‹ Histoire du royaume de Tch'ou: 1122-223 av. J.-C (volume 2)Chapitre 20 sur 33 · J>— «2SL-A · texte numérisé non relu

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SIUEN-WANG (369.340).

Siuen ^, le nom historique ou posthume du nouveau roi signifie : homme qui écoute tout ce qui est bon et saint [pour le pratiquer, sans doute!] (1)

Le prince de Song ^, dont le territoire se trouvait placé entre Tch'ou et Ts'i ^, avait pris parti pour ce dernier, dans la dernière campagne ; Siuen-wang le fit avertir que s'il recommençait il l'en punirait sévèrement.

En 354, le prince de Wei J^ assiégeant la capitale de Tchao ^, Siuen-wang envoya une faible armée au secours de ce dernier, sous la conduite du général King-ché ^ ^. Il est assez curieux de voir quelle était la raison politique pour laquelle le roi de Tch'ou crut bon de s'engager dans ce démêlé:

Le grand seigneur Tchao Hi-siu BS ^ tt ^'^^ dissuadait en disant : laissons le prince de Wei faire cette conquête ; devenu plus puissant, il exigera encore d'autres territoires ; Tchao en sera affaibli d'autant ; si celui ci refuse, ils se feront une guerre à mort, et s'épuiseront tous deux, à notre grand avantage.

Mais le seigneur King-ché ^ ^ répliqua: Hi-siu n'y entend rien ! Le prince de Wei, dans cette expédition, a grand' peur que nous l'attaquions par derrière ; si nous ne secourons pas le pays de Tchao, il est perdu ; celui de Wei, notre voisin s'agrandira du double ; comment dire que tous deux s'épuiseront ! Si le prince de Tchao prévoit sa ruine, il se réconciliera avec celui de Wei, et tous deux se tourneront contre nous. Ainsi il vaut mieux envoyer du secours, mais en faible quantité ; comptant sur notre appui, le prince de Tchao va certainement livrer bataille ; celui de Wei luttera avec acharnement ; c'est alors que tous deux s'affaibliront. Par ailleurs,, les rois de Ts*in ^ et de Ts'i ^ entrant dans nos vues, prendront aux deux adversaires quelque partie de leurs territoires ; ainsi nous serons débarrassés de Wei !

Voilà les «bons et saints» conseils qu'écoutait et suivait Siuen-wang. Sa petite armée laissa prendre la capitale Han-tan ^ 55 (2), ce qui était convenu ; elle enleva de plus au prince de

(1) Texte de cette interprétation; S W ^ H B a »

(2) Han-tan = était à 20 li sud-ouest de Han-tan bien Vu ?P J|p ) qui est à 55 11 sud-ouest de sa préfecture Koang-p'ing fou JH ^ M [Tche-ly] (p. Fa., vol. 2, p. 60).

Wei la ville et le territoire de Soeiyang IÈ ^ (^)- Quelle belle chose que la vertu païenne ; elle n'est guère gênante !

Ces deux seigneurs King-ché ^ ^ et Tchao Hi-siu DS H {É étaient membres de la famille royale, et comme tels très puissants. Les King ^ avaient le privilège de porter le uom de Mi :^, comme le roi lui-même ; son temple des ancêtres était aussi le leur. Les familles de ce nom sont originaires de Tch*ou ; elles sont nombreuses dans la province de Chen-si ^ "g ; c'est le terrible Che-wang-ti jé 3E îî? ^^ Ts'in ^ qui les y a transplantées^ quand il se fut rendu maître de toute la Chine.

Tchao Hi-siu était un ministre et général assez célèbre : son collègue le jalousait ; mais leurs querelles n'intéressent que médiocrement une histoire générale ; nous en omettons le récit.

Tchao Hi-siu avait encore un autre ennemi ; c'est Kiang-i iL' Zj^ descendant des roitelets de Kiang-kouo ^ |3, de la famille royale Yng ^; il était aussi très puissant; pour déprécier Hi-siu, et flatter Siuen-wang, il inventa (ou raconta?) la fable suivante, qui est légendaire en Chine:

Le tigre ayant attrappé toutes sortes d'animaux, les mangea ; ayant pris un renard, celui-ci lui dit : prenez garde de me toucher ; car le ciel m'a établi le chef de la gent animale ; si vous me mangiez, il vous arriverait malheur! Si vous ne mé croyez pas. faisons la preuve! Je vous précéderai de quelques pas: vous allez voir comme tout fuira par respect, à mon approche! Le tigre consentit à faire l'expérience, et fut assez simple pour croire que cette crainte était inspirée par le renard, non par lui-même.

Le tigre, ajouta Kiang-i, c'est votre Majesté; Hi-siu n'est qu'un renard^ qui abuse de votre puissance à son profit.

La mère de ce Kiang-i est une héroïne chinoise très populaire ; mais nous laissons de côté toutes les légendes qu'on en raconte.

Nous omettons aussi les contes merveilleux écrits sur Tsefan ^ ^, général de cette époque ; les romans et les comédies continueront encore longtemps à perpétuer sa gloire, ses succès prodigieux par des moyens si simples, ses victoires remportées par le seul ascendant de la vertu, etc.

En 340, Weî-yang ^ H, seigneur de Chang-kiun ^ ^, ministre fameux de Ts'in ^, dont nous avons parlé à la fin du règne précédent, ayant attaqué et trompé tous les rois et les princes voisins, envahissait enfin le royaume de Tch'ou,iquand mourut Siuen-wang.

On ne connaît pas d'autres détails.

(1) Soei-jang= était à 30 li au sud d«; Koei-té. fou OT S /IT [Ho-nan] . La rivière Soei, qu'on écrit aussi ^^^ est au sud de la môme préfecture (g. Fa., vol. 50, p. p. 3 et 4).

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