I III. PRISE DE PÉKIN ET MORT DE TCHOANG LIÉ TI
d'un TsHn ^ baptisé en cette ville par Ricci en 1600, conservait, quarante ans plus tard, le monopole du transport à Pékin d'une part du tribut impérial, prélevé alors comme aujourd'hui, sur la récolte du riz. Le convoi, d'environ 500 barques, se formait vers Longf-ran f| jp, au bord du Yang^tse kiang (rive sud), à quelques lieues au nord-est de Nankin. Une croix rouge s'enlevait sur le champ jaune (impérial) du pavillon des jonques chrétiennes ; leurs équipages possédaient vraisemblablement une chapelle, centre de réunion des mariniers, dans une des grandes îles du Kiang k cette hauteur. P. Colombel, IIP fascicule, 362.
En 1642, Li Tse-tch'eng ^ g j^, un autre tyran (un autre patriote, si l'on veut), qui parvint à imposer son autorité au tiers de l'empire s'empare de K'ai-fong fou. Il s'improvise également empereur. Tannée suivante, à Si-ngan fou "jS 4i J^ (dynastie Ta choen ^ Jjg, nom de règne Yong-tch'ang ^ ^ ) et prend Pékin en 1644, date mémorable dans l'histoire moderne de la Chine. Tch'ong-tcheng se pendit à un arbre de son parc, sur le Meichan ^ llj '^colline de charbon", après avoir tenté d'immoler sa fille. Il ne réussit qu'à lui abattre la main gauche, et elle survécut ainsi mutilée. L'impératrice et les grands mandarins se suicidèrent (1). Li Kong '-fit mettre en pièces le cadavre de l'empereur Tch'ongtcheng^ et tuer deux de ses fils, 1628-1644. L'aîné seul fut sauvé (2).
On avait conseillé à ce malheureux souverain, dernier des Ming, de se réfugier à Nankin, berceau de sa dynastie. Dédaigneux de cet avis, il préféra attendre l'ennemi dans sa capitale du nord, pour y finir par un lâche trépas. L'un de ses généraux,
massacrés et ne durent leur «alut qu'îl l»^ur qualité de frères "du P. Schall T*ang Joirang". Après diverses épreuves, ils arrivèrent à Pékin au début de 1648, bâtirent en 1653 le Tnng-Vatiffj dédié au Sauveur, {.rrâce aux larp^esses innpériales. '
Le P. Buglio enseignait v.ux p'?intr(s chinois la nnéthode "de dessiner et dépeindre les objets européens". Succès en p rspecMve. Du Halde III, 267. K'ang-hi les protégea. Buglio mourut à 76 ans, en 1682, à Pékin.
(1) On enterra T'rhong-trheiig aux Se-livg i^K^ Ma place qu'occupait le cadavre de THen H JË' concubine de premier rang. A ses côtés, on mit l'impératrice, qu'il avait obligée jI se suicider la veille de son propre suicide. Non loin de là se trouve la sépulture de l'eunuque Wang fch'eng-ngen. Inspecteur des Hites, qui défendit Pékin et se tua quand il apprit le suicide de l'empereur, de Groot p. 123.S.
(2) A. Favier, Péking, 148. — Mesny (op-cit. I, n" 311) appeUe aussi Li Tch^oangwnvg ^ S) ïi "Li Hap hazard Prince", ce Li Tse-tch'eng. — Consulter le Tableau synoptique mis (^i tAte du T. X. du P. de Mailla. Il résume les compétitions des divers candidats îl l'empire, lors de l'avènement de la présente dynastie mandchoue ; on y lira avec surprise : «1637. Interrègne durant lequel on établit le gouvernement Républicain. Durée 7 ans.» Cette lacune se place entre le§ deux Empereurs Mandchous Tai-tsong (années de règne T'icn-tsong Ji QB 1627-1686 puis Teh'mig-U % ^ 1636-1644) et CJMnttche JP ^î son neveu, 1"" souverain de la dynastie actuelle, soit entre 1637 et 1644.