CHAPITRE SEIZIEME
Un acte très important, l'arrêt du Conseil d'État du 13 *12i>mars 1725, réglemente l'usage des eaux du ruisseau de las Canals, qui prend sa source au-dessus d'ille. Concédé en toute propriété k la ville de Perpignan , par lettres-patentes de Charles VIII, ce ruisseau est le plus considérable de tous ceux qui servent à l'arrosage dans le Roussillon. Sa longueur est de 28.872 mètres; sa pente de 0m0031 par mètre : la dimension en largeur, devait être de quatre mètres; mais, sur plusieurs points, on l'a réduite par des empiétements, ou même, ce qu'on a peine k comprendre, par des constructions en maçonnerie.
Exécution d'une digue de 1.100 mètres en amont, et De 1721 à 400 en aval , du pont dit de la Pierre, k Perpignan , pour *726 contenir les eaux de la Tet, qui, k la moindre crue, se déversaient vers le nord, et causaient des dommages incalculables aux terres de la vaste plaine , entre cette rivière et l'Agly : on lui donna vingt mètres d'épaisseur, 2m66 d'élévation, avec un talus au double du côté des terres. Construite sous l'intendance de M. Orry, elle eu prit le nom.
L'intendant qui lui succéda, Baùyn de Jallais, forma, 472a. ii l'entrée de la route de Prades, une promenade plantée d'ormeaux , la seule dont la ville de Perpignan ait joui pendant longues années.
Il fit, aussi, combler la partie de l'ancien canal royal, 4754. qui occupait le milieu de la rue des Cordeliers (maintenant Saint-Martin). Ses accotements étaient plantés d'orangers.
Ordonnance du 10 novembre, qui organise régulière- 4755. ment le corps des somatens, ou milices préposées k la garde des places fortes. Leur création remontait an xve siècle : elles étaient payées par l'extraordinaire des guerres. La totalité du corps fut portée k 2.960 hommes, répartis de la manière suivante :
392 HISTOIRE DU ROUSSILLOlf.
Pour la ville de Perpignan 1.000 hommes.
Pour la Citadelle 390
Pour Collioure 520
Pour Bellegarde 390
Pour le fort des Bains 80
Pour Prats-de-Mollé 400
Pour Villefranche 200
Pour Mont-Louis 320
Total. « . 2*960 hommes.
1737. Forte crue de la Tet, qui enlève une arche du pont
des Eaux-Vives et deux du pont de Pierre, à Perpignan; ces arches ne furent rétablies qu'en 1742.
4744. Levée de deux bataillons de fusiliers des montagnes,
(les Miquelets) à l'instar de ceux qui avaient fait » service semblable dans les guerres de succession , et ea remontant plus haut, au xive siècle, sous le nom d'Almo» gavares. Armement et habillement, tout-à-fait propres 1 l'agilité qu'exigeait leur destination : chaussure en sparterie et le bonnet catalan; point de tentes, coucher tov* jours au bivouac. Ce corps, aux ordres d'un Maréchal de Camp roussillonnais, fut d'abord commandé par le Baron d'Ortaffa, et dans la campagne de Mahon, où il se distingua , par le Comte de Saint-Marsal.
4747, Le Comte de Mailly est nommé au commandement en
chef du Roussillon. Son administration a fait époque dans ses annales. Il y trouva toutes les branches du service fort négligées ; mais, en peu de temps, il rétablit Tordre. Il serait trop long d'énumérer tout ce qu'il a créé os améliore à Perpignan : la restauration de l'Université, la fondation d'une École-Militaire, de l'Hospice des Repenties, de l'École des Enseignantes, et l'augmentation deb Ribliotlirquc ; on lui doit de plus le rétablissement de Port*