‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 124 sur 205 · GH. XII. DYNASTIE DES MING.— CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

GH. XII. DYNASTIE DES MING.— CHRISTIANISME

r'ai-p*ingf fou. La populace tira de prison Wang Tche-ming, son idole, pour racclamer successeur 'des Ming (de Mailla, X, 529.) Mais le mandarin-gouverneur Tcheng Tche-'long ne ratifia point l'élection populaire ; il dégrada le monarque improvisé, qu'il contraignit de fuir à son tour par la porte Hong-ou men ^ ^ p^- Le 14 de la 5* lune (1645), les Mandchous, commandés par le Prince Yu wang ^ ^, arrivèrent sous les murs de la ville, abandonnée par ses empereurs. «Nankin n^attendit même pas qu'on le sommât de se rendre», dit le P. de Mailla (X. 529). Kao Tcho m 1$ (président du bureau des supplices) fut tué. Les mandarins Tchao Tse-long ^ ^ f|, Siu Yun-tsio ^ ^ 8^ et Wang To ^ m se signalèrent par leur précipitation à trahir ; ils livrèrent Nankin à Tarmée des Ta-ts'ing (dynastie actuelle), dès que son avantgarde apparut en vue des Terrasses des sacrifices au Ciel, au 8.B. de la ville. Le Prince Yu -wang fli I fît son entrée dans la Capitale du sud. Tchao Tse-long fut créé comte, sous le nom de P'ing^kouo Kong ^ H ^.

Quant à TEmpereur Hong-koang (Fou Yeou^song,) il courut chercher un refuge vers T'ai^p'ing fou, à quinze lieues S. E. de sa capitale; mais on refusa de lui en ouvrir les portes. Il se dirigea sur Ou'hou, un peu plus loin, et tenta d'y passer le Yang^ tse\ quand un de ses officiers, Vong Tse-h^i |t î i^' ^® voyant en danger de tomber aux mains des Tartares, le saisit à bras-lecorps et l'entraîna dans les flots, où il périt avec lui (1). Nankin n'avait abrité qu'un an cet essai de restauration impériale par un des descendants de ses vieux Ming. Les Tartares firent de rimmense cité, très forte pour le temps, une solide base d'opérations militaires, en vue de réduire la Chine centrale.

Les mandarins nankinois, fidèles au passé, jetèrent les yeux sur un autre rejeton des Ming (de Mailla X, 531), Tchou /-/lat ^ £1 ^ï Prince de Lou ^, qui, à la mort de Hong-hoang, se trouvait à Hang-tcheou. Le Prince de T*ang ^ se rendit auprès de lui pour le décider à accepter le trône. Très populaire, et, à

n avait donné en mariage à son fils une princesse du sang. Afin de l'attacher plus solidement à sa fortune, il avait créé lieutenant-général des troupes de l'Empire son parent Tcheng Hovg-koei. Mais dès lors, Tcheng Tche-long méditait de trahir les Ming do Nankin et do passer aux Tartares.

(1) Les Chroniques locales relatetit que Hong-Jcoang fut pris quelques jours après la chute de Nankin, dans le voisinage de la ville, et envoyé au nord. Du Halde (I, 466) dit qu'il fut étranglé à Pékin. Nous suivons le récit de de Mailla (X, p. 530). Naturellement le Tableau sjnoptique en tAte du volume adopte cette version sur celui qu'il appeUe le dernier Empereur des Ming, mort dans les eaux du Yang-tse, à la 3* lune de l'an 16i5. En général, les historiens chinois l'excluent de la liste officielle des Souverains. Toutefois certains auteurs comptent Che-tsou Tchang Hj ou ^Hong-koang (antérieurement Tchou Yeou-song Ming y dont il clôt, disent-ils, la dynastie.

iteurs comptent Che-tsou Tchanq Hj ou ^Hong-koang (antérieurement Tchou >R m jR' Prince de Fou JM/ pour le 17*, ou même le 18* Empereur des

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divers points de vue, recommandable, le nouveau souverain nt se mit pourtant pas en peine d*enrayer les progrès incessants des Tartares, qui, retranchés dans leur boulevard de Nankin, avaient, suivant une politique fort avisée, confirmé dans leurs postes les mandarins de la dynastie vaincue. Pour mettre fin à la guerre civile, le Prince de Lou, enfermé bientôt dans Hetng^ tcheou, se livra aux Mandchous qui le mirent à mort. Ils lui avaient pourtant promis la vie sauve (de Mailla, X. 545).

Tout le pays de Tch^ang^tcheou, Sou-tcheou, Song-^kiang et Chang-hai avait accueilli les vainqueurs; leurs habitants «les reçu» rent avec la même afTection qu'ils auraient fait les troupes chinoises» (de Mailla X, 531). Mollesse de caratère ou indifTérence pour la dynastie indigène des Ming, la région du bas Yang^tse a depuis long' temps pris son parti de la domination étrangère. Le cas échéant^ elle accepterait avec la même apathie le joug d'une puissance européenne.

L'histoire mentionne quelques autres essais avortés de restauration impériale en faveur des Ming, qui, après 276 ans de règne, ne pouvaient se résigner à abandonner la partie; par ambition ou patriotisme, quelques-uns de leurs descendants firent une assez belle défense. Les provinces du sud, qui leur restaient fidèles, firent venir de Sou^tcheou au Fou^'hien un membre de cette famille Tchou Yu^kien ^ ^ ^ prince de T'ang J^ (De Mailla le nomme Tchou Tsin-hien). Aidé de Tcheng Tche^ong fR S H Ll^dî^ condamné à la prison perpétuelle sous Tch'ang Tcheng pour rébellion, et délivré par Tamnistie générale accordéi^ par Hong^koang au début de son règne à Nankin], il se laissa porter au trône en 1645. Il donna à la ville de Fou^tcheou (Fo-kien) le nom de T'ien-hing fou 5^ ^ /fip et celui de Long-ou m |êÇ aux années de son règne.

Le prince de Lou ^ (au Tché-kiang ) et celui de Siun^kiang ff ÎL {^^ Kiang^si), protestant contre cette élévation au trône, prirent le titre de «Protecteurs de l'Empire», lequel comptait au moins quatre compétiteurs. Battu par les Tartares et victime d'une défection quasi-générale, le Prince de Lou se retirera plus tard aux îles Tcheou-chan ^ [Ij-

Le prince de T'ang Jg^, successeur des Ming, bien qu'il appartint à une branche indirecte de la famille impériale, brigua aussi le concours du P. Sambiasi, qui lui avait jadis rendu plus d'un service à Tch'ang-tcheou ^)i\ près Sou-tcheou. Le missionnaire déclina personnellement toute distinction honorifique; mais il fut assez heureux pour obtenir des édits favorables au christianisme. Officiellement accrédité pour la circonstance, il fut envoya à Macao, avec l'eunuque Achillée P'an, baptisé à Pékin, et fidèle serviteur des Ming, sous les derniers règnes. Sa mission consistait, on le pressent, à entamer des pourparlers avec les Portugais, en vue d'une entente dont Sambiasi devait préciser la nature et spécifier les conditions. Les Mandchous complétèrent,

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