presse le
eut fait traîner la négociation près de deux d™. de
° * ctioisir ,
autres mois , le roi étant ennuyé de toutes <** rç,-
J change ,
ses remises, se prépara de lier ce Protée , ouiares-
1 L 7 titution.
qui se changeoit en toutes sortes déformes, et de le forcer à rendre une réponse certaine. Il s'avança pour cet effet jusqu'à Lyon , où il avoit envoyé son conseil devant. Le duc, sachant qu'il s'approchoit , eut recours à d'autres finesses. Il lui envoya trois ambassadeurs , qui proposèrent conjointement un acte par lequel ils déclaroient que leur maître étoit prêt d'accomplir le traité fait à Paris , et qu'il promettoit de remettre le marquisat; mais celui des trois qui avoit le secret fit refus de signer les articles qu'on dressoit sur ce sujet, que premièrement le duc ne les eût montrés à son conseil , et signés. Par ce détour , le duc gagna encore sept ou huit jours de temps : mais le roi , résolu de le pousser
3l4 HISTOIRE
iGoc jusqu'au bout, le suîvoit toujours à la trace,
il pro- déinêloit toutes ses ruses , et ne lui laissoit
Sûve- plus de subterfuge. Il falloit donc qu'il rément de A . . . 1
rpndreie pondit positivement ; et il promit de rendre ™t.rqm le marquisat dans le 16e d'août.
Mais Sur cette assurance, le roi fit avancer ?oïy en- Le Bourg-L'Espinasse , vieux colonel d'in-
voie des n . j
troupes, xanterie, avec des troupes suisses, pour
masque^ prendre possession du marquisat. Comme
fuse! "" i^en approchoit, le duc leva le masque , et
dit nettement qu'aux conditions qu'on lui
avoit proposées , la guerre lui étoit moins
dure que la paix. Ainsi le roi fut obligé
d'en venir au point où il avoit bien prévu
qu'il en faudroit venir , c'est-à-dire à une
Le i-i guerre ouverte. Il la lui déclara donc le
lni de- D . h
ciare la ne du mois daout, mais avec ces termes * exprès , que c 'étoit seulement pour le marquisat, et sans préjudice du traité de Vervins, lequel il désiroit observer inviolablement.
n en En même temps il donna avis de cette rend rai- rupture à tous les princes voisins , et leur
son aux 1 -l 7
princes fit entendre les justes sujets qu'il en avoit.
voisins. J ' -*■
Ce grand roi savoit bien qu'entre les chrétiens l'infraction de la paix est extrêmement odieuse, et que, sans des raisons qui con-
DE HENRI- IE - GRAND. 3l5
vainquent fortement les esprits , il ne faut 1600. jamais rien faire qui trouble la tranquillité publique.
Il étoit pour lors à Grenoble, où il n'avoit , pour commencer cette guerre , que trois ou quatre compagnies d'ordonnance.
Quelqu'un lui proposa de faire avancer le régiment des Gardes. Il répondit qu'il ne le vouloit pas éloigner de lui ; que c"1 étoit la dixième légion , qui ne combatloit point* sans César, Mais dans peu de temps la noblesse françoise et les aventuriers accoururent de tous côtés auprès de lui \ comme à la noce et au bal.
Le maréchal de Biron , quoique déjà dé- siron
a f ' î x. ' con—
goûte , ayant amasse quelques troupes , quiert entama le pays de Bresse en plusieurs en- Bresse. droits. Du Terrail y pétarda la ville de Bourg ; mais la citadelle se garda mieux , et elle fit presque la seule difficulté de cette guerre. Créquy, entrant en Savoie, y emporta la ville de Montmélian sur la minuit, mais non pas le château.
Le pape , alarmé par les premières étin- Le pape,
alarmé
de cette
guerre ,
* Jules César ne vouloit pas que la dixième légion er^°ie \e
combattit sans lui. roi.
3l6 HISTOIRE
1600 celles de cet incendie, et ayant peur qu'il n'embrasât toute l'Italie , s'employa tout aussitôt pour l'éteindre. Il dépêcha un prélat , qui portoit le titre de patriarche de Constantinople , vers le roi , pour lui remontrer les inconvénients de cette rupture, et pour le conjurer au nom de Dieu de ne Belle Pomt passer outre. Le roi l'assura qu'il n'aréponse Y0[, uj (Jessem <}e troubler la paix d'Italie:
ciu roi au I 7
Vien ' et qu?^ étoit prince chrétien et juste; que Dieu chréiien- juj avo{t donné uiï assez beau royaume pour s'en contenter ; mais qu'il désiroit ravoir ce qui étoit de sa couronne ; que s'il avoit eu d'autres plus \astes desseins, il auroit fait de plus grands préparatifs.
Le roi ^eu °^e jours après il partit , et entra luireiui- inême dans la Savoie. Sa présence étonna
la tellement la ville de Chambéry , qu'il en fit
même dans Savoie ,
clambé- sortn' la garnison par une prompte capitula hX- lation. Il se rendit maître ensuite des aveîmeiiue* nues <^e *a Tarentaise et de la Maurienne , châieaux en prenant ^ans deux ou trois jours le château de Conflans et celui de la Charbonnière, qui jusque-là avoient passé pourim- J , prenables.
Le duc A . .
desavoie Le duc de Savoie ne se remuoit point
ne s'en ,
remuoit pour toutes ces pertes : il en etoit si peu
point. 1 *
DE HENRI-LE - GRAND. 3l7
touché , qu'il chassoit et qu'il dansoit tan- igoo. dis qu'on le dépouilloit de ses provinces. Il ne sembloit pas qu'il fût l'adversaire , mais le spectateur. Ses sujets pareillement ne s'étonnoient guère des progrès du roi : ils disoient que , s'il prenoit quelque place en Savoie , leur duc en prendroit bien d'autres en France. On ne pouvoit deviner d'où n se
,1 - 1 K > ■ f Tl fl0it h
procedoit cette grande sécurité. 11 y en quelques x . . ii,- vaines
avoit qui croyoïent que le duc s assuroit prédic-
. ,, . -,, tionsd'as-
sur je ne sais quelles pronostications d as- troiogne»
. - - • ? t . i ou au
trologues , qui lui avoient prédit que dans maréchal
i • „ , ... » -i , • • i - deBiron,
le mois d août il n y auroit point de roi en qui étoit
. r . fort irri-
France ; ce qui se trouva fort vrai , parce *é con^e qu en ce temps-la le roi etoit victorieux au milieu de la Savoie. D'autres croy oient que le duc se fondoit encore sur les intelligences qu'il avoit avec le maréchal de Biron , dont la fidélité , ayant été fort ébranlée par ses artifices, tandis qu'il étoil en France, venoit d'être entièrement débauchée par de nouveaux sujets de mécontentement que ce maréchal avoit reçus depuis cette guerre ; car le roi ne témoignoit plus se fier tant à lui : il ne le traitoit plus avec la même franchise qu'auparavant, et il commettoit la principale direction de cette conquête à
3l8 HISTOIRE
i6co. Lesdiguières , qui en effet savoit mieux le pays et la manière de faire la guerre dans .ces montagnes que lui. Cette préférence irritoit furieusement un esprit altier, qui croyoit qu'on ne pouvoit et qu'on ne devoit rien faire sans lui. Puis le refus que fit le roi de lui donner le gouvernement de la citadelle de Bourg le mit tout-à-fait hors du sens. Depuis cela , il n'eut plus que des pensées extravagantes et criminelles ; et il commença , di soit— on, de traiter une ligue avec le Savoyard , pour rallumer la guerre civile en France. Je ne puis marquer les particularités de ce dessein, parce qu'on ne les a jamais bien sues.
Le duc de Savoie croyoit ses forteresses de Montmélian en Savoie , et de Bourg en Bresse , imprenables , et se reposoit de la sûreté de son pays là-dessus. Il fut bien surpris d'apprendre que le marquis de Brandis , gouverneur de la première , avoit capitulé de la rendre dans certain temps.
Enfm le Sur cela il se mit aux champs , et fit tous
duc se »
met en ses efforts pour être en état de le secourir.
campa— ■*■
gee'fTitis ^ eut recours à l'assistance des Espagnols ; rien. mais le comte de Fuentes , qui désiroit engager les affaires encore plus avant, lui re-»
DE HENRI-LE-GRAND. 3l()
fusa des troupes dans son besoin ; et ce- »6oo. pendant le terme de la capitulation e'tant La cita-
, . , , f délie de
échu , il perdit Montmélian , au grand Moniméetonnement de ses sujets , et a la honte de Brandis. La disette de vivres et de munitions lui fit aussi perdre, à quelques semaines Jui*
x ' x. x. celle de
de là, la citadelle de Bourg, dont legouver- Bourg. neur soutint le siège jusqu'à l'extrémité.
Le roi étant passé du côté de Genève , soumit le pays de Chablais et de Faussigni. Les habitants de Genève prirent le fort de Sainte - Catherine , que les Savoyards p«ïs u
■t a • î î i t fortSain-
avoient bâti pour les matter , et le démoli- te - ca-
. , ., , . . therine.
rent. Apres cette prise, il voulut visiter Genève , si célèbre pour être un des rem- Le -, parts de la religion protestante. Théodore Genève. de Bèze , le premier en âge comme en doctrine de tous les ministres huguenots , lui fit une harangue en peu de paroles. Le maréchal de Biron ayant considéré la place , que les habitants fortifioient depuis quarante ans avec beaucoup de soin et de dépense, soit pour se faire estimer grand capitaine,soit pour montrer beaucoup de zèle à la religion catholique, se vanta qu'il la pourroit prendre en vingt jours : ce que le roine trouva pasbon?d'autant que la France
iGod. l'avoit prise sous sa protection dès le règne de François 1er, et s'ëtoit obligée de la défendre contre le duc de Savoie , qui prétend que la seigneurie lui en appartient. Cependant le pape, désirant sur toutes
Le pape * 117
s'entre- cnoses éteindre le feu de cette guerre, avoit
met de la o '
paix , et dépêché vers le roi et vers le duc , son nepour cela Yeu je cardinal Aldobrandin, lequel tra-
son ne— ' ' A
yen lé- yailloit incessamment à moyenner la paix. Sa pins grande peine étoit de trouver des nœuds assez surs et assez forts pour attacher le duc de Savoie ; car ceux de ses promesses et de sa foi étoient si incertains et si coulants , que Ton ne s'y pouvoit fier.
Le mi Au même temps le roi, à qui la guerre
Lyon, où n'avoit pas interrompu les pensées de son
rUen-6 mariage, s'embarqua1" sur le Rhône et descendit à Lyon , où la reine sa nouvelle épouse étoit arrivée, et l'attendoit.
Le légat Le légat n'avoit point discontinué le
y vint . , -, , . ., , , T
aussi , et traite de la paix : il etoit venu a Juyon pour
bassa-Ux cela , oiiil fit son entrée quinze jours après
Savoie e la reine. Les ambassadeurs de Savoie l'y
suivirent ; mais leur pouvoir étoit conçu en
tels termes , que le duc avoit moyen de les
désavouer. Toutefois, quand ils virent la
citadelle de Bourg à l'extrémité , ils solli- 1600. citèrent instamment le légat de reprendre les premiers errements du traité ; mais il n'en voulut rien faire, qu'ils ne lui eussent donné par écrit qu'ils l'en avoient prié pour le bien des affaires de leur maître. Comme les articles furent dressés et accordés, on les signa de part et d'autre, et
. . r ...... Lefrailé
la paix fut publiée à Lyon le 1 ys de janvier de -paix 1601 , par laquelle le duc cédoit au roi et à signe, et tous ses successeurs, rois de France, ies uic à pays et seigneuries de Bresse , Bugey et Arti-
cles
Vairomey , et généralement tout ce gui ce traité,
. . '., portant
lui appartenoit le long de la rivière au que u Rhône, depuis la sortie de Genève, comme sera au
. ... ' roi-,et"le
aussi le* bailliage et baronnie de Gex : et marqua