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CHAPITRE DIX-HUITIÈMB

et sont plutôt les bassins des sources des quatre principales rivières qui découlent du point culminant du Roussillon.

Ainsi, les étangs de Puig-Prigué, pour la Tet ; ceux de Balcère et Camporells, pour l'Aude; celui de La Noux, pour l'Ariége; ceux de Garlite, pour la Sègre.

Nous mentionnerons, en outre, les étangs de Carensa, dont les eaux se déversent dans la Tet, auprès de Thuès.

On trouve, encore, au sommet de la montagne, au nord d'Olette, et très voisins Tun de l'autre, les étangs : Nègre, Bleu et Estellat.

FOIITËKESSES.

SaUes * . — Le fort de Salses est situé k quatre lieues de Perpignan, au débouché de la route de Narbonn.e, entre l'étang et des montagnes escarpées. On en posa les fondements en 1497, sur les ruines de l'ancienae ville et du château , dévastés et détruits par les Français. Sans glacis, sans chemin couvert, il n'offre d'intérêt que comme monument de la fortification du xv^ siècle. C'est un carré long, dont le petit côté n'a pas 100 mètres, et le grand à peu près 115. Les quatre angles sont pourvus de tours rondes. Un donjon , qui sert ordinairement de magasin k poudre, s'élève au-dessus des parapets du fort. On voit, au-dehors , trois ouvrages détachés , sur l'entrée et sur les deux courtines. Dans les fossés, d'une grande profonfondeur, on peut jeter plusieurs mètres de hauteur d'eau, que fournissent deux fontaines abondantes, dont la source est dans l'intérieur du fort. Les maçonneries ont dix-huit mètres d'épaisseur dans le haut et vingt-deux dans le bas, y compris les talus ; mais il existe, partout, des galeries

1 Les archives da Giînie portent Salces; nous avons proféré suivre, comme plusieurs auteurs, une orthographe rappelant l'origine romaine.

dans ce massif. Ce petit fort, maintenant sans importance, a , par sa position , joué un rôle dans toutes les guerres entre les deux États. Assiégé en 1438, 1496, 1505, 1639, 1640, 1642, il a résisté par l'épaisseur et la dureté de ses maçonneries. £n 1795, le corps de troupes campé sous sa protection , contribua puissamment au gain de la bataille de Peyrestortes.

Perpignan, — Cette place est le cœur des défenses du Roussillon , et le boulevard de cette partie de la frontière. Ses fortifications, très irréguVères, construites k des époques éloignées Tune de Tautre, se composent de onze fronts, à la ville, et de six, à la citadelle. La ville fut ceinte de murs, vers la fin du xii^ siècle, et on suit encore partout, même au travers de la citadelle, les contours de cette première enveloppe. Le donjon, bâtiment carré, entouré de fossés profonds, fut aussi , sans doute, construit alors : il servit de demeure aux Rois de Majorque. La seconde enceinte de la citadelle, se compose de deux parties fort distinctes : un petit ouvrage, k corne, k redans et cinq fronts bastionnés, qui remplacèrent l'enceinte, détruite mal à propos, et que M. de Yauban donna ordre de relever, en améliorant beaucoup son tracé, à son second voyage, en 1679. Quant à la première, k flancs perpendiculaires à la courtine, mais d'un beau relief, l'inscription de la porte d'entrée nous apprend qu'elle fut terminée en 1572. Cinq des bastions de la ville furent construits de 1558 à 1566, sous Charles-Quint et Philippe IL Tout le reste est l'ouvrage de Yauban. On trouve sept demi-lunes terrassées sur les courtines des fronts extérieurs, et quatre sur ceux de la citadelle, du côté de la ville. Au-delà de la Basse, Yauban traça, avec un art, dont il se félicitait, un ouvrage à corne, muni d'une tenaille et d'une petite demi-lune.

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