‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 126 sur 205 · CH. XII. DYNASTIE DBS MING. CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

CH. XII. DYNASTIE DBS MING. CHRISTIANISME

perpétuel du fait de courber la tète sous un joug étranger ; des fauteurs de désordres et des chefs de sociétés secrètes savent trop perfidement exploiter cette situation. Pour plusieurs écrivains chinois, le Prince de Koei est réellement le dernier empereur des Ming, qui auraient ainsi duré jusqu'en 1659, 16* année de Choeri'tche (1).

Ou Sari'hoei se révolta en 1673, reprit Thabit chinois, souleva le CheU'Si, le Yun'-na,n, le Koei-tcheou, le Se-£c/i'oan et la moitié du HoU'koang, soit le tiers du Céleste Empire (2). D'autres insurrections anti-dynastiques se produisirent aussi au Koang^tong, au Fou'kien, en Mongolie (en faveur des Yuen ou des Ming), et à Pormose. R'ang-hi, occupé par la guerre des Eleuthes, dut faire face à tout. C'est en ces conjonctures qu'il enjoignit au P. Verbiest de lui fondre des canons. Le Général Mesny nous confie à la page 52 de sa compilation (vol. I. 1896.) qu'il a vu quelques-uns de ces canons sur les murs de la ville de Y'xm^ nan fou (3). Il témoigne qu'ils sont, à tous égards, supérieurs à ceux que les Chinois peuvent usiner avec leurs méthodes propres. Mais il a tort de supposer «que la haine invétérée, vouée depuis les jours de K'ang-hi à tous les missionnaires chrétiens, soit principalement le fruit de l'assistance, fournie par les Jésuites aux Tartares, contre les Chinois.» Forte de cette artillerie, la dynastie actuelle aurait, en 1678, comprimé les

(1) De Groot, vol. III, mentionne l'ouvrage de Mao K^i-lin ^ "^P Hp^ contemporain de Kou Yen-ou flB ^ PC ©* auteur d'une série de mémoires sur les Ming, publiés sous le titre Tong-che Chei-ki i^ ^ |& 9t ffi '

(2) Son fils avais été retenu comme otage à Pékin ; lui-même y fut mandé. Justement défiant, il répondit : «Si Ton me presse, j'irai, mais à la t(^te de 80.000 hommes.» Poussé à bout, il abandonna la cause des Mandchous. Son fils fomenta en vain une sédition à Pékin ; il mourut dans les supplices.

(3) N. C. D. N. 2 fév. 1898. Relation des 3 bicyclistes. — Sur les murs de Yunnanseng **two of thèse cannons were cast in the old days by the Jesuits, who blessed them (qu'en savent-ils?) and had across affixed in relief a nice ^) appropriate design to pat on murderous instruments !j»

Cela vaut bien V.K. (Victoria Regina), ou la bouteille^de Champagne que l'on brise en lançant un croiseur ou un torpilleur à l'eau !

Une lettre de M. Faivre, lazariste, missionnaire à Nankin, où il arriva le 20 juill. 1840, raconte (Ann. de la Prop. de la Foi, t. XVI. Lyon 1844, p. 290) qu'il vit à Kiutcheou fou Hl jHi jj^ au Tché-kiang, parmi les curiosités de la ville une dizaine de canons qu'on dit avoir été fondus par les missionnaires européens; quelques uns d'entre eux sont au moins des pièces de 24.»

U vit aussi le cimetière des X«» à 2 lieues de la ville. "Il a au moins 200 pieds de long sur 80 de large." Les missionnaires d'autrefois sont dans le caveau d'une antique chapelle. Dans le plus grand, dans des urnes, sont les cendres de 10 jésuites : dans celui de gauche, les Cadavres de 2 jésuites, les 2 derniers qui aient évangélisé le Tché-kiang. Dans celui de droite, deux catéchistes (cantonais) des Pères.

s III. MORT DE OU SAN-KOBI. 233

rébellions du sud et du sud-ouest. Quoi qu'il en soit de cette dernière allégation, j'affirme que cette animosité (qu'on exagère) a pour cause première les excitations de la caste mandarinale et lettrée. L'ignorance populaire, l'orgueil de la race, la haine instinctive et nationale de l'étranger, d'autres intérêts inavouables font le reste (1).

Ou San-koei mourut paisiblement au Yun^nan, qu'il avait reçu des Mandchous à titre de principauté, 'et transmit ses conquêtes à l'un de ses fils. Ce dernier, vaincu par les troupes impériales, se pendit en 1680, dans la capitale de cette province, qui est encore habitée par des familles venues du Yang^tse moyen, avec Ou San-koei (2).

Bien qu'ils aient tous recherché les conseils et tâché d'exploiter l'influence, vraie ou supposée, des missionnaires d'occident, aucun de ces compétiteurs de la famille des Ming nankinois ne réussit à asseoir solidement sa domination souveraine, ni même à faire prévaloir sans conteste son autorité sur quelques provinc.es de l'empire. Cette dynastie indigène était irrévocablement perdue ; le sceptre de Chine passait aux mains de non-chinois et d'envahisseurs étrangers. Le mouvement T'ai p'ing ^ ^ luimême (nous le verrons en son lieu) devait avorter, deux siècles plus tard, dans la revendication de ces droits nationaux, avec Nankin pour capitale (3). «La Chine aux Chinois !» reste un cri séditieux, anti-dynastique, dans les provinces et près la Cour de Pékin, où trônent les Tartares-Mandchous. Toute lutte pour l'autonomie, pour l'indépendance politique, prendra fatalement le caractère insurrectionnel d'une révolution, qui réserve peut-être à Nankin quelque rôle plus digne de son passé (4).

(1) V. The Jesuits in China, by R. C. Jenkins. London 1894. L'auteur, ministre protestant, montre de la sincérité, malgré plusieurs injustices dues peut-être à l'ignorance.

(2) Sur ces mouvements de Ou San-hoei^ cf. E. Rocher, La Provincf. chitioiae du FMM-wan, p. 180 et spq. — Ce général entreprenant avait reçu d'Ama-wang, régent pendant la minorité de Choen-tche, avec la vice-royauté de Si-nganfou^ le titre de PHng-n Wang ^ H i «Pacificateur de l'occident,» titre remis plus tard en honneur par les T*ai-

pHng de Nankin, pour un de leurs i Wang ou Princes feudataires.

(3) de Groot. p. Iia5. "En 1699, K'ang-hi de passage à Nankin, fit rechercher les descendants des Ming^ en vue de pouvoir en nommer un comme "Chargé des sacrifices au tombeau de Hong-ou, avec un titre mandarinal."

«En 1724, un Ming^ Tchou Tcho-Uen^ fut élevé il la dignité héréditaire des Hieou du 1" rang. Ses descendants vivent encore à Pékin," p. 1185.

(4) A la chute des Ming^ vers 1644, la Chine propre comptait environ 70.000 chrétiens. Actuellement l'Empire compterait plus d*un demi-million de catholiques.

Nankin possédait deux églises avec 600 chrétiens (P. Couplet), cf. Var. n* 12, p. 99.

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§ IV

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