SOU-WANG
Le nouveau roi, fils du précédent, se nommait Tsang |j^ ; après sa mort il fut appelé Sou ^, c'est-à-dire caractère énergique, sachant se faire respecter et obéir (1). Il donna du premier coup une preuve de cette belle qualité ; à peine sur le trône, il se hâta de punir les révoltés ; soixante-dix familles entières furent exterminées, avec toute leur parenté.
En 377, Sou-wang se voyait attaqué par les gens de Sou ^, dont le roi de Ts'in ^ venait de faire la conquête ; leur armée, paraît-il, serait parvenue sans résistance jusqu'à Tse-fang j^ 3^ (2), c'est-à-dire au cœur même du pays, à une faible distance de la capitale.
Cette invasion a dû être repoussée à temps ; puisque l'histoire n'a enregistré aucune perte de territoire, aucune prise de ville ; elle dit seulement que pour empêcher à l'avenir semblables incursions, Sou-wang fit élever la barrière appelée Han-koan Jff ^ (3), à l'endroit par où étaient venus les envahisseurs.
Quant à cette principauté de Chou, elle était déjà puissante sous la dynastie Hia g ; elle se donna le titre de royaume au temps de la décadence de la dynastie Tcheou ^ ; ce serait Tikou «J^ ®, l'un des premiers de la Chine, qui aurait attribué ce fief à un de ses fils, né d'une concubine ; comme il s'agit de temps si reculés, il faut se contenter de cette légende ; il n'y a pas de documents.
En 371, une armée de Wei J| s'emparait de la ville de Louyang ^ ^ (4), mais elle lui fut reprise aussitôt, car l'expédition ne poussa pas plus loin.
(1) Texte de l'interprétation; M^^M QM-
(2) La principauté de Chou = sa capitale était la ville actuelle de Tch'eng-tou fou J^ ^ /iï [Se-tch'oan] (g. Fa., vol. 67, p. p. 1, 6).
Tse-fang= c'est Song-tse hien^fô ^X /pp» à 120 li sud-ouest de King-tcheou fou ^j JH )^ [Hou-pé] (g. Fa., vol. 78, p. 21).
(3) La barrière Han-koan = était à 70 li au sud de I-tch'ang fou S s /lï [Houpé] ; c'était la plus importante et la plus dangereuse de la contrée. D'autres passages fortifiés, comme Kiang-koan fjL HS ) à 29 li au sud de Koei-tcheou fou ^ yj\ /ff [Setch'oan] , était regardés comme faisant partie de cette barrière Han. (g. Fa., vol.|69, p. 6 —
vol. 78, p. 30).
(4) Lou-yang= [sud de la montagne Lou] = était un peu au sud de Lou-chan bien
® [U /ip » qui est à 129 li sud-ouest de Jou-tcheou î3f yt} [Ho-nan] ; la montagne est à 18 li sud-ouest de la ville ; à 90 li sud-ouest il y a l'important défilé de Lou-yang, qui conduit à Nan-yang fou (g. Fa., vol. 51, p. 38).
Cette même année 371, Sou-wang faisait la guerre au roi de Ts'i 3§ ; ce qui prouve qu'on ne se souciait plus guère de la fameuse ligue dont nous avons parlé plus haut; d'ailleurs cette campagne n'eut pas de suites ; le prince de Tchao |g ayant envoyé une armée de cent mille hommes [comprenant mille chars] au secours de Ts'i, les troupes de Tch'ou se retirèrent.
Cette expédition est cependant restée célèbre, à cause de l'ambassade et du discours du fameux charmeur Choen Yu-koen ifg; -^ ^ (1) ; mais cela concerne surtout l'histoire de Ts'i ; nous l'y trouverons à sa place naturelle.
En 370, mort, de Sou-wang. Comme il n'avait pas de fils, c'est son frère Hiong Leang-fpu ]|Ê J^ ;^ qui lui succéda sur le trône.
(1) (ZottoU, IV, p. 240).