‹ Histoire du royaume de QuitoChapitre 12 sur 29 · L'empereur reconnut que la discorde · texte numérisé non relu

L'empereur reconnut que la discorde

venait uniquement, de l'ambition démesurée du gouverneur Pizarro, et que le mal augmentait au point de menacer le Pérou d'une révolte générale si on n'y portait un remède prompt et efficace. Mais , considérant plutôt les succès que Pizarro avait obtenus^ que les excès dans lesquels il était tombé , il crut plus prudent d'envoyer dans ce pays une personne capable d'apaiser les troubles. Il choisit le cardinal Loaisa^ président du conseil des Indes y et le licencié Cristoval Vaca de Castro. Celui-ci était un homme plein de talent et de sagacité , et il avait toutes les qualités nécessaires pour remplir une mission aussi importante.

5. L'empereur le nomma membre de son conseil et chevalier de l'ordre de Saint-Ja6ques; il lui donna toutes les instructions nécessaires et des pleins-pouvoirs pour se faire reconnaître gouverneur du Pérou, dans le cas où Pizarro serait mort; mais, s'il le trouvait encore vivant, il devait lui laisser son

emploi et ne prendre que Ja qualité de juge royal , jusqu'à ce que tout fût pacifié. Malgré les ménagements que l'empereur eutdans<;ette occasion pour Francisco Pizarro ^ dès que son frère Fernando fut arrivé à Valladolid, où il avait fait son entrée avec une suite nombreuse et brillante^ il fut arrêté et conduit dans une forteresse de Médina del Campo , où il resta prisonnier plus de vingt ans.

Tandis que Vaca de Castro se prépare à partir, et fait une longue et pénible traversée, il est bon de jeter de nouveau les yeux sur les entreprises des gouverneurs de Quito et de Popayan.

6. A son retour, au commencement de 1 539, Belalcazar regarda Quito comme ne lui appartenant plus, et, sans craindre la disgrâce de Gonzalo , il en tira cent cinquante personnes qui lui étaient dévouées, et dont la plupart avaient leurs familles avec elles. Il abandonna la première fondation de Madrigal , qu'il avait faite chez les Pastos, pour la transporter plus

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au nord , dans la grande et belle vallée d'Atris; il laissa dans cet endroit le capitaine Lorenzo de Aldana avec presque tous les gens qu'il avait retirés de Quito , et ceux qui habitaient auparavant la ville de Madrigal. Aldana^ ayant fini de soumettre les Isancales , les Fauganes^ les Zaquampues et les Chonos^ fonda la ville, et lui donna le nom de San-Juan de Pastos; elle est située à 1"* 12' de lat. nord^ et à 1 ° 31' de long, est de Quito.

7. Eu arrivant à Popayan il résolut d'en faire sa principale résidence, et lui donna le titre de capitale du gouvernement , parce qu'elle lui parut réunir plus d'avantages que celle de Gali ; il s'occupa ensuite de Vasiento de mines , et de la ville de San-Sebastian de la Plata , où il donna plusieurs ordres importants , et établit un très-grand nombre de &milles. De là il se dirigea vers le nord, en suivant le cours de la Magdeleine jusqu'à l'embouchure de la rivière Nare, qui s'y jettp sur le coté occidental à 6"" de lat. Il la remonta

pour reconnaître les pays qui se trouvent entre le Cauca et la Magdeleine , sans éprouver aucun obstacle de la part des tribus indiennes. Voyant que l'or était commun parmi elles y il fonda y un peu plus au sud que la source du Nare , la ville de Placencia , qui exista peu de temps y parce qu'on en construisit de plus importantes dans les environs. 8. Belalcazar apprit , dans cet endroit, que sur les bords du Cauca , mais un peu plus au nord , on avait vu des conquérants européens. Surpris de cette nouvelle et ne pouvant s'expliquer qui ils étaient et par où ils étaient venus , il envoya deux Espagnols accompagnés des Indiens qui lui avaient appris cette nouvelle , pour obtenir quelques éclaircissements à ce sujet. Ces nouveaux venus ne furent pas moins surpris en voyant arriver ces Espagnols ; ils se racontèrent mutuellement leurs aventures et leurs histoire^ , et cette rencontre devint pour Relalcazar d'une très-grande importance.

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9. Le docteur Juan Vadillo, premier ou second gouverneur de Carthagène, voulant faire la conquête des pays de l'intérieur , débarqua des troupes dans le golfe d'Uraba^ ou du Darien , sur lequel on avait fondé , peu de temps auparavant , la petite ville de San- Sébastian de Buenavista. Le bruit s'était répandu que des trésors immenses étaient renfermés dans les montagnes des Abiles. Ces montagnes sont une branche de la grande Cordillière qui s'étend de la mer du Nord à celle du Sud , et forme la frontière de la province de Carthagène; on disait, et cela se vérifia y qu'il y avait un roi puissant nommé Notivara, qu'on portait sur un trône comme les Incasdu Pérou; qu'il possédait beaucoup de provinces très-riches, et toutes de la même nation des Âbiles; que les montagnes avaient un de ses frères pour vice-roi , et qu'il habitait les plaines qui s'étendent à l'orient jusqu'aux rives du Cauca.

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