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de îustice etoit tort petit , et I ordre cru on officiers
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observoit pour remplir les charges des par- ment
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lements , partaitement beau. Un avoit ac- ti» coutume d'y tenir un registre de tous les habiles avocats et jurisconsultes ; et quand Bonilc quelque office venoit à vaquer , on en choi- ™uè j»Q^ sissoit trois , desquels on portoit les noms pourvoir au roi , qui préféroit celui qui lui plaisoit. charges* Mais les favoris et les courtisans corrompirentbientôt cet ordre; ils persuadèrent aux rois de ne point s'arrêter à ceux qu'on leur
1608. présentent, el d'en nommer un de leur propre Les rois mouvement : ce que ces gens-lâ faisoient dés par pour retirer quelque présent de celui qui teur.» d'y éloit nommé parleur recommandation : et
nommer , . . ..
«us 1 abus y etoit si grand , que souvent ces
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égard ■:■. charges étoient remplies d ignorants et de râfé- faquins , à cause de quoi les gens de mérite tenoient îa condition d'avocat beaucoup plus honorable que celle de conseiller.
Le mal croissant toujours, et les gens riches devenant extrêmement friands de ces charges , pour le lucre , et leurs femmes pour la vanité, ceux qui gouvernoient se mirent à fabriquer de cette marchandise , pour la débiter et en tirer de l'argent. Ainsi, sous' Louis XII, ses coffres étant
Comme
die* de- épuisés par les longues guerres d'Italie , rénales. on commença à rendre les charges de finances vénales. Toutefois ce bon roi , en ayant aussitôt prévu la dangereuse conséquence , avoit résolu de rembourser ceux qui les avoient achetées ; mais étant mort dans ce bon dessein, François Ier, duquel il avoit bien prédit qu'il * gâteroit tout , vendit
* ]) disoit sourent de lu; : Ce- gro» ga\xon gâtera Loét,
DE HRNRi-LE-.GRAND. 44^
aussi celles de judicature. puis en créa de 1608. nouvelles par plusieurs fois , afin d'en tirer de l'argent.
Depuis , Henri II son fils créa les prési- Sous diaux ; et Charles IX et Henri III, entas- lapais
n sons
sant mal sur mal et ruine sur ruine, firent Henri 11 grand nombre d'autres créations de toutes sortes , pour avoir de ces denrées à débiter; et de plus , ils vendoient les charges quand elles vaquoient, ou par mort, ou par forfaiture.
Jusque-là le mal étoit fort grand , mais Co il n'étoit pas incurable. Il ne falloit que ^"L011 supprimer une partie de ces charges, quand fel^la'i. elles fussent venues à vaquer, et remplir l'autre de personnes de capacité et de mérite. Ainsi, dans vingt ans, on eut réduit cette fourmilière d'officiers à un très-petit nombre , et de fort gens de bien.
Mais on ne présenta pas l'affaire à Henrile- Grand de ce biais-là; on la lui fit voir d'un autre sens. On lui donna à entendre que, puisqu'il ne tiroit rien des charges vacantes, étant presque toujours obligé de les donner, il feroit bien de trouver moyen de décharger par là ses coffres d'une partie des gages qu'il payoit à ses officiers; ce
1608. qu'il feroit en leur accordant la conserva- Mais pu tion de leurs charges pour leurs héritiers ,
contraire .
on le moyennant certaine somme modique qu ils curable , pajeroient tous les ans , sans pourtant y Glissant contraindre personne ; de sorte que ce se—
la pau— . A .
îète. roit une grâce , et non pas une vexation. Cela fut nommé le droit annuel , ou autrement la paulète , du nom du traitant , appelé Paulet, qui en donna l'avis, et en fut le premier fermier. Tous les officiers ne manquèrent pas de payer aussitôt ce droit, pour assurer leurs charges à leurs enfants. Qui eau- Il n'est point besoin de dire les inconvégrauds nients et les maux que cetle méchante invention a causés et cause tous les jours ; les moins éclairés les commissent assez , et voient Lien que c'est un mal auquel il est fort nécessaire, mais^errtes très-difficile présentement de remédier.
Je ne veux point charger cette histoire de toutes les cérémonies et réjouissances qui se firent à la naissance et aux baptêmes de tous les enfants de Henri-le-Grand , ni à divers mariages des princes et grands de la cour, entre autres du prince de Condé et du duc de Vendôme , qui se firent au mois de juillet de l'an 1609.
Le prince de Condé épousa Charlotte- 1609. Marguerite de Montmorency , fille du con- Mariage
, i ii r -ti duprince
netable, laquelle etoit merveilleusement de conbelle , et avoit l'air tout-à-fait noble. Aussi le roi, l'ayant considérée , en fut plus vivement frappé qu'il n'avoit jamais été de pas une autre : ce qui causa peu après la retraite du prince de Condé , qui l'emmena en Flandre , et de là se retira à Milan , non sans que le roi eut un extrême déplaisir de voir le premier prince de son sang se jeter entre les bras de ses ennemis.
Le duc de Vendôme épousa mademoi- Mariage selle de Mercœur, laquelle il avoit fiancée de Ven-
V 1' r> • •• 1? j-. dôme.
des 1 an 1097 , ainsi que nous 1 avons dit ; et toutefois la mère de la fille , étant fort altière et fort glorieuse , apportoit de grandes répugnances à l'accomplissement de ce mariage ; de sorte qu'il ne se fût jamais fait, si le roi ne s'en fut mêlé. Ce ne fut pas une des moindres peines qu'il eut en sa vie , que de fléchir cet esprit difficile : il n'y employa toutefois que les voies de douceur et de persuasion , et ne se conduisit en cette affaire que comme un père qui fait l'amour pour son fils , et non pas comme un roi qui veut être obéi.
/\l\6 HISTOIRE
1608. Je ne parlerai point aussi de ses divertis- Queis sements ordinaires, la chasse, les bâti—
étoient .
les ai- ments , le jeu , les testms et la promenade. menLs du J'ajouterai seulement que dans les festins
roi .
et dans les carrousels il vouloit paroître aussi bon compagnon et aussi adroit que pas un autre ; qu'il étoit de belle humeur le Terre à la main, quoiqu'il fût assez sobre ; que sa gaieté et ses bons mots faisoient la plus douce partie de la bonne chère ; qu'il ne ténioignoit pas moins d'adresse et de vigueur aux combats, à la barrière, aux courses de bague et à toutes les galanteries, que les plus jeunes seigneurs ; qu'il se plaisoit même au bal , et qu'il dansoit quelquefois, mais , à dire vrai, avec plus d'enjouement que de bonne grâce. Quelques-uns trouvoient à dire qu'un si grand prince s'abaissât à folâtrer de la sorte, et qu'une barbe grise se plut encore à faire le jeune homme. On peut dire, pour l'excuser, que ses grands travaux d'esprit avoient besoin de ces délassements. Mais je ne sais pas ce qu'il faut répondre à ceux qui lui reprochent qu'il a trop aimé le jeu des cartes et des dés , peu séant à un grand roi , et qu'avec cela il n'étoit pas beau joueur ,