‹ Histoire du RoussillonChapitre 118 sur 241 · HISTOIU MI B0US8ILL0N · texte numérisé non relu

HISTOIU MI B0US8ILL0N

francs d'or, et une somme de cinq mille francs d'or, une fois payée.

La tranquillité du RoussiUon semblait doTOÛr elfe assurée par la mort du Duc d'Anjou : elle ftat c^ndaot sur le point d'être troublée en 1388. Des troupes françaises s'étaient réunies k Durban pour marcher au secours du Comte d'Ampurias, alors en guerre avec le Roi d'Aragon ; mais elles se laissèrent surprendre par l'InEuit Don Jean, qui, parti de Figuères, k la tète de trois cents chevaui, les fit prisonnières , et les conduisit à Perpignan. Ce prince, héritier présomptif de la Couronne d'Aragon, parait avoir exercé une grande autorité dans la province du vivant de son père, qui lui avait donné, par lettres-patentes, datées de 45G8. Barcelone le 26 juin 1368, les revenus et droits royaux du RoussiUon et de la Cerdagne , k l'exception du droit d'amortissement, et des terres précédemment données k sa mère Éléonore et k sa sœur Constance. Il lui accordait, de plus 9 la (acuité de changer tous les officiers royaux, hors le gouverneur et ses assesseurs. Don Jean avait exercé dans ce pays un pouvoir fort étendu; car, le 1<^ juillet 1372^ il ordonne k ses lieutenants dans les Comtés , aux viguiers , aux officiers royaux et aux siens , de faire observer les usages du pays, nonobstant les lettres surprises k son père, le é mars précédent, par TÉvêque d'Elue. Le 30 octobre 1381, il vendit, avec le consentement de son père, la Baronnie de Montesquiu, avec ses justices et ses dépendances, k Barthâemi Gasi, auquel il engagea, le lendemain, les villes et châteaux de Thuir et du Bolo. Une lettre de Pierre IV an Commissaire des amortisations des Comtés, datée de Barcelone, le 5 août 1368, et une quittance de l'ouvrier majeur du canal royal de Perpignan, nous apprennent que, dans cet intervalle, on avait fait k l'aqueduc de ce canal une réparation impor-

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tante, qui avait coûté quinze mille sols de Barcelone (CwrL Raussill.). Un document fourni par ce même recueil, nous fait présumer que c'est en «ISBO, qu'on éleva les deux digues qui contiennent l'Agly, dirais Claira jusqu'à la mer^ Pierre IV mourut k Barcdone le 5 janvier 1387, ^387. après un règne de dnquante^t-on ans. Actif, habile, courageux, il eut plusieurs des qualités d'un grand Roi; mais une ambition démesurée le rendit souvent injuste, perfide et même cruel. Il eut pour successeur son fils aine, Jean I^, né à Perpignan, le 27 décembre ISiiO. Le Roussillon devait encore éprouver sous le règne du fils une invasion , suite funeste de la révolution opérée par le père en 1344. Les arrangements qu'Isabelle de Majorque avah pris au sujet de ses droits sur les États de son père avec le duc Louis l^ d'Anjou , ayant été annulés par la mort de ce dernier, elle les vendit au Comte d'Armagnac. Bernard, frère de ce Comte, rassembla une armée de dixhuit mille hommes, composée d'aventuriers français et anglais; entra dans la province vers la fin de décembre 1389, sous prétexte de revendiquer les drohs de son firère ; pénétra même en Catalogne, et mit le siège devant le château s de Bésalu dans le mois de février 1300. Mais là se bornèrent ses exploits ; car sa conduite ultérieure, fut celle d'un chef de brigands. Il n'osa point attendre le Roi s'avançant pour lui livrer bataille, et se retira k travers le Roussillon, toujours poursuivi par Jean, qui s'arrêta a Perpignan jusqu'au commencement de mai. A peine ce prince était^il de

t Los territoires riwrains de TAgly dans la Saltnqne . étaient oonstamment inondés par reite rivière. Pierre IV ordonna , en 1360 , une visite générale des lienx , pour aviser aox travtnx à foire , afin de donner nn libre cours anx eaux et en délivrer les terres. Nous appre. pons ces MU par une leHre de l'Infente Jeanne anx Consuls de Claira et de Sainte Laurent , où elle leur ordonne de payer huit sols de tem par jour, tant que dufera cett® visite , i ui^ prêtre très expert dans ces matières , qu'elle y envoie pour veiller aux intérêts de ces tonununes , qui faisaient partie de son domaine particulier.

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retour k Girone, que quelques-unes des compagnies qu'il venait de chasser de ses États, tombèrent k l'improviste sur Forsa- Real, qu'elles tentèrent en Tain d'escalader. Elles cherchèrent, également sans y réussir, k s'emparer par trahison de Mosset et de quelques autres lieux. Une autre bande de ces aventuriers, ayant passé, au moyen de quelques bateaux, dans l'île de l'étang de Salses , essaya de surprendre le château de ce nom et celui de Saint* Hippolyte. Gelabert de Érailles, gouverneur des Comtés, résolut de châtier ces maraudeurs, en surprenant un de leurs capitaines dans le château de Fraisse, dont il était Seigneur. Le capitaine se sauva; mais le château et le vilhige furent brûlés. Il attaqua , ensuite , les Seigneurs de Camps et de Cascastel. Cette expédition ne produisit pas de grands résultats ; car, peu de temps après , cinq cents hommes de ces compagnies, sous les ordres du Seigneur de Fraisse, de son frère et d'autres gentilshommes des Corbières et du Narbonnaîs, pénétrèrent jusqu'au pont de Perpignan. Gelabert de Éraiileales força il la retraite; les poursuivit jusqu'à Rasiguières, où ces pillards se réfugièrent; mais, ayant voulu les y attaquer, il fut repoussé avec perte , quoiqu^'il eût été renforcé par les garnisons de Baixas et de Rivesaltes. Dans une dépêche, adressée le 27 janvier 1390 au Gouverneur des Comtés, le Roi défendait k ses sujets, durant tout le cours de cette guerre, de traiter de rançon avec aucun des prisonniers faits sur ces brigands : il leur permet de les vendre a d'autres habitants de ses terres, qui se chargent de les garder jusqu'à la paix.

Le règne de Jean 1er n'offre aucun autre événement qui intéresse la province. Ce Roi aimait prodigieusement la chasse : ^yant voulu prendre ce divertissement dans la foret de Foxa, il tomba de cheval, et' mourut, de cette

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