CHAPITRE QUATORZIÈME
on, à Perpignan, le 1er décembre 1477, une assemblée des tisserands en draps, qu'y n'y figurent plus qu'au nombre de cent douze , ayant pour objet de procurer de l'ouvrage aux plus malheureux, et de trouver le moyen de subvenir aux charges d'une corporation , naguère si riche et si nombreuse. Plusieurs ouvriers, sans doute, avaient renoncé à leur profession ; d'autres avaient passé dans les pays étrangers * ; et c'est probablement au moyen de ces réfugiés que Ferdinand d'Aragon , roi de Naples , parvint, vers cette époque, à établir des manufactures de lainage dans sa capitale, avec laquelle Perpignan, malgré les malheurs de ce temps, conserva toujours quelques relations de commerce. La décadence de son industrie ne fut pas le seul désastre éprouvé par le Roussillon durant l'occupation française : pour en avoir une idée exacte, joignons , au résumé des faits cités par des historiens français, quelques détails dont la vérité nous est garantie par des documents conservés encore dans nos archives.
Les Comtés, ainsi que la Catalogne, étaient divisés en deux partis : celui du roi Jean et celui de la ville de Barcelone. On n'avait donc pris aucune détermination générale , soit pour se soumettre , soit pour résister ai Comte de Foix, qui se présentait, en même tenpt. comme Lieutenant-Général du Roi de France et dfl 1U: d'Aragon : c'est du moins, en cette dernière qualité, le 13 ou le 14 juillet, il envoyait de Rivesaltet, « £
i Dans an projet de règlement pour la corporation des tiueuri de rlanation adressée as vice-roi Bonfile , on trouve la preuve qu'un ouvriers , pour se sonstraire aux impôts , au emprunts , an servi» corporation , l'avaient quittée on s'étaient retirés à Florence et t» fi apporté l'art de fabriquer les cadis qui n'y était pas cous. G* art fc cette ville , que les Florentins, qui auparavant recevaiestf Et de ce genre , en interdirent l'entrée dans leur pays.
trouvait alors, un commissaire pour faire prêter an nouveau serment d'obéissance au Roi d'Aragon par les habitants d'Estagel. Nous avons vu que l'armée française arriva jusqu'au Bolo sans avoir trouvé de résistance sérieuse, et qu'elle signala son passage parle pillage et l'incendie. Noos avons vu , qu'après la prise de Perpignan , le 8 janvier 1465, une commission, à la tête de laquelle était le premier président de Toulouse , prononça les peines du bannissement, de la confiscation des biens, ou au moins de fortes amendes, contre une foule de citoyens de cette ville, dont tout le crime était de s'être défendus pendant quelques mois. Perpignan une fois soumis, les Français n'avaient pas un seul ennemi en armes dans la plaine du Roussillon; et cependant nos archives nous montrent, en 1465 et 1464, un grand nombre de prisonniers faits par eux et délivrés moyennant de fortes rançons. Comme on voit quelquefois ces rançons extorquées par des menaces de mort, et qu'en même temps on trouve des actes où des particuliers aisés disent ne pas s'être rendus & tel ou tel endroit de peur de tomber entre les mains des gens de guerre, ces prétendus prisonniers n'étaient souvent que des propriétaires forcés par leurs affaires à se mettre en route, et ayant eu le malheur de rencontrer des gens de guerre. Les chefs fermaient les yeux, et, d'ailleurs, leur conduite n'était guère meilleure ; nous nous bornerons a citer le fait suivant : Un commandant de Salses, qui n'occupait ce poste que depuis vingt mois, sachant qull devait bientôt rentrer en France, et voulant récompenser les services que lui avaient rendus deux de ses amis, leur fit don des biens meubles qu'il y possédait, parmi lesquels figuraient « soixante-cinq juments, magnasetym- «sas, avec leur produit, poulains ou mulets, et quatorze « herufs et vaches, avec six veaux gras. » Nous av«»n>