CHAPITRE TROISIÈMS
apprend (liv. 3, c. 5) que Pompée fit élever des trophées sur les Pyrénées. Strabon (liv. 5) les place sur la route d'Italie en Espagne, k l'extrémité des Pyrénées (Append,, n^ 5) , expression qui ne peut signifier que la partie de ces monti^es qui va se terminer à la Méditerranée. Pour fixer avec plus de précision la position des trophées, cet auteur dit(]iv. 4) qu'ils étaient k 65 milles de Narbonne, ajoutant que les géographes n'étaient pas d'accord sur la limite des Gaules et de l'Espagne, que les uns plaçaient au temple de Vénus, et les autres aux trophées de Pompée. Il se déclare pour la première de ces opiniAis. Pomponius Mêla, adoptant la seconde, termine la Gaule k Cervaria, aujourd'hui Cerbéra. C'est donc dans les environs de ce dernier lieu qu'il faut chercher les trophées. Si Mêla n'en fait pas mention, c'est sans doute parce que cet édifice, construit depuis plus de cent ans, exposé a l'air destructif de la mer, et ne pouvant pas être réparé (Plutarque, Questions romaines), tombait déjà en ruines lorsque Pomponius écrivait. Du reste, ce point satisfait parfaitement aux indications données par Strabon : il est situé à l'extrémité des Pyrénées, à environ 63 milles de Narbonne. Cette situation du temple de Vénus et des trophées sur le même passage, k travers les montagnes, qui leur permettaient d'être aperçus de la mer et de la route d'Italie en Espagne, explique fort bien pourquoi l'on avait pris l'un ou l'autre de ces monuments pour y fixer la limite des deux contrées voisines.
Des trophées de Pompée , établis sur la route «d'Italie en Espagne, nous passerons naturellement aux voies romaines qui traversaient le département. Mais comme, pour ne pas s'égarer dans une pareille recherche, il est utile d'avoir toujours présent k l'esprit les principes dont les Romains ne s'écartèrent jamais dans la construction
de leurs cbemins, eiposons-Ies en peu de mots. Ou aurait une fausse idée de leur système Yoyer, si Ton s'imaginait qu'il l'emporte autant sur celui des modernes par la multiplicité et la largeur des routes, qu'il lui est effec^ tivement supérieur par la solidité de leur construction. Un savant très respectable, Bergier, a accrédité ces deux erreurs ; 1<» en comptant dans l'évaluation de la longueur de ces routes, une lieue de France pour deux milles romains, tandis qu'il faut trois * de ces milles pour faire uqe lieue de 25 au degré; ^ en supposant que ces chemins Usaient toujours 60 pieds de largeur. Cette seconde erreur vient de ce qu'il a supposé k chacun des accotements la même largeur qu'à la partie pavée du milieu, tandis qu'ils n'avaient, en effet, que la moitié de cette laideur. De ces deux erreurs , la première est pleinement réfutée par un simple fait : la France et l'Angleterre, réunies, nous offrent aujourd'hui 71.562 kilomètres de grandes routes ; et toutes les voies de l'Empire romain mentionnées dans l'itinéraire d'Antonin , ne forment que 78.598 kilomètres, total qui ne dépasse que de 7.056 kilomètres celui des grandes routes des deux États, qui n'étaient que deux provinces de ce vaste Empire. Quant k la seconde erreur, Rondelet ne croit pas, d'après les mesures qu'il a prises auprès de Rome sur les restes des voies Appienne, Latine, Labicane, Tiburtine, Praenestine, que l'on puisse supposer à ces voies, probablement les plus larges de tout l'Empire, plus de 10 k 12 mètres de laideur. Il n'est point surprenant que les Romains, dont les voitures avaient une voie beaucoup plus étroite que les nôtres, construisissent des routes moins larges que les modernes ;
t En effet , le mille romain avait 8 stades olympiques de 000 pieds grecs de 0"309 , d*ott le stade égale i85- 40 . et le mille 4483- SO. Donc. 3 milles font 4440- . différant seulement de 5" avec notre lieae de S5 au degré. Il y aurait une légère différence si l'on évaluait le mille en pieds rumains de 0* 297, dont il fallait 5000: il en résulterait 1485" pour le mille.