‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 114 sur 205 · I III. RÉVOLTES AU NGAN-HOEI. S · texte numérisé non relu

I III. RÉVOLTES AU NGAN-HOEI. S

quea n'était pas moins étendue que redoutable ; il importait extrêmement de les ménager tout autant que jadis sur les rives du Nil et de l'Euphrate. Les collines aux abords de Nankin conservent de nombreux vestiges de leurs sépultures, parfois somptueuses.

Ironie de l'histoire ! Hong^ou, lisant l'avenir dans les souvenirs du passé, avait pourtant interdit à tout eunuque de se mêler des affaires de l'état, d'entrer dans l'armée, même d'apprendre à lire. Lettre morte que ce décret si sage comme tant d'autres ailleurs qu'en Chine !

Le P. de Magalhaêns prévenait ainsi ses lecteurs de Texistence anormale des deux capitales chinoises : «Durant le règne des Ming, on comptait treize provinces et deux Cours ; parce que la ville de Nankin était Cour comme celle de Pékin, et avoit de même six suprêmes Tribunaux, et tous les autres qu'on voit en cette dernière (1).» La coexistence et les attributions respectives de S. Pétersbourg et de Moscou, de Vienne et de Buda-Pesth, donneraient une idée approchante de l'anomalie d'une capitale ainsi doublée ou dédoublée (2).

L'alerte fut des plus vives à Nankin quand, en 1637, Tchang Hien-tchong ^Jf^^^ (un vulgaire chef de brigands, ou le héros malheureux d'une revendication politique et nationale, selon les opinions conservatrices ou avancées des chroniqueurs) réussit à s'emparer de Ngan^h'ing $ jji '^ capitale du Ngan-hoei. L'orage passa sans causer d'autre mal que la peur. Ainsi en fut-il lors de la prise de Ho^tcheou ^ )i\ par des rebelles (1642), dans cette même province. Ces tentatives maintenaient Nankin sur le quivive ; Ton veillait surtout aux portes plus voisines du Yang-tse Kiang,

Nous reviendrons à loisir sur ces révoltes. Le premier personnage, empereur au Se^tch'oan^ favorisa, puis persécuta les missionnaires; il fut tué par les Tartares en 1649. Le second, Li Tse-tch'eng ^ ^ j^ parvint à gouverner pour un temps le tiers de Tempire et finalement prit Pékin en 1644; son rôle appartient dès lors à l'histoire de Chine.

En dehors de ces événements presque locaux, de ces particularités sans retentissement général ou limitrophe, rien de saillant pour l'ensemble de cette période transitoire ; l'intérêt se porte ailleurs. Endormie dans sa quiétude, la '*Cour du sud", peuplée de jouisseurs inactifs et satisfaits, se voit de jour en jour préférer sa rivale du nord, aux mains d'une race plus agissante. Une lente et sourde évolution prépare l'avènement, avec la sujétion à un peuple étranger, de l'âge actuel, moderne du moins :

(1) Nouvelle relation^ p. 202.

(2) En 1897, on proposait à Tliftlie de prendre Florence pour capitule effective tout en laissant à Rome la prérogative de capitale d*honneuT.

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