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Pizarro envoya le lendemain quelques

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soldats à la poursuite des fugitifs ; d'autres fa-rent dirigés sur Charcas pour faire des levées et occuper les routes , et sur Arequipa pour détruire la ville après en avoir retiré les habitants, les trésors et les vivres , de manière à ce que La Gasca ne pût y rien trouver. Il fit exécuter quelques-uns des partisans de Centenoy et fit souffrir une mort honteuse à Heux qui étaient passés à l'ennemi pour révéler ses projets. Francisco de Carvajal mérita ce jour-là une gloire immortelle et le pardon de tous ses crimes , en faisant pendre l'infâme Btfchicao y qui s'était enfui lâchement au moment du combat. Mais il fut malheureux que Bachicao ne pût ressusciter pour être à son tour le digne bourreau de Carvajal • Cet homme barbare s'acquit dans cette occasion la triste gloire de massacrer de sa propre main cent Espagnols y parmi lesquels se trouvait un prêtre (Gomara, Iderriy c. 1 82). Il se rendit à Arequipa où, d'après ce qu'on lui avait dit, Centeno s'était réfugié. Mais n'ayant pu l'atteindre, il

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pîlia la ville et en emmena toutes les femmes des Espagnols qu'il conduisit à Cuzco.

23. Après une victoire si complète, Pizarro ne pensa plus à faire de nouvelles expéditions dans le Chili y ni à traiter de la paix avec La Gascai quoiqu'il eût à ce sujet engagé sa parole criionneur à Gepeda« Ce manque de foi amena entre euX) àPucaramême, une querelle qui fut la cause de sa ruine , comme nous le verrou»

plus tai'd. Il préféra suivre les conseils de son mestre de camp et l'impulsion de sa propre destinée y alléguant qu'on attribueraità lâcheté toute espèce de traité avec La Gasca, et que ce qui lui restait de partisans l'abandonne* raient. Il fît son entrée à Cuzco, dont la po* pulation fut très-étonnée de le voir paraître, car on le croyait déjà mort. Il fit exécuter plusieurs habitants , et , pour encourager ses partisans, il fit fabriquer beaucoup d'arqué* buses , des armes de fer et des piques, fondre deâT canons^ faire de la poudre et reuuir des munitions de guerre; mais il négligea de

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regagner le cœur des hommes^ la plus grande de ses fautes et celle qu'il a toujours commise. 24. La Gasca était loin d'en agir de même ; sa conduite prudente lui fit mettre le plus grand soin à s'attirer adroitement l'affection de tous ceux qu'il aboyait pouvoir être utiles à son parti. Aussitôt qu'il apprit que Lorenzo de Âldana était arrivé avec ses navires à Lima^ il quitta Panama à la tête de tous les soldats qu'il avait pu réunir sur la terre ferme. Mais comme il avait choisi la plus mauvaise saison

pour faire ce voyage , il fut contraint^ par les courants et les tempêtes^ de se réfugier à l'île de la Gorgone. Le temps s'étant amélioré , il put atteindre Tumbez le 2i octobre 1 547 , jour même où Pizarro remportait la victoire sur Centeno. Dans cet endroit , il com* mença à recueillir les fruits de sa sage conduite^ en y recevant la nouvelle que tous les lieutenants et gouverneurs du royaume de Quito s'étaient déclarés en faveur du roi , et que Diego de Mora l'attendait à Caxamarca

avec plusieurs autres chefs. Il fit venir aussitôt les habitants de Quito , et on vit arriver à marches forcées toutes les troupes de Mauta y Puerto-Viejo, Guayaquil , Valladolid, Loyola^ Loxa, Âlausi^ Rio-Bamba^ Chirabo, Latacunga^ Quito j Pasto^ Gali et Popay^n^ ayant à leur tête le gouverneur Sébastian de Belalcazar.

25. La Gasca . en se vovant le chef d'une armée si considérable et d'officiers si habiles, qu'il reçut avec toutes les démonstrations de bienveillance, envoya aussitôt un navire à la Nouvelle-Espagne pour avertir le vice-roi Don Francisco de Mendoza de suspendre jusqu'à nouvel ordre le départ des six cents hommes qu'il devait lui envoyer sous le commandement de son fils. Le même avis fut envoyé à Nicaragua et Guatimala pour empêcher qu'il ne lui arrivât des Espagnols du dehors, puisqu'il en avait assez. Il reçut cependant quelques renforts qui étaient partis depuis longtemps de Nicaragua. 11 partagea

son ^rniëe , et , en prenant avec lui une partie , qu'il conduisit à Truxillo, il envoya l'autre.à travers les montagnes et sous le commandement du général Pedro de Hinojosa^ avec l'ordre de réunir tous les habitants du pays et de venir avec eux le rejoindre à Xauxa. La Gasca arriva le premier, et apprenant la déroute de Centeno y il en fîit très-affligé , mais sans concevoir la moindre inquiétude des triomphes de Pizarro. Il envoya le capitaine Alfonso de Mercadillo, lieutenant-gouverneur de Loxa, faire des excursions sur le chemin de Cuzco y et le capitaine Lope Martin à Ândaguajrlas.

Celui-ci rencontra un détachement des troupes de Pizai*ro qui cherchait des vivres, et quoiqu'ils fussent en plus grand nombre , il les attaqua , les défit et les fit pendre tous , à l'exception de six qu'il amena à La Gasca.

26. 11 reçut d'eux des informations sur la situation et les intentions de Pizarro. Il envoya d'autres troupes pour occuper la vallée importante de Andaguaylas, qui était très-

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riche en vivres, il reçut les débris de la troupe qui s'était échappée des mains de Carvajal avec révêque de Cuzco lors de la déroute de Centeno. Quand Hinojosa fut arrivé , son armée se monta à plus de deux mille cinq cents hommes, dont cinq cents cavaliers et neuf cent cinquante fusiliers. Il confirma tous les capitaines , savoir : Pedro de Hincgosa dans le grade de général ; le maréchal Alfbnso de Al varado dans celui de mestre de camp; Don Benito Xuares de Carvajal resta porte^tendard , et Gabriel de Roxas commandant de l'artillerie.

27. Dès que les soldats , que des retards avaient rendus mécontents, furentpayés, Tar-

mée s'avança en bon ordre de XanxaàGuaman-

gua, où le manquedevivrescommençaàsefidre sentir jusqu'à ce qu'on fût arrivé à Villcas» En parvenant à Andaguaylas y on en eut en abon* dance; mais Texcés des pluies, qui durèrent trente jours et qui pourrirent jusqu'aux étendards, rendirent malade la plus grande partie de Tarmée. G*est dans cet endroit que le fîigitif

Diego de Centeno et le capitaine Pedro de Valdiyia , qui était aussi versé dans la science militaire que Francisco de Carvajal, et peut-être plus encore, parvinrent à rejoindre La Gasca. Celui-ci, plein de joie, le reçut comme le secours le plus opportun , et le nomma colonel de l'infanterie. Dés cet instant il inspira à ses troupes le désir le plus ardent de combattre.

Bataille de Xaquizahuana. — Mort de Gonzalo Pisarro. — Mesures prises par le président La Gasca.

1. (1548.) La Gasca partit d'Andaguaylas au mois de mars 1 548. II traversa le pont d'Abancav au grand contentement de son armée; le président se tenait à Farrière-garde , accompagné de l'archevêque de Lima , des évéques de Cuzco et de Quito , et d'une troupe de prêtres et de moines. Les espions donnèrent avis que le pont de l'Apurimac avait été coupé par les rebelles à soixante milles de Cuzco. La rivière d'ailleurs était très -haute, et elle ne pouvait recevoir qu'un pont de lianes dans l'endroit le plus étroit et en même temps le

plus profond, qui avait cent trente-quatre pieds de large , et où il était impossible de faire un pont de bois.

2. L'armée parvint à traverser ce passage difficile y qui était la fortification sur laquelle Pizarro comptait le plus , sans autre perte que celle d'un petit nombre d'hpmmes et de chevaux. Quelques Espagnols réussirent à traverser le fleuve à la nage et à tendre des cordes de liane d'une rive à l'autre ; mais il y en eut plusieurs qui se noyèrent dans cette tentative périlleuse. Les ennemis voulurent d'abord défendre le passage , et tuèrent trente de ceux qui étaient venus fixer les cordages. Si Pizarro eût placé en cet endroit un détachement tant soit peu considérable, il eût pu sans doute braver toute l'armée ennemie. Mais le petit nombre de soldats qu'il y avait postés furent obligés de se retirer. Le pont fut heureusement achevé, et l'armée de La Gasca, après l'avoir traversé, se fortifia sur une hauteur voisine , où elle établit une batterie de douze pièces de canon.

3. Pizarro partit de Cuzco avec plus de mille Espagnols^ dont deux cents cavaliers et cinq cent cinquante fusiliers ; mai* il ne pouvait compter sur tous, car il y en avait quatre cents qui avaient fait partie de l'armée de Centeno. Il envoya deux ecclésiastiques vers La Gasca pour lui dire que s'il était porteur d'un ordre de l'empereur pour prendre possession du gouvernement, il eût à lui en exhiber l'original, et que dans ce cas il lui remettrait non-seulement l'autorité, mai* encore qu'il s'engageait à quitter le Pérou j ajoutant que dans le cas contraire il repousserait la force par la force. Les deux ecclésiastiques furent mis en prison par le vice-roi , aveiii qu'ils venaient dans l'intention de gagner Hinojosa et les autres capitaines. Il envoya à Pizarro deux autres ecclésiastiques pour l'exhorter à se soumettre, et lui oSvir son pardon. Mais tout fut inutile; sa victoire sur Centeno avec la moitié moins de troupes lui donnait l'espérance d'en faire autant dans

cette occasion. 11 persista doticdans sa révolte^ soit qu'il se crût invincible pu qu'il fut entraîné par les avis imprudents de ses conseillers furieux.

4. U est vrai de dire que les chances paraissaient en faveur de Pizarro. Si son armée était moins nombreuse et d'une fidélité plus douteuse f elle était campée dans une excellente position et vivait dans l'abondance. La Gasca pouvait 9 à la vérité^ compter sur la fidélité de là sienne , qui était presque double ; mais il était posté dans un endroit incommode et manquait de vivres*

Il n'y eut ce soir -là que quelques escarmouches; mais à la faveur d'un brouillard trés-épais, le vice-roi fit descendre toute son armée dans la plaine qu'on nomme de Xa-^ quixahuana; elle fut suivie de rartillerie, ainsi que de tous les évêques, prêtres et moines qu'elle traînait à sa suite. Il y eut quelques engagements partiels entre la ca-*valerie des deux armées qui s'accablaient

réciproquement d'injures. Les partisans de La Gasca appelaient les autres traîtres et rebelles, et ceux-ci les traitaient de vils esclaves.

5. La nuit se passa ainsi; au point duJQur l'armée de La Gasca ^tait rangée en bataille et prête à commencer le combat; Francisco de Carvajal alla la reconnaître et déclara K qu'il n'y avait que le diable ou Pedro de Valdivia qui eût pu l'avoir si bien disposée. » 11 ignorait que celui-ci eût quitté le ChUi et se trouvât avec La Gasca; il ne pouvait donc faire un plus grand éloge de Valdivia qu'en devinant que ces dispositions n'avaient pu être prises que par lui.

6. Pizarro ordonna à l'auditeur Gepeda de ranger son armée en bataille. Cepeda, qui attendait avec impatience le moment de passer du côté de La Gasca , profita de cette occasion. Il s'éloigna un peu sous le prétexte de trouver une meilleure position, et partant au galop, avec quelques Nègres, il alla re-

joindre rennemi. Il était près d'arriver lorsqu'il tomba dans une mare d'eau où il se serait noyë sans ses Nègres qui l'en retirèrent aussitôt. En se présentant à La Gasea^ il l'em-^ brassa sans réflexion et le couvrit de boue.

Le président , loin de s'en fâcher , reçut avec plaisir le baiser de paix de ce traître,; qui lui assurait la victoire eii abandonnant Pizarro.

7. A l'exemple de Cepeda, le capitaine Garcilaso de la Vega et quelques autres prirent aussi la fuite. Pizarro fut affligé de cette désertion et encore plus du découragement qui commençait à s'emparer des autres. U s'empressa de commencer le combat avant que le désordre se mit dans ses rangs. L'artillerie se mit à jouer des deux côtés ; mais les boulets de celle de Pizarro, qui était placée trop haut, passaient par-dessus la tète de l'ennemi, tandis que celle de La Gasca faisait un grand ravage. Pizarro resta immobile dans sa position, espérant charger l'ennemi avec plus d'avantage

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quand celui-ci aurait épuisé sa fureur, comnie cela lui avait réussi lors de la victoire qu'il avait remporté sur Centcno. Carvajal essaya en effet de l'attirer par quelques attaques simulées; mais le général Hinojosa, avwti de cette intention par les déserteurs , ne fit aucun mouvement, sachant bien qu'il rem* porterait la victoire sans effusion de sang.

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