CHAPITRE QUINZIÈME
Roi par les Cortés, pour subvenir aux besoins généraux de l'État. Elle nommait, dans chaque Viguerie, un membre des Cortés pour l'aider dans ses divers travaux. Elle pouvait le prendre dans l'un des trois Bras à son gré. Ce député local restait en place trois ans, pendant lesquels il ne pouvait prendre part k la ferme des impôts ; mais il recevait des appointements: déterminés par la Députation, qui nommait aussi tous les employés subalternes, et fixait leur salaire. Les . auditeurs devaient avoir avec eux un commis, habile dans la comptabilité., pour les aider k recevoir les comptes des députés locaux et ceux de la Députation dont les pouvoirs expiraient. Nul compte ne pouvait être considéré comme réglé et reçu, que lorsqu'il avait été examiné et approuvé par chacun des trois auditeurs. Le RoussUlon et la Gerdagne ayant été irrévocablement unis k la Catalogue en 1344, commencèrent seulement alors k avoir . des députés aux Cortés de cette province. Perpignan, Salses, Argelès, Collioure, le Bolo, Tiroir, Pratsde-MoUd, Yillefranche, étaient les seules villes royales du Roussillon, et partant les seules qui eussent le droit d'envoyer leurs Syndics aux Cortés. Les Rois d'Aragon, avant l'union de ce Royaume à celui de Caftille, gouvernaient la Catalogne par eux-mêmes, ou nommaient un Lieutenant- Général pour les remplacer en leur absence. Cette place n'était guère confiée qu'à la Reine, k l'héritier présomptif, ou tout au moius k un Prince du sang. Le titulaire était investi de tous les pouvoirs royaux, et nommait k tous les emplois. Dans la suite, ce gouvernement fut confié k un Vice-Roi, ou même k un Capitaine-Général, dont les pouvoirs étaient bien moins étendus. Le Lieutenant- Général , Vice-Roi ou Capitaine-Général , avait sous lui deux Lieutenants (Portant-Veus), indépendants l'un de l'autre, dont l'un avait le gouvernement particulier de la
Principauté de Catalogne; l'autorité du second s'étendait sur les deux Comtés de Roussillon et de Cerdagne. Ces Portant- Veus avaient sous eux des officiers appelés Viguiers. On comptait quatre Vigueries dans les Comtés: 1° celle du Roussillon et du Vallespir, comprenant les deux premiers arrondissements actuels, moins le canton de Saint-Paul et la majeure partie de celui de La tour: son chef-lieu était Perpignan ; 2° celle du Confient et do Capcir, composée du troisième arrondissement, moins les cantons de Saillagouse et de Sournia : Villefranche en étah le chef-lieu. Les deux autres, formées par la Cerdagne et la vallée de Ribas, avaient pour chefs-lieux Puycerda et Ribas.
Le Portant-Veus des Comtés résidait à Perpignan; étah gouverneur du château de cette ville, et commandait, à ce titre, toutes les troupes stationnées dans son ressort. Il présidait un tribunal de sept membres, gradués en droit, où venaient aboutir, par appel , toutes les causes jugées en première instance par les Viguiers ou les Baillis assistés de leur assesseur. Il y avait, en outre, un Procureur- Général chargé de l'administration du domaine et des revenus particulier i du Roi. 11 présidait la Chambre ds patrimoine , tribunal composé d'un assesseur , d'un avocat et d'un Procureur-fiscal , auquel , dans les affaires importantes , il adjoignait quatre jurisconsultes pour prendre leur avis. On y jugeait, tant au civil qu'au criminel, toutes les affaires concernant le domaine, les eaux et forêts, les amortissement», la voirie. Le Partant' Vchs parcourait quelquefois les Comtés pour examiner la conduite de ses subalternes , et réformer les abus. H rendait compte de son administration an Roi lui-même. s'il se trouvait dans la province, ou à son Lieutenani- (inicral. Celui-ci recevait et examinait les plaintes qu'on