‹ Histoire du RoussillonChapitre 120 sur 241 · CHAPITRE DOCZliMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOCZliMB

Le nouveau Roi d'Aragon, comptant sur le dévoAment de ses sujets , et occupé en Sicile à assurer ce Royaume à son fils, ne se pressait pas de venir en Catalogne. Pour hâter son retour, les États lui envoyèrent des Députés, au nombre desquels était Pierre Grimau de Perpignan. Martin, avant de monter sur le Trône, avait épousé Marie, fille et héritière du Comte de Luna, proche parent de Benoit XIII. Cette alliance le rendit chaud partisan de ce Pape ; cependant, il fut entièrement étranger k la des* cente faite en Provence, au mois de janvier 1S99, par des troupes catalanes, sous les ordres de Pierre de Luna. Une multitude d'actes d'enrôlement et de nolis, Cuits à CoUioure (Cart. RaussiU.) , prouvent que tout se fit au nom du Pape , dont l'agent principal était son Camérier Pierre de Çagarriga, Archidiacre de Lérida. Cette expé* dition manqua son but, qui était de faire lever ie blocus du château d'Avignon, où Benoit s'était fortifié. Mais, par l'intervention du Roi d'Aragon auprès du Duc d'Orléans, Benoit parvint k s'échapper et à se réfugier k porto- Yenere , dans la rivière de Gènes. Il en partit le 16 juin 1408, après avoir convoqué ce jour même un Concile 4408. des Prélats de «son obédience k Perpignan. Arrivé le 3 juillet devant CoUioure, le vent l'obligea d'entrer a Port- Vendres. Après avoir séjourné quelques jours k CoUioure, il fit sœi entrée k EIne le 23 juiUet , et le lendemain a Perpignan. Le Roi de Navarre vint lui rendre visite le 25 août. Ayant fait une promotion de Cardinaux le 22 septembre, le Pape procéda k l'ouverture solennelle du ConcUe le l<^r novembre, dans l'église de La Real : il était composé de cent vingt Prélats Espagnols ou du Midi de la France ; Us furent nombreui jusqu'au 5 décembre, où consultés sur ce qu'U fallait faire pour l'union de l'Église, ils se divisèrent en deux partis. Dix-huit seule*

ment restèrent avec Benoit, et encore lui conseillèrent-ils, le l^^i* février i409, de travailler de toot son pouvoir à la réunion, en envoyant des Nonces à son rival Grégoire, et même à ses prières Cardinaux, assemblés alors à Pise. Ce conseil, suivi par le Pape, n'eut aucun résultat, parce que ses envoyés furent arrêtés en France, où il n'était pas reconnu. Enfin, Benoit, après avoir résidé à Perpignan jusqu'au 10 février, craignant la peste, qui avait commencé à sévir dans cette ville, se détermina k aller trouver le Roi à Barcelone.

A la fin d'août 1409, Martin, roi de Sicile, fils unique du Roi d'Aragon , mourut sans laisser d'enfants légitimes. Son père, inconsolable de cette perte, mourut lui-même,

4410. le 31 mai 1410, sans vouloir désigner son successeur. Il se présenta cinq [Retendants à la Couronne, et la plus grande confusion régna dans toutes les provinces du Royaume. Il serait bors de propos de raconter ici, comment on parvint k nommer une commission chargée de prononcer entre les cinq compétiteurs. Il nous suffira de dire qu'dle fut composée de trois Députés de chacune des trois provinces (Aragon, Catalogne et Valence) , et que dans les commissions nommées par les Certes de la Catalogne, soit pour conférer avec celles des autres provinces, soit pour discuter diverses questions préliminaires, on voit toujours figurer quelque Syndic de Perpignan, tels que Pierre Grimau, Guillaume Llobet, Pierre Ganat, Jean Ribesaltes. On trouve aussi dans ces mêmes commissions, parmi les membres de la Noblesse, quelques noms roussillonnais , tels que Pierre de Fenouillet, vicomte d'ille et de Canet, désigné comme l'un des principaux Barons de la Catalogne, Don Bérenger et Don Arnaud d'Oms. Les neuf juges s'assemblèrent à Caspé ; et le 1 4

4412. juin 1412, entraînés par saint Vineent-Ferrier, l'un d'eux,

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