerce finit par s’en apercevoir, Saisi d’une plainte des commerçants, il écrivit en juin 1876 à la Maïa Sanich pour signaler que Le commerce de l'Afrique centrale avec l° Égypte, qui se faisail soit par Asstout, soil par Siwva, s’élait détourné vers la Tripolitaine et Bengazi, et que ce fait était dû à la mauvaise organisation de la douane installée à Kerdassé el aux oasis qui précèdent Assiout , La raison, on l’a vu, était lout autre, mais elle n'était pas de celles qu'il est aisé de reconnaître et d'avouer,

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