‹ Histoire du RoussillonChapitre 119 sur 241 · CHAPITRE DOUZIÈMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈMK

chute, le 19 mai 1596. Il ne laissait que deux filles : la ^^<>* première , née de son mariage avec Marthe d'Armagnac , avait épousé, en 159S, Matthieu, comte de Foix; la seconde, fille d'Yolande de Bar, fut mariée, en 1400, avec Louis II, duc d'Anjou, roi titulaire de Naples. Il avait réglée par son testament, qu'à défaut d'en&nts mâles, son frère Don Martin , duc de Montbianc, serait son successeur. Sans être troubadour, comme plusieurs jde ses prédécesseurs, Jean, pour complaire k sa dernière femme, avait formé à saXour une école de gaie science. Il y atti* rait les poètes , les musiciens ; on ne s'occupait que de fêtes, de bals, de festins, ce qui n'était pas trop du goût de la Noblesse d'Aragon, qui trouvait que les plaisirs lui faisaient négliger les affaires. Il eut le bon esprit àe profiter des remontrances qu'on lui fit k ce sujet. Généralement aimé, il eut des amis très dévoués. De ce nombre fut son premier chambellan, le Roussillonnais Raymond de Périllos, vicomte de Roda, fils .de François de Périllos, dont il a été question sous le règne précédent. Gaubert Fabrice de Bs^d , moine cistercien et historiographe des Rois d'Aragon dans le xy« siècle, raconte que ce Seigneur, désolé de la mort désastreuse de son maître, et, surtout, craignant pour son salut, entreprit le voyage d'Iriande, pour visiter une caitrne connue sous le nom de Purgatoire de saint Patrice, où l'on s'imaginait qu'on pouvait s'instruire de l'étit des âmes dans l'autre monde. Il \ passa une nuit, et prétendit avoir vu des choses merveilleuses. Dans la relation qu'il en publia, il affirma que le Roi était condamné à de fortes peines, mais qui ne devaient pas être étemelles. Cette caverne, où le bon chambellan crut voir de si étranges choses, est située dans une petite ile du lac de Dearq, sur la frontière du Comté de Fermanag, en Ultonie: le Pape la fit fermer en 1497, dans

le but de couper couit k toutes les superstitions dont elle était l'objet.

Peu avant la mort du roi Jean , il y avait eu quelques troubles en Gerdagne. Les communes et les particuliers arrosaient leurs terres, depuis un temps immémorial, des eaux dérivées des rivières, sans autre titre que l'usage. Le Procureur Royal voulut, dans l'intérêt du fisc, les contraindre k prendre des concessions royales, qu'il fallait payer. Cette prétention occasionna des mouvements, que François Batlle , envoyé dans ce pays par le Gouverneur de la province en octobre iSOS, réAssit k apaiser, en engageant les habitants à condescendre aux demandes du Procureur Royal. Une de ces concessions, accordée 4595. à la commune de Quérol, est du i 5 novembre i395. On en trouve, vers la même époque, quelques autres accordées k des communes ou k des particuliers.

Yolande de Bar, veuve de Jean I^, mourut le iS juin 1451, k Barcelone, où elle avait fixé sa résidasce. La ville de Collioure lui avait été donnée par son mari. On trouve un acte passé k Perpignan, le 27 avril 1396, dans lequel elle permet aux habitants de cette ville, de recevoir dans leur port les pirates et les corsaires; de leur vendre des vivres , et d'en acheter les marchandises , quelle que soit leur origine, pourvu qu'elles ite proviennent pas de prises faites sur ses sujets.

Matthieu, comte de Foix, mari dé la fille ainée de Jean l^^^ prétendit en vain succéder k son beau-père. Repoussé par les États des trois provinces, il voulut soutenir ses prétentions par les armes. Les sages mesures prises par la femme de D. Martin, et l'attachement des peuples pour le nouveau Roi , firent échouer toutes ses tentatives. Il mourut sans postérité en 1398, après avoir perdu toutes les terres qu'il possédait en Catalogne.

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