CHAPITRE TROISlÈBtE
nous, et d'après lesquelles les métrologues ont établi leur évaluation du pied, certaines, formées d'un métal plus ou moins oxydable, tel que le fer ou le cuivre, doivent avoir éprouvé des diminutions plus ou moins sensibles. En pre* nant un terme moyen entre quatorze évaluations- diffé-* rentes, nous trouvons ce pied d'à peu près 0>"297, ce qui donne pour le mille 1 .485 mètres.
Si nous ckercbons dans les divers géographes quel était remplacement du temple de Vénus, Ptolémée nous dira que ce premier point remarquable des Gaules, en venant d'Espagne, était sur l'un des nombreux promontoires des Pyrénées, avancés dans la Méditerranée. Les indications données par Strabon sont plus précises : il dit (liv. 4) que Citium (Cette) était plus près du temple de Vénus que d'un promontoire situé à 100 stades k l'ouest de Marseille, et il le place à 400 stades d'Empurias. Cette situation s'accorde parfaitement avec celle que donne Pline (liv. 3, c. 3) si son Tichis est la Fluvia ; car, suivant lui , le temple de Vénus est k 40 milles du Tichis. Les 40 milles de Pline ne faisant pas tout-à-fait les 4^X) stades de Straibon, il s'en suit que le temple de Vénus est un peu plus près de la Fluvia que d'Empurias, ce qui est réellement, puisque la ville était au midi de la rivière, dont l'embouchure lui servait de port. Il résulte des deux passages du géographe grec, que le temple de Vénus doit se trouver sur l'un des caps les plus septentrionaux des Pyrénées. Pour fixer sa position avec plus d'exactitude, il assure (liv. 4, c. l^^) que la distance de Narbonne au temple de Vénus, est égale a celle d'Arles au cap de Marseille. Si l'on prend cette dernière sur une bonne carte, et qu'on la porte de Narbonne vers notre cdte, elle aboutira juste à Port-Vendres. A la vérité, M. de Marca prétend que le Tichis de Pline est la Muga, comme celui de Mêla, et
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qu'il faut lire dans le premier 11 milles au Heu de 40. D'après lui , le temple de Yénus doit avoir été situé vers le cap de Creus; mais comme Pline et Mêla ne désignent pas toujours les rivières de ce pays par les mêmes noms, et que la correction proposée pour le texte du premier n'est autorisée par aucun manuscrit, on peut aisément soupçonner que, vu la commission dont il était chargé, le Prélat français a discuté cette question plutôt en diplomate cherchant à reculer les limites de son pays, qu'en critique impartial qui veut déterminer un point géographique contesté. En conséquence, nous admettrons le texte de Pline, tel qu'il est donné dans toutes les éditions; et appliquant le nom de Tichis k la Fluvia * , ce qui met le plus parfait accord entre le dire du naturaliste romain et les textes formels du géographe d'Amasie, nous placerons le temple de Yénus sur l'un ou l'autre des deux caps qui embrassent le Port-Yendres, dont le nom dérivé de portus Veneris, ajoute uae singulière force à l'opinion que nous avons cru devoir embrasser. En effet, il est aussi probable que l'on a désigné ce port par le nom de la déesse dont le temple avait été élevé dans le voisinage, qu'il le serait peu qu'on lui eût imposé un pareil nom, si cet édifice avait été construit dans un endroit éloigné de sept k huit lieues.
Pour parvenir aux trophées de Pompée, nous suivrons les mêmes guides qui nous ont conduit vers le promontoire où paraît avoir existé le temple de Yénus. Pline nous
1 On Sê convaincra aisément qoe , par le nom de Tichis, Pline désigne la Fluvia , si l'on fait attention qu'entre Barcelone et les Pyrénées, il ne peot avoir voulu faire mention que des villes et des rivières les plus remarquables ; que parmi ces denûères. les seules qui aient quelque importance sont la Tordère, le Ter et la Fluvia; qu'ayant placé la première sous le nom de Lamum, entre les villes d'Illoro et de Blande (llataro et Blanes) , la seconde sons le Dom û'Alba, entre Blanes et Empurias , il ne lui restait plus que la troisième à pouvoir l»hrcr <om !*• uom de Tichit, entre Em|turia.s et les l'yrén<^*s.