CARTE ~| — MURAILLES — PORTES
Notre excursion parmi les événements dont Tempire fut le théâtre, lors de la révolution dynastique qui renversa les Ming, ne doit pas nous faire perdre de vue les changements topographiques^ accomplis à cette époque dans Nankin et ses faubourgs.
Nous Tavons montré : Hong-ou, le fondateur de la dynastie chinoise, avait sans retard agrandi cette ville et Tavait promptement transformée en capitale, selon les idées traditionnelles du Céleste Empire. Le commentaire historico-géographique qui accompagne la carte N"" XII «Nankin sous les Afmg», nous permet de compléter ainsi les précédentes remarques.
A. — Les murailles demeurèrent telles qu'on les voit encore aux Nan men, Ta-si men, Choei-si men : on se contenta de les dénommer respectivement Tsiu-pao men, Che-tch'eng men (Han-si men) et San-chan men (Choei-si men). On combla, partiellement du moins, les fossés de la ville, Tch'eng-hao, auprès de Tancienne porte de l'est; le mur fut prolongé vers l'orient dans cette direction, et l'on y réserva les portes du Tong-si men et du Tcheng^ yang men (Hong-ou men) (1). Un peu plus à Test, la muraille remonta vers le nord, et ce front oriental fut percé, sensiblement au milieu, de la porte Tchao-yang men. Aux pieds des ramifications de la montagne Tchong chan ou Mont S. Michel (aliàs Tsekin chan) et à la base nord-est de la colline Long-koang chan, comprise en ville, on créa T'ai-p^ing men. Le mur fut continué jusqu'à la butte de Foxi-tcheou chan, à l'ouest de cette porte, à laquelle on accède du dehors par une haute levée en remblai. Plus loin, la muraille endigue au sud le lac Yuen^ou hou, aliàs Heou hou, et, pour cela, elle utilise pendant quelques centaines de
(l) M. Henri Cordier (Bibliotheca sinica p. 239) mentionne un plan de Naiikiu annexé (nianiiRcr. de la Bibliothèque de la ville de Lyon) aux Anualfs de Chine, 2* vol. (abrépé d(^ la jurande Histoin? du P. de Mailla, d'après Se-nia tsi'en).
Le ms8. du P. de Mailla est à la Bibliothèque Nationale. Un bienveillant correspondant me fait savoir, après examen, que ce plan irisipnifiant, étranger au manuscrit, n'a aucune valeur positive; dessiné après coup, c'est une \ue plutôt qu'un plan.
La relation de l'Ambassaih' hollandaise (1G55-1657), publiée par Nieuhotï en 1(565, spécifie que le voyage se lit par eau de Ou-hoii A NanJcin, où l'on entre par le'/'Suisimon" (Choei-si mm). La ville avait, y est-il dit, un million d'habitants, 40.(K)0 Tartares, 13 portes et une muraille de 20 railles d'Italie. Beaucoup de documents de cette relation sont de seconde main, parfois... de fantaisie.
Le chemin, qui s'embranchait immédiatement au sortir de Tchao-yang men et longeait le mur quelque temps vers le sud, passait le pont (ruiné) de Kou-kio k^ixio (visible il la morte-eau) pour aboutir i\ Ts^ang-po men sur la Grande Enceinte.