‹ Histoire du royaume de QuitoChapitre 16 sur 29 · VELA8C · texte numérisé non relu

VELA8C

vainqueur 9 s'emparèrent de sa personne et renfermèrent dans une étroite prison.

9. Vaca de Castro dut cette victoire à sa fortune y à l'expérience de ses officiers , à ses artifices et au sang répandu. Il resta sur le champ de bataille trois cents de ses soldats et deux cents de ceux de Di^o. 11 y eut de plus quatre cents blessés , dcmt il périt un grand nombre, soit par le froid de la nuit f soit sous les coups des Indiens de Paulù. De quatorze cents combattants de part et d'autre , il n'en resta en tout que six cent quarante. Beaucoup auraient survécu à leurs blessures, si les cris lamentables qu'ils poussaient pendant la nuit n'eussent fait revenir les Indiens qui s'étaient déjà retirés. Ils demandaient du secours , et personne ne pou* vaut les entendre, ces barbares Indiens les tuèrent pour les dépouiller.

10. Les vainqueurs pillèrent le camp de Don Diego, où ils trouvèrent beaucoup d'or et d'argent. Ils passèrent le jour suivant à

Guamanga , où ils trouvèrent cent soixante almagristes réfugiés. Castro en fit exécuter plus de quarante de ceux qui étaient accusés d'avoir trempé dans la conjuration contre Francisco Pizarro y et pardonna aux autres. Il donna ordre aux soldats qu'il avait amenés de <}uito de s'en retourner^ parce qu'ils étaient les plus éloignés de leurs maisons. De deux cents qui l'avaient suivi , il n'en restait que quatre-vingt-dix ; tous les autres avaient péri dans le combat. Il leur donna une lettre pour Gonzalo Pizarro y par laquelle il lui accoi^ait la permission de venir le trouver , et protestait de son désir de lui être utile.

11 . Il envoya le capitaine Pedro de Vergara avec quelques Espagnols y pour coloniser la province des Pacamoros, qu'il avait aidé à conquérir 9 et où Juan de Salinas achevait de fonder les villes de Valladolid et de Loyola. II se rendit ensuite à Cuzco^ où il fit trancher la tête au jeune Don Diego ^ dans la prison même où il était détenu. Sa mort fut généra-

Icment pleurée à cause de ses nobles qualités. L'affection que ses soldats avaient pour lui fut cause de sa perte j car ce fut pour^leur plaire qu'il refusa de traiter avec Castro , et qu'il se vit forcé à se déclarer rebelle contre le roi. S'il n'avait pas perdu cette prendiére bataille par son inexpérience y il est probable que sa révolte serait devenue très-dangereuse. 12. Sa mort ayant rendu Vaca de Castro paisible possesseur de tout le Pérou , il envoya les secours dont on avait besoin pour achever la conquête du Chili et pour en ^trepréndre de nouvelles. Il fit ouvrir et exploiter plusieurs riches mines ^ et fit plusieurs améliorations dans le royaume. Il reçut Gonzalo Pizarro avec distinction; voulant l'indemniser de ses pertes et de ce qui lui était dû, il lui laissa le gouvernement de Quito, sur la possession duquel il n'avait point d'ordre contraire de la cour, et lui permit de s'y faire remplacer et d'aller en personne prendre possession des villages et des repartimièn"

tos que son frère lui avait donnés dans la province de Charcas.

13. Il fit la distribution des autres commanderies d'Indiens qui étaient restées vacantes, et publiai plusieurs ordonnances en faveur des Indiens , qui dès lors commencèrent à jouir de quelque repos, et à cultiver les terres abandonnées depuis le commencement des guerres.civiles. Il resta àCuzco plus d'un an et demi, et gouverna sagement. Tandis que cette courte paix ou plutôt cette suspension d'armes r^ne au Pérou, il est temps de jeter un coup d'œil sur les gouvernements de Quito et de Popayan.

Noavelle conquête et fondation dans les deux gouTemements

du royaume de Quito.

1 . Pour rintelligence de ces nouvelle fon*^ dations et de celles dont j'ai déjà parle y il est bon de remarquer les titi^es que je leur ai donnés^ puisque j'ai appelé les unes Ciudades, les autres f^illas , et d'autres enfin Âsientos , sans compter celles qui prennent seulement le nom de Pueblos. Cette différence, mal comprise par les étrangers, ne consiste pas en ce que les colonies sont plus grandes ou plus petites dans la forme ou la grandeur de leurs édifices, ou dans le nombre de leurs habitants*

On voit très-souvent qu'une Fiila est plus grande et mieux bâtie que les autres Ciudades, de même qu'un À siento ou un Pueblo peut être plus considérable que toute auti^e Villa ou Ciudad. La Ciudad comme la Villa en Espagne doit avoir un corps municipal de Regidores avec juridiction ordinaire et d'autres privilèges, que les étrangers appellent magistrats ou conseil devieillai^ds; la seule différence entre elles c'estque les Gudades ontdes armoiries données par le roi , et un étendard royal , que n'ont point les FiUcls. VAsiento n'a ni corps municipal, ni armoiries, ni étendard, mais seulement un lieutenant, un notaire public, et un Alguazil'-majror ou alcalde provincial.

Le village n'a qu'un sous-lieutenant, qui dépend en tout de quelque Ciudad y Villa ou Asienio. Les Ciudades et les Villas d'Amérique sont toutes des cités dans Fesprit des nations qui emploient un même terme pour les désigner toutes. Les Asientos et les Paehlos répondent à ce qu'on appelle en France

et en Allemagne Bourgs y en Italie Terra ou Castelloy en Espagne Lugar.

Du gouvernement de Quito en particulier.

2. Gonzalo Pizarro aurait pu faire dan$ ce gouvernement beaucoup de conquêtes et de colonies , si au lieu de perdre sa brillante armée il eût dirigé ses regards sur diverses provinces très-riches, dont il avait déjà connaissance. Malgré la perle qu'il avait faite de tant de monde et de tant de bagages dans cette malheureuse expédition, et quoique ce gouvernement fiit engagé dans les guerres civiles du Pérou , qui décimaient toutes ses populations et toutes ses forces, il put cependant effectuer quelques conquêtes et quelques fondations. J'ai déjà dit comment, depuis l'entrée de Sébastian Belalcazar et la division des deux gouvernements, on avait fondé dans le royaume de Quito les villes de Quito, deManta, dePuerto- Viejo, etdeGuayaquil. La ville de Rio-Bamba

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et divers /Jsientos venaient d'être établis par les commandeurs des provinces; ceux de Ti- <]uizambi y Gayambi et Huaca furent détruits dans la suite parce qu'ils parurent inutiles ou mal placés. Quant aux autres^ ils s'accrurent considérablement pendant le gouvernement deGonzalo Pizarro, qu'avaient suivi un grand nombre d'aventuriers et de gens venus nouvellement de San Miguel et des autres parties du Pérou ; ils étaient au nombre de huit , et situés sur la route royale, qui va du sud au nord,

3. Alausi , sur la rive orientale de la rivière du même nom, à 2^ 1 V de lat. sud et 0^ 21' de long, de Quito. C'est dans cet endroit que s'établissaient souvent les colons qui abandonnèrent Tiquizambi.

Ganar, situé à une des sources de la rivière de Naranjal, à peu de distance du grand palais des Incas, à 2'' 32' de lat. sud et 0"* 25' de long, ouest.

San Miguel de Ghimba, sur la rive orientale du Ghimba, à r 44' de lat. sud, et 0^32' de long, ouest.

Hambato^ sur la rive méridionale de la ri-^ yiére du même nom ♦ à T 1 5' de lat. sud, et à 0*^ 6' de long, ouest;. eette colonie fut entièrement espagnole, àcause de l'excellence du climat -et de la beauté du site ; la ville indienne de Mulli- Hambato était plus au nord, dans^ une position plus agréable : c'était là que se trouvaient autrefois les Tamhos et les palais du roi.* •

Mocha , sur la rive septentrionale du Pachamlica, à T 27' de lat. sud, et àO^ICde long. ouesL

San Yicente martyr de Latacunga , sur la rive orientale du San Felipe, à 0^ 57' de lat. sud, et à 0** 5.' de long, ouest.

Otavalo, sur la rive occidentale du Rio - Blaneo, àOM3'de lat. nord, et à 0^*16' de long, est. Ceux qui avaient commencé à fonder Vasiento de Gayambi, qu'on abandonna -à cause de son. mauvais climat, vinrent s'établir dans cet endroit.

Garangui , sur la rive occidentale du Taguando , à 0^ 23' de lat. nord , et à 0* 27' de long.

est, était; §ituëe sur une éminence et sur remplacement même de l'ancienne ville des Cari|nguis. En 1597 elle fut transportée dans la plaine voisine et reçut le nom de San Miguel de Ibarra et les privilèges de ville.

4. Gronzalo Pizarro fonda encore plusieurs autres colonies. Sa première et sa dernière fondation furent dans les provinces de Paltas et de Zarza ; elles avaient pour but de protéger la route royale infestée de barbares. J'ai dit qu'en entrant dans son gouvernement, en 4539, il avait fondé , dans la province , la ville de Qna , avec un petit fort. Celui-ci ayant été détruit, et le lieu étant d'ailleurs peu favorable , il fit construire, en 1 546 , la ville de Loxa , dans la province de Zarza ; ce fut le capitaine Alfonso de Mercadillo qui en posa les fondements entre la rivière de Pulacu et celle de Guacamana, par 0® 4' de lat. sud , et 0** 59' de long, ouest de Quito.

5. Gonzalo Dias de Pineda ayait commencé la fondation d'un Asiento dans la province dé Haambova , alliée de Belalcazar ; Pedro del

Villar la continua par ordre de Pizarro avec les gens qu'il avait retirés de Rio-Bamba en 1 540. Il était situé par 1 ® 5' de lat. sud , et par 0^ 8' dé long, est, sur la rive septentrionale du Palora. Cet JsientOf fondé pour la seconde fois^ prit quelques années après le titre de Pailla. Dans la même année 1540, Pedro del Villar fonda par ordre de Pizarro VJ sien todesMaceiS, dans la province voisine du même nom, à 1 " 27' de lat. sud , et à 0** 30' de long, est , sur la rive occidentale du Rio-Upano. Cet ÀsientOf détruit une fois, fut rétabli ensuite sous le nom de Ciudad de Sevilla del Oro, et devint la capitale du gouvernement de Macas.

6. Dans la province des Pacamoros, appelés par corruption Bracamoros, on fonda deux Ciudades eiun Jsiento. Les habitants de cette riche province, située près de la route royale, étaient si féroces et si guerriers que les Incas n'avaient pu les soumettre, etqueHuayna-Capac, qui l'avait tenté, avait été honteusement repoussé. Francisco Pizarro y envoya, en 1 538,

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le capitaine Pedro de Bergara pour en faire la conquête; celui-ci leur fit la guerre pendant plus de deux ans sans pouvoir les spumettre , quoiqu'il en eût péri la plus grande partie; alors se voyant trop faibles pour continuer leur résistance^ ils se décidèrent à faire la paix , mais Pedro de Bergara ne put y fonder aucune colonie.

7. Cette province faisant partie du gouvernementde Gonzalo Pizarro, il en recommanda de nouveau la conquête à Bergara, et pour en effectuer la colonisation , il envoya de Quito quatre-vingt-dix familles conduites par le capitaine Juan de Salinas, qui fonda d'abord en 1541 la ciudad de Valladolid sur les bords dii Cbinchipe, kA^30' de lat. sud et T de long, ouest; puis, en 1 542, la ville de Loyola, sur l'emplacement de Gubinama, ville indienne détruite par la guerre, sur la rive occidentale du Verjel, par 4® 43' de lat. sud et O"* 40' de long, ouest ; enfin la troisième fondation qu'il fit, fut dans la même année celle de VJsiento et Real de Minas de

San Joseph , sur la rive orientale du San Francisco , à l'orient de Loyola , et un peu plus au sud. Le roi coA(céda ensuite ces mimés sous le titre de seigneuries.

8. Dans les temps postérieurs à ceux de Pizarro, on conquit beaucoup d'autres provinces, et l'on fonda tant de cités et de villes que le gouvernement de Quito se subdivisa en huit, qui sont : Jaen, Yaguarzongo, Macas, Mbcoa y Quixos, Gara, Ësmeraldiais et Maynas; et en neuf autres plus petits encore appelés Corregimientos ^ ce sont : Ibarra, Otavaïo, Quito, Latacunga , Rio-Bamba , Çhimbo , Cuédéa, Loxa etGuayaquil , dont les fondations, érections et chronologies appartiennent a Thistoire moderne.

9. La ville de Quito fut érigée en évêché dix ans après sa conquête, c'est-à-dire en 1 544, et non dans l'année suivante, comme le prétendent quelques auteurs. Le premier évéque

qu'on y envoya fut Garcia Diaz de Arias, qui fut sacré à Lima en octobre de cette même an-

née. En 1 556 Quito obtint deux cédules royales datées du 14 février ; l'une lui accordait le titre de très-noble €t de très-loyale, et Tautre le privilège de promener solennellement l'étendard royal dans les rues , le jour de la réunion du corps municipal.

Gouvernement de Popayan.

10. Avant la séparation des deux gouvernements^ jai dit que Sébastian Belalcazar avait conquis plusieurs provinces au nord, hors des limites de l'ancien royaume de Quito, et qu'il y avait fondé les taillas d'Ampudia et de Madrijal, et les Ciudades de Cali, Popayan, Timana et la Plata; j'ai dit aussi qu'après la séparation des deux gouvernements il avait abandonné la f^illa de Madrijal et fondé dans ses environs celledePaslosà6''plusau nord, et la petite Ciudad Placencia, qui subsista peu de temps. On se rappelle qu'ayant appris que des Espagnols partis delà mer du Nord étaient arrivés dans

les environs, il avait attiré à son service les gens que commandait le capitaine Georges Robledo , et lui avait donné plein pouvoir pour fonder des colonies dans le gouvernement de Popayan.

1 1 • Cela se passait en 1 539, en 1 540 et 1 544 • Robledo reçut des secours d'hommes et de vivres. Cette malheureuse troupe d'aventuriers sortit ainsi de l'état pitoyable dans lequel elle se trouvait. Cieca de Léon nous fait bien voir les misères qu'ils eurent à souffrir dans, un pays rempli d'or, mais où ils n'avaient pas de quoi manger; il raconte qu'un soldat, ayant trouvé dans une rivière un morceau d'or de la grosseur de la tète d'un homme, le portait sur ses épaules et allait rejoindre ses compagnons , lorsqu'il vit passer un petit chien indien ; il jeta aussitôt l'or pour courir après le chien , et pendant ce temps il roula dans la rivière d'où il venait de le retirer, mais il aima mieux perdre son or que d'abandonner sa chasse (Crôn . del Peru , chap .14).

42. Il rapporte aussi que trente soldats étant entrés dans une maison que les indiens venaient d'abandonner pour y chercher des vivres, ils trouvèrent une marmite pleine de viande déjà cuite et qui paraissait très-bonne , qu'ils s'en rassasièrent tous avec une grande joie, mais qu'en arrivant au fond ils retirèrent des mains et des pieds humains ; et que malgré l'horreur que leur inspira cette découverte, ils finirent par trouver que les Caraïbes n'avaient pas mauvais goût (Ibid., chap. 16).

13. Robledo fonda d'abord une ville sur une éminence dans la vallée de Hebexico , à 7^ de lat. nord, près de plusieurs tribus de peuplades riches en or, dont quelques-unes étaient de la nation des Abiles. Il lui donne le nom de Ciudad de Antioquia, et Cieça dit que c'est la dernière de toutes celles du Pérou , du côté du nord. Cette fondation eut lieu en 1541 ; la même année il fonda sur la rivière du Gauca une petite ville nommée Santa-Fé de Antioquia, dans les environs des plus riches

mines d'or. Gaspard Rodas augmenta beaucoup l'année suivante la Ville d'Antioquia ; en 1544 elle fut transférée par le capitaine Juan de Cabrera sur l'iemplacement de la ville de Santa-Fé, de aorte qu'elle s'appela par la suite Santa-Fé d'Antioquia ; elle est située par 6* '60' de lat. nord ^ et 3* 30' de long, est , sur la rive septentrionale du Gauca, qui fait un détour dans cet endroit.

14. A l'extrémité méridionale du gouver^ nement ^ le capitaine Jeromino de Aguado fonda aussi y en 1541, par ordre de Belalcaaiar, la NouveUe-Malaga , dans la province des Pastos, entre les rivières Telembi et Pafia, sut le territoire des Pichilimbis et des Giixlés, à 1" 30' de lat. nord, et 1° de long. est. Cette ville dura peu d'années, et plusieurs personnes pensent que ses habitants furent transportés àBarbacoas dans la province voisine, mais c'est une erreur ; la nation des Barbacoas; trèsnombreuse et très-brave, se maintint contre les vives attaques des successeurs de Belal-

cazar jusqu'au commencement de 1600^ où le capitaine Don Francisco de Parada y entra avec des forces considérables ; après avoir fait empaler des centaines d'Indiens sur les bords du Telembi /il y fonda la ville de Barbacoas (RodriguèZy Hist. del Maranon^ liv.' 1, cbap. 6. )

1 S. Dans Tannée 1 542 ^ le capitaine Georges Robledo fonda Ja petite ville de San- Bartholome de Aburra , à 5*" 20' de lat: nord , et environ 4® de long, est, dans la belle et riche plaine que^ deux ans auparavant, avait découverte le capitaine LôuiS'Téxelo, et qui était remplie de tombeaux , d'où on retira des richesses immenses. A une petite distance de la rivière d' Aburra , on fonda ensuite la petite ville de Medellin , qui avec le temps prit une grande extension. Dans la même année, on fcmda la ville d'Anserma , ou Santa-Anna de los Gaballeros , par 4® 50' de lat. nord , et 3** de long, est de Quito, sur le territoire des Tapuyas^ Guaticas, Quinchias, et Supias, sur

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la rive occidentale du Cauca. Les capitaines Robledo^ et Lorenzo de Aldana^ lieutenant de Cali ^ à qui Cieça attribue principalement cette fondation , y eurent une part égale ; il parait qu'ils fondèrent aussi en même temps la ville de Guntras , à la source du même fleuve Anserma^ ainsi que la ville de Medellin, car Aldana avait reçu des renforts considérables par le port de San-Bonaventure.

16. La même année de 1542; le capitaine Robledo fonda la petite ville de Gartago sur la rivière du même nom , à l'orient de Guntras, à 4* 30' de lat. nord , et un peu plus de 3® de long. De là , Robledo passa à ta conquête de la province d'Arma, qui est riche et étendue; elle pouvait mettre sous les armes plus de vingt mille Indiens , tout couverts d'or de la tête aux pieds; ils avaient des bannières d'une grande valeur , des lances , des dards , des frondes, et se servaient de flûtes, de tambours , et d'autres instruments. Us opposèrent aux Espagnols une vigoureuse résis-

tance et furent cause de la rupture qui eut lieu entre Belalcazar et Robledo. Si ce dernier avait eu des forces suffisantes^ on eût vu se renouveler les guerres civiles du Pérou ; mais comme il n'avait que peu de monde, il dut se borner à marcher contre la province del Pozo. 17. Nous ne connaissons pas les motifs de leurs dissensions; nous savons seulement que Belalcazar alla incognito à la province del Pozo et fit prisonnier Robledoy ainsi que le commandeur Fernando Rodriguez de Soza et Baltazar de Ledesma, qu'il condamna à mort, et auxquels il fit trancher la tête. Les Indiens de Pozo, qui les haïssaient mortellement, retirèrent leurs cadavres de là terre, et les dévorèrent. Après cette exécution , que je n'ose qualifier ni de juste ni d'injuste , puisque j'en ignore les motifs, Belalcazar fonda deux autres petites villes (1542) : Santiago de Arma, qu'on transféra sept ans après dans une plus grande plaine, sur la même rivière d'Arma, à environ 5" 30' de lat. et 3" 20' de long.; Toro, au nord

de celle d'Arma , sur la rive occidentale du Cauca^ et par la même longitude.

.18. L'année suivante 1543^ Belalcazar fit luimême trois autres fondations , et en fit faire le même nombre par ses capitaines ; il construis sit d'abordla ville de Caramanta, sur la riveoecidentale du Gauca , à plus de 6"* de lat. et 3"* 1 ^ de long.^ puis celle de Caloto, ou Nouvelle-Sëgovie, divisée en partie haute et en partie basse , à 3"* 30' de lat, et à 3® de long. ; ces deux quartiers furent détruits par les barbares Pijaos et Paés en 1641, et on n'en rétablit que la partie basse. Ce fut dans la partie haute qu'arriv»

l'effrayant prodige de la cloche, dont le brujt a rempli le monde et dont je parlerai dans

l'histoire moderne. La troisième fut celle de la petite cité de Jamaica , ou Quilachao, voisine de Caloto.

1 9. A la même époque le capitaine Diego Martines de Hospina fonda Neyva, sur la rive orientale du grand fleuve de la Magdaleine, à 3* 10' de lat. et à plus de4*'de long. Hospina construi-

sit à neuf lieues de là ^ dans la même vallée , Giudad de Angeles , et le capitaine Alonso de Fuenmayor, celle d'Almaguer, sur une hauteur^ dans l'ancienne province de Quilia, par environ 2* de lat. nord > et à plus d'un degré

de long. est.

.20. Depuis le gouvernement de Belalcazar^ on n'a fondé dans cette province que quatre nouvelles villes, savoir : San Vicente de Paés en 1 583 , Guadalaxara de Bugo en 1 588 , Barbacoas et Isquande en 1600. Les plus riches provinces de ce gouvernement vers le couchant , jusqu'aux bords de la mer, ne furent pas conquises avant 1654, parce qu'elles renfermaient des peuplades très-nombreuses et

très-'guerrières. Les Espagnols n'osèrent pas y pénétrer avant que les missionnaires jésuites n'y eussent réduit les trois grandes provinces des Noanamas, ZitaraésetChocoês : on en fît trois dépendances du gouvernement de Popayan : toutes trois furent ensuite érigées en un seul gouvernement sous le nom de

Choco; elles ne contiennent ni Ciudades , r^'i F^illdSf mais seulement quelques villages et Reaies de minas.

21 . En même temps que ce gouvernement s'étendait vers le couchant, il perdait du terrain du côté du nord et de l'orient , car on retira toutes les conquêtes et toutes les fondations qu'avait faites Belalcazar sur les rives de la Magdaleine^ pour les joindre au nouveau royaume de Grenade, dont dépendirent désormais les villes d'Antioquia et de Neyva. En 1544, Antioquia obtint le titre royal de dudad , et en 1 547 , Popayan fut érigé en évêché , mais sous le titre d'évéché d'Antioquia, qui fut conservé dans les bulles du pape jusque dans les derniers temps. En 1 558 , Popayan reçut

le titre de cité avec un écusson, par unecédule du 27 octobre, et celui de trés-noble et trèsloyale par une autre du 1 novembre. En 1 559, les cités de Cal i et de Pastos obtinrent les mêmes titres.

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