CAPITALE PÉKIN
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ORGANISATION SOUS LES TS'INO.—CATtTE ^^,\\,
Nankin, trop solidement occupé, résigné à sa déchéance, ou bien estimant sa destinée très sortable, s'abstient de prendre une part trop active aux nombreuses révoltes des provinces contre les nouveaux dominateurs. Dès 1645, à la 5* lune, le prince Yu ^'^^9 M I (^^^ ^0 Ift ^» titre de règne Choen-^tche |g ^), premier des TsHng J^, avait reçu la soumission des fonctionnaires et des troupes de Nankin. Les Mandchous désignent deux eunuques, l'un directeur, l'autre son second, pour garder le Hiao ling ^ |^, ou Tombeau de Hong-ou ^ ;JÇ, le fondateur de la dynastie chinoise qui venait de succomber. On leur adjoignit quarante personnes avec leurs familles, dont les descendants occupent en partie le village ruiné de Hiao-ling wet ^ g^ ^, Cette mesure conservatrice ne manqua point son effet local et eut un heureux retentissement dans l'empire, encore à pacifier (1).
A peine intronise (2), le jeune empereur tartare, devenu l'Empereur de Chine, changea Nan-king, *'Cour du sud", en province du Kiang-nan ; la préfecture de Yng^t'ien fou s'appela
(1) «Les Mandchous ont délaisBÔ Nankin, capitale naturelle de la Chine et se sont ctablis à Pékin, ville excentrique, ayant moins d'avantages naturels que Nankin, parce que les Mandchous étaient des conquérants, et non des libérateurs, et qu'il est dangereux pour un conquérant d'Atre trop loin de sa base d'opération.» Cosmos, 1898. p. 722, article signé H. C, explique le sens de Nankin, Pékin, Tokio (capit. de l'est), Kyoto (capit. de l'ouest).
Il n'en reste pas moins vrai historiquement parlant que ce sont les Ming qui ont choisi Pékin (gradatim) et que les Mandchous ont attaqué et pris Pékin capitaU avec son Empereur qui y résidait.
La province du Trhe-H^ où se trouve Pékin, s'appelle quelquefois Pé-tche-li^ par opposition au Nan-tche-liy que portait le Kiang-nan lorsque la capitale était à Nankin. {Trhe-Ji p. c. q. l'administration directe, centrale, s'y exerce). G*» Encycl. au mot Chine.
(2) "Je crois pouvoir dire d'un poste éminent et délicat, qu'on y monte plus aisément qu'on ne s'y conserve." La Bruyère. Caract. Cette maxime s'applique fort bien aux dynasties chinoises.
238 CH. XIII. DYN. RÉGNANTE (XXII*) DES TA TS'iNG, 1644.
le Kiang-ning fou. Les deux sous-préfectures qui se partagent la ville restèrent distribuées comme sous la dynastie renversée : Chang-^yuen hien J: ^ JH et Kiang^ning hien (1645).
De même la muraille urbaine et Tenceinte extérieure Tch'eng^ houo jfeS 115 et T'ou-tch'eng j^ j|| demeurèrent ce qu'elles étaient sous les Ming, On se contenta de fermer les quatre portes : Ts^ing-liang men ^ }]S P^» Ting-hoai men S îH P^, Tchong-feou men ® ^ P^ et Kin-tch'oan men ^ )\\ P^, condamnées jusqu'à ce jour.
Je suggérais un jour à Tun des soldats, gardiens du poste militaire, qui fainéantent sur une de ces portes supprimées, que, vu l'augmentation incessante de la population urbaine, il serait expédient d'ouvrir cette baie, pour la commodité de la circulation. «Gela ne se peut,» reprit-il mystérieusement. — «Et pourquoi?... Sous les Ming, toutes ces portes étaient ouvertes...» — «Si on le faisait, il y aurait trop de maladies au Nan menln
Un lettré chinois me donnait cette autre raison pour ne rien rouvrir: «Les voleurs entreraient en ville!» — «Ils en pourraient tout aussi bien sortir,» répliquai-je.
A la première lune de 1646, Tchou I-lè ^ ^ j]îij, le soidisant Prince Choei-tch'ang wang ^ ^ J, probablement quelque descendant des Ming, ébaucha un commencement de révolte. Le mandarin tartare K'ang Ngo j^ ^ n'hésita point à emprisonner trente de ses complices. Puis, à la 9^ lune, il se saisit du conspirateur et le fit exécuter.
L'année suivante (1647), on établit à Nankin un «Vice-roi du Kiang-nan», avec autorité sur les trois provinces: le Kiangnan Ùl ^, le Kiang-si ^C W et le Ho-nan fpf ^. Dès 1649, la dernière fut détachée, et la juridiction de ce Gouverneur-Général se trouva limitée aux provinces du Kiang-nan et du Kiang-si.
Choen-tche, qui avait 14 ans à la mort du chef du conseil de régence, tuteur Ama-\K'ang (le ''Père^Prince"), le Prince Tse^tcheng -Wang, changea le moins possible aux us ot coutumes des Chinois, quand il prit en mains les rônes du gouvernement. Il ne permettait pas même aux indigènes «d'apprendre la langue tartare, sans une dispense particulière. Il conserva les six Tribunaux souverains, mais il voulut qu'ils ne fussent qu'à Péking; ainsi ceux de Nanking furent supprimez» (du Halde, I, p. 470).
En 1649, la ville impériale nankinoise et ses alentours, réservés jusque-là à ces Grands Tribunaux, se transforment en TchoU'fang j^ |5Ç, ville ou casernement des Tartares. Une de ces casernes s'élevait aussi alors à T'ai-yuen fou >[c iîî ijj (capitale du Chan-si \[\ "g) dénommé Pé-king :Jt 7^, en 742, par la dynastie de T'ang.
La glose de la Carte ^, «Nankin sous les Ts'ing ^,» nous fait savoir qu'alors (1659) on reconstruisit les murailles de la ville tartare, dans la partie est de la Ts'ing-k'i ^ g^, depuis
t 1. MURAILLES. 239
Vefit de la porte T^aUp'ing men, le long des murs de la cité impériale (Hoang-tch^eng ^ ^) de la dynastie précédente, jusqu'au T'ong-tsi men au sud, en y ménageant deux portes. Outre les deux baies indiquées par la carte XIII, comme percées dans la muraille ouest de la ville tartare, les plans récents en indiquent une troisième (détruite) en face du grand pont existant encore et nommé Fou-tch^eng k'iao ^^^, qui livre passage au prolongement de la nouvelle route carrossable, ma-lou. Cette porte s'appe- •lait Fou-tch'eng men fl[J5SP^. La même carte indique Siun^siang men, la porte des éléphants apprivoisas, entre San-hong k'iao et Siao-ngan-té men, au nord de cette dernière porte.
Les canaux, les rues, les ponts, poursuit la glose, subsistèrent comme sous les Ming ; on ajouta seulement le pont Li-ché k'iao 5pJ f^ ;fg, à l'endroit fameux dit Tao-yp tou I^^JSt^ au confluent des canaux en ville, à la vanne multiple de T'ong-tsi men.
Notre plan figure plus exactement le vrai tracé de l'enceinte détruite de cette ville tartare. En fait, la carte N® XIII dessine simplement un mur tout droit, courant sans inflexion du nord au sud, de T'ong-tsi men à T'ai-p'ing mm et percé de deux portes, l'une à Tchen-hoai k'iao H fïÉ :f^, l'autre à Ta-tchong k'iao ^ »f» ^. Le nouveau ma-/ou emprunte et recouvre une partie de ce parcours, de Si-fang se à T'ong-tsi men. Aucune indication non plus, sur le plan sus-nommé, de la branche nord de la muraille, qui suivait une direction est'Ouest et était percée de la porte Péngan men :[t ^ P^J, en voie rapide de démolition, puisqu'il ne reste plus que deux ou 3 assises des pieds-droits (plus rien en rhiver de 1897-98). Je pourrais témoigner que j'ai assisté aux progrès semestriels de ce vandalisme, depuis 7 ou 8 ans, comme au dépècem€nt du peu qui subsistait de ce mur septentrional. La grossière inexactitude -signalée se relève aussi sur la carte N® XVlî «Nankin sous les rs'ingf.» Cette portion de la ville a-t-elle , subi des remaniements essentiels qui nous échappent ? Il nous semble que non.
Les Chroniques % M f^ % J^ '^ mentionnent qu'en 1660 Ton répara la muraille extérieure de T'ai-pHng men k T'ong^tsi men (les détails plus circonstanciés font défaut). Les Chroniques (12* Kiuen, f* 2) donnent environ 3 kil. 1/2 à cette portion de murailles refaites et leur attribuent une hauteur de 7 à 8 mètres.
Dans la période de transition, caractérisée par la passage de Nankin sous le joug tartare, on signale la création de nombreuses charges mandarinales (1). Un nouveau régime se substituait
(1) Notamment celles de Préteur du trésor et du riz, sous le titre de Kiang-nan PoH-tcheng rhe-tie fZ m ^ VL W ^^ celle de Grand Jupe de la Province, Kiangnan Ti-hing ngan-trhai che-ae fL Mle^S^^'fiË^) celle de Préfet delà Gabelle, les Procureurs des approvisionnements et des voies publiques, pour transmettre les dépAches ofiScielles, Tou liang tao V S S ^ ^to.
240 CH. XIII. DTN. RÉGNANTS (xxir) DBS TA TS'iNG, 1644.
insensiblement à Tancien, peu regretté. On avait soif de paix, d*ordre, de tranquillité. Au cours de Tannée 1651, le Koup-'tse kien S <? £, rÉcole nationale des Ming^ fut transformé en École préfectorale ou régionale. Celle de la préfecture Yng^t'ien fou, de la même dynastie, devint TEcole des deux sous-préfectures Chang-yuen et Kiang^ning (1).
Au spectacle de la domination tartare qui évinçait progressivement celle des Chinois, le P. de Magalhaéns s'écriait: «Tant il semble que Dieu ait pris plaisir à confondre l'orgueil incroya* ble de cette nation, en l'assujettissant à un petit nombre de barbares, pauvres, rustiques et ignorans : de même que si, pour punir TEurope, Dieu la livroît au pouvoir des Cafres d'Angole ou de Mozambique!» (Nouvelle Relation de la Chine. — p. 204.)
Si bien assise que parût la domination étrangère, Nankin voyait pourtant de temps à autre sa quiétude menacée. Tcheng Tch^cng-kong, fils de l'amiral Tcheng Tche-'long, devenu l'irréconciliable ennemi des Tartares, pour tirer vengeance du sort qu'ils avaient fait à son père, séquestré h Pékin, opérait avec sa flotte à l'embouchure du Yang-tse. Son quartier-général était à Amoy (5 P^) pris en 1653. En 1656, le terrible Koxinga avait conquis l'île de Tch'ong'ming ^ ^, qui recelait ses magasins et arsenaux à l'entrée du grand fleuve, en vue de l'invasion du* Kiang-nan, T'ong^tcheou ^ jj^, sur la rive nord, succomba en 1657; puis il enleva les villes de Tch'ang-tcheou $ jftl et de Tchen-kiang ^ f£ sur l'autre rive. Qientôt, remontant jusqu'à Nankin, il entreprit le siège de cette ville. De Mailla évalue sa flotte «à plus de 800 voiles;» du Halde lui donne «3.000 bâtiments» (2). Des ferments de révolte couvaient dangereusement dans la ville dégarnie et mal approvisionnée. Le Commandant tartare, qui ne disposait que de G.OOOh., projeta de massacrer par surprise la population mâle en état de porter les armes. Le jeune vice-roi chinois, administrant Nankin et la province, le dissuada de mettre à exécution cette mesure extrême et hasardeuse. «Du reste, avait-il dit, voici ma tôte; je serai la première victime.»
Le siège durait depuis 20 jours. Dans une fête, pour l'anniversaire de la naissance de Tcheng Tch'eng-kong, les assaillants firent ripaille et s'enivrèrent : les tartares et la garnison nankinoise, sous les ordres de Liang Hoa-fong ^ flî fi» ^n profitèrent pour opérer une sortie nocturne. Enlevant tentes, butin et artillerie, ils tuèrent 3.000 hommes à l'ennemi, dont la flotte dut redescendre le Yang-tse, C'est de cette époque et par allusion à un épisode du combat, que Chen-ich'é men jpf 5^ P^
(1) Martini, ntlas sinensis, 1655 (L'approbation ewt de 165i) donno ^ Nankin une population d'un million d'âmes, sans compter une très forte garnison tartare. p. 98.
(2) De MaiUa, XI, 44. — Du Halde, I, 471.
s I. TCHBNG TCH^BNa-KONO (kOXINGa). 241
prit son second nom (moins usité) de Té-cheng men ^ JB^ P^ ou «Porte de la victoire» (1657); Koxinga avait essayé en vain de la forcer.
Les chroniques de Nankin (12® Kiuen, fol. P) s'en expliquent ainsi : Quant aux portes, vers la fin des Ming on ferma /vintch'oan men, Tchong-feou men et I-fong men, toutes au nord; de même, au début de la dynastie actuelle, Chen^tch^é men et TsHng-liang men furent également condamnées. Pourtant, la 16* année de Choen-tche J^f^ (1659), des pirates attaquèrent Nankin. Le colonel (i|| ^) Liang Hoa-fong §6 Âî 181 ^* rouvrir Chen-tch^é men (probablement fermée par peur de l'assaillant), combattit Tennemi et le défît. A Toccasion de cette victoire, le nom de Té'Cheng men fut assigné à cette porte, qui resta ouverte, comme celle d'I'fong men, rouverte alors par les autres généraux. Les trois susmentionnées demeurèrent fermées.
Ting-hoei men est la 4* des portes condamnées à Nankin ; en efTet on exclut généralement de la liste celle de Heou-hou siao men fft ^ è]\ P^i cette poterne (près de KUming se à la jonction des deux murailles) que nous avons signalée plus haut à propos du vieux mur de T'ai-tch'eng,
Mieux instruit par le danger de cette alerte sur Timportance des forces navales de Tcheng Tch'eng^kong, le gouvernement tartare équipa enfin une flotte capable de tenir tête à la sienne (1659), qui subit un grave échec sur la côte du Fou-kien (17 juin 1660). L'amiral partisan des Ming n'en saisit pas moins les Pescadores (archipel des iles P'ong^hou {^ jj^) et occupa partiellement et temporairement les meilleurs points de Tîle Formose, aux mains des Hollandais (1). Il travaillait à transformer sa conquête en province chinoise, et projetait d'expulser les Espagnols des Philippines, quand il mourut le 2 juillet 1662. Son fils Tcheng king (mort en 1681) ne sut ni poursuivre l'exécution de ces plans, ni rien conserver des acquisitions paternelles. Les petits-fils de Koxinga se montrèrent encore plus incapables. Vers 1683, la Chine reprenait possession de Formose, au moins des régions maritimes de l'île; l'intérieur montagneux resta toujours à peu près indé[^endant.
K'ang-hi avait élevé un temple à Tcheng Tch^eng-kong, ou
(1) En février 1G2C, une flotte espa^ole, sur l'ordre du Gouverneur de Manille, sortit de Cavité, pour tenter par surprise la conquête de Formose. Cette "Belle-De" orientale, devenue enfin japonaise après quelques jours de république, excita périodiquement les convoitises européermes. Pauthier (Chine moderne^ I, 119) cite un mémoire présenté au Gouvernement anglais lui exposant les avantages commerciaux et stratégiques de la grande tle et des Pescadores. L'auteur rappelle dans une note (ihid) que Louis XVI s'était ouvert à La Pérouse de projets dans le môme sens.
En 1714, le P. de Mailla vint avec le P. Régis lever la carte de la partie méridionale de Formose, occupée par les Chinois et celle des Iles P*ong-hou.
242 GH. ZIII. DTN. RÉGNAim (XXir) DB8 TA TB'lHd, 1644.
Koxinga. Le 15 février 1875, sur le rapport au trône du Commissaire impérial Chen Pao^tchen flU^J^j l'empereur régnant lui en fit dédier un autre à T'ai-wan fou i Hf J^i la capitale de Formose. Koxinga canonisé devint comme le dieu tutélaire de nie. L'on constate une fois de plus que les Chinois sont encore moins regardants que nous pour meubler leur panthéon historique : temples ou statues sont élevés souvent aux plus indignes. Les Japonais, maîtres de T'aU'w&n fou, y vénéreront-ils la mémoire du héros qui eut pour mère une japonaise? (1).
Les derniers tenants de la dynastie des Ming pékinois ou nankinois avaient enfin mis bas les armes devant la politique résolue, habile et tenace des Tartares. La résistance ne céda pourtant que peu à peu. «Pour réduire un fameux pirate, nommé Kouo^tch'en (2), les (quatre) régents (du jeune K^ang-hi) n'hésitèrent point à tout brûler sur le littoral du Fou^hien, qui tenait encore pour les Ming.n (A. Favier, Pékin, p. 170). Macao fut épargné à la requête des missionnaires, A. Schall et Le Faivre; v. de Mailla, Pfister.
Je lis à la page 54 du Menny's Chinese Miscellany (I, n^ 321) que King Cheng-tan ^ MW^ (1627-1665), grand lettré, forma une société politique à Nankin, vers cette époque, pour renverser la dynastie présente. Il fut décapité avec 16 ou 17 de ses complices, sur Un ordre de R'ang^hi, secrètement adressé au vice-roi du Ktang-nan (3).
Pendant la minorité de K^ang-hi, en 1662, les quatre régents (4) exclurent à jamais les eunuques de toute part au gouvernement. Le chef de cette engeance audacieuse, coupable de malversations excessives, fut condamné à mort. Des milliers d'eunuques, chassés du palais, furent renvoyés chez eux. Nous ignorons si ceux de Nankin encoururent aussi cette disgrâce, longtemps méritée. «La régence fît graver sur une plaque de fer, du poids de mille livres, qui subsiste encore aujourd'hui, une loi, en vertu de laquelle la nation Mantchèou s'engage à ne plus élever d'eunuques aux emplois et aux dignités. Cette loi est
(1) Nous avons dit que son père fut baptisé à Formose, sous les noms de Nicolas Gaspard. Un bon nombre de ces détails sont extraits de Vile Formme^ d'Imbault-Huart, qui trace (p. 83) on brillant portrait de Koxinga^ aussi extraordinaire par ses talents que par ses vices.
V. Ohina Beview vol. XIII, p. 67. Life of Koxinga. Baptisé, élevé à Manille chez les Espagnols et à Formose chez les Hollandais, il mourut à T*ai-wanfou le 23 juillet 1662. de Bougemont, Historia Tartaro-sinica, pars 1* .
(2) n s'agit encore évidemment de Koxinga (Ko-sing yé).
(3) Le Général Mesny dit avoir occupé un de ses descendants, comme secrétaire, au Koei-tcheoUf et renvoie au Ohifieêe reader's de Mayers, p. 85, n® 270.
(4) C'étaient 4 chefs de Bannières, choisis parmi les plus influents. Les Chinois traduisent ou figurent ainsi leurs noms tartares : So-ni ^ J^t Sourke-ta-a JE 3£
Pfti Eo-pi'long -§ ^ @i> Ngao-pai Jf W*
f II. K^AN0«RI À NANKIN. 248
toujours en vigueur.» De Mailla, XI, p. 56.
L'empereur K^ang-hi, au cours de son long règne de 81 atm (1662-1723) (KHen-'long ft m régna 60 ans et Louis XIV 72), se rendit trois fois, c. à d. en 1670, 1683, et 1699, à Moukden, berceau des Mandchous, qui conserve aussi les sépultures de leurs ancêtres.
Nankin fut plus souvent encore favorisé de la visite de Tactlf monarque.
s II.
VISITES DK K'ANG-HI X NAKKIN.— RELATIONS avbc leb JÉSUITES.
Le premier jour de la 11* lune 1684, 23* année de son règne, il y habita chez le Tsianç'-hiun Hf jjg, vice-roi ou Maréchal tartare, sacrifia le lendemain au Tombeau de Hong-'Ou ^ ^, puis visita rObservatoire de Pé^hi ho $11^ ft ffi* Lors de cette visite, l'empereur, charmé de la vue splendide que Ton a de là sur le lac Heou'hou et la vaste cité, écrivit les caractères K'oang-' koan m ijg «vue étendue» pour orner un pien ou inscription suspendue dans le kiosque de T Observatoire. Il ne reste plus qu'un fragment de cette inscription impériale, brisée par les T'atp'ing j;2 ^ îl y A quelque trente ans, et relevée depuis sous le kiosque actuel (1).
Le souverain se rendit aussi aii champ de Mars, le Ta^kiaO' tchang :k Wi^^ pour y recevoir les hommages des mandarins et du peuple {1684)-
Il reçut également à sa résidence le P. Oabiani et le P. Valat qui lui expliquèrent, sur son désir, la signification symbolique et figurative de leur crucifix (cf. Var. sin., n® 3).
Le P. de Fontaney demeurait à Nankin en 1688, avec le P. Gabiani (2), Uf^' de Basilée ou Loua Tchou-kiao jR £ f|; (Dom Orégoire Lopez, chinois et dominicain), le P. Jean-François de Léonissa, franciscain, devenu ensuite évoque de Bérite, puis le P. Basile de Glémona et M^ Tévèque d*Argolis. Ces deux derniers, religieux franciscains aussi, demeurèrent plus d*un an à Nankin (cf. Lettres édifiantes, p. 427).
Le Péhing de M^ Favler reproduit le portrait de M»»" Lopet qui tomba malade en cette ville. Il fut enterré au cimetière de
(1) Of. Les Miêsionê eatholiques^ 188S, p. 102, article du P. A. Colombe! sur TObservatoire de Nankin, au Pé-ki ko. On y trouvera un detsin donnant une idée de l'Atat Actuel des lieux. La stèle qui gtt renversée à l'est en entrant, mentionne l'érection de la pierre qui porte cen caractères (34* an. de K'ang-hi|.
(2) Le P. A. Pfister S. J. a réuni de nombreuses et intéressantes notioefl sur les PP. de la Compagnie de Jésus en Chine, recueil autographié. Le P. H. Havret en ft inséré plusieurs au n* 12 des Var. nn.
244 CH. XIII. DTN. RiaNANTB (XXII*) DBS TA TS*INO, 1644.
YU'hoa Vai et avait légué aux franciscains la maison qu'il possédait, non loin du T'ong'-tsi men, à l'endroit où s'élève, dit-on, la «Pagode du Feu», le Houo-^hen miao 9C H^ IfÊ-
Mf^ Ciceri S.J. Xfl| lll (1637-1704), sacré à Macao en 1696, vint s'établir aussi à Nankin et y mourut en 1704; on Tenterra, comme Ms^ Lopez, au Fu-Zioa t'ai. C'est la raison qui fait parfois nommer ce cimetière «le Cimetière des évéques», aux Chrétiens nankinois. Neuf missionnaires jésuites y reposent, dans le territoire (ou aux environs) conservé par la Mission catholique^ sans compter Me^ Lopez. V. Nankin port ouvert.
La pagode élevée sur la triple arcade du Kou-leou ^ ;|K, à cheval sur le Ma^lou, la route européenne, abrite une belle stèle, dressée sur une lourde tortue. L'inscription qu'elle porte a trait à cette visite impériale ; elle relate les circonstances du voyage impérial et les conseils donnés par l'Empereur aux Nankinois : «Éviter la prodigalité, les dépenses inutiles, et se défaire de leur nonchalance paresseuse.» Au dos (nord) sont les noms des mandarins. La stèle en bel état de conservation, ornée d'une jolie bordure [de 'dragons mesure 1™ 47 de largeur sur 3™ 15 de hauteur, sans le couronnement. Elle a été élevée par le vice-roi Wang Sin^ming ï Sf ^*
En 1689 (25* jour de la 2* 1.), K'ang-hi était revenu à Nankin. Il y entra par la porte T'ong^tsi men. Le P. Gabiani alla à sa rencontre avec le P. de Pontaney (1643-1710) arrivé en cette ville le 31 mai 1688. Les deux Pères se tinrent à genoux sur le pont Chang^fang k'iao Jl JSf 'Bl (pont sur la Ts'in hoai, au s.e. de Tenceinte, entre Kao^kHao men ]|^ ^ P^ et Kia~kang men 2fc W P?)' L'empereur chevauchait, entouré de ses gardes-ducorps et escorté de deux ou trois mille cavaliers. On le reçut splendidement; sa visite occasionna des frais considérables. Le Tribunal de l'Intendant des soieries impériales lui servit de Hing-kong fj §, ou Hôtel de passage.
«Pendant le séjour de l'Empereur à Nankin (du 26 au 30 de la 2* lune), écrit le P. de Fontaney, nous allâmes tous les jours au palais, et il nous fît l'honneur d'envoyer aussi tous les jours chez nous un ou deux gentishommes de sa chambre. Il me fit demander si l'on voyait à Nankin le Canopus; c'est une belle étoile du sud que les Chinois appellent Lao-jen sing ^ A M (l'étoile des vieillards, ou des gens qui vivent longtemps) ; et comme je répondis qu'elle paraissait au commencement de la. nuit, sur ce, l'empereur alla un soir à l'ancien observatoire Koan-sing ^'^^ K £ £) uniquement pour la voir» (1).
(1) Cf. Lettres Édifiantes. Le Koan-sing Vai S S 3K est le Pé-ki ho actuel.— Le Vieillard ^ /Vi Oanopus^ est une étoile de première grandeur, V Alpha de la constellation: le Navire d*Argo. Cette brillante planète resplendit sur le gouvernail de la figure astrologique.