LA FAMILLE HIANG
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Le fameux général Hiang-yu ^ ^, dont le nom vulgaire était Hiang-tsi J^ |f, était originaire de Hia-siang 1^ 4S (^) > ^^ ne sait plus comment s'appelait son père ; son oncle prit soin de son éducation; celui-ci est Hiang-leang ]^ ||g, fils de ce général Hiang-yen ]g ^ dont nous venons de parler.
La famille Hiang était connue dans tout le pays de Tch'ou ; de génération en génération, elle avait fourni de grands capitaines; son fief, dont la capitale était Hiang-tch'eng ]^ ^ (2), avait d'abord été une petite principauté indépendante ; anéantie en 643 par le duc de Lou /Ci elle était bientôt tombée au pouvoir du roi de Tch'ou; celui-ci, pour s'en assurer la possession, ne trouva pas mieux que de la confier à cette famille de guerriers, dont on ignore le nom primitif, et qui dès lors prit celui de Hiang.
Après l'extinction du royaume de Tch'ou, et la mort du chef de cette famille, il y eut un moment critique ; les membres de la maison étaient suspects au nouveau régime: eux-mêmes avaient de la répugnance à s'y soumettre.
Le jeune Hiang-yu J^ JJJ avait été envoyé à l'école par son oncle ; mais il n'y avait rien appris et s'était enfui ; il voulut lui-même s'exercer à manier les armes ; mais il n'y réussit point non plus, au grand dépit de son oncle; c'était un aiglon dont on croyait faire une colombe !
Son oncle découvrit enfin son génie : lui ayant enseigné l'art de la guerre, la stratégie, la tactique, il comprit que c'était là son élément ; Télève était transporté de joie ; et pourtant, cette fois encore, il n'eut pas la patience d'étudier jusqu'au bout.
Vers cette époque, Hiang-leang fut impliqué dans un mauvais procès; celui de Li-yang ;^ |^ (3). Dans sa détresse, il
(1> Hia-siauj:=ctuit il 70 li iioid-ouebidc Sou-ls'itii lijen f§ J^g; Jp^ qui ti,t à 100 li ù l'est de sa préfecluri Siu-lclieou fou ^ yT\ /jj [Kiang-souj (p. Fa., vol. -1, p. 30).
(2) Hiang-tch*eiip^= était i\ 120 li au sud de Tch'en^-tcheou fou BR /H fflP [Honan] (p. Fa., vol. 12, p. 5«).
(3) Li-yang= était à 30 li au nord de Lin-tong bien f^ JJ j|f,! qui est :\ 70 li Dord-est de sa préfecture Si-ngau fou S ^ iw [Chen-si] (p. Fa., vol. 14, p. 10).
pria Ts^ao-kieou f ^, second préposé de la justice dans la ville de Ki ^ (1), d'intercéder auprès de Se Ma-hing ^^j Jg| Jgj;, qui était second préposé de la justice dans la ville de Li-yang; et TafTaire fut arrangée.
Mais Hiang-leang ayant tué un homme, se retira avec son neveu à Sou-tcheou j^ iW iJÏ (^) ^ ^^? '^ groupa autour de roi les hommes les plus intelligents et les plus influents du pays. S'il y avait quelque corvée à fournir pour le gouvernement nouveau, ce qui était très fréquent alors, s'il y avait quelque meurtre, ou quelque querelle de famille, c'était toujours lui qui était chargé de iuger le différend.
Pour augmrenter encore son influence, et devenir l'arbitre du pays, il entretint en secret une bande de gens bien exercés, parmi lesquels étaient enrôlés tous les membres de sa famille, et tous les hommes qui des autres provinces étaient venus se réfugier à Sou-tcheou; c'était une véritable armée à son service; nous verrons dans la suite ce qu'il en fera.
Quand Che Hoang-ti ^ ê ^^ ^^^ ^® Ts*in ^, devenu empereur, vint en Tannée 210 visiter le pays de Koei-ki '^ ^ (1), Fîiang-leang et son neveu allèrent en curieux spectateurs assister à la réception. "Hiang-yu, comme un étourdi, s'écria: cet homme-là! je l'enlèverai, et je prendrai sa place! Hiang-leang lui mit la main sur la bouche, en lui disant: pareilles paroles sont capables de ruiner toute notre parenté! Au fond, il était content ce voir un tel courage dans son neveu.
Celui-ci avait, dit-on, une stature bien remarquable ; sa taille avait plus de huit pieds; il était d'une force herculéenne; il pouvait soulever un trépied ; il surpassait en habileté tous ses compagnons; cela, joint à ses autres qualités naturelles, tenait tout le monde en respect devant lui ; on ne sera pas trop étonné de le voir ensuite accomplir de grandes prouesses (4).
En 209, à la 7^»"» lune, la révolte avait éclaté au nord du Yang-tse-kiang k^ ^ f[£; (5) la nouvelle en fut bientôt apportée dans les provinces du sud. Yn-t*ong ^ jj, gouverneur de Koei-ki, dît à Hiang-leang: tout l'ouest du fleuve est en insurrection; je crois que c'est le moment fixé par le ciel pour anéantir
(1) Ki=était il 200 li nord-ouest de Ponfj-yanp: fou M* f^ m [N^an-hoei] (p. Fa., vol. r», p. 2S) {^. vol. 21. i\ 40) — (Voyrz oi-dossug, année 22')).
(2) Sou-tcliron = ':apitale de l-i provime du Kian^-sou. 1.3,1 Koei-ki — danîj lu proMncc du Trhckinng (Vt ÏJL'
(4) S« Ma-trt'i» Il 1^ ,^ ift dit qnv Hiany-\u avnlL a chaiiut ceil uut- double prunelle, comme le fameux empereur Choen ?Ç i le connuentaire ajoute que c'est signe d'une grande vij(ilance!
(5) Tcli'en-cheng pK Bf avait lev«^ l'étendard de la révolte, et se tenait parmi les lacs, à l'ouest de Sou-tcbeou ^ JT| » ville située à 233 li au nord de Foug-yang fou SL Ht fn'> ^^^ i^ province actuelle du Ngau'hoei (p. Fa., vol. 6, p. 29).
la dynastie Ts'in |^. J'ai toajours oui dire qui arrive le premier devient le maître: qui arrive Je dernier devient le valet; ainsi, je vais lever une armée: votre seigneurie en aura le commandement avec Hoan-tch'ou.
Mais ce dernier était absent : il se tenait caché parmi les canaux et les lacs, pour échapper aux corvées et aux poursuites arbitraires, si fréquentes alors sous le nouveau régime. Hiangleang répondit au gouverneur: Hoan-tch'ou sest enfui: personne ne connaît sa retraite, excepté mon neveu Hiang-yu; je vais le faire appeler; votre seigneurie lui donnera elle-même l'ordre d'aller chercher Hoan-tch'ou.
Hiang leang sortit, commanda à Hiang-yu de prendre une épée, et de tuer le gouverneur ; ils rentrèrent tous deux dans la salle; le jeune hercule se jeta sur sa victime, et lui coupa la tête. Hiang-Ieang courut au palais, s'empara du sceau, et se déclara gouverneur du pays. Hiang-yu coupa encore la tête à une centaine d'individus qui auraient pu s'opposer à la révolution; et personne n'osa souffler mot.
Hiang-leang convoqua tous les hommes qu'il savait capables d'une grande entreprise, et leur communiqua ses plans ; il leva une armée dans le pays de Sou-tcheou ^^i et l'envoya soumettre les villes qui n'avaient pas encore secoué le joug de la dynastie Ts'in ^; il avait une troupe de huit mille hommes d*élite, toujours à ses ordres. H donna les postes de confiance à des coopérateurs dévoués et intelligents, soit gardiens, soit explorateurs.
Un individu se plaignait d'avoir été négligé dans cette distribution de charges; il lui répondit: autrefois, je vous avais député pour arranger une affaire, au sujet d'un mort ; votre seigneurie ne s'est pas montrée à la hauteur de sa commission ; voilà pourquoi je ne vous donne pas d'olhce ! Le coup d'œil d'un tel homme subjugua tout le monde; il était vraiment devenu le maître du pays de Koei-ki ^ ^ et de Sou-tcheou j^ ^-j ; son neveu, constitué son aide général, alla encore soumettre quelques villes jusqu'alors fidèles à la dynastie Ts'in |^.
Juste à ce moment, c'est-à-dire à la 1^^^" lune de l'année 208, Tch'en-chen ^ Hj^, le chef de la rébellion du nord, avait envoyé un de ses compagnons, nommé Tchao-p'ing g Z|i, soulever le pays de Yangtcheou ^ jt|. Celui-ci était originaire de cette contrée; il échoua pourtant dans cette expédition; de plus, il apprit que Tch'en-chen avait été battu, ses troupes dispersées ; et que l'armée de Ts'in se mettait en marche vers le sud : sa propre position allait devenii* critique. Vite, il traversa le fleuve Yang-tse-kiang >|^ -^ ^ ; là, où se trouve maintenant la ville de Tcheng-kiang fou ^ ÎL f^ i prétextant un ordre de son maître, il vint, soit-disant de sa part, offrir à Hiang-leang le titre de
grand ministre d'état du royaume de Tch'ou (1). Puisque Test du fleuve est pacifié, lui disait-il^ vous êtes prié de conduire vos troupes vers l'ouest, à l'attaque de Ts*in ^.
Hiang-leang se mit en marche, avec ses huit mille hommes d'élite. Chemin faisant, il apprit que Tch*en-yng ^ H avait déjà soumis le pays de Tong-yang ^ ^ (2) ; il lui envoya un messager, lui proposer de réunir leurs troupes, en vue d'un effort commun. Les partisans de celui-ci auraient voulu qu'il se déclarât prétendant à la couronne; Tch'en-yng, homme aussi intelligent que probe, leur répondait: la famille Hiang a toujours fourni de grands capitaines au royaume ee Tch*ou; si l'on veut abattre la dynastie Ts'in, il faut prendre le généralissime parmi les membres de cette famille; sinon, l'entreprise avortera.
Le conseil fut approuvé ; les deux armées furent réunies. Hiang-leang leur fit traverser la rivière Hoai fH; sur. son chemin, de nouvelles troupes se joignirent à lui ; bientôt il se vit à la tête de six cent à sept cent hommes ; il les conduisit assiéger la ville de Hia-pei f ^ (3).
A cette époque, un homme puissant, nommé Ts4n-kia ^ ^, originaire de Yang-tcheou jg j^, avait déjà établi, comme roi de Tch'ou, le seign^r King-kiu ^ j|Q, d'une des trois grandes familles du royaume; lui-même guerroyait à Test de Siu-tcheou fou # ^ /Jï, appelée autrefois P'ong-tch'eng f^ j^: il voulut même se mesurer avec Hiang-leang. Ce dernier dit à ses généraux: c'est Tch'en-wang j^ J (Tch*en-cheng fjj[ J|p) qui a le premier levé l'étendard de l'insurrection contre Ts'in ^; il a été malheureux dans sa campagne; on ne sait même pas où il est maintenant ; or, voici que Ts^n-kia s'insurge contre lui ; c'est méconnaître tout droit et toute justice.
Hiang-leang livra bataille, et remporta la victoire; il poursuivit les fuyards jusqu'à Hou-ling ^ ^ (4) ; là, Ts*in-kia fit volte-face, et lutta toute une journée; mais il fut tué; son armée, d'abord dispersée, se joignit bientôt aux troupes de Hiang-leang; le roi éphémère King-kiu mourut dans sa fuite vers le pays de Leang-ti ^ ^, c'est-à-dire Siu-tcheou fou ^ ji{ J^. —
Hiang-leang ainsi renforcé, s'en alla attaquer la ville de Hou-ling, qui tomba bientôt en son pouvoir. Il apprit alors que Tchang-han j|t %, généralissime de Ts'in ^ s'était avancé
(1^ Tch'ou-wanpr-chanpj-tchou-kouo S ï -t BE H* —
(2) Tong-yanff= était à 70 li h l'est de T'ien-tch'aiig bien 5^ "ft JR? qui est h 157 li snd-est de sa préfecture Se-tcheou fH J*\ [Nfran-lioei] (p. Fa., vol. C, p. 42).
(3) Hia-pei = c'est Pei-tcheou flJ JrHîàlSOli nord-est de Siu-tcheou fou ^^ JtH JrP [Kianp:-Bou] (p. Fa., vol. 4, p. 29).
(4) Hoti-ling=étaitàe01i sud-est de Yu-tai bien fi S )||) qui est à 150 H sud-onest de T8*i-ning tcheou 5f If jHi [Chan-tong] , sur la frontière (p. Fa., vol. 10, p. 39) (g. vol. 29, p. 14, — et vol. 32. p. 24).
jusqu*à la ville de Li |J| (1); il députa ses généraux Tchou Ki-ehe >îc Ul 5 et Yu Fan-kiun ^ |g ;g, pour le combattre; le second mourut [en chemin?]; le premier fut vaincu, et se replia sur Hou-ling; mais il n'eut pas le temps d'y arriver; Hiang-leang alla le trouver à Sié ||t (2). et l'y fît mettre à mort pour s'être laissé battre.
Hiang-yu J^ JJ reçut ordre de prendre la ville de Siangtch'eng ^ ^ (3); celle-ci était bien défendue, et résista longtemps; elle finit cependant par être enlevée d*assaut; Hiang-yu était si en colère qu'il fit massacrer toute la population.
Après cette victoire, Hiang-leang apprit avec certitude la mort de Tch*en-wang [^ J [Tch'en-cheng ^ Jj|], celui qui le premier avait levé Tétendard de la révolte contre Ts'in ^ ; il convoqua tous ses généraux en conseil, à Sié ]^. Il s'agissait de savoir quelle conduite on devait tenir dans cette conjoncture. A cette réunion fut aussi présent le duc de Pei ^ [Pei-kong ^ ^], appelé plus communément Lieou-pang HH ^, celui qui subjuguera tous ses compétiteurs^ et fondera la dynastie impériale Han ^. —
Etait aussi présent Fan-tseng ^ iJJ, vieux lettré de soixantedix ans, originaire de Ts*ao ^ (4), qui tout eti demeurant dans sa chambre rêvait de grandes entreprises; il développa ses hautes conceptions en ces termes: il n'y a rien d'étonnant, si Tch'enchen a été vaincu; parmi les six^ royaumes anéantis par Che Hoang-ti iâ â ^' celui de Tch'ou méritait le moins ce mauvais sort; depuis que son roi Hoai y| fut retenu prisonnier et mourut en exil, tout le peuple a constamment déploré ses malheurs; aussi le fameux devin Tch*ou Hoan-kong ^ 1^ ^ a-t-il prédit que la dynastie Ts'in ^ serait détruite par le royaume de Tch'ou (5). Tch'en-chen a commis la faute de se déclarer lui-même chef des insurgés; il eût mieux fait de placer sur le trône un prince de la
(1) Li = était à IVst do Hia-i hioii ML Gé m^i Qwi <*fit à Il'O li à l'est de sa préfecture Koei-té îou i^ ^ J^ rHo-nan ; (p. Fa., vol. 12, p. 13^
(2) Siézzétait k 40 li au sud de Ti-ii^'liien J^ JP^« (|iii v<i ;*: 140 li sud-e>t dt' sa prêfeeturt» Yen tclicou fou jC /M nf ('luiu-ton^' . Sous la dynastio Hia J* c'était une petite principauté (p. Fa., vol. 10, p. 0).
(3) Siaufç-tch'eiif,'- est al IMl li sudoiu'Rt de Ilin-tclieou Vf' 7*1 iHo.iian] (p. Fa., vol. 12, p. r.îl) — (ii. vol. 47, p. ir»).
A) T<'au - était î\ 5 Ji iiord-tbt de Isao hie)i M^ JH? <|ui tst ù ISO li à l'est de i.a prélecture Liutclu OH luu m. 7*1 fn Ngauîioei (p. Fa., \ol.6, p. 17j.
(ô) Uii nv bait qui t^t ce devin; on dit que c'est un hou/e ;^Tao-clie S jTJî grand AKtrolop^e, p^rand diseur de boinic aventure, c'est-àl-dire ^rund escroc du pays de Tch'ou; on prétend qu'il a laissé treize cliapitres de prophéties, qui sont autant de balivernes, à i'usage de ses successeurs dans ce métier honorable. On en peut voir un exemple dans la fameuse énigme Sau-hou Z^ ^ » dont il est l'auteur, dit-on (Histoire du royaume de
maison royale; lui-même n'avait aucune chance de durer longtemps. Maintenant la famille Hiang ]^ s'étant insurgée à son tour contre le régime tyrannique, tout le monde la suit en masse à cause de sa renommée séculaire; on la croit capable de rétablir sur le trône un des descendants de la maison royale, et de rendre au pays son ancienne prospérité.
Hiang-leang trouva ces remarques très justes; il se mit à la recherche des arrière-pc(its-fils du roi Hoai '|^ ; il finit par trouver le prince Sin )J5* occupé à garder les brebis; il le proclama roi, BOUS le nom de Hoai-wang ijl' comme son ancêtre, pensant ainsi ranimer l'espérance et le courage du pays tout entier.
On était à la 6»«« lune de Tannée 208. Tch'en-yng ^ $, rhomme probe par excellence, qui avait refusé le trône, fut nommé au poste de Chang-tchou-kouo J. ^^ Ê [grande colonne de Tétat]; c'est-à-dire grand ministre d'état; il resta auprès du nouveau roi. dans la ville de Yu-i Sf 9& W- Hiang-leang se contenta du titre de Ou-sin-kiun |Si&^' seigneur de Ou-sin; nous avons vu plusieurs fois ce nom donné à de fameux capitaines; il pourrait se traduire par fidèle guerrier. Après avoir séjourné quelque temps auprès du nouveau roi, il repartit en campagne, prit la ville de Kang-fou ^ ^ (2), joignit ensuite ses troupes à celles de Ts'i ^, commandées par les seigneurs T'ien-yng H $ et Long-tsié H ^; avec ce renfort, il courut au secours de la ville de Tong-ngo ^ |^ (3), bù il remporta une victoire décisive sur les troupes de Ts'in ^.
Après ces glorieux exploits, les gens de Ts*i se retirèrent pour faire bande à part, se souciant peu de guerroyer pour l'avantage du roi de Tch^ou; ils agissaient en cela comme tous les révolutionnaires, qui se querellent pour le partage du butin, chacun voulant la plus grosse part.
Hiang-leang se sépara de P*ei-kong ^ ^ et de Hiang-yu ^ Tj^\ il les envoya attaquer la ville de Tch^eng-yang jUj^ |^ (4); la résistance fut opiniâtre; pour se venger, les assiégeants massacrèrent toute la population; ils se dirigèrent ensuite vers Touest, rencontrèrent les restes de l'armée de Ts'in. qui s'étaient retirés à Pou-yang j|| |^ (5) ; les battirent de nouveau, et s'en allèrent
(1) Yu-i=eat à 7 li an sud de So-tchron (H /fl fNf?»M-hoei| (p. Pa., vol. 6, p. 41) — (g. vol. 21, p. 40).
(1) lCaug-fou=était A. 50 li au sud de Ts'i-mng tcbeoii jf ^^ jW| Chan-tongj. C'était et c'est encore une punition très importante, à cauHe «le son défilt* si ôtroit qui donne entrée dans le pays (p. Fa., vol. 10, p. .H8) — (g. vol. .*i3, p. 2).
(3) Tong-ngo = était à 25 li à l'ouest de la ville actuelle de ce nom, dans la préfecture de T*ai-ngan fou >k ^ jflf [Chan-tongJ (p. Fa., vol. 10, p. 14).
(4) Tch*eng-yang=était à 60 li nord-est de Ts'ao-toheou If /H .( 'lia"-tongJ (g. Pft., vol. 33, p. 26).
(5) Pou-yangs c'est K*ai-toheou H TH' ^ 120 li au sud de Ta-ming fou y^ jQ JCF [Tohe-li] (p. Fft., vol. 2, p. 64).
ttéger la ville de Tîng-tao JE |(| (t); n'ayant pu s'en emparer, ik se remirent en marche, et soumirent tout le pays, jusqu'à ToDg-k'ieou ^ £ (2): là, il« remportèrent encore une grande Tîctoire sur l'armée de Ts*in; ils eurent môme la joie de couper la tête au gouverneur Li-yeou ^ ^ , fils du fameux Li-se a|E ^ Jf grand ministre qui avait secondé Che Hoang-ti ^ £ $ dans J 'anéantissement de tous les royaumes ; après cette glorieuse T«iigeance, ils rebroussèrent chemin, et assiégèrent la ville de Wai-hoang ^ Jjf (3) sans pouvoir la prendre.
Cependant, Hiang-leang avait fini par quitter Tong-ngo; il tétait rendu près de Ting-tao, dans l'espoir de réduire cette place; il y avait d'abord remporté une victoire sur l'armée âmpériale, mais il n'avait pu prendre la ville. Cet échec n'empêcha pas ses gens de se donner des a airs orgueilleux» ; formule ordinaire des lettrés chinois pour annoncer des malheurs.
Ayant tant de fois vaincu les troupes de Ts*in, les gens de Tch*ou commençaient à les mépriser ; le fameux lettré Song-i * « 8 aperçut du danger; il crut devoir en avertir Hiang-leang: TO« soldats sont trop fiers de leurs succès, lui dit-il; ils deviennent négligents et paresseux; les troupes de Ts^in s'amassent de plus en plus autour de vous ; je crains beaucoup pour votre seigneurie !
Hiang-leang ne tint pas compte de cet avertissement; il envoya même l'importun admoniteur au pays de Ts^i ^; pendant son voyage, le clairvoyant lettré prédit de nouveau les malheurs qui allaient arriver. En effet, Hiang-leang fut battu par l'armée de Ts*in, et mourut sous les murs de Ting-tao.
A celte nouvelle, P*ei-kong ^^ et Hiang-yu Jj JJJ abandonnèrent le siège de Wai-hoang Jth J^, et allèrent attaquer Tch'enlieou ^ ^ (4): mais ils durent encore renoncer à s'en emparer; elle était trop bien fortifiée et trop bien défendue ; ils s'en allèrent donc vers le pays de P'ong-tch'eng j^ ^ (5), où guerroyait Liu-tch^en ^ g, un général de leur parti. Pendant ce temps, Tchang-han j)t Hfi, généralissime impérial, croyant la rébellion étouffée au sud, passa le fleuve Jaune, et ce mit en campagne dans l'ancien état de Tchao j^. —
lloai-wang jj J, effrayé des nouvelles fâcheuses qu'il recevait, s'était lui-môme retiré h P^ong-tch^eng. Il s'était laissé