‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 41 sur 205 · CH. I. AVANT LES TROIS ROYAUMES · texte numérisé non relu

CH. I. AVANT LES TROIS ROYAUMES

siècle avant notre ère. Nankin y fait partie de la Province de Yang-tcheou (1); rangé sous la domination successive *'de princes tributaires de Ou, de Yué et de Tch'ou'*, il fut appelé par ces derniers "Kin-ling, ou Pays d'or (2).'* On a figuré les trois bouches du Yang-tsc : 1®) Celle du nord, Pé kiang Jl\^ ^ subsistant aujourd'hui; — 2**) La bouche médiane, Leou kiang "^ Û2» réduite au Wang-p'ou actuel, alimenté par la rivière de Sou-icheou, débouchant à Chang-hai; — 3") Celle du sud, Song kiang ^fi,^ drainant le bassin secondaire qui déverse ses eaux dans la baie de Rangtcheoxi,

«Le bras sud se détachait du Fleuve à la hauteur de Tc/i'etcheou (entre Ou-hou et Ngan-k'ing), passait par la préfecture de Ning-kouo et de Koang-té, et, après avoir mêlé ses eaux à celles du lac T'ai'hoUj se jetait dans la mer à la hauteur de Hang-tcheou. Le bras du milieu se formait à Ou-hou, d'où il gagnait, droit vers l'est, la plaine de Chang-hai qu'il traversait vers l'emplacement actuel du "Soo-chow creek.'' Enfin le bras nord n'est autre que le cours actuel du Yang-tse, qui formait de nombreuses îles sur sa rive gauche.» P. H. Havret, notes sur le Yang-tse kiang, dans les Annales de Géographie, 15 oct. 1893. — L'auteur a repris cette étude avec plus d'ampleur dans sa remarquable monographie de La Province du Ngan-hoei [Var, sin. n** 2).

Ces quelques notions sommaires déterminent suffisamment la situation respective de la région nankinoise à l'aube de notre ère chrétienne (3).

(1) Le Yu-hong '^ ^ et le Eul-ya m ^ affirment qu'elle fonnait un des neuf Tcheou t\ du Grand Yu, pendant la période comprise entre 2357 et 1122. T. deLacouperie fixe à l'an 1954 le règne du Grand Yu.

(2) Cf. infn\ ^ la date 332 av* J.-C.

(3) Cf. P. A. Colombel, Ira bouches du Kiang, Fleuve bleu, dans les Missions Catholiques de 1888, p. 430.

Ed. Chavannea «Mémoires historiq. de Sema T«'/>;i)) T. I. p. 119 îl propos des 3 bouches du Kiang, renvoie h Legge et surtout j\ Richtofen {China I. 331). D'après ce dernier «Le Kiang du nord était le Yang-tse Tciang actuel, de Ou-hou h. la mer; le Kiang central était une branche du Yang-tse kiang qui se détachait îl Ou-hou, traversait le lac T*ai hou 7C Ji8 et se jetait dans la mer près de Han g -tcheou fou. Le 3« Kiang était le Tché kiang fH tX qui aboutit aussi à la baie de Hang-fcheou foun p. 119.

Comparer aussi ci-contre la carte d'Elisée Keclus, Asie Orientale, VII. p. 406. "Anciennes bouches du Yang-tse kiang." La branche du milieu, ou Kiang central, contourne le sud d'un îlot montagneux, le territoire nankinois, limité au nord par le Yang-tse actuel.

A rencontre d'une assertion cent fois réfutée et reproduite, les sinologues ne se lassent guère de redire que Yang-tse kiang ne si.Tnifie pas te fils de la mer, mais "le fleuve de la Province Yang.** Le nom de la ville de Yang-tcheou fou, à quelques heures au nord de Tchen-kiang, rappelle sans hj-perbole cette dénomination très géographique. La grande cité se nommait Han-k*eou fH M en 485 av. J.-C. Fou-tch'ai ^ 2S,, roi de Ou, l'entoura alors de murs et «y creusa un canal pour faire communiquer le fleuve Hoai

s I. ÉTAT DB LA (3HINB D^APHÂg M*' DB HARLEZ. 19

Le n* de janvier 1896 de la Revue des questions scientifiques insérait un article de M^ de Harlez, sous le titre «Les populations du Sud de la Chine.» (pp. 41-96).

L*auteur soutient, contre l'opinion générale, que les régions au midi du Yang-tse n'étaient point conquises à la fin de l'ère ancienne, sous les Ts'in |g et les Han ^ (1). Quoi qu'en disent les Annalistes chinois, leur empire aurait été, au XIII* siècle même de notre ère, moins grand de moitié qu'aujourd'hui.

Il faut admettre en efYet que ceux que nous nommons Chinois firent longtemps partie de populations indépendantes, dans un grand nombre des 18 Provinces, et que fort peu d'entre eux descendent des tribus chinoises proprement dites, que Ton suppose venues du centre de l'Asie (G* d'Orembourg) au XXIII* 8., sur les bords du Hoang ho, en refoulant les autres tribus, ou en se les incorporant par la violence et la persuasion.

«Au second siècle av. notre ère, dit l'auteur de l'article, la race chinoise ne s'était étendue au midi du Pleuve Jaune, que jusqu'au 33* degré de latitude, c. à d. à la moitié de la distance qui sépare ce fleuve du Yang-tse hiang. Encore le terrain qu'elle occupait ne lui appartenait-il pas tout entier. Une grande partie du Chan-tong et certaines enclaves étaient encore sous la puissance de tribus barbares.»

«Au delà du 33* degré s'étendaient deux états barbares: celui de Ts^ou au centre et celui de Ou h l'est, leJong de la mer; et au-dessous de ce dernier en venait un troisième, portant le nom de Yué, lequel, comme les précédents, était peuplé par des tribus aborigènes.»

Ces trois états n'étaient que vaguement rattachés h la confédération chinoise des Hia, nom que s'attribuait la race inimigrante, présidant à cette confédération.

avec le Yang-Uê. Cette nouyeUe voie devint plus tard le C7a7mHmj»^rMr.. Cette année-là, FoU'teh^ai ne faisant pas la guerre, employa ses soldats & oe travail, afin de pouvoir par eau communiquer aveo les régions du nord, c.hd, les pays, à proprement parler, chinois.» Alb. Xsûhepe 6. J, op. oit. p. 119.

(1) Terrien de Lacouperie désigne l'an 881 avant J,-C. comme la date du «premier établissement des demi>chinois de Ts^au au sud du Yang-Ue hiang. ït (Western origin.,, p. 381). D'après loi, Hoang-ti arriva la \h* année de sou règne (2282) de l'ouest sur le bord du Hoang ho. En 1742, Ki-tan installa ses bandes au N. I^. du Ho-nan (Wei). Vers 690*642, des navires venus de l'Océan indien entrèrent dans la baie de Kiao-toheou, A ces dates remontent les établissements àeLang-ya et de Tai-mOy au Chan-iong; d'autres arrivages d'hindous ont lieu pendant un ou deux siècles. Ils fondent Tong-yé (Fou-tcheou) en 325-310. En 473 av. J.-C, le roi de YiU établit l'emporium de Koei-ki aux environs de la bail* de Hang-toheou ; des trafiquants de la Mer Houge y affluent par mer, entre 425 et 37*^. Ning-po est fondé de la mAme manière en 827 avant notre ère, et dix ans après arrivent en Chine les premiers émissaires bouddhistes.

Page 1