vengean
s en repentoit , et qu on avoit disposition à ce-
bien faire , ou du moins à ne plus faire de
mal. C'est avec ces armes, plutôt qu'avec Ceiaiui
* -*• re.con—
l'épée , qu'il vainquit ses plus cruels enne- (iait S(m
x / i- J- *■ royaume
mis , qu'il força les cœurs les plus durs et Plulôt
7 i- ° -"- que son
les plus envenimés à l'aimer, et que des li- éFéegueurs les plus passionnés il fit ses plus fidèles serviteurs ; estimant que c'étoit un procédé convenable à la grandeur et a la bonté d'un souverain, de ne pas perdre ceux qu'on pouvoit acquérir , et de les retirer de la faute plutôt que de les abîmer. Voilà donc comme il suivoit des routes contraires à celles que son prédécesseur avoit tenues. l5
Depuis le départ du duc de Parme, les Divi-
• - . . sions et
deux partis , celui du roi et celui de la li- jalousies
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gue, demeurèrent quelque temps dans une pii1\ <*e assez grande foiblesse, et tous deux furent et d««s
& r 7 m celai du
également tourmentes par le mal des divi- roisions et des jalousies ; avec cette différence néanmoins que celles du parti du roi furent éteintes par sa bonne conduite , et que celles
l8o HISTOIRE
iSgi. de la ligue al le rent( toujours en croissant. Il y avoit une furieuse jalousie entre le duc de INemours et le duc de Mayenne , frères utérins : elle n'étoit pas moindre entre le duc de Mayenne et le duc de Lorraine , et plus grande de beaucoup entre le même et les Espagnols , qui lui suscitoient mille traverses par le moyen des Seize : car, comme il ne pouvoit les souffrir pour compagnons, ils ne pouvoient le souffrir pour maître , et désiroient sur toutes choses que la Kgue eut un autre chef que lui.
Dans le Dans le parti du roi semblablement , il ra^troïs y avoit trois ou quatre factions. La prede^hîJJ mière , celle des huguenots rigides et opifiesn°ca- niâtres , qui ne vouloient point que le roi eïdwsl" parlât de se faire instruire , menaçoient de 3elHen- l'abandonner s'il y songeoit , et pour cet " m* effet l'observoient sans cesse , et trouvoient à dire à toutes ses démarches. La seconde , celle des catholiques, qui étoient zélés, ou qui feignoient de l'être : ceux-là tâchoient de l'éloigner des huguenots , et murmuroient lorsqu'il leur vouloit donner des charges ou des emplois , ou qu'il Jes entretenoit en particulier. La troisième , celle des serviteurs et courtisans de Henri ÏII ,
à qui l'humeur de notre Henri déplaisoit, 1591. parce qu'il ne leur donnoitpas tout ce qu'ils vouloient , et qu'il ne se laissoit point mener à leur fantaisie. Ceux-là étoient la plupart athées et libertins , et néanmoins communiquoient avec les catholiques , et causoient beaucoup d'inquiétude au roi.
De ces deux dernières factions jointes deuJ"er. ensemble il s'en forma une qu'on nomma j"^ *° le tiers-partL Charles , cardinal de Bour- ÎJ^Jr bon, qu'on avoit appelé le cardinal de Vendôme tandis que le vieux cardinal de Bourbon vivoit , en étoit le chef. Ce prince, vain et ambitieux , s'imaginant que la couronne lui seroit déférée , si Henri IV , son cousin , en étoit exclus , suscita les catholiques de presser sa conversion , dans la croyance qu'il avoit que la conscience de ce roi et ses affaires n'y étant pas encore disposées , il n'y pourroit pas entendre , et que par conséquent il le feroit , par ces sourdes menées , passer pour un hérétique opiniâtre , et obligeroit les catholiques à l'abandonner , puis à se tourner de son côté. Cette faction fut la plus dangereuse affaire que notre Henri eut jamais à démêler , quoiqu'il fît semblant de la mépriser ,
1:91. et qu'il nommât ceux qui en ëtoient les Tiercelets. Elle n'éclata point a masque levé , et ne se sépara point ouvertement de lui ; mais , pour cela même , elle en étoit plus à craindre. Elle produisit enfin ce bien, qu'il fut contraint de se faire instruire tout de bon, et de se convertir.
. Quant aux huguenots , comme ils virent
.Les nu- *»• <-> '
f nid- ^ '^ prédit l'oreille aux docteurs catholitent les ques f]s s'avisèrent, afin de l'envelopper
princes A -1 A
ianlT~ ^e telle sorte qu'il ne leur pût échapper J d'en7 qu'il falloit solliciter puissamment la reine
voyer de a I
puissants Elisabeth, et les princes protestants d'Aile-
secours ' 1 JL
à. B™~ magne , de lui envoyer de grandes forces , afin de par ]e m0yen desquelles ils croyoient le
l'empe— I j 1 J
<heifaire ^re venir à bout de la ligue , après quoi il cathoii- n'auroit plus besoin de se convertir, et que cependant ils le tiendroient toujours obsédé par ces troupes étrangères. En effet, Elisabeth, qui avoit une extrême ardeur pour sa religion protestante , s'intéressa fort dans la cause de ce roi , l'assista toujours généreusement , et sollicita avec chaleur des princes d'Allemagne d'y concourir avec elle.
e^ï1 ac" -^U même temps , les huguenots pressoient à toute force qu'on leur donnât un
aux Iju
guenols,
édit pour l'exercice libre de leur religion. x^im Ils le poursuivirent si fortement, qu'il fallut le leur accordeT , et on l'envoya au parlement séant à Tours ; mais on ne put jamais obtenir qu'il le vérifiât qu'avec ces mots : par provision seulement; se montrant aussi ennemi de cette fausse religion, qu'il l'étoit des factions de la ligue.
Durant ce temps , le pape Sixte V mou»- MoïUu rut , laissant dans le trésor de l'église cinq |f|tee v millions d'or qu'il avoit amassés. ïl étoit fort dégoûté de la ligue , et tend oit les bras tant qu'il pouvoit à notre Henri pour le rappeler dans l'Eglise, au lieu que la ligue s'efforçoit de lui en fermer les portes , afin de l'exclure de la royauté. A Sixte succéda Urbain VII, qui ne tint le siège que treize jours. Et à cet Urbain , Grégoire XIV , le- E . quel étant véhément , et espagnol d'incli- de. Glé~ nation , embrassa avec ardeur le parti de la XIVligue , comme nous le verrons.
Je passe sous silence les diverses entre-
F-ises qui se fai soient de part et d'autre. Enire- TL i prise des
Les Parisiens en manquèrent une sur Saint- Hf!ie8"r?. Denis. Le chevalier d'Aumale, l'un de leurs £e"jj|£* chefs , qu'on appeloit le lion rampant de ^J^ la ligue , y fut tué au milieu de la ville , 1( Ful ,m
l84 HISTOIRE
1-91. comme il s'en étoit presque rendu le maî- Enire- tre. Le roi , de son côté , en tenta une autre mi Sl1r sur Paris. On la nomma la. journée des faqu'on ap- rinës , parce qu'il devoit surprendre la journée* ville , sous prétexte d'un convoi de farines nés. a qu'on y amenoit; mais elle fut découverte , et obligea le duc de Mayenne , sur les véhémentes crieries que firent les vSeize , de recevoir quatre mille hommes de garnison espagnole ; ce qui retarda de plus d'un an la réduction de Paris.
Il est bon de savoir que l'un et l'autre parti , n'ayant pas de fonds , ne pouvoient pas tenir continuellement leurs troupes sur pied , et ne faisoient , pour ainsi dire , la guerre que par intervalle . Quand elles avoient été trois mois ensemble , elles se retiroient , puis se rassembloient à quelque temps de là ; et selon qu'elles étoient les plus fortes ou les plus foibles ? elles faisoient des entreprises.
Chartres Le roi, ayant ramassé les siennes , assiéras Rpar gea la ville de Chartres , ou la Bourdaisiëre commandoit. Ilyavoit peu de gens de guerre dedans; le siège néanmoins fut long, difficile et meurtrier. Sa longueur donna sujet au tiers-parti de remuer quantité d'intri-»
DE HENRI- LE - GRAND. ï85
gues fort dangereuses; mais la prise de 1%^ cette place les réprima pour quelque temps. Il en rendit le gouvernement à Chi verni , chancelier de France , qui l'avoit eu avant que la ligue s'en fût saisie.
Après cela , le duc de Mayenne , qui ne se voyoit pas en trop bon état, suivant le conseil du duc de Parme , renoua une conférence pour la paix, qui , s'étant séparée sans rien faire , les princes lorrains et les principaux chefs de la ligue tinrent une assemblée générale à Reims. Il y fut résolu qu'étant tous ensemble trop foibles pour rétister au roi , et ayant manque d'argent , il. falloit nécessairement nouer avec l'Espagne plus fort qu'on n'avoit pas fait; et pour cela, ils dépêchèrent le président Jeannin Lq prévers Philippe IL Ce président étoit homme jeatmin de forte cervelle et bon François , qui tra- pagne do
■11 ■ il- t i 1 la part de
vailloit pour la ligue et pour le duc de la ligue.
Mayenne, mais qui vouloit sauver l'Etat
en sauvant la religion : tellement qu'il ta-
choit bien de se servir des Espagnols ; mais
il ne vouloit point les servir, ni procurer i*tb«-
* pagnol a
leur avancement. Il ne faut pourtant nas £°«r but