‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 144 sur 282 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

que, par suite de leurs relations amicales, Charles envoya, en 1428, de Bourges à Valence, où se trouvait Alphonse, des musiciens que celui-ci lui avait demandés. La bonne intelligence qui régnait entre les deux Souverains, ne mit pas toujours les frontières des deux États a l'abri des incursions de quelques troupes de maraudeurs. En 1438, - 4458. le Bâtard de Bourbon , chef de plusieurs bandes de Routiers, qui, n'étant point payés, vivaient à discrétion dans le Languedoc, essaya de surprendre le château de Salses; mais il échoua, et n'ayant pas mieux réussi dans une escalade tentée sur un autre petit fort, ces pillards rentrèrent en France. Comme ils menaçaient de revenir au printemps suivant, on fit de grands préparatifs pour les bien recevoir, non-seulement en Roussillon, mais encore dans toute la Catalogne.

L'an 1440, la galère de Perpignan fut envoyée au secours de l'ile de Rhodes, menacée par le Soudan d'Egypte.

Etant entrée dans le port de la capitale avant le 25 septembre, jour de l'apparition de la flotte égyptienne, elle fit partie de celle qui, sous le commandement du grand Maréchal de l'Ordre, attaqua et défit les Infidèles dans un combat où ils perdirent sept cents hommes, et les Chrétiens seulement soixante. Ce fait nous est révélé par un acte du 25 novembre 1440, où deux ou trois marins de l'équipage de cette galère constituent un procureur, pour réclamer ce qui leur est dû de leur solde , et leur part des sommes données par le Grand-Maître. Quoique la paix existât entre la France et l'Aragon, les frontières, des deux pays étaient désolées gar les incursions des gens de guerre. On avait eherché, dès 1450, à mettre un terme à ces désordres. Enfin, les plénipotentiaires des deux puissances, convinrent, à Montpellier, en 1454, que, pour indemniser les particuliers des deux pays victimes de ces

hostilités, on imposerait, pendant trente-et-un ans et deux mois, un droit de cinq deniers par livre, sur toutes les marchandises passant d'un JÉtat à l'autre : ce droit fut affermé , le 20 septembre de cette année , a rinquantetrois mille livres ^barcelonaises.

4455. Le 29 mai 1455, la ville de Constantinople fat prise

d'assaut par Mahomet, après un siège de cinquante jours. A cette époque, la Catalogne, dont le Roussillon faisait partie, envoyait des aventuriers intrépides partout où il y avait des périls à affronter, de la gloire à acquérir. On comptait environ quinze cents guerriers de ces pays, parmi les quatre mille soldats latins qui , seuls de tous les Chrétiens occidentaux , contribuèrent à la défense de cette capitale. Dans les premières années du règne d'Alphonse V, 0 s'était formé, à Perpignan, une association entre un maitre-ès-arts , un bachelier et un étudiant, pour créer une école, où l'on enseignerait la grammaire, la logique et la philosophie. Vers la même époque, le 4 décembre 1427, on attacha un canonicat et une prébende à la chaire de philosophie, nouvellement fondée dans l'église Saint-Jean. Pour obtenir cette chaire, il fallait être maitre-ès-arts et bachelier en théologie. Celui qui en était pourvu, était dispensé de la résidence , mais ne pouvait s'absenter de la ville que pendant deux mois d'été; et outre le professorat, il était tenu k donner trente sermons par ah. Ce qui est très curieux, il devait, les jours de fête, donner des leçons de lecture aux Chanoines, aux Bénéficiers et à un domestique tonsuré de chacun de ces Ecclésiastiques.

u;>8. On apprit h Perpignan, le 14 juillet 1458, la mort

d'Alphonse, arrivée à Naples le 28 juin précédent. Son frère, Jean II, lui succéda. L'obstination de ce prince à garder la Couronne de Navarre, appartenant a son fils I). Carlos, Prince de Viane, poussa celui-ci à des révoltes

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