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CHAPITRE QUATRIÈME

aux Pyrénées, donne deux jours de repos à ses troupes; attaque et prend toutes ces places avant qu'elles aient pu recevoir les secours envoyés par le duc Paul. De tous les gouverneurs établis par celui-ci, Vittimir seul réussit à s'échapper et k le rejoindre à Narbonne, qu'il fut chargé de défendre. Paul et Hilderic s'enferment dans Nîmes avec les troupes étrangères. Les forces de Vamba se réunissent autour de Narbonne ; il attaque et emporte d'assaut cette ville, après un combat de trois heures. Vittimir se réfugie dans une église, où il cherche à résister ; mais étant blessé et pris, il est sur le champ battu de verges, ainsi que ses principaux officiers. Les Goths marchent sur Nîmes, et sont repoussés avec une perte considérable dans un premier assaut; mais ayant reçu un renfort, ils attaquent de nouveau , et un combat sanglant les rend maîtres de la place. Paul, Hilderic, les Français, les Allemands, tout tombe au pouvoir de Vamba, qui, à la prière de l'Archevêque de Narbonne, fait grâce de la vie aux deux rebelles. Il congédie honorablement les troupes étrangères, et défait, en se retirant, un Duc français , nommé Loup, qui était venu ravager les environs de Béziers. Après cette expédition, il s'arrête deux jours à Elne, et divise son armée en trois colonnes pour lui faire repasser les Pyrénées, par les vallées de la Tet, du Tech et l'antique voie romaine, comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent. Le récit de cette expédition, écrit par un témoin oculahre, Julien, Archevêque de Tolède, fait mention de plusieurs villes ou châteaux qui existent encore ou dont on voit les ruines : il ne parle point de Ruscino qui, sans doute, ne s'était pas relevé des malheurs éprouvés lors du passage des Vandales. Trois ans après la défaite du comte Paul , Vamba s'occupa de fixer les limites incertaines des divers Diocèses de son royaume. Cette incertitude occasionnait entre les

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Ëvéques des discussions interminables , et d'autant plus iacheuses, que ces Prélats, choisis souvent parmi les nobles Visigoths, n'avaient point dépouillé toute la rudesse originaire de ce peuple. Je ne sais si cette délimitation produisit alors tous les effets qu'en attendait ce bon Roi; mais telle que nous la connaissons, et que je vais la rapporter pour la Septimanie , d'après Duchesne , elle ne parait guère avoir pu mettre un terme aux contestations. Il était naturel de donner ici la composition des Évéchés suffragants de T Archevêché de Narbonne; mais le plus grand nombre des lieux indiqués ci-dessous en latin est tout-à-fait inconnu, etil parait même que la réalité de la délimitation est contestée ' . D'après cette délimitation, les Diocèses d'Eue et de Carcassonne étaient limitrophes ; dans la suite, ils ont été séparés par celui de Narbonne. Nous observerons aussi en passant que le nom de Rocinola, Tune des limites du Diocèse d'Elne, a quelques rapports avec ceux de Ruscino et de Rosciliona, que portent les chartes du ix^ siècle. Dans 6B7. l'intervalle écoulé entre les années 687 et 694, la Septimanie fut désolée par les incursions des Français et par la peste, qui y exerça de si grands ravages, que le roi Egitza, proposant au septième Concile de Tolède un règlement très sévère contre les Juifs, pria l'assemblée d'en excepter ceux de la Septimanie, afin que, par les tributs qu'ils payaient, ils aidassent le Gouvernement, et contribuassent par leur industrie à rétablir la province des malheurs que venaient de lui faire éprouver les deux fléaux de la guerre et de la peste.

1 Narbonœ Metropoli tuhjaceanl hœ Sedes Bitterit hœe teneat de StaUth utque Barcintma, de Macai luque Ribafara Agatha hœc teneai de Nma ueque Biberam, de Galloi usiiue Mirlam UagaUma hœe teneat de fiuta usiiue Rtbogat, de CoêteUo Millia ueque Angoram Hefnauio hœe teneat de Bu%a iMfiM Angoram, de CoBteUo uêque Samtiam Luteba hœe teneat de SanUfia usque Ribaval, de Anger uegue ad montem Ruffïan Carcaetona hœe teneat de monte Buffo utque Angeram, de Angora usque Montana Bina hœe teneat de Angera itêque Rocinolam, de Lateroea usqtu Lamutam.

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