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CHAPITRE DIX HUITIÈME

autant pour le produit en argent, que par le travail qu'elle procurera à la classe laborieuse*.

Avant sa réunion k la France, le Roussillon Êibriquail beaucoup de sel à Canet. L'abandon de ces salines l'avait rendu tributaire du Languedoc pour une quantité de S.ëOO hectolitres, non compris celui de Cardone, que la contre* bandé introduisait par les montagnes limitrophes de la Catalogne. La saline établie depuis quelques années à Saint-Laurent, pourrait fournir au-delà de la consommation du pays.

Les sommes c(msidérables qui entrent annuellement dans le département, par l'exportation de ses divers produits agricoles, sont compensées en trè&^grande partie par celles qu'il emploie à se fournir des objets qu'il ne produit pas. Il reçoit les toiles et les draps fins, les étofiés de soie et de coton, presque tous les papiers, la verrerie, la faïence, la porcelaine, la poterie, divers articles de droguerie et de mercerie; en général, tous les objets de luxe et de modes. Il reçoit encore des bois, du charbon , du plâtre^ des boBufs pour la boucherie et le labour, des chevaux, des mules, des cochons, de la morue, des harengs, du savon, etc.

Les exportations ou les importations ont lieu par mer ou par terre. Dans le premier cas, les chargements et déchargements se font sur la pl&ge de Saint-Laurent, ou dans les ports de CoUioure et de Port-Vendres. Les transports par la voie de terre , s'opèrent au moyen des routes que nous allons décrire (Append., n» 23).

La plus importante est celle de Paris en Espagne : elle traverse le département, du nord au sud, passant par

1 On doit chercher sartont à rendre l'éducation des vers à soie en quelque sorte populaire. Il n'y a pas de petit propriétaire qui ne puisse aisément faire éclore une ou deux onces de gr.tiiie , et /en général , on réussit mieux que dans les grandes exploitations.

iiO HISTOIRE DL ROUSSILLON.

Salses, Perpignan, le Bolo, le Perthus. De la frontière du Languedoc à Perpignan, elle a 10.974 toises, sur six au moins de large; de Perpignan aux limites de l'Espagne, elle a 15.518 toises sur cinq de large. Son état serait satisfaisant, si l'on trouvait des ponts sur le Tech, le Réart et la Gantarane ' .

Une autre route traverse le département, de l'est a l'ouest, allant de Perpignan k Mont-Louis et k Puycerda, par le Soler, Saint-Féliu, lUe, Vinça, Prades, Olette, Bourg-Madame ; elle a vingt-quatre pieds de large jusqu'à Villefranche, sur 24.524 toises de long; de Ik à Puycerda, elle devait avoir dix-huit pieds de largeur, sur 32.240 toises de long. Elle n'était achevée que jusqu'à Serdinya : on se prépare à la terminer*. La première partie de cette route exigerait au moins deux ponts, l'un sur le Bolès, l'autre sur le Lentilla.

La route de Perpignan à Toulouse , par Peyrestortes , Estagel, Maury, Saint-Paul, Caudiès et le col de Saint-^ Louis, a, jusqu'à ce point, 27.252 toises de long, dont 12.552 seulement sont terminées : on travaille à la perfectionner.

La route de Perpignan à Port-Vendres, a vingt-quatre pieds de largeur, sur une longueur d'environ 14.000 toises. On a construit dernièrement un pont en fil-de-fer sur le

t Du \iv* siècle à la fin do xvii*. cette route paésiit par RîTesaltes, oommune ayvA alon» plus d'importance relative qu'à présent, où celles de la Salanqae, notamment Saint-lADreoi en ont beaucoup acquis. La nouvelle roule Ait tirée en ligne droite, de Salses an hameau du Vemet : on fixa la base de vérification des opérations de Méchain el Delambre. à ses deux txlréfflités, par un pilon solide en maçonnerie. On a plusieurs fois provoqué le rétablissement de l'ancien tracé , et projeté l'exhaussement d'une partie inondée lors des crues . facilitant Ir cours des eaux par une série de passages voûtés ; mais l'ancienne direction allongerait U distance de 900 mètres , et la submersion , pendant un ou deux jours , est un bien moindre mal que la réduction de l'espace libre, d'où résulterait , d'ailleurs, un accroissement tr^silangereux de la vitesse, au débouché des pooreaux.

' Lille tai If pniné<? jusqu'à Monl-Loui^

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