CHAPITRE QUINZIÈME
eux, probablement foute d'être payés ; car les gouverneurs des forteresses ne recevaient point leur traitement, et ces places manquaient de tout ce qui était nécessaire à leur défense. Ces détails sont extraits des instructions données au Député envoyé en 1516 par la ville de Barcelone à son nouveau Souverain. Ces instructions nous oflrçnt quelques renseignement» sur le gouvernement f tl -administration de la Catalogne et des Comté*, que nous aurions fait connaître, si nous n'avions jugé pkis convenable de nous en servir, ainsi que de plusieurs autres documents, tant imprimés que manuscrits, pour donner, ici, k nos lecteurs un ensemble aussi complet qu'il nous a été possible des institutions politiques qui, pendant plusieurs siècles, furent en vigueur dans ces provinces.
Les Comtes de Barcelone, devenus héréditaires, ne tardèrent pas a convoquer, dans le lieu de leur résidence, une Assemblée composée des Évéques, des Prélats, des Magnats, des Barons de leurs États, qui, sous le nom de Curia, Cort ou Parlement, avait quelque part a la législation et au gouvernement du pays* C'est dans une réunion de ce genre , que tarent promulgués les usages de Barcelone, premier Code national, composé de 1 74 articles. Pénétrés de la maxime que les peuples ne doivent payer que les impôts consentis par eux, les Comtes de Barcelone regardaient ces Assemblées comme indispensables à leur gouvernement : aussi voit-on Raymond Bérenger III , à peine établi dans le Comté de Gerdagne, convoquer, le 2 des nones d'avril 1118, l'Évêque d'Elne, les Magnats et les Chevaliers du pays, pour faire, de concert avec eux, des ordonnances de police et de finances. Les nouvelles acquisitions de ces Comtes s'amalgamant peu a peu avec leurs anciennes possessions, la Cort des Comtes de Barcelone devint unique et générale pour tous les États, et
continua d'exister sous la même forme jusqu'au règne de Jacques-le-Gonquérant. Nous avons vu que le Pape, ayant ordonné à Simon de Montfort de rendre aux Aragonare leur jeune Roi , les Grands , les Nobles , dix députés de chaque ville , furent recevoir à Narbonne l'enfant royal, et le conduisirent à Lérida, où tous lui prêtèrent serment de fidélité. La puissance des villes se révéla dans celle circonstance; et le zèle qu'elles y démontrèrent fit sans doute qu'on crut ne pouvoir se dispenser d'appeler aux Cortés ultérieures une partie aussi importante de la nation. On croit généralement que leurs Syndics assistèrent pour la première fois aux Cortés de Tarragone en 1218. Depuis lors, ces Assemblées se trouvèrent composées de trois Brox ou États : Le Bras ecclésiastique, où assistaient en persoase les Évéqucs, les Abbés, les Commandeurs de Malte, et, par députés, les Chapitres et les Ordres religieux, était présidé par l'Archevêque de Tarragone. Dans le Brou miUlaire,\& Magnats, les Barons, les Seigneurs de terre ayant justice, assistaient en personne; les Chevaliers et Gentilshommes y envoyaient, par chaque Viguerie, un député, auquel ils assuraient une indemnité : il était présidé par le Duc de Cardone; les Syndics envoyés par les trente-quatre villes formaient, sous la présidence du Syndic de Barcelone, le liras royal. Ces Cortés furent d'abord tenues tous les ans, ou, du moins, toutes les fois qu'on les croyait nécessaires : elles devinrent triennales en 1301 ; dans la suite , on les tint a des époques plus éloignées. Elles devaient toujours être convoquées par le Roi , et ouvertes par le Souverain en personne. (Si elles l'ont été quelque-
fois par la Heine, comme Lieutenante-Générale, les Etat» ont prolesté pour que cela ne tirât pas à conséquence. l Chaque membre des Cortés devait être prévenu du jour H <l>i lieu où se réunirait l'Assemblée, deux on au moins