‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 149 sur 282 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

uns de ces malheureux dans les actes, ferait croire qu'ils étaient les victimes des hasards de la guerre ; mais on ne peut douter que le commerce avec le Levant n'en fournît le plus grand nombre. On en voit de toutes couleurs : noirs, blancs, olivâtres; de toutes nations: Sarrasins, Maures , Turcs , Circassiens , Tartares , Égyptiens , et jusqu'à des Russes. Ils appartenaient à des personnes de toutes les classes : prêtres» nobles, marchands, artisans. Dans l'inventaire des biens d'un marchand, on trouve six esclaves, dont quatre femmes jeune& et blanches. On les vendait au marché comme du bétail ; et lorsqu'on les y conduisait, on payait un droit aux leudes : le plus souvent on les vendait par acte devant notaire. On trouve une multitude de ces actes de vente, d'échange et d'affranchissement d'esclaves. Dans le cas de certaines maladies cachées, le vendeur était tenu de les reprendre et de rembourser le prix , qui ne dépassait guère le tiers de celui d'une mule. Quelques affranchissements, dictés par la charité chrétienne , étaient gratuits. Le plus souvent, on obligeait le nouvel affranchi à payer une certaine somme dans un délai fixé, ou à servir quelques années, moyennant l'habillement, la nourriture et même des gages. Nous soupçonnons que les actes de cette dernière espèce avaient lieu pour ramener l'esclave en fuite, par l'espérance de recouvrer sa liberté. Du moins, l'administration générale de la Catalogne, représentée en Roussillon par le Député local, avait recours à cet expédient, lorsque l'esclave qu'elle avait garanti sous une estimation convenue, prenait la fuite, et qu'après avoir payé cette estimation au maître, elle succédait a tous ses droits sur le fugitif. Cette méthode de faire assurer les esclaves par l'administration générale, dont on ne trouve aucune trace dans les constitutions de Catalogne, parait avoir été parti-

colière an Roussillon. La situation de cette province la frontière de France , rendait la fuite des esclaves plus facile, et l'administration générale , dont les employés gardaient tous les passages d'un royaume à l'autre, pov y percevoir les droits d'entrée et de sortie, pouvait seule apporter quelque obstacle à leur évasion.

Cette administration, appelée lo General, que nous ferons connaître plus particulièrement lorsque nous parlerons du gouvernement de la Catalogne, était une émanation de la représentation nationale de cette province. Elle était chargée de surveiller la rentrée de toutes les impositions, soit qu'elles fussent établies pour les besoins particuliers de la province, soit que les Cortés les eussent accordées momentanément au Roi, pour subvenir au dépenses générales du Royaume. Le Souverain n'ayant d'autres ressources financières que ces subsides, les revenus de ses domaines , les profits sur les monnaies, quelques amendes ' , et autres droits provenant de rétablissement féodal, n'était pas assez riche pour entretenir constamment de nombreuses troupes régulières. Aussi , lorsque la guerre intéressait particulièrement le Roussillon, surtout s'il était menacé d'une invasion, tous les Roussillonnais étaient soldats : la Noblesse montait i cheval; ses châteaux forts étaient à la disposition do Souverain; les villes levaient des compagnies, tant pou leur défense propre, que pour les envoyer où besoin serait. Le Roi nommait dans les villages, parmi les Gentilshommes, des Capitaines qui examinaient, de concert avec les habitants, si les forts existants pouvaient être mis en état de défense. Dans ce cas, ils prenaient les

I Kn 1365, U fonde de Collionre seule éUit affermée 1.750 livre* de Un ptr a*. Ei 1370 , toutes les leudftsdu Roussillon étaient affermées 4.769 livres, 10 sols de lira. E* 1 iM . on aflermait 110 livres les droits sur le minerai d« fer exporté eii Frasée.

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