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CHAPITRE DIX- HUITIÈME

TeëMI et un autre en maçonnerie sur la rivière d'Argelès : le Réart en exigerait un pareil. Du Boulon (le Bolo) k Arles, sur une longueur de 10.175 toises, la route a aussi vingtquatre pieds de larg^r. On se propose de la continuer d'Arles a Prats-de-MoUô, sur une longueur de 10.236 toises; mais en réduisant la largeur à douze pieds.

On a entrepris ou projeté plusieurs autres routes : celle de Baixas à la mer, par Rivesaltes et Saint-Laurent, est la seule qu*on puisse considérer comme terminée ; mais c'est aussi la seule dont l'utilité réelle puisse dédommager de la dépense.

Assises sur un sol généralement ferme, et peu distantes des matériaux nécessaires à leur construction, nos routes, favorisées par la sécheresse habituelle du climat, seraient d'un entretien moins dispendieux que dans la plupart des pays, si les rivières ou torrents qui les traversent n'en dégradaient fortement certaines parties. Ces rivières k sec , ou ne traînant qu'un filet d'eau pendant les chaleurs de l'été, prennent, quelquefois en automne, l'aspect d'un fleuve imposant (Append., u^ ^); et malheureusement, elles portent dans la plaine le ravage et la désolation, lorsque d'ah(mdantes neiges , tombées sur les plus hautes montagnes, viennent k fondre subitement sous les torrents de pluie que déversent les nuages amoncelés contre les flancs du Canigou, par les vents chauds du sud et du sudouest. Nous donnerons une courte notice sur ces cours d'eau, dont le volume éprouve tant de variations.

L'Agly fut connue dans le moyen-âge , sous le nom de /lumen aquilinum. Pline est le seul des auteurs anciens qui paraisse en avoir fait mention. Sa source est dans le département de l'Aude, au pied du pic deBugarach; ses principaux affluents sont : la Boulsane , la Désia , le Verdouble, qui prennent leur source, comme elle, dans le

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département de l'Âude. Elle entre dans celui des Pyr^es- Orientales, auprès de l'ermitage de S^Antoihe-de-Galamus, et va se jeter dans la mer entre Saint-Laurent et Torreilles, après un parcours de 62 kilomètres i, durant lequel 76.000 hectares de terrain , presque tout calcaire , y déversent leurs eaux : elle fournit, directement ou par ses affluents, à l'irrigation de 1.500 hectares. Cette rivière, dont les crues rendaient très marécageux le territoire de deux communes, est maintenue , dans la partie inférieure de son cours , par deux fortes digues, appelées mo(to^, construites, en 1369, sous le roi Pierre IV.

La Tet, ancienne Ruscino des Grecs, la Thelts ou Tdis de Mêla, a un cours de 110 kilomètres. Elle reçoit les eaux qui s'écoulent d'une surface d'environ 155.000 hectares, et fournit, soit par elle, soit par ses affluents (le Bolès, le Lentilla, la Castellane), à l'irrigation de 12.000 hectares. Cette rivière, dont la source est au pied du Puy ou Puig Prigué, et l'embouchure entre Sainte* Marie et Canet, occupe donc le premier rang parmi les cours d'eau du département.

Le Tech, VlUiberis des Grecs, le Tkhis de Mêla, le Tecus du moyen-àge, prend sa source dans la partie sudouest du département, au pied de la montagne de Costabona, et se jette dans la mer un peu au-dessous d'Elnc, après avoir, dans son cours de 68 kilomètres , reçu les eaux d'environ 82.000 hectares, et fourni, par lui-même ou ses affluents, à l'irrigation d'environ 2.200 hectares.

Outre ces rivières, plusieurs torrents se jettent directement à la mer; mais le seul qui mérite qu'on .en lasse mention est le Réart, flumen Ricardum ou Riardum du moyen-âge. Il coule entre la Tet et le Tech; il reçoit, par lui-même ou son affluent la Cantarana, les eaux de 18.0(K) hectares, dans son cours de 30 kilomètres, qui

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