‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 122 sur 205 · GH. XII. DYNASTIE DBS MING.— CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

GH. XII. DYNASTIE DBS MING.— CHRISTIANISME

Ou San-'koei ^^ ^ ;^, en garnison à C/ian-/iai koan [jj j{||||, fait appel aux Tartares, en vue de reconquérir Pékin : ils le reprennent si efTicacement qu'ils le retiennent encore, sous le titre dynastique des Ta-tf^Hng ^ jflf, actuellement régnants (1).

A la 3" lune de l'année 1644, affirment les Chroniques Nankinoises, on avait entendu, — présages des pires calamités ! — des pleurs mystérieux au Hiao ling :^ ^, ou Hoang ling ^ ^, sépulture officielle des Ming, et tombeau du fondateur.

Li Tse-tch'eng ^ g ^ fut tué après deux mois de règne. On devinerait avec peine, à défaut de relations circonstanciées, ce que les missionnaires jésuites, disséminés dans les Provinces, souvent accaparés à la cour des prétendants plus ou moins infortunés qui les élèvent, les persécutent et les exploitent au gré des événements ou de leurs caprices, eurent à souffrir dans les fluctuations des partis en guerre, tour à tour triomphants ou vaincus. A ces missionnaires d'occident, il était interdit de rester neutres ; en pratique, on les mettait en demeure de se prononcer et de servir, malgré leur désintéressement de toute compétition dynastique. L'histoire prouve du moins qu'ils firent tout, dans les camps les plus opposés, pour promouvoir au premier rang les intérêts de la gloire de Dieu, par la conversion de la Chine.

A la nouvelle des graves événements survenus à Pékin, que venait d'enlever le chef des révoltés Li Tse-tch'eng^ g jj^ (1644), à Tannonce surtout du suicide de Tch'ong-tcheng ^ ||[, l'empereur légitime, les principaux mandarins de Nankin enrôlèrent de nombreux soldats, rangés sous les ordres de Che K'o^fa jji îj ^, pour la défense du Trône national (4** 1. 1644.) (2). Bientôt même (12 de la 4® lune), ils conçurent l'espoir, moins désintéressé, de restaurer la puissance impériale dans leur propre pays, longtemps délaissé par la Cour souveraine.

Dans ces vues, le vice-roi de Liu-tcheou fou ^ )ii f^ ^t Fong-yang fou J^ f% J^, nommé Ma Çhe-yng ^ ^ ^, fait venir de Hoai-ngan f^ ^, Tchou Yeou^song ^ ^ J^, Prince Fou wang

(1) «En 1644, le 26 mai, les Chinois introduisirent les Mandchous dans la Chine par les gorpes de Chav-hni Koav, et le 6 juin, ils arrivèrent devant Pékin.» De M'ailla Tableau synoptique en t^te du X« volume.

Du Haldc. I. p. 446. Le roi Tartare Tsong-tê amena 80.000 soldats à Ou San-hoei qui résistait au rebelle Li Tsc-tch'enq. Ce Tso7iq-té ^ \H mourut presque aussitôt, nommant pour successeur son fils Choen-tvhe f^ jpf placé sous la tutelle de son frère à lui, A ma Wang. C'est probablement le temps de cette tutelle que le P. de Mailla t. X regfarde comme République.

(2) Avec Che K'o-fa 52 Rj SE ' l'on nomme aussi Kao KHé |P| B| parmi les défenseurs de Nankin; ils opposèrent aux Mandchous, dans le Ho-naiif les généraux Lieoii Hong-ki, Hiu Ting-kouo f^ >Ë B et Wang Tche-hang, (De Mailla, T. X). L'ennemi battu, Hiu Ting-kouo rallia l'armée du Général Kao-K^iéj qui le tua dans une querelle au milieu d'un festin, et passa aux Tartares après ce meurtre.

I III. HONG-KOANG (fou-wang), 1644. 223

J, fils de Tchou Tch'a.ng-'Siun ^ ^ jtl et arrière-pelit-flls de l'Empereur Chen-lsong j^ ^ (1573-1620). On l'attira à Nankin, je ne sais sous quel prétexte, et on lui persuada de ceindre la couronne de ses ancêtres. Arrivé à Nankin le 2 de la 5° lune (1644) le Prince Fou-'V^ang jpg J visita le Hiao ling ^ g| pour donner plus de corps à ses revendications familiales et dynastiques. Trois jours après, il prit possession de l'ancien palais, occupé par l'eunuque gouverneur militaire de Nankin, le iVanhing cheou-pei î§ ^ *3F fli- Puis il monta sur le trône dans la salle Ou-yng tien "^ ^ gg[. Il se constitua des gardes du corps, pour sa sûreté personnelle et choisit, comme premier ministre, l'eunuque Li Kouo-fou ^ H j$. Le nouvel empereur devint Che-tsou hoang li tft jJË M ^j ^vec le titre de règne Hong-koang 5/ ^. A la 7" lune, dans la salle Fong-sien tien ^ 5& ^ (réparée au début de 1645), il sacrifia h toute la série des empereurs, ses aïeux, depuis Ming T'ai-tsou B^ :fc jl jusqu'à Tch'ong-tchen H (1368-1644).

A la 8® lune, il avait offert en personne le sacrifice automnal à Confucius ; il dénomma Ts'e-hi tien ^ jpj ^ le palais occidental Si'kong |f $, à peine achevé. Du Ho-nan fpj ^, il avait fait venir Tcheou-che HU J^, la «reine-mère»; par piété filiale, il lui assura un rang conforme à sa propre ambition.

En définitive, le nouveau potentat dépensa le meilleur de son activité à organiser son harem et sa maison (1) ; il lui restait trop peu d'énergie pour dominer les cabales et les dissensions dont Nankin était le foyer [cf. de Mailla X, 511). Les historiens chinois font ressortir combien ses mœurs privées et sa politique

(l) Sur son ordre, on assembla les plus belles jeunes filles dans la salle Yuen-hoel tien et il s'y composa un assortiment de concubines à son gré. C'est à peu de chose près (sans rappeler Assuérus, ni le Livre d'Esther), le honteux privilège de la Cour tartare de P<?t(in, o(\ rimpèratric^-mère pourvoit encore le ^ "X» "Fils du Ciel." «Outre celle qui était décorée du titre d'Impératrice, le cérémonial, dit le Li-ki^ accordait \ un Kmpereur trois Reines ou concubines de l**" ordre, neuf du second ordre, 27 du 3® et 81 du A*. En outre les servantes de ces femmes sont en nombre illimité. Sous Tch^en Heouirhouy dernier Empereur de la petite dynastie qui précéda celle des Sorl, le nombre des femmes renfermées dans le palais se montait à plus de 10.000. » Mémoires concernant les Chinois V. p. 126.

Après cela, après ce que nous avons tous vu et entendu partout en Chine, depuis longues années, qu'un agréable farceur surnommé Tclieng Ki-tong^ vienne nous vanter la pureté des mnmurs, la fidélité des époux etc. Qu'un soit-disant attaché d'ambassade nous assure que la polygamie est défendue en Chine (Echo de Chine, 3 oct, 1900) : nous saurons qu'en penser. Il est vrai qu'après tout le vol est aussi défendu, peut-Atre môme le mensonge ! Ce plaisant article, après avoir nié l'existence de la polygamie, nous parle de... femmes auxiliaires ! I ! Ed.

Lire j\ la Gazette de Pékin 19 sept. 1895 : le mémoire d'un Censeur dénonçant nn Gouverneur du Kîang-si pour "excessive connubialiti/* v. Dail. News 'du 28 nov.

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