‹ Histoire du RoussillonChapitre 70 sur 241 · CHAPITRE BUITIÈUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE BUITIÈUE

dire 9 pieds et V« i était la mesure de longueur. Si le pied mentionné dans nos anciens documents , est celui des constitutions de Catalogne, qui a été usité dans ce pays , et vaut 0"^ 209.462 de mètre , le dextme serait à peu près 2 mètres 845 millimètres.

Nous ne dirons rien des mœurs et usages des habitants du Roussillon durant cette période , parce que dans les écrits venus à notre connaissance , nous n'avons rien vu qui pût, sous ce rapport, les distinguer des peuples de la Septimaniè et de la Marche d'Espagne; et nous ne devons pas être surpris de trouver les mœurs et les usages peu différents entré les habitants des diverses parties d'une vaste contrée, qui avaient une origine commune. Professant tous depuis plusieurs siècles la religion catholique, régis par les mêmes lois, soumis à l'influence d'un climat semblable, ayant éprouvé les mêmes révolutions politiques, comment auraientrils pu offrir de grandes différences dans leurs habitudes et dans leur caractère? D'ailleurs, les sources où nous avons puisé des renseignements et les documents que nous avons consultés sooft trop arides, trop décousus, trop dénués de détail, po|u* nous permettre de traiter convenablement un sujet aussi important.

Les églises de plusieurs monastères, celle du vieux Saint-Jean, la cathédrale d'Ëbie, construites ou réparées sous le règne de nos Comtes, montrent que l'architecture grandiose et élégante était souvent ornée de flnes sculptures.

Mais c'est surtout l'art des irrigations qu'on y cultiva avec le plus de succès. Avant le xv® siècle, l'irrigation n'était pratiquée que sur des terrains de peu d'étendue, soit en Catalogne, soit dans le Midi de la France, tandis qu'en 1300 le Roussillon offrait déjà presqu 'autant de terres arrosées qu'on en voit aujourd'hui, ou elles occupent

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b viiigl*troiftième partie de la sarface totale , et la huitième, si on en distrait les vignes , les bois, lesolirets, les terres d'aDuvion, enfin toat ce qni n'est pas suscqptiUe de culture ou n'a pas besoin d'arrosage. C'est on objet de si haute importance, qu'on nous pardonnera de nous livrer, pour le prouver, k une difoussion approfondie sur l'origine et le progrès de cette branche de la science agricole dans le département des Pyrénées-Orientales. On ne peut se défendre d'un étonnement bien naturel, en voyant une pratique si utile généralement établie dans un petit pays, entouré de contrées où elle est k peine usitée. On doit nécessairement se iaire cette question : Quand et comment cette industrie a-t-elle pénétré dans cette terre privilégiée? Pourquoi n'en a-t-elle pas dépassé les limites? Tâchons de découvrir dans les écrits des anciens, dans les chartes que nous pouvons consulter, dans les mémoires modernes, enfin dans la pratique même des irrigations, les renseignements qui nous permettront d'assigner l'époque probable de la construction de nos grands canaux pour l'arrosage des terres ; car il ne saurait être question de remonter aux premiers essais, pour conduire sur un champ l'eau d'une source, ou de la dérivation d'une rivière. Ces éléments informes précèdent de bien loin l'art des irrigations. Ds ne supposent point un degré de civilisation supérieur k celui où étaient parvenus les Gaulois, lorsqu'ils ftirent soumis par les Romains. (Append., n^ 7.) Dans les climats où les chaleurs sont excessives et les pluies fort rares, il faut nécessairement, pour rendre les terres productives, leur restituer l'humidité dont elles sont totalement privées. Aussi , vit-on , dès les premiers temps, l'irrigation usitée dans les contrées méridionales parcourues par le Nil, le Tigre et TEuphrate. Alors, comme aujourd'hui en Egypte, on s'attachait moins à

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