CHAPITRE TROISIÈME
Une conjecture assez naturelle nous donnerait l'étymologie du nom ùe Stabulum, que porte la cinquième station. Lors de la construction du Castrum Helenœ, la population d'Illibéris dut s'y porter. L'ancien bourg, réduit a quelques hôtelleries, conserva la station, qu'on ne plaçait jamais dans un lieu fermé, et elle aura pris avec le temps le nom de Stabulum, des édifices où elle était établie.
Cette hypothèse d'une seule voie romaine traversant le Roussillon sans s'éloigner de la mer, je ne l'ai adoptée qu'après avoir fait de vains efforts pour placer les trois routes décrites dans Yltiinéraire ou la Table de Peutinger, ou simplement deux de ces voies. Elle s'accorde mieux avec le système vôyer des Romains. La direction que j'ai donnée à cette route, est la seule qui soit indiquée par les auteurs, par les faits historiques, par les traditions locales, par les actes anciens, par une suite d'inscriptions. Enfin, c'est sur cette route, ou dans son voisinage, que l'on trouve tous les lieux, tels que Salsulis, Ruscino, IUiberis, Helena, Caucoliberis , Templum Veneris, Cervaria, les trophées de Pompée, mentionnés dans les historiens ou les géographes de l'antiquité.
Nous sommes loin de prétendre qu'il n'y eût pas dans nos montagnes d'autres passages praticables, même pour les charrettes romaines : leurs voies ne dépassant guère trois pieds, elles pouvaient suivre des chemins qui n'avaient que huit pieds de largeur; mais sur ces routes de traverse on n'établissait ni mulationcs ni mansiones, et les itinéraires n'en ont jamais fait mention. On les appelait simplement viœ, sans joindre à ce nom, comme à celui des grandes routes, l'épithète de militares, ou toute autre dérivée du nom propre ou de la dignité du personnage qui les avait fait construire.
Nous avons négligé deux sites, dont le nom muMumcs
parait avoir le plus grand rapport avec une voie romaine. Notre motif a été, qu'éloignés de la direction de la route; n'étant mentionnés ni par les itinéraires ni par aucun auteur ancien, le nom latin sous lequel on les désigne pour la première fois dans des chartes écrites cinq ou six siècles après la chute de l'Empire d'Occident, pourrait bien être une transformation bizarre de celui qu'ils portaient dans la langue vulgaire de ce temps. Nous en donnerons un exemple en citant le nom de Canamals, qu'on a rendu en latin par Canibus malts, et celui de Custodia, par lequel, dans les chartes du onzième siècle, on a désigné un village du second arrondissement, connu auparavant, comme il l'est encore aujourd'hui, sous le nom de Costuja '.
On s'étonnera peut-être de ne trouver aucune trace de pont sur les points où notre voie traversait la Tet et le Tech. Ces ponts peuvent avoir été faits en bois, genre de construction usité chez les Romains, et, de nos jours encore, dans les pays couverts de forêts, comme l'était alors le nôtre. D'ailleurs, auraient-ils été construits en maçonnerie, soumis, comme les autres édifices, à toutes les causes de destruction qui ont fait disparaître dans ces mêmes lieux des villes entières; exposés de plus aux dégradations occasionnées par les torrents impétueux sur lesquels ils étaient établis, ces ponts n'ont pu se soustraire a la ruine générale du pays, et leurs débris sont probablement cachés sous les sables et les terres qui ont si fort exhaussé le lit de nos rivières et les plaines environnantes. On demandera sans doute quand et pourquoi
I <> nom avait fait soupçonner avec raison a un savant moderne , qu'il pouvait y avoir es
•lans ce li**a un pottt militaire romain, d'où lui serait venu le nom de Cuêtoéia. Mais si l'oa
confère rntr'eux les articles 13$, 139, 112 et 401 du Marca llispanica, on se convaincra
liieiitut que le nom primitif était Costuja, transformé pour la première fois en celni ùt
i:nxt(»h« pjr le pape <*:rz*. IV , «|an> uuc bulle de 1011 .