SIXIÈME ÉPOQUE
COMTES HÉRtDnWKliS.— SV3mMKi: W.
VArt de vérifier les Dates nous donne Suniaire II comme le premier Comte héréditaire de Roussillon : son . origine est incertaine, a moins qa'on ne le suppose fils de Miron , dont nous avons parlé dans le chapitre précédent. Cette opinion s'accorde avec le sentiment de Dom Vaissette, qui, regardant Miron comme frère de Vuifredle-Yelu, croit que les maisons de Barcelone et de Roussillon ont une origine commune. Les documents que nous possédons ne nous permettent pas d'affirmer que Suniaire était fils de Miron ; un fait toutefois peut le faire penser. Bencion, fils de Suniaire, possédait la terre de Palatiolo, que Miron avait achetée trente - quatre ans auparavant (Marc. Hisp., art. 45 et 66). Il dit, k la vérité, en donnant ce domaine k l'église d'Elne, qu'il avait appartenu a sa femme Godlane ; mais on sait que , d'après la loi gothique, le mari, sur ses biens propres, constituait k sa femme une dot, dans laquelle il rentrait lorsqu'elle mourait ab intestat. Un plaid, tenu à Portus, nous apprend que Suniaire était Comte d'Âmpurias en 984. On ignore en quelle année il ajouta le Roussillon 884.
100 lilSTOlRE DU ROLSSILLON.
à ce domaine : ce ne fut probablement pas avant la mort (le Miron, survenue eu 895. Il parait que jusqu'à cette époque, le Gonflent et le Vallespir avaient fait partie du Comté de Roussillon. Il est possible qu'ils en aient été séjparés alors; du moins nous voyons dans Bofarull, qu'a 808. la mort de Vuifred-le-Velu , comte de Barcelone, en 898, l'un de ses fils, nommé IVIiron, fut Comte de Cerdagne, et posséda même le Gonflent, qui appartint à ses enfants après sa mort, en 925. Nous ne savons presque rien de ce comte Suniaire, qui pourrait bien être le même qu'un Comte de ce nom, dont le Concile de Jonquières leva, en 909, l'excommunication qu'il avait encourue avec ses fils, leurs épouses et ses vassaux. Il est parlé de lui dans un plaid tenu en Roussillon peu d'années après. Il était déjà mort, à ce qu'il parait, laissant de sa femme Ermengarde, quatre fils, dont deux, Almérade et Vadalde * ftirent successivement Evêques d'Elne; les deux autres, • Bencion et Gauzbert, lui succédèrent dans le Comté de Roussillon, qu'ils possédèrent par indivis.
Bencion , qu'on croit avoir été Comte d'Ampurias du vivant de son père, ne lui sunécut pas long-temps; car il était mort le i^r septembre, dix-huitième année de Charles-le-Simple , jour où l'Évêque d'Elne Almérade, l'appelle « mon frère, le comte Bencion, d'heureuse mémoire. » Nous avons parlé dans l'article précédent du don
1 L'évèque Vadalde et le comte Gauxbert Tout. ximiU in unum, un don à l'éfrlise d'Elne, lant pour eux que pour le repos des âmes du comte Suniaire , de sa femme Ermengarde, du comte Bencion. de lï'V^que Almérade, du vicomte Francon, de sa femme Êirtsinde, et du vicomte Odon. Fail eu commun par l'ËTèque et le Comte, et pour les mêmes personnes, ce don semble indiquer que l'olûel donné était indivis entre les donateurs, et que les déftints pour lesquels il ^tait offert, étaient également chers h Tun et à l'autre, circonstances qui ne p«uvent guère convtnir qu'à deux frères. I»oin Vais^^tte jwnse Ip contraire sans fondement.
CHAPITHE SEPTIÈME. 101
qu'il fit k l'église d'Elne de la terre de Palatiolo : la charte émise à cet effet, est datée du 4 des nones de mars, dix-neuvième année de Gharles-le-Simple ; comme elle doit être antérieure k celle du i^^ septembre, dixhuitième année de Charles , il faut que dans celle-ci l'Évéque compte les années de Charles de l'an 900, tandis que dans l'autre, le Comte les faisait commencer l'an 898,. à la mort d'Eudes (Dom Yaissette observe que Charles ne fut universellement reconnu dans la Septimanie qu'en 900). fiencion n'eut point d'enfants de sa femme Godiane, morte avant lui. C'est sous le règne de ces deux Comtes, au o juin de la dix-huitième année de Charles, que, dans un plaid tenu en Roussillon , on répara une injustice commise par leur père. Il avait enlevé k Yitigius un tènement, qu'on prétendait donné k titre de bénéfice k un certain Tractérius. Recimi, fils du dépossédé, s'en était emparé; le Comte le lui redemandait; il y fut maintenu sur la déclaration des témoins , affirmant qu'ils avaient vu son aieul et son père posséder ce domaine k titre A*adprtsion et non de bénéfice.
Ce Comte se trouva, par la mort de son frère, maître de tous les domaines qu'ils avaient possédé par indivis. Il assista le 1^>' septembre, dix-huitième année de Charlesle-simpie, k la consécration de l'église d'Eine. En 924, d2'i. les Hongrois, après avoir ravagé la Lombardie, franchirent les Alpes, traversèrent le Rhône, pénétrèrent jusqu'aux environs de Toulouse, dévastant le pays, et commettant toute sorte de cruautés. Une épidémie fit périr une partie de cesRarbares, et le Marquis de Gothie, Raymond Pons, ayant assemblé des troupes de tous les côtés, réussit à
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expulser les autres de sa province. C'est, peut-être, par quelque exploit contre ces Hongrois, que Gauzbert mérita le titre de héros triamphani , qu'on lui donnait «dans une inscription gravée sur la porte de l'élise de Saint-Martin d'Ampurias. On ignore l'année de sa mort. On sait qu'en 935 il fit quelques dons an monastère de Saint-Cyr-de- Cttlléra. Il eut de sa femme Tnidegarde un fils nommé Guifred ou Gauzfred, qui lui succéda dans les deux 945. Comtés de Roussillon et d'Ampurias, avant l'an 943^ ou il est parlé de lui dans un diplôme accordé par Louisd'outre-Mer au monastère de Saint-Pierre de Rhodes.
Ce Comte prenait le titre de Comte d'Ampurias , Pierrelate et Roussillon, par la grâce de Dieu. Il esta|^lé duc et ami psur te roi Lothaire, dans une charte d^ 981, où il lui accorde un vaste terrain inculte, entre CoUioure et Banyuls. 11 l'appelle Duc de Roussillon, 'dans une autre charte où, à sa prière, il prend sous sa protection le monastère de Saint-Génis-des-Fontaines. Gauzfred eut d'Ave, morte vers 961, trois fils* : Hugues, Tainé, eut le Comté d'Ampurias , Suniaire fut Évéque d'Elne , Guislabert eut le Comté de Roussillon. Le père mourut avant le 28 février 991 , jour où ses exécuteurs testamentaires délivrèrent a l'église d'Elne les objets qu'il lui avait laissés dans son testament, soit dans le Comté de Pierrelate, soit dans celui de Roussillon.
t 1^ Père Ifarcillo attribue à Gaozrred noe fille nommée Gvixla , mariée vers 10^ , avec (e Comte de Barcelone B^*renger Raymond, dit le Courbé; mais si l'un compare les dates de la mort de l'un, et du mariage de l'antre, on sera porté à croire qne , si cette (loo)te«(&e dtsrcndait de («anzfred , elle êuit plutôt sa petitc<fille que sa flile.