‹ Histoire du royaume de QuitoChapitre 5 sur 29 · A cette occasion le bon religieux Fray · texte numérisé non relu

A cette occasion le bon religieux Fray

Marcos de Niza trouva le moyen d'exécuter ?on projet de retourner à la Nouvelle- Espagne; il prétexta qu'étant désigné comme premier commissaire général de son ordre dans les provinces du Pérou , où était venu déjà un nombre considérable de religieux, il fallait qu'il pensât à les établir dans le pays , ainsi qu'à en envoyer quelques-uns à Quito. Le véritable motif de son départ était le mécontentement excessif qu'il éprouvait de Belalcazar, à qui il avait demandé, par écrit et de vive voix, de lui faire la gi^âce de modérer le zèle de son lieutenant-général Âmpudia , qui s'était livré aux plus sanglantes cruautés et aux plus affreuses tyrannies envers les Indiens de Quito, mettant à feu et à sang leurs villages , sans

autre cause que son insatiable avarice. Belalcazar^ loin d'y porter remède, semblait approuver par son silence toutes ces barbaries. C'est pour cette raison que tous les écrits de Niza sont si violents, moins contre Ampudia , qu'il ne regarde que comme l'instrument, que contre Belalcazar lui-même.

1 0. Niza rejoignit le capitaine Pedro de Alvarado à San-Miguel ; celui-ci revenait de Pacha-Camac , où il avait reçu de Pizarro même lescentmille pesos d'or qu'on lui avait promis, ainsi que beaucoup d'autres présents. 11 laissa dans le pays non- seulement les soldats qui l'avaient suivi , mais aussi les Alvarados ses parents, qui jouèrent par la suite un grand rôle dans le Pérou , ainsi que le capitaine Garcilasso de la Vega, qui fut le père de l'écrivain du même nom. Quelques auteurs mal informés disent que Pizarro reçut avec magnificence Pedro de Alvarado dans la ville de Lima, et que ce fut dans cet endroit qu'il lui donna les cent miHe pesos d'or.

1 1 . C'est une erreur, car ce fut le 6 janvier 1 535 que Pizarro posa la première pierre de cette nouvelle ville, et le 1 8 du même mois il lui conféra le titre de ville avant qu'elle fût terminée. Si Alvarado ne retourna pas dans son gouvernement de Guatimala à la fin du mois précédent, il est indubitable qu'il partît au plus tard dans les premiers jours de 1535, L'auteur le plus exact sur ce point est Gomara, qui assure, d'après ce qu'il tenait d' Alvarado lui-même, qu'il fut reçu et payé à Pachacamac, quand Pizarro n'avait pas encore l'idée de fonder la ville de Lima (ffist. gén.f c. 129). Si quelques personnes reculent cette date, d'autres au contraire l'avancent; comme, par exemple, le docteur Robertson, qui place la fin de l'histoire d' Alvarado et son retour à Guatimala en 1533 (Hist. d\lm.y liv. 6, f. 123).

12. Toute la différence qui existe entre les auteurs vient du long séjour que fit Alvarado à San-Miguel après y être arrivé en com-

pagnie d'AImagro dans le mois de mars 1 534, sans avoir d'entrevue avec Pizarro jusqu'à la fin de la même année. Ce retard vint d'abord de sa part ; il voulut donner des ordres pour remettre ses navires à Puerto-Viejo, et attendre la nouvelle certaine de leur exécution.

Lorsqu-'elle lui parvint, il se vit obligé de prolonger encore son séjour à San-Miguel, à cause du bruit qui courait qu'Almagro et Pizarro étaient en querelle dans la ville de Cuzco.

1 3. Il est vrai que lorsque Al varado arriva à San-Miguel avec Almagro, celui-ci apprit par le bruit public ce que Pizarro avait obtenu de la cour ; Pizarro était confirmé dans sa charge de gouverneur du Pérou, auquel on donnait le nom de Nouvelle -Castille; on lui accordait soixante -dix lieues de pays en sus des deux cents qu'il avait eues d'abord, la partie de la rivière de San-Juan en se dirigeant vers le sud ; on joignait à cela des privilèges et le titre de marquis de los Atavillos. Quant à Almagro, il était pourvu d'un autre gouver-

nement indépendant dans le Pérou, sous le nom de nouveau royaume de Tolède, lequel devait commencer aux limites de celui de Pizarro et s'étendre vers le sud sur un espace de deux cents lieues. On lui accordait le titre d'adelantado et de gouverneur , et on lui donnait plein pouvoir dans la juridiction de son territoire. Fernando Pizarro était créé chevalier de Tordre de Saint- Jacques.

14. A peine Almagro eut -il appris ces nouvelles qu'il laissa le capitaine Alvarado à San-Miguel et partit en toute hâte pour s'emparer de la ville de Cuzco, pensant qu'elle faisait partie du pays qui lui était accordé. Les deux frères Juan et Gonzalo Pizarro s'y trouvaient dans ce moment et s'opposèrent si obstinément aux projets d' Almagro, qu'ils furent sur le point de décider leur diflFérend par les armes. A cette nouvelle, Francisco Pizarro quitta Pacha-Camac pour se rendre à Cuzco; mais ne voulant pas se brouiller avec Aima-

gro y il chercha à l'apaiser en lui offrant des conditions avantageuses.

15. 11 lui proposa d'entreprendre la conquête du Chili , lui promettant que si ce pays ne répondait pas à ses espérances il partagerait aussitôt avec lui le gouvernement du Pérou, selon les ordres de la cour, qu'on n'avait pas encore reçus officiellement et auxquels il ne croyait, par conséquent, pas obligatoire pour lui de se conformer. Almagro accepta généreusement ces propositions ; ils renouvelèrent donc, le 12juin 1534, leur ancienne amitié et leur traité ; Almagro partit pour le Chili, et Pizarro, en retournant vers les provinces maritimes, s'arrêta sur sa route pour fonder la ville d'Arequipa , d'où il partit à la fin de l'année pour celle de Pacha-Camac, dans les environs de laquelle il avait formé le projet de construire la capitale de son gouvernement. Alvarado, en apprenant son retour, alla le trouver, et fut reçu et payé, comme nous Tavons dit, avant la fin de Tannée 1 534.

Entrée solennelle du capitaine Sébastian de Belalcazar dans la ville de Quito. Il projette de nouvelles conquêtes.

1 . Belalcazar^ retenu à Rio-Bamba jusqu'aux premiers jours du mois de mai de 1534, termina avec satisfaction non-seulement les différends survenus entre Almagro et Alvarado, mais aussi la soumission des provinces du sud. Cependant son lieutenant -général Ampudia avait de son côté, si ce n'est réduit, au moins dévastéles autres provinces du nord jusqu'aux extrémités du royaume. Il avait été chargé de réparer dans la ville de Quito les dégâts que Ruminahui y avait causés, et de gagner l'af-

fection du peuple indien , dont les caciques et les seigneurs étaient venus volontairement se soumettre.

2. Il exécuta cet ordre en employant plus de dix mille Indiens aux travaux les plus rudes. Les uns allaient dans les forêts couper des madriers et des joncs, les autres construisaient les toits des édifices de moindre importance ; un grand nombre était employé à fabriquer des tuiles et des carreaux , et la plupart à détruire les constructions et les édifices publics les plus importants, sans laisser pierre sur pierre, partout où avaient existé des palais , des temples, des magasins , des forteresses , des colonnes et des tombeaux des anciens rois, sous le prétexte de construire au plus vite, avec ces mêmes pierres, dans le style européen, l'église principale, la maison du gouverneur et les autres édifices publics et maisons particulières, ce qui se faisait avec le plus grand soin : mais le véritable but d'Ampudia était de rechercher, par les fouilles qu'il faisait

faire dans ces endroits, les trésors cachés de Huayna-Capac. Il en trouva en effet une grande quantité dans les tombeaux, mais pas autant qu'il croyait : c'est pour cela qu'il tourna sa fureur contre les pauvres Indiens.

3. Il n'est pas nécessaire de croire tout ce que raconte Niza comme témoin oculaire, ni tout ce que la renommée a répandu contre le nom exécrable d'Ampudia, pour éprouver toute l'horreur que mérite la conduite de ce général , qu'on ne peut comparer qu'à celle de Ruminahui. « Il fit appeler, dit Niza (Irifbrmacion à » la cortej al Obispo Zumarraga de Mexico)^ » un des principaux caciques de Quito nommé » Huyes, lui lia les pieds et lui fit souffrir » mille autres tourments pour le forcer à lui » dire où était l'or d'Atahualpa, ce qu'il igno- » rait complètement. Il fit aussi brûler, sans » aucun motif, un autre chef appelé Chamba, » ainsi que Cozo-Panga, ancien gouverneur » des provinces de Quito; il était venu se sou- ^) mettre, mais comme il n'apportait pas assez

» d'or et ignorait l'endroit où était caché le » trésor, Âmpudia lui fit subir cette mort » cruelle, ainsi qu'à beaucoup d'autres sei-r » gîieurs : on eut dit qu'il ne voulait pas qu'il » en restât un seul dans le pays. »

4. Ayant appris enfin qu^unç partie des trésors était entei^rée dans la ville et que le reste avait été emporté par Ruminahui dans les rochers escarpés et déserts où il s'était ré^ fugié, il en suivit la trace avec presque toute son armée. La vallée de Machachi, qui domî^ nait cette montagne inaccessible^ était pleine de villages indiens qu'il mit à feu et à sang, les considérant comme cf/mplices de la reti^aite du général indien. « Il prit dans cet endroit, dit » le même Niza, un grand nombix; d'Indiens; » et après les avoir enfermés dans trois gran- » des maisons^ il y mit le feu, sans quils » eussent fait la moindre chose contre les Es- » pagnols, ni qu'ils eussent fourni le moindre » prétexte à cette vengeance; il arriva dans » cet endroit qu'un prêtre nommé Ocana

» ayant retiré un enfant de l'incendie , un » autre Espagnol le lui arracha et le rejeta » dans les flamiDes, Ce soldat^ s'en retournant V le même jour à son quartier, tomba mort M tout d'un coup, et je fus d'avis de ne point w lui accorder de sépulture chrétienne , etc. « (Idem.)

5. Ces hommes aveugles et furieux ne songeaient aucunement au mal qu'ils se faisaient à eux-mêmes en exterminant les Indiens. « Ils » allaient reconnaître, dit Palomino, leurs )} provinces et leurs villages, et en prendre » possession. Si les Indiens les recevaient en » amis et sans prendre la fuite, on les mettait » à la torture pour qu'ils avouassent où se >) trouvaient les trésors. Si, avertis par l'exem- » pie des autres, ils abandonnaient leurs » maisons, les Espagnols les incendiaient, dé- « truisaient les provisions de vivres queren- M fermaient les dépôts, et poursuivaient les j) fugitifs comme des bêtes fauves, avec des » chiens de chasse qu'ils nourrissaient de la

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» chair des Indiens y et qu'ils retenaient par » des chaînes pour qu'ils les tuassent peu à » peu. Dans l'espace de quelques mois ils de- » truisirent plus de cent mille pacos et lamas , » pour en manger le cœur^ qu'ils aimaient » beaucoup. Ils rendirent impossible la cul- » ture des champs^ ce qui occasionna une telle » famine y que les Indiens qui ne tombaient » pas sous leurs coups étaient trouvés morts » de faim dans les chemins. 11 s'en fallut peu » que ceux qui avaient causé cette famine n'en » fussent eux-mêmes victimes^ car on en vint » à payer un lama ou une fanègue de mais » jusqu'à dix pesos d'or. » (Informacion , p. 2.) 6. Je ne suis pas étonné qu'un Âmpudia, déshonneur de sa nation , et un Sanches^ du même caractère^ aient commis tant de barbaries y parce que je sais qu'ils étaient de vils soldats qu'on n'avait fait officiers que par nécessité, qu'ils étaient sans frein, sans discipline et éloignés de toute l'étendue d'un monde du souverain; à quoi il faut ajouter encore les

circpnstances dans lesquelles ils se trouvaient , et qui les mettaient à même de s'enrichir en un seul instant au moyen de ces violences ; mais ce dont je m'étonne, au contraire, c'est du langage des historiens tant nationaux qu'é* trangers«

\ 7. Les écrivains nationaux qui firent con-

naître ces crimes n'accusèrent pas autant ceux qui les commirent que leur commandant

J Belalcazar, qui se trouvait à quarante lieues de distance, et les ignorait peut-être , ou qui, s'il les connaissait, ne pouvait pas y remédier sans abandonner en entier la conquête. Us lui firent donc tant de mal que, chargé plusieurs années après de toutes ces accusations, il fut dépouillé de tous ses honneurs, de tous ses emplois et de tous ses biens, et mourut dans la dernière pauvreté au moment où on l'envoyait prisonnier en Espagne.

8. Je ne m'étonne pas moins des écrivains étrangers; les horreurs commises individuellement par des gens qui étaient le rebut des

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peuples y sont attribuées par eux au corps entier de la nation , qu'ils accusent d'être san-^ guinaire; de sorte que, selon ces auteurs , tous les conquérants de Quito étaient des Ruminahui; tous ceux d'Italie, des Néron; ceux d'Angleterre, des Cromwell; et enfin tous ceux de Portugal, des Garvalho. Mais laissons de côté cette discussion.

9. Telle était la condition où se trouvaiecit les provinces du nord lorsque Belalcazar ap-^ prit leur complète soumission, et la reconstruction de Quito, qui lui permettait d'y aller avec ses troupes. Il s'apprêta donc à partir f mais avant de se mettre en marche il démanda à Cachulima , dès lors appelé Don Mftr-* « cos Duchicela , oncle maternel d'Atahualpa , ce qu'il désirait le plus en récompense de sed bons services. Celui-<îi répondit qu'il ne voulait autre chose qu'un prêtre chrétien, qui vint s'établir dans ses domaines de Cacha pour instruire et baptiser son peuple, et desservir l'église qu'il avait déjà préparée.

Belalcazar , quoique plein d'idées militaires et sans le moindre esprit de propagande , fut cependant si vivement touché de cette réponse, qu'il l'embrassa tendrement, lui accordant ce qu'il demandait et promettant d'en rendre compte en Espagne , comme il le fit en effet , ainsi que nous le verrons en son lieu.

10. Il transporta à Quito le si^e du gouvierneitoent du royaume, qui jusqu'alors avait été à Rio-Bamba; il donna à celle-ci le nom de ville de San-Pedro; il laissa un nombre suffisant d'habitants sous le commandement du capitaine Pedro del Villar, et se mit en marche avec ses troupes, dont le nombre avait augmenté par les nouveaux renforts qui étaient arrivés de San -Miguel; il fit son entrée solennelle dans Quito , l'étendard royal déployé, et en prit possession au nom de l'empereur Charles^Juint, le jour de la Pentecôte de l'année 1534.

11. Il opéra immédiatement la répartition des provinces du royaume, sous le titre de

commanderies ^ aux personnes qui s'étaient distinguées à son service, et avaient mérité les plus grandes récompenses. Le but de cette institution fut, dans le principe, louable et même nécessaire; chaque commandeur devait gouverner sa province et soumettre de gré ou de force les Indiens a l'obéissance et au travail ,. ce qui devait leur procurer des revenus considérables et augmenter le produit des tributs qu'on payait à l'empereur.

12» Il leur recommanda en même temps de chercher à établir dans chaque province, soit dans les villes indiennes, soit dans d'autres endroits qui paraîtraient plus convenables^ des établissements espagnols qui prendraient d'abord le titre à'asientosy et pourraient recevoir par la suite les privilèges de villes ou de bourgs; en conséquence on établit dans les provinces du sud les asientos de Latacunga, Mocha, Hambato, Chimbo, Alausi ^ Chanchan, Canar et Patos; et dans celles du nord, ceux de Cayambi, Otavalo, Carangui et Huaca.

13. Plusieurs autres provinces restaient fcncore a organiser. Avant de partir de Rio- Bamba, Âlraagrg recommanda à Belalcazar de s'occuper particulièrement des provinces maritimes de l'ouest, et d'y établir des colonies, surtout dans deux ports de mer, l'un à Caneebi, et l'autre dans le golfe de Guayaquil.

Mais ces provinces n'attiraient pas autant l'attention de Belalcazar que celles du nord, placées hors du royaume, et sur lesquelles il avait fondé les plus grandes espérances, à cause des richesses en or qu'on croyait qu'elles renfermaient. Il s'occupa donc d'abord de les soumettre, et en chargea son lieutenantgénéral Juan de Âmpudia , au détriment du capitaine Âlfonso Palomino, à qui il avait promis ce commandement.

14. Il donna à Ampudia soixante hommes d'infanterie, trente cavaliers et deux mille Indiens pour lui frayer le chemin , ainsi que les vivres et les munitions nécessaires. Il lui ordonna de ne s'engager dans aucun combat

avec les naturels, mais seulement de s'occUfier à reconnaître les provinces et les pays les plue riches en métaux, en suivant toujout*s le chemin pratiqué entre les deux grandes Gordil^ Hères, jusqu'à l'endroit qui lui paraîtrait le plus convenable pour y poser les fondemento d'une première colonie, et d'y attendre si»' retour des ports de mer. Cachuli ma, pendant son séjour à Rio-Bamba, lui avait fourni des renseignements et des lumières sur deux ri-*» ches provinces limitrophes nommées Macas et Huambayas, dont les Incas avaient eu à peine connaissance, et qui n'étaient qu'alliées avec Atahualpa. Il envoya dans ces provinces deux personnes guidées par des Indiens de Cacha , pour chercher à contracter une alliance avec elles et voir s'il était possible de fonder dans cet endroit quelques asientos de mines.

1 5. Belalcazar, ne voulant pas s'arrêter dans les deux établissements maritimes, confia celui de Cancebi, appelé plus tardPuerto-Viejo, au capitaine Pedro de Puelles, en lui donnant

soixante hommes^ trente chevaux et quatre mille Indiens. ]1 alla en personne à Guaya(|uil et y laissa cent hommes^ cinquante cheviaux et quatre mille Indiens; car les habitants étant nombreux y et d'autant plus indomptables qu'ils n'ayaient jamais subi le joug des Incas^ il fallait donc des forces considérables pour les maintenir dans le devoir.

1 6.' Belalcazar^ en retirant en même temps un si grand nombre d'Espagnols et d'Indiens d'un seul endroit^ trouva le meilleur moyen de remédier au manque de vivres qu'avait causé'dans le royaume de Quito la conduite imprudente et barbare de quelques conqué-»rants; car, sans cela, il aurait été certaine-^ ment en état de fournir des provisions pour plusieurs années. Je réserve pour le chapitre suivant les détails du voyage d'AmpUdia dan$ le nord, et je dirai ici seulement ce qui a rapport aux deux ports de mer et aux messagers envoyés chez les Huambayas et les Macas.

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