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CHAPITRE TROISIEME

bonnaise avaient entrepris celle de quelque partie de la voie militaire passant dans le voisinage de Saint-André, et qu'ayant terminé ce travail sous Gordien, ils avaient, suivant un usage assez général , dressé le cippe et l'inscription comme un hommage de leur dévouement à l'empereur régnant.

iDseription de Saint-Bippolyle.

En fouillant le terrain auprès du maltre-autel de l'église, on trouva, en octobre 1847, un tronçon de colonne cylindrique, sur lequel étaient gravés abréviativement les mots Flavio VcUerio ConstarUino nobUissimo Cœsari. Ce tronçon est parfaitement semblable à toutes les colonnes milliaires découvertes dans le voisinage des anciennes voies romaines, par exemple aux deux colonnes que l'on conserve aux environs de Montpellier (V. Miixin. Voyage dans les départements du Midi de la France). Deux opinions furent émises sur le prince auquel devait s'appliquer cette inscription : l'une l'attribuait au grand Constantin ; l'autre, à son fils, Constantin-le-Jeune. Il est évident qu'elle doit appartenir k celui des deux princes qui satisfera le mieux aux deux conditions suivantes : avoir porté quelquefois les trois noms Flavius Valerius Constantinus , et n'avoir porté pendant un certain temps d'autre titre que celui de nobilissimus Cœsar. Ces trois noms ne se trouvent pas dans toutes les médailles, et les inscriptions relatives k l'un ou k l'autre de ces princes, et lorsqu'ils s'y trouvent, il est souvent difficile de décider lequel des deux est désigné, de sorte que le père étant beaucoup plus connu, c'est k lui qu'on attribue ordinairement tous ces monuments douteux. Il en est cependant qu'on ne peut pas disputer au fils : telle est l'inscription qu'on voit dans Bergier(vol. ^«^ p. 456); il y est appelé Flavius ValC"

ritis Conslanlinus , petit-fils divi Maûdmiani, et fils divi Constanti; ce qui ne peut convenir qu'à Gonstantin-le- Jeune, petit-fils de Maximien par sa mère Fausta. Comme ce même prince n'a pris ni pu prendre pendant vingt ans que le titre de iwbilissimus Cœsar tout seul , il réunit toutes les conditions pour qu'on lui attribue l'inscription de Saint-Hippolyte. Quant au père , si les noms de fïavtvs Valerius Constaniinus lui appartiennent aussi bien qu'à son fils, rien ne prouve qu'il ait jamais pris le titre do nobUissimus Cœsar tout seul. Du moins il ne parait ainsi sur aucune des inscriptions produites par le zélé défenseur de ses droits ; bien plus, tout fait présumer que, dans les provinces qui avaient été l'apanage de son père, Constantin ne prit jamais le titre de César, sans y joindre celui d'Empereur ou d'Auguste, que lui avait décerné l'armée de la Grande-Bretagne, ou le Dominus noster, qui en était l'équivalent. Constance-Chlore , son père , mourut à Yorck le 25 juillet 506; peu de jours après, le fils envoya à Galère, qui résidait a Nicomédie, un de ses officiers, porteur d'une lettre écrite dans les termes lés plus soumis, où il excusait l'irrégularité de ses démarches sur la violence que lui avaient faite les soldats. Il partit ensuite pour les Gaules, dont les peuples et les armées lui avaient témoigné tant de ' sympathies quelques mois auparavant, lorsqu'il allait joindre son père, et il y attendit la réponse de Galère. La fureur de ce prince, en apprenant la proclamation de Constantin , fut telle qu'il voulait livrer aux flammes sa lettre et son envoyé. La réflexion le ramena à des sentiments plus modérés : il consentit à faire reconnaître le fils de Constance comme héritier des États de son père, mais seulement avec le titre de César. Il y avait 2704 ' milles d'Yorck à Nicomédie; 2115 de \k dans les Gaules: la vitesse des postes chez les Romains était bien moindre

CUAPITRK TROISIKMR. M

que chez les modernes (Appendice, n<> 2) ; la réponse de Galère ne put parvenir k Constantin qu'environ deux mois et demi après la mort de son père. Pendant ce temps, il s'était fait proclamer et reconnaître Empereur par les généraux, les soldats, les magistrats et les peuples. Pouvait-il , en apprenant la décision de Galère, descendre au rang de César? Sans doute la prudence lui conseillait de ne pas pousser les choses à l'extrême ; mais elle lui disait aussi, qu'après s'être compromis coùime il l'avait fait, le trône impérial était son unique asile contre la vengeance de Galère ; qu'en se conformant k sa décision il redevenait son sujet; qu'il perdait ses plus fermes ap-* puis, l'opinion publique et la confiance des soldats, car tout le monde déserte bientôt le parti d'un prince qui s'abandonne lui-même. On ne peut imputer au grand Constantin une faiblesse aussi inconsidérée, surtout dans un moment où la révolte de Haxence, qui éclata le 28 octobre à Rome, devait rendre Galère moins exigeant k l'égard du maître des Gaules. La neutralité gardée par ce dernier entre Galère et Haxence, pendant la guerre qu'ils se firent en 306 et 307, prouve l'indépendance de son pouvoir. S'il n'avait été qu'un lieutenant soumis à l'Empereur, celui-ci attrait^il négligé de le faire entrer en Italie, au moin» pour réparer les malheurs de la première campagne? II n'est donc pas vraisemblable que Constantin ait cessé de prendre dans les Gaules le titre d'Auguste : mais se fût-il contenté pendant quelque temps de celui de nobiUssimus Cœsar, il faudrait encore attribuer au fils plutôt qu'au père l'inscription de Sainl-Hip^ pdyte, par la raison que ce dernier ae pourrait avoir porté ce titre seul que pendant quelques mois, tandis que le premier n'en a pu porter d'autre pendant vingt ans. Son père, dans les dernières années, l'avait établi à Arlff;^

en lui confiant le gouvernement particulier des Gaules. C'est probablement vers cette époque que fut placée la colonne de Saint-Hippolyte. Un chapiteau trouvé tout auprès, peut lui avoir appartenu : brut sur une de ses faces, il parait avoir été appuyé contre un édifice ; le travail barbare de ses trois autres faces s'accorde assez avec l'imperfection des lettres de l'inscription , pour faire regarder le tout comme un ou\Tage de ce temps, où la décadence des arts se fit surtout sentir dans les provinces occidentales de l'Empire par la nombreuse émigration à Gonstantinople des artistes et des ouvriers habiles qu'elles possédaient.

La colonne milliaire trouvée à Saint-Hippolyte , doit avoir été placée originairement sur la voie romaine qui, allant de Ruscino k Salsulis, ne passait pas loin de ce village, probablement près de la station de Combusla, Découverte sous les ruines de cet édifice , après l'expulsion des Sarrasins, le nom de Constantin , si vénéré des Chrétiens, aura engagé quelque pieux ecclésiastique à recueillir dans son église la pierre sur laquelle il était gravé.

Les seuls édifices du département auxquels on puisse attribuer une origine romaine, sont la voûte des bains d'Arles et la grande arche du pont de Céret. M. Joseph Anglada a fort bien déduit, dans son Traité des Eaux minérales, les raisons qui militent en faveur du premier. Quant au pont de Céret, M. de Marca veut, sans en donner aucune preuve, qu'il ait été entrepris vers l'an 1315, par la commune de ce nom. La grande arche de ce pont est, à peu près, un demi-cercle de 45 mètres de diamètre, posé sur des rochers élevés de 2 à 5 mètres au-dessus des basses eaux. Un pareil ouvrage me parait trop excéder les ressources d'une aussi petite ville^ pour le lui attribuer.

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