LES NOMS DE PERSONNE
Lie Siao-ming #J\ ^ ou Nai-ming JH ig = C'est le nom que les parents donnent à l'enCant, immédiatement après sa naissance, le petit nom ou nom de lait. Personne n'a le droit d'appeler quelqu'un de ce nom, excepté les membres de la famille, c'est-àdire «es parents ou ses û*ères et sœurs (i).
Le Hio-ming ^ ^ == nom donné par le maître à un élève, à son entrée k l'école ; il est employé par le maître et les condisoiples; ordinairement, c'est un nom. honorable, distingué, et présageant un avenir magnifique; aussi d'autres personnes peuvent s'en servir envers lui, sans offense.
Le K^ao-ming jl^ 2 = nom que prend le candidat, en se présentant aux examens ; il est ordinairement inconnu des illettrés ; ses concurrents, ses supérieurs seuls le connaissent; il devra le garder aux examens ultérieurs; et s'il devient mandarin, il devra en Caire son Koan-ming 'S ^. —
Le Koan-ming 'gf ili=^nom que prend un mandarin, à son entrée en charge.
Notons encore le Fa-ming ^ ^=^oom que les bonzes reçoivent à leur entrée dans le monastère ; c'est comme un nom de religion.
Le Tse :f^ [ou tcheng-hao J£ ||] = donné par les parents quand le fils est devenu grand; c'est celui que les étrangers doivent employer^ celui par lequel il signe les contrats, etc. Celui de Confucius était Tchong-ni fijf jg. C'est à vingt ans que le jeune homme recevait autrefois ce prénom, avec le bonnet viril.
Le Hao ^ [ou ta-hao ^ ||J:==nom plufi distingué que prend un individu, qui se croit devenu plus important, celui qu'il emploiera désormais dans les contrats, etc.
Ainsi, de nos jours, chaque individu a au moins trois noms. J'ai toujours cru que c'est pour tromper plus facilement les gens;
<1) Le petifc>nom de Oonfocins étoit Kieoa ^ 9 In ph^riséens cfainoie le disent trois foÉi «lént, tt m^wèat ft^ le prononcer.
quoiqu'on mette en avant les raisons les plus plausibles.
Il y a encore le Pié-hao ])f| H r=: prénom très distingue que prend, par exemple, un grand homme qui rentre dans la vie privée, pour se reposer sur ses lauriers, et pratiquer la vertu en ermite.
Puis le Kouo-hao ^ H = nonii d'une dynastie ; par exemple : T'ang JS,.8ong ^, Ta-ts4ng :fc ffl
Et le Nien-hao ^ || = par lequel on désigne les années du règne de l'empereur.
El le Miao-hao j^ ||==nom donné à l'empereur, après sa mort, pour le temple des ancêtres.
Enfin le Ghe |^ = 8on nom posthume, celui par lequel il sera inscrit dans l'histoire, et qui doit, en principe, rappeler sa vie et ses actions.
Dans les anciens temps, on était plus simple ; chaque indivi> du n'avait qn'un nom [ming ^] ; ainsi les fameux «Saints» empereurs Yao ^, Choen $| et Yu jfi n'eurent que ce seul nom, avec celui de leur dynastie respective T'ang J||, Yu JK et Hia J|; comme nous l'avons dit plus haut.
Les livres classiques, Chou-king |K 0, Che-king f( 0, appellent les empereurs d'autrefois par leur nom simple ; euxmêmes en faisaient autant; leurs officiers, et même n'importe qui, soit dans les lettres, soit dans les entretiens, agissaient de la même façon.-— Seize empereurs de la dynastie Hia J| n'ont que leur nom personnel; le dernier seul, Kié |)|, se donna le nom honorifique Koei ^, qui est le dixième caractère du cycle.
Actuellement, le nom de l'empereur^ son ming ^^ devient si vénérable qu'on ne peut ni le prononcer, ni l'écrire dans une lettre d'administration ; c'est ce qu'on appelle pi-hoei ^ || c'est-à-dire éviter l'emploi de certains caractères, par révérence. De même on doit omettre de prononcer ou d'écrire le nom du père de l'empereur, celui de son grand-père, etc.
Dans la même idée de respect, un fils évite de prononcer le nom de son père; une femme, celui de son mari. Si vous tlemandez: comment s'appelle votre père? une personne bien élevée vous répondra: je ne sais pas! Si vous insistez, peut-être vous dira-t-on le nom; peut-être le fils emploiera cette périphrase: les autres appellent mon père un tel ; l'épouse dira : le père de mon fils se nomme un tel. Le mari, de son côté, appellera poliment sa femme la mère de mon fils (tel ou tel) se nomme une telle.
Toutes ces finesses et subtilités étaient inconues des anciens. Che Hoang-ti ^ £ ^i en fondant la dynastie Ts'in 1^, voulut ramener le système antique ; il n'admit ni nom posthume, ni canonisation; il n'ordonna pas d'éviter tel ou tel caractère ; un chat devait être appelé un chat ; il n'admit pas de nom poétique ; il lui fallait de la prose toute pure, un, deux.
trois^ etc; ce qui était encore plus simple que les caractères du cycle. Les auteurs ne le blftment pas de cette sorte de révolution, qui ramenait à la bonne simplicité d'autrefois.
Encore quelques remarques, à propos des Hao H, Miao-hao Jlf H et che R:
Nous avons dit plus haut, que Kié ^, dernier empereur de la dynastie Hia J[^ s'était donné seul tin nom honorifique, un hao, en prenant pour cela le dernier caractère du cycle, Koei ^^ qui signifie aussi revenir, recommencer.
La dynastie Chang 'jjjj l'imita en partie; voici comment: pour former le nom honorifique [hao ||] de ses princes, elle prenait un des dix caractères du cycle, qui indiquait le jour de la naissance; par exemple l'empereur T'ai-kia -jjs: 7) l'empereur Wo-ting 0^ T; Kia ^ est le !«»• caractère du cycle; ting T est le 4^°^o. Ainsi en est-il des vingt-huit princes. Ils sont mentionnés dans' l'histoire d'après leur hao, non d'après leur ming ^, qui nous reste inconnu (1). Leurs officiers et dignitaires les appelaient également par ce hao, comme on peut le voir dans le livre des Annales [chou-king].
Mais, dès les temps les plus reculés, on trouve déjà des miao-hao jM K ou noms pour le temple des ancêtres. Ainsi, l'empereur Ohoen $| reçut l'investiture de l'empire, dans le temple de Wen-tsou 3Jt jfii Tancêtre de l'empereur Yao ^ ; [c'est là qu'on vénérait les «cinq empereurs» dont nous avons parlé au début de cet appendice]. A partir de l'empereur Ou-ting ^ 'y (vers 1258), commença l'usage régulier de ces miao-hao, dont on se servait dans les sacrifices.
Après la mort des empereurs insignes soit en bien, soit en mal, l'opinion publique leur décernait un nom glorieux ou flétrissant; et cela, dès les temps anciens. La dynastie Tcheou ^ se basa sur ce fait, pour introduire Tusage régulier des noms posthumes (che H). Un emploi journalier eût déshonoré le nom «si saint» des empereurs, on leur en substitua un autre ; celui-ci était ordinairement élogieux, selon l'adage : de mortuis nihil nisi bene; quelquefois pourtant il fut malsonnant; par exemple. Ling ]|, entêté, peu attentif à ses devoirs; Li J^, tyrannique, etc.
Les princes féodaux devaient naturellement ambitionner cet honneur des noms posthumes. L'usage n'en devint universel pour eux, qu'à partir de l'empereur Li J|| (878-842) ; les plus petits roitelets, les grands seigneurs eux-mêmes, voulurent aussi avoir ces noms, d'autant plus pompeux souvent, que le personnage avait été plus insignifiant.
(1) Le premier, Tch'eng-t'ang JK Wf (1<^ glorieux T'ang), avait pour ming ^ le
caractère Li Qî le dernier, nommé Tcheou $Tf avait pour ming le caractère Clieou ^* C'est tout ce que l'on sait.
II est curieux de voir qu'au pays de T84 59, on continuait à donner aux princes des hao ||i à la manière de la dynastie Chang IJH, jusqu'à Tannée 934; c'est-à-dire jusqu'en pleine dynastie Toheou JQ, qui avait commencé en 1122.
Dernière observation: Dans les anciens temps, les ancêtres du fondateur d'une dynastie, n'étaient pas «canonisés» en si grand nombre que maintenant; le père, le grand-père, étaient les seuls, ordlnairemeal, à recevoir cet honneur. Le culte des ancêtres se développa peu à peu ; aux usages antiques on ajouta tantôt un nouvel honneur, tantôt une cérémonie plus solennelle, plus touchante, plus agréable à l'amour-propre.
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