‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 182 sur 282 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

n'étaient point faits, elles Turent, au moins en partie, entretenues aux dépens du pays. Lorsqu'on liquida ces fournitures, en mai 1526, le Gouvernement se trouva devoir, à des communes ou k des particuliers, plus de 14.000 ducats, qu'on solda en bons payables sur les premiers fonds qu'accorderaient les Cortés de Catalogne. Si les Français avaient songé à entrer en Roussillon, l'arrivée de ces Allemands les fit changer de projet, Dans le mois de novembre 1524, ils pénétrèrent en Aragon par la vallée d'Aran; mais ils furent obligés de rentrer en France, n'étant pas assez forts pour se maintenir au-delà des Pyrénées. Les habitants de la frontière étaient singulièrement inquiétés par les coureurs français. Un acte du 18 juillet 1524 nous apprend, qu'à raison de ces incursions, le village de Réglelle fut abandonné par sa population, qui se retira à Ille. La paix conclue peu d'années après, entre François Ier et Charles-Quint, vint mettre un terme à ce fâcheux état de choses : mais elle fut de courte durée; car nous voyons, par des actes de 1557, qu'à cette époque, on ne trouvait pas de fermiers k Millas, dont le territoire était fort exposé au pillage des habitants du pays de Fenouillet, qui, soutenus par quelques soldats français, poussaient leurs excursions jusque dans le Confient. Louis de Béaumont, capitaine-général des Comtés, ayant reçu l'ordre de châtier ces maraudeurs, assembla un corps de huit à neuf mille hommes, formé de vingt-quatre enseignes d'infanterie espagnole ou roussillonnaise, de deux cents hommes d'armes et huit pièces de canon, auxquels s'étaient joints cinquante-cinq gentilshommes k cheval du pays, deux cent cinquante hommes de milice bourgeoise de Perpignan, commandés par le troisième Consul, qui, pendant cette expédition , portait pour marque distinctive un petit chaperon écarlate. Arrivés à

Estagel , de Beaumont y établit son camp, et envoie plusieurs détachements faire du dégât dans le pays ennemi, et brûler Sournia , Saint-Paul, Paziols et Tuchan : ils ne trouvèrent de résistance nulle part. Cette expédition, commencée le 17 septembre 1557, ne durai que dix jour»; et là se bornèrent les exploits d'un corps qu'on aurait pa employer d'une manière moins barbare et plus utile. Le 6 novembre suivant, on convint d'une trêve de trois mois, et d'envoyer des plénipotentiaires k Leucate pour travailler k la paix. Ils s'assemblèrent aux cabanes de Fitou ; mais il ne résulta de leurs conférences qu'une prolongation de trêve jusqu'au 15 juin 1558.

Pendant cette trêve, Charles-Quint vint à Perpignan. 4558. Arrivé dans cette ville le 17 février 1558 , il visita plusieurs fois les travaux de fortification qu'on exécutait alors auprès de la porte de Canet et vers le Castillet ; il alla inspecter les forteresses de Salses et d'Elne , et repartit le 24 di même mois pour aller coucher k Palalda. Les Perpignanais crurent devoir faire k l'Empereur une réception plus solennelle qu'aux Rois ses prédécesseurs : le Clergé alla' au devant de lui en procession k la porte Saint-Martin, pour le conduire k Saint-Jean; il se rendit de là an château, où il logea. Il y eut de grandes réjouissances dans la ville pendant son séjour : la Noblesse donna, en son honneur, sur la place du Puy , des joutes auxquelles l'Empereur voulut bien assister. Si nous pouvions compter sur l'exactitude d'un manuscrit tombé par hasard dans nos mains, les bastions de Saint-François et de Saint-Martia étaient déjà construits lors de la visite de Charles-Quint; d'où Ton devrait conclure qu'on adopta, pour Perpignan. le système de fortification inventé, en 1533, par San- Miicheli , peu d'années après qu'il l'eut appliqué pourb première fois k Vérone.

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